lundi 19 décembre 2011

La collaboration de la FRA-Dachnak avec l'Allemagne hitlérienne

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005, p. 20-21 :

"Clandestine en territoire soviétique et en exil en Europe notamment, la FRA participe à la lutte contre la propagation du communisme de deux manières. D'un côté, elle ne suit pas la stratégie du nationalisme ukrainien de guerre préventive contre l'URSS, préférant l'alternative de la lutte idéologique contre les Soviets dans le cadre de l'Internationale ouvrière socialiste qu'elle rejoint en 1923, convaincue que le régime soviétique tombera tout seul, sans effusion de sang. Elle confirme en 1924 son projet d'une Arménie libre, indépendante, réunifiée, démocratique et socialiste. De l'autre, la FRA maintient d'importantes forces militaires au nord de l'Iran et signe en 1926 avec la Ligue kurde Hoyboun un traité d'alliance contre la Turquie mais aussi contre la propagation du communisme au Proche-Orient, avec le concours des Britanniques, soucieux de préserver le contrôle des ressources pétrolières en Irak. Enfin, la FRA rejoint dès 1921 l'Alliance Prométhée, un front anti-communiste regroupant des Géorgiens, des Azéris et des Daghestanais. (...)

L'adhésion de l'URSS à la SDN, l'affaiblissement des démocraties libérales et la victoire du nazisme en Allemagne plongent la FRA dans une crise d'identité. Rongé par un mouvement dissident financé par la Tcheka, le parti radicalise son message et ses méthodes. La direction met en place une double politique à partir de 1933. D'un côté, elle laisse sa branche anti-soviétique dériver vers le fascisme couvrant d'éloges les réussites du national-socialisme en Allemagne. De l'autre, elle entretient des liens étroits avec les Britanniques et reprend contact avec les ramgavars à la veille de la guerre. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la politique bicéphale du Dachnak se poursuit au gré des succès militaires allemands en Europe. En France, la presse dachnak cesse sa parution, alors que, grâce au pacte germano-soviétique, les journaux communistes ont toujours pignon sur rue jusqu'à la veille de l'opération Barbarossa des armées allemandes contre l'URSS, le 22 juin 1941. Sous l'occupation, un Comité national arménien dirigé par des chefs dachnaks et le général Dro collabore avec le régime nazi pour la sécurité des Arméniens d'Europe et en soutien aux prisonniers arméniens détenus par les nazis."

Voir également : Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

Le socialisme de la FRA-Dachnak

L'opposition du résistant socialiste français Daniel Mayer à l'entrée de la FRA-Dachnak au sein de l'Internationale socialiste

L'entente kurdo-arménienne dans les projets des puissances de l'Axe (Italie et Allemagne)

Les nationalistes kurdes (Khoyboun) et arméniens (Dachnak) dans l'Entre-deux-guerres : un combat commun au nom de la "fraternité aryenne" (sic) et pour une "confédération aryenne" (re-sic)

Drastamat "Dro" Kanayan : de Staline à Hitler, parcours d'un "héros national" arménien

Les Arméniens de France sous l'occupation allemande

Les Arméniens de France dans la Résistance... Euh, pardon, dans la Gestapo, chez Henri Lafont

La cinquième colonne arménienne en Turquie pendant la Seconde Guerre mondiale

L'émigration arménienne (FRA-Dachnak, Union arméno-géorgienne) et le fascisme italien dans les années 30

Le parti Dachnak et l'Italie fasciste