dimanche 30 décembre 2012

La gauche sociétale et les lois mémorielles : une rupture avec le modèle républicain français

Laurent Bouvet, Le sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme, Paris, Gallimard, 2012, p. 201-202 :

"(...) si, d'un point de vue économique et social, les discussions sur le caractère plus ou moins à gauche de la politique de la majorité plurielle [1997-2002] ont pu parfois être vives, au point que certains à gauche ont même pu la qualifier de « sociale-libérale », sur le plan culturel et des « valeurs », en revanche, son action a été peu équivoque et peu critiquée. Des mesures symboliques et pratiques relevant directement du libéralisme culturel et de la reconnaissance des revendications et fiertés identitaires ont été promues durant toute la durée de la mandature et sont devenues emblématiques de l'action de cette majorité : parité, pacte civil de solidarité (PACS), politique de lutte active contre « les » discriminations (mise en place du « 114 », numéro d'appel gratuit pour les victimes de discrimination raciale, des CODAC, les commissions départementales d'accès à la citoyenneté, du GELD, le groupe d'études et de lutte contre les discriminations), promotion du thème de la « diversité », mise en avant des « minorités visibles », reconnaissance officielle du droit des victimes par des « lois mémorielles » (loi sur le génocide arménien, loi Taubira sur l'esclavage), etc. L'inspiration au sein du PS, comme d'une partie de la gauche écologiste et « mouvementiste » de la fin des années 1990, est venue notamment de l'influence grandissante pendant toute la décennie des promoteurs d'un multiculturalisme à la française qui ont largement puisé leurs exemples à l'étranger (au Canada, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, notamment). Ils présentent à l'époque ce programme « progressiste » comme la nécessaire sortie du « modèle républicain » français dont l'universalisme « aveugle aux différences culturelles » ne correspondait plus aux nécessités intellectuelles et aux demandes sociales de l'époque. On constate d'ailleurs que cette injonction au « progressisme » fonctionne de manière idéologique puisque les critiques de ces « progrès » sont rangées dans la catégorie (réactionnaire) du « républicanisme français ». La dénonciation de la domination de la pensée républicaniste en France comme signe d'un indécrottable provincialisme à l'âge du monde ouvert et global est devenue une figure récurrente de cette injonction1. Et ce en dépit de toutes les démonstrations et de toutes les mises en garde sur le risque que fait courir la diversité à la cohésion sociale2.

1. Parmi les dernières publications en date allant dans ce sens, on retiendra l'ouvrage de Béatrice Durand, La Nouvelle Idéologie française, Stock, 2010.

2. Voir notamment Robert Putnam, « E Pluribus Unum : Diversity and Community in the Twenty-First Century. The 2006 Johan Skytte Prize Lecture », Scandinavian Political Studies, vol. XXX, n° 2, 2007, pp. 137-174."

Voir également : Jean-Pierre Chevènement s'élève contre la dérive "victimaire" et communautariste du PS

Le républicain de gauche Jean-Pierre Chevènement dénonce une "capitulation face aux lobbies"

Le repentisme hautement débile de François Hollande

Les ravages du communautarisme en France : la course au vote ethnique arménien

Marseille : les conséquences funestes du clientélisme et de l'instrumentalisation des communautés

Chalon : conférence sur la triste situation des Arméniens en Arménie

CHALON : La situation en Arménie d'aujourdhui en question pour RESF

Le Dimanche 30 décembre 2012 @ 11:31:07

Conférence-débat le lundi 14 janvier - Salle du Cloitre à Chalon - Soirée présentée par le Réseau Education Sans Frontières.

Le Réseau Education Sans Frontières, groupe de Chalon, présente

AUJOURD'HUI,

L'ARMENIE

une conférence animée par Taline PAPAZIAN

Lundi 14 janvier
à 19h30
Salle du Cloître
(derrière la cathédrale St Vincent)
10 place du Cloître à Chalon-sur-Saône

Entrée libre

Nous, Réseau Education Sans Frontières, souhaitons alerter l'opinion publique et les politiques sur la question arménienne.
En effet, de très nombreux Arméniens sont victimes de graves violences étatiques et/ou mafieuses et fuient pour cela leur pays.
Or, l'Etat français considère l'Arménie comme un "pays sûr". Ainsi, il est très difficile, voire impossible, pour un Arménien d'obtenir l'asile en France.

