jeudi 8 décembre 2011

Quelques figures de l'activisme/terrorisme arménien

Christapor Mikaelian : nihiliste (d'abord membre de la Narodnaïa Volia), co-fondateur de la FRA-Dachnak, tué accidentellement par sa propre bombe en Bulgarie (1905).

Sarkis Gougounian : dachnak, mena une expédition armée dans l'Empire ottoman (1890) qui se termina par le meurtre de plusieurs bergers kurdes inoffensifs.

Mihran Damadian : hintchak, participa à l'occupation du siège du patriarcat arménien en 1890, arrêté en 1893 pour ses activités subversives dans le Sasun, puis amnistié, organisa la manifestation provocatrice de Bab-ı Ali en 1895 (plusieurs des hintchakistes présents étaient armés et firent feu sur les gendarmes).

Hamparsum Boyadjian, dit "Medzn Mourad" : hintchak, participa à l'occupation du siège du patriarcat arménien en 1890, organisa les provocations armées dans le Sasun en 1894 (impliquant plusieurs hintchakistes infiltrés dans la région), député au Parlement ottoman en 1908, exécuté en 1915.

Karapet Tur-Sargsian, dit "Aghassi" : hintchak, mena l'insurrection de Zeytun (1895) qui provoqua la mort de plusieurs milliers de musulmans.

Garéguine Pasdermadjian, dit "Armen Garo" : dachnak, participa à la prise d'otages de la Banque ottomane en 1896, puis aux actions armées anti-azéries lors de la "guerre arméno-tatare" (1905-1907) dans le Caucase, député au Parlement ottoman en 1908, il prit le parti de la Russie contre l'Empire ottoman dès 1914, dirigea le second bataillon de volontaires arméniens de l'armée russe lors de la Première Guerre mondiale, participa à la révolte de Van en 1915.

Sarkis Mehrabian, dit "Vartan" : dachnak, mena une expédition armée contre la tribu kurde Marzik en 1897 (les hommes kurdes étaient systématiquement tués).

Zare Haçikyan : dachnak, participa à la prise d'otages de la Banque ottomane en 1896, puis à la tentative d'assassinat du sultan ottoman Abdülhamit II devant la mosquée de Yıldız en 1905 (un attentat à la bombe qui tua une vingtaine de personnes).

Aram Manougian : chef de la FRA-Dachnak à Van, commanditaire de l'assassinat du maire arménien de la ville Bedros Kapamajian en 1912, mena la révolte de Van en 1915, collaborateur des Russes en tant que "gouverneur", ministre de l'Intérieur de la République d'Arménie en 1918.

Vahan Papazian : dachnak, député au Parlement ottoman en 1908, un des meneurs de la révolte du Sasun en 1915, organisa le soutien financier à la ligue nationaliste kurde Khoyboun (dont il faisait partie du comité central) dans les années 20 et 30, membre d'un Conseil national arménien pro-hitlérien lors de la Seconde Guerre mondiale.

Rouben Ter Minassian : dachnak, un des meneurs de la révolte du Sasun en 1915, ministre de la Défense de la République d'Arménie en 1919, puis ministre de l'Intérieur en 1920 (les régions autour d'Erevan furent ethniquement épurées au cours de sa mandature), soutint par la suite le Khoyboun contre la République de Turquie au nom de la "fraternité aryenne".

Andranik Ozanian : hintchak, puis dachnak, participa à des actions de guérilla à Muş (1901) et au Sasun (1904), commanda un bataillon de volontaires arméniens au sein de l'armée bulgare lors des Guerres balkaniques (1912-1913), général des unités de volontaires arméniens de l'armée russe lors de la Première Guerre mondiale, pratiqua le nettoyage ethnique à Van en 1915 et au Zanguezour en 1918.

Drastamat Kanayan, dit "Dro" : dachnak, commandant d'une unité de volontaires arméniens dans l'armée russe lors de la Première Guerre mondiale, pratiqua le nettoyage ethnique au Zanguezour en 1918-1921, ministre de la Défense de la République d'Arménie en 1918, se rapprocha par la suite de Staline à Moscou, dirigea des bataillons arméno-bolchevistes chargés de réprimer la révolte musulmane des Basmatchis, collaborateur du IIIe Reich lors de la Seconde Guerre mondiale, il commanda l'Armenische Legion au sein de la Wehrmacht, ce qui ne l'empêcha pas d'envoyer un télégramme de soutien à Staline pour ses revendications sur le territoire turc après sa sortie des centres de détention de l'armée américaine.

Garéguine Njdeh : dachnak, servit dans le bataillon de volontaires arméniens de l'armée bulgare lors des Guerres balkaniques (1912-1913), assistant de Dro dans l'armée russe lors de la Première Guerre mondiale, pratiqua le nettoyage ethnique au Zanguezour en 1918-1921, fonda le mouvement "Union des défenseurs de la race" (Tzeghagrons) aux Etats-Unis en 1933, collaborateur du IIIe Reich lors de la Seconde Guerre mondiale, membre à ce titre du Conseil national arménien et de l'Armenische Legion, il proposa ses "services" à Staline avant de mourir dans sa geôle soviétique.

