lundi 19 décembre 2011

La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Le Nouvel Observateur, 10 octobre 1986, p. 54 :
L'ASALA et ses sponsors

C'est l'histoire d'une dérive tragique qui conduit aujourd'hui des jeunes chrétiens d'origine arménienne à demander la mort d'un otage français à des musulmans fanatiques. Un paradoxe cruel et une ruse de l'histoire.

L'Armée Secrète arménienne pour la Libération de l'Arménie est apparue pour la première fois en 1975 à Beyrouth. Dirigée par Hagop Hagopian, dit le Mujahed, elle se meut dans l'importante communauté arménienne de la capitale du Liban et ses militants sympathisent avec les plus dures des organisations palestiniennes. Mais il ne s'agit alors pour l'ASALA de cette époque que de s'en prendre à des intérêts et des diplomates turcs et de faire reconnaître par la communauté internationale le génocide des Arméniens en 1915.

C'est le 24 septembre 1981 que l'ASALA organise sa première grande opération en France. Ce jour-là, le consulat turc est attaqué par un commando. Quatre terroristes seront arrêtés et un gardien tué. Une première fois, le gouvernement va négocier avec l'ASALA et essayer d'obtenir une trêve. En juillet 1982, la trêve est minime : une bombe explose devant un café, placé Saint-Michel à Paris, à la suite de l'arrestation d'un militant arménien. La même année, à la suite de l'intervention israélienne, l'ASALA est obligée de quitter Beyrouth. Fractionnée, dispersée, l'organisation se groupuscularise et se scinde. Ses éléments les plus modérés fondent l'ASALA (mouvement révolutionnaire) avec Monte Melkonian, tandis que les éléments les plus durs passent au terrorisme aveugle : c'est l'attentat d'Orly du 15 juillet 1983, qui fait huit morts, à la suite duquel Waroujan Garbidjian sera arrêté et condamné à perpétuité.

Comment expliquer qu'aujourd'hui l'ASALA s'allie avec le Djihad islamique et réclame l'exécution de Jean-Paul Kauffmann ? Dépourvue de base, l'ASALA a été en fait récupérée par les Syriens et par les Iraniens. Il est de notoriété publique que l'ASALA dispose de facilités à Damas et même à Téhéran. A ces manipulations une explication sociologique et culturelle : les Arméniens les plus durs dans leur folie détestent au fond les juifs à qui ils reprochent d'avoir réussi là où ils ont échoué : ils ont fait reconnaître leur génocide et ils ont trouvé un territoire. Jalousie historique qui conduit aujourd'hui les enfants du massacre de 1915 à s'allier aux plus intégristes des musulmans.

Pierre Blanchet

Voir également : La coopération des terroristes arméniens de l'ASALA avec les services secrets de Kadhafi

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