Nous vous proposons donc cette conférence afin de mieux comprendre la situation de ce pays, les problèmes de liberté et de sécurité intérieure, les conflits aux frontières, les enjeux diplomatiques et aussi la spécificité de son identité culturelle.
Nous sommes très heureux à cette occasion d'accueillir Taline PAPAZIAN, docteur en sciences politiques, spécialiste de l'ancien espace soviétique, et plus précisément de la construction des Etats, des nationalismes et des conflits.
Source : http://www.infos-chalon.com/article.php?sid=39050

Fin de l'immunité parlementaire pour Jean-Noël Guérini, "grand" "ami" du lobby arménien

Le Sénat lève l'immunité parlementaire de Guérini

Par Aliette de Broqua

Mis à jour le 12/12/2012 à 15:49 | publié le 12/12/2012 à 13:25

Une nouvelle fois, les sénateurs ont levé l'immunité parlementaire du sénateur PS des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini. Il peut être placé en garde à vue pour être interrogé sur un dossier «à caractère mafieux».


C'est fait. Sans surprise. Les sénateurs ont levé l'immunité parlementaire du socialiste Jean-Noël Guérini, sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône. C'est la deuxième fois que la Haute Assemblée accède à cette demande du juge marseillais Charles Duchaine.

La première levée de son immunité a eu lieu en mars dernier, parce que l'élu marseillais avait refusé de répondre aux questions du juge. Cette fois, le juge est allé plus loin en demandant qu'il puisse être entendu en garde à vue. Il justifie cette mesure particulière par la gravité et la complexité de l'affaire et le «caractère mafieux» de l'organisation mise au jour. Le bureau du Sénat tient toutefois à rappeler «qu'il ne se prononce ni sur le fond du dossier, ni sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge» et «que la présomption d'innocence bénéficie aux parlementaires comme à n'importe quel citoyen».
«Je souhaitais cette décision»

Le juge Duchaine, pour sa part, considère qu'il existe «une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner l'élu de délit de corruption passive, de trafic d'influence et de participation à une association de malfaiteurs».


«Je tiens à dire, haut et fort, que je souhaitais cette décision, car je veux, dans les délais les plus brefs, apporter toutes les explications nécessaires à la manifestation de la vérité», a réagi Jean-Noël Guérini à l'annonce de la levée de son immunité parlementaire. Il rappelle qu'il est «un citoyen comme un autre, bénéficiant de la présomption d'innocence». Il se plaît également à remarquer que «le bureau du Sénat, sans se prononcer sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge, exprime ses préoccupations sur les violations du secret de l'instruction».

Pour son avocat, Dominique Mattei, «c'est un peu de la justice spectacle!, cela ne changera pas la teneur de ses réponses aux questions que le juge aurait pu lui poser directement». Le défenseur de Guérini pense que «le juge veut avoir des précisions sur certains marchés». Mais il rappelle que le magistrat a reconnu que «le rôle de Jean-Noël Guérini est difficile à cerner et surtout à critiquer», les décisions incriminées étant prises de manière collective ou par des assemblées délibérantes.

L'élu marseillais devrait être rapidement convoqué, sur commission rogatoire du juge Duchaine, par les gendarmes chargés de l'enquête, dans le cadre d'une garde à vue. Après cette garde à vue d'un maximum de 48 heures, il peut être déféré (ou pas) chez le juge Duchaine, sous le statut de témoin assisté ou de mis en examen, notamment pour corruption. D'autres protagonistes du dossier, comme Bernard Barresi ou Patrick Boudmaghe, deux figures du banditisme, ont été entendus en garde à vue récemment. Ils ont été mis en examen, notamment pour blanchiment et association de malfaiteurs.
Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/12/12/01016-20121212ARTFIG00564-le-senat-leve-l-immunite-parlementaire-de-guerini.php

Voir également : François Pupponi et le "milieu" corse

Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

Le maire et sénateur "socialiste" Philippe Kaltenbach, collaborateur notoire et hargneux du lobby raciste arménien, est soupçonné de corruption

jeudi 27 décembre 2012

Les revendications de Staline sur Kars et Ardahan (1945)

Taline Ter Minassian, "Géopolitique de la frontière soviétique en Transcaucasie : de la Révolution à la guerre froide (1917-1946)", in Sophie Coeuré et Sabine Dullin (dir.), Frontières du communisme. Mythologies et réalités de la division de l'Europe, de la révolution d'Octobre au mur de Berlin, Paris, La Découverte, 2007, p. 178-179 :