Hratch Papazian : dachnak, taupe infiltrée (dans le cadre de l'opération terroriste "Némésis") parmi les réfugiés jeunes-turcs exilés à Berlin, puis représentant de la FRA-Dachnak à Alep sous le mandat français, délégué dachnak auprès du Khoyboun, entra en contact avec le IIIe Reich pour préparer une révolte kurde en Turquie en 1942 (selon un document des Services Spéciaux de la France libre).

Soghomon Tehlirian : dachnak, volontaire dans le bataillon d'Andranik au sein de l'armée russe lors de la Première Guerre mondiale, assassina l'Arménien loyaliste Haroutioun Meguerdichian à Istanbul (1920), puis l'ancien ministre de l'Intérieur ottoman et grand-vizir Talat Paşa à Berlin (1921), acquitté par la justice allemande pour "folie temporaire".

Ardaches Apeghian : dachnak, correspondant de Drochak (organe de la FRA-Dachnak) à Berlin, collaborateur du IIIe Reich, présidait à ce titre le Conseil national arménien.

Hraïr Maroukhian : né en Iran, membre du Bureau mondial de la FRA-Dachnak, puis secrétaire général du parti (1972-1994), il fut à l'origine de la reprise du terrorisme dachnak dans les années 70.

Hagop Hagopian : membre des CJGA (bras armé de la FRA-Dachnak), tué accidentellement par sa propre bombe au siège de la FRA-Dachnak à Paris (1976).

Hagop Hagopian (homonyme du précédent) alias Bedros Ovanessian : né en Irak, un des fondateurs de l'ASALA, responsable d'une centaine d'attentats, dont celui de l'aéroport d'Orly en 1983 (tuant 8 personnes dont 4 Français), assassiné à Athènes en 1988.

Setrag Adjemian, Simon Yahniyan, Sarkis Aprahamian, Ara Kerdjlian et Vatche Daghelian : membres du commando des CJGA (rebaptisés alors ARA) ayant perpétré l'attentat-suicide contre l'ambassade de Turquie à Lisbonne en 1983 (tuant deux personnes), la FRA-Dachnak rend hommage tous les ans à ce qu'elle appelle "les cinq de Lisbonne".

Harry Sassounian : membre de la FRA-Dachnak et des CJGA, assassina le consul général de Turquie aux Etats-Unis Kemal Arikan (1982), la FRA-Dachnak organisa une quête au sein de la communauté arménienne pour financer ses frais de justice.

Vicken Hovsepian : membre de la FRA-Dachnak et des CJGA, tenta de détruire à la bombe le consulat turc de Philadelphie en 1982, condamné à 6 ans de prison.

Mourad Topalian : dachnak, président de l'Armenian National Committee of America (1991-1999), condamné à 37 mois de prison pour conspiration et détention illégale d'explosifs et d'armes à feu (2001).

Varoujan Garbidjian : né en Syrie, membre de l'ASALA, participa à l'attentat de l'aéroport d'Orly, condamné à la prison à vie en 1985, accueilli en héros par le maire d'Erevan et le Premier ministre arménien après sa libération (2001).

Monte Melkonian : né aux Etats-Unis, membre de l'ASALA, organisa une prise d'otages au consulat turc de Paris en 1981 (causant la mort d'une personne), arrêté en 1985, condamné à une peine de prison en 1986, libéré en 1989, participa à l'agression arménienne contre le territoire azéri du Karabakh (1991-1993), tué par un obus azéri en 1993.

Alec Yenikomchian : membre de l'ASALA, se blessa grièvement en manipulant des explosifs dans une chambre d'hôtel à Genève (1980).

Ara Toranian : porte-parole de l'ASALA via le MNA (1976-1983), il présida le Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (2003-2007).

Mourad Papazian : dachnak, défenseur des CJGA dans le journal Haïastan dans les années 1980, il co-préside aujourd'hui la FRA-Dachnak pour l'Europe occidentale et le CCAF.

Voir également : Le contexte de l'émergence du nationalisme et du terrorisme arméniens

Istanbul, 1890-1896 : les provocations des comités terroristes arméniens

Les troubles sanglants provoqués par les comités arméniens sous Abdülhamit II

Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921

Le général Andranik Ozanian : un criminel de guerre issu du parti Dachnak

Deux criminels de guerre dachnaks (soi-disant "héros" de la "cause arménienne") dans le Caucase : Dro Kanayan et Garéguine Njdeh

Une question légitime à se poser : la violence terroriste est-elle consubstantielle au parti Dachnak ?

"Arménité", "cause arménienne", qu'est-ce que c'est ?

Le terrorisme arménien en France : images d'archives

Ils ont osé le dire : l'apologie insidieuse ou ouverte du terrorisme arménien

Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

La fidélité d'Ara Toranian au terrorisme de l'ASALA première mouture

Les revendications irrédentistes du dachnak Mourad Papazian