dimanche 18 décembre 2011

Montauban : la famille Aghékian ne veut pas retourner en Arménie en raison de "problèmes politiques réguliers"

Publié le 17/12/2011 07:09 | J.-Ph. Laulan

Montauban. La famille arménienne ne veut pas retourner dans son pays
une nouvelle histoire d'expulsions


à ce jour, à cette heure, seul Hovhannes Aghékian a le droit de demeurer encore sur le sol français. Jusqu'à mai 2012 seulement.

C'est son statut de personne malade devant recevoir de soins réguliers qui lui vaut de pas être renvoyé en Arménie, son pays d'origine, dans les plus brefs délais. C'est ce qui menace précisément son épouse Anna et son fils Martin (2 ans et demi) qui, lui, a vu le jour à Montauban. En effet, mère et enfant sont sous le coup d'un arrêté d'expulsion, la petite famille Aghékian ayant vu sa demande d'asile en tant que réfugiés politiques refusée par les autorités compétentes en la matière.

Décision qui lui a valu notamment d'être obligée de quitter le centre Amar (1) à la date du 8 décembre dernier et, par là même, de se trouver dépourvue de logement.

« Nos affaires sont restées là-bas » glisse au passage Anna qui chaque matin est obligée de prendre contact avec le 115 (Samu social) afin de trouver une chambre pour que la famille puisse bénéficier d'un toit afin de passer la nuit.

Anna et Hovlannes sont arrivés en France le 14 avrils 2009 en provenance d'une ville arménienne, Gumri, qu'ils souhaitaient quitter à tout prix en raison « de problèmes politiques réguliers ». Holvannes exerçait la profession de mécanicien et Anna avait fait des études d'informaticienne avant de tomber enceinte de Martin.
La solidarité arménienne

Pendant deux années et demi, la famille Aghékian a espéré que sa demande d'asile bénéficierait d'une réponse positive. Bien qu'ayant été contraints de déménager à trois reprises, ils conservaient toujours l'espoir de « pouvoir vivre et travailler en France normalement ». Et puis, le 8 décembre, patatras, tout s'écroule pour les Aghékian.

Avec 300 euros par mois et pas de toit, la famille s'est notamment appuyée sur le Secours populaire, les Restos du cœur, le Secours catholique et, bien en- tendu, le 115 pour subvenir à ses besoins du quotidien.

La solidarité arménienne a également joué à plein et plusieurs familles de la communauté arménienne de Montauban ont apporté aide, assistance et réconfort au trio quelque peu désemparé par la situation. Hier matin Anna a encore réaffirmé avec beaucoup de force et de détermination que « la famille ne voulait pas revenir en Arménie, c'est impossible pour nous ». Un cri du cœur difficile à ignorer.

(1) Association Montalbanaise d'Aide aux Réfugiés (24 rue Caussat).
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2011/12/17/1242037-la-famille-armenienne-ne-veut-pas-retourner-dans-son-pays.html