"Perdus par les bolcheviks à la paix de Brest-Litovsk en 1918, les vilayets de Kars et d'Ardahan, définitivement rétrocédés à la Turquie kémaliste en 1921, sont de nouveau évoqués en 1945, à l'appui de la réactivation, par l'URSS, de la question de l'Arménie turque. Alors que le gouvernement soviétique autorise et encourage le rapatriement en masse des Arméniens de la diaspora (le nerkaght), les provinces de Kars et Ardahan font l'objet d'une demande formelle formulée par Molotov en juin 1945 auprès de l'ambassadeur de Turquie à Moscou. Ce dernier fut informé que la poursuite des relations soviéto-turques dans le cadre du renouvellement du traité d'amitié de 1925 présupposait la cession de Kars et Ardahan à l'Arménie soviétique. Officiellement présentée par Staline lors de la conférence de Potsdam, la demande soviétique fut rejetée par Truman et Attlee, acquis aux objections du gouvernement turc et surtout conscient de la menace d'expansion de l'URSS qui contrôlait déjà alors une partie considérable de l'Europe orientale."

Mikhaïl Narinski, "Le gouvernement soviétique et le problème des frontières de l’URSS (1941-1946)", ibid., p. 211-212 :


"S'affirmant comme l'« héritier » des dirigeants russes, Staline portait une attention particulière aux Balkans et à la zone des détroits de la mer Noire. Pour mener à bien sa politique de renforcement de l'influence soviétique dans les Balkans, Staline était prêt à recourir à un instrument de la politique tsariste tel que la slavophilie. Il déclara en janvier 1945 : « L'ancienne slavophilie ne reflétait que la volonté de la Russie tsariste de soumettre les autres peuples slaves. Notre slavophilie est complètement différente - l'unification des peuples slaves, à égalité, pour la défense commune de notre existence et de notre futur. Nous ne souhaitons en rien contraindre les autres peuples slaves. » En fait, il s'agissait d'une politique d'unification des peuples slaves sous l'égide du Kremlin.

Maurice Dejean, alors directeur général chargé des Affaires politiques au Quai d'Orsay, notait en novembre 1944 : « Aujourd'hui comme hier, les ambitions de la Russie dans la péninsule sont commandées moins par son souci d'expansion territoriale que par ses préoccupations à l'égard des Détroits... La consigne "sécurité de la mer Noire" a pour corollaire la consigne "hégémonie sur ses côtes et les pays avoisinants". Toute la politique russe dans les Balkans consistera donc à éliminer l'influence, dans cette région, de quelque grande puissance que ce soit qui puisse mettre en cause la situation prépondérante que la Russie se réserve en mer Noire et le contrôle qu'elle tient à exercer sur les Détroits. »

La question du régime des Détroits fut posée par Staline au moment de ses négociations avec Churchill en octobre 1944 à Moscou : « Le camarade Staline dit que s'il est question de la Turquie, il lui faut préciser que d'après la convention de Montreux, la Turquie a tous les droits sur les Détroits, tandis que l'Union soviétique a très peu de droits. D'après la convention de Montreux, l'Union soviétique a autant de droits que l'empereur du Japon, et lui, le Camarade Staline, considère qu'il est nécessaire d'examiner la question de la révision de la convention de Montreux, dans la mesure où elle ne correspond absolument plus aux circonstances actuelles. » Avant le départ de Churchill de Moscou, Staline lui rappela une nouvelle fois le problème des Détroits.

Pour élargir l'influence soviétique dans la zone des Détroits et en Méditerranée, Moscou intensifiait sa pression sur la Turquie. On peut mentionner une sorte d'hostilité de Staline à l'égard de la Turquie.
Il aurait déclaré dès novembre 1940 : « En ce qui concerne la Turquie, nous exigeons des bases, afin que les Détroits ne puissent être utilisés contre nous... Nous pousserons les Turcs en Asie. Qu'est-ce que la Turquie ? Là-bas, il y a deux millions de Géorgiens, un million et demi d'Arméniens, un million de Kurdes, etc. Les Turcs ne sont que 6-7 millions. » Le gouvernement soviétique dénonça, le 19 mars 1945, le traité soviéto-turc de paix et de neutralité du 17 décembre 1925, en le déclarant non conforme à la nouvelle situation et nécessitant des améliorations. Lors des négociations avec l'ambassadeur turc, en juin 1945, Molotov exigea des modifications de frontières en faveur de la Géorgie et de l'Arménie, ainsi qu'une base maritime dans la zone des Détroits. A Potsdam, Staline et Molotov confirmaient les prétentions soviétiques sur les régions de Kars, Artvin et Ardahan, et leur proposition de modifier la convention sur les Détroits, signée à Montreux en juillet 1936. Lors de cette discussion, Molotov mentionna les traités de la Russie tsariste avec la Turquie au XIXe siècle. Dans les mois qui suivirent, les dirigeants soviétiques déployèrent une vaste campagne contre la Turquie."

