mercredi 14 décembre 2011

L'union sacrée de la diaspora arménienne autour du soutien à la dictature stalinienne (20 millions de morts)

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005, p. 22 :

"De la fin du conflit à la mort de Staline en 1953, Moscou multiplie les concessions nationales envers la République soviétique d'Arménie, en récompense à son loyalisme lors de la guerre, contrairement à d'autres peuples, comme les Tchétchènes, déportés pour trahison avec l'ennemi : réédition d'oeuvres patriotiques, élection du Catholicos Kevork VI en 1945, organisation du rapatriement d'Arméniens de la diaspora en 1947 et surtout remise en question du traité d'amitié soviéto-turc à propos des provinces de Kars et d'Ardahan. Un vent d'union sacrée souffle sur le monde arménien. Outre la victoire sur le nazisme, Arméniens, communistes et dachnaks, reprennent à leur compte la demande de Moscou qui veut faire payer à la Turquie sa neutralité pendant le conflit. Les anciens frères ennemis se retrouvent au sein du comité de Défense de l'Arménie turque créé en 1946 à Paris. Le général Dro, relâché après quelques mois de détention dans les prisons alliées, envoie un télégramme de soutien à Staline pour son initiative en faveur des territoires arméniens de Turquie. Une délégation arménienne, conduite par le dernier Premier ministre de la République d'Arménie, Simon Vratsian, se rend à la Conférence de San Francisco en 1945 et rencontre les diplomates soviétiques auxquels elle apporte son soutien au rattachement des deux provinces à l'Arménie soviétique. Fin du rêve d'union nationale, Staline renonce aux provinces, Moscou évoque leur éventuel rattachement à la RSS de Géorgie. En réalité, il refuse d'affronter les Etats-Unis qui viennent de placer la Turquie et la Grèce sous leur parapluie. Première manifestation de la guerre froide, la question avortée de Kars-Ardahan replonge les Arméniens dans la division."

Voir également : Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

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