Voir également : L'union sacrée de la diaspora arménienne autour du soutien à la dictature stalinienne (20 millions de morts)

Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

La turcophobie exacerbée de l'historiographie arménienne et les buts stratégiques de l'URSS vis-à-vis de la Turquie : éclaircissement du cas de la RSS d'Arménie par celui de la RSS de Géorgie

Staline et le chiffre sacro-saint d'1,5 million d'Arméniens

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Agitation irrédentiste en Arménie stalinienne au moment du pacte germano-soviétique

La propagande soviétique en faveur du "retour" des Arméniens dans les années 30

mercredi 26 décembre 2012

Les "opérations nationales" de "nettoyage" des frontières soviétiques (1935-1937)

Nicolas Werth, "Le « nettoyage » des frontières soviétiques dans les années 1930", in Sophie Coeuré et Sabine Dullin (dir.), Frontières du communisme. Mythologies et réalités de la division de l'Europe, de la révolution d'Octobre au mur de Berlin, Paris, La Découverte, 2007, p. 372-375 :

"Plusieurs centaines de milliers de Soviétiques d'origine polonaise, allemande, balte, finlandaise, roumaine, mais aussi de très nombreux citoyens ayant (ou ayant eu) un lien, aussi ténu fût-il, professionnel, familial ou tout simplement géographique (les habitants des régions frontalières étaient particulièrement vulnérables) avec des pays identifiés comme hostiles, sont arrêtés et exécutés dans le cadre des « opérations nationales » du NKVD [sur ces « opérations nationales », Martin, 2001, p. 335-341 ; Petrov et Roginskii, 1997 ; Okhotin, et Roginskii, 1999]. Dans ce contexte répressif d'une violence sans précédent (rappelons qu'en 1937-1938, plus d'un million et demi de personnes furent arrêtées par le NKVD, dont la moitié environ furent exécutées), la déportation collective de quelque 200 000 personnes, expulsées des zones frontalières, apparaît presque comme une mesure anodine. La plus grande opération de déportation frappe, en septembre-octobre 1937, la communauté coréenne installée dans une vingtaine de districts frontaliers de l'Extrême-Orient soviétique (notamment dans les régions de Vladivostok, de Khabarovsk, de Tchita et du Birobidjan). Déjà en juillet 1936, la direction du comité régional du parti avait demandé à Moscou l'extension à la frontière extrême-orientale du « régime spécial » en vigueur depuis 1934 sur les frontières occidentales afin « d'endiguer les menées agressives des Japonais qui exploitent tout passage illégal de la frontière par des citoyens soviétiques soit pour recruter des espions et des saboteurs soit pour mener activement une propagande antisoviétique ». Cette demande ne fut satisfaite qu'un an plus tard (28 juillet 1937), le ministre des Affaires étrangères Maksim Litvinov ayant manifesté son opposition à une militarisation de fait de la frontière extrême-orientale, rappelant que le traité de Portsmouth, toujours en vigueur, interdisait toute mesure à caractère militaire le long de cette frontière [Martin, 2001, p. 334]. Le 18 août 1937, Staline et Molotov envoient à la direction du parti et du NKVD de la région d'Extrême-Orient un premier projet de déportation ; il concerne à ce stade environ 44 000 Coréens ; trois jours plus tard, le décret du gouvernement amplifie considérablement le nombre de Coréens à déporter vers le Kazakhstan et l'Ouzbékistan (135 000 personnes). Un mois plus tard, c'est l'ensemble de la communauté coréenne (un peu plus de 170 000 personnes) que le NKVD décide de déporter. Comme l'explique V. Cernysev, l'un des adjoints de Iejov, dans une lettre à son chef, « laisser quelques milliers de Coréens dans l'Extrême-Orient soviétique, alors que la grande majorité d'entre eux a déjà été déportée, serait très dangereux. On connaît la force des liens familiaux des Coréens. Les limitations faites aux Coréens restés sur place ne manqueraient pas d'affecter leur état d'esprit vis-à-vis du pouvoir soviétique et ils deviendraient un vivier favorable aux agents japonais ». Pour mener à bien, en deux mois, la déportation (pour la première fois totale) d'une communauté entière (172 000 individus), le NKVD déploie des moyens considérables : pas moins de 124 convois ferroviaires sont mobilisés pour transporter jusqu'en Ouzbékistan ou au Kazakhstan les Coréens déportés. Ceux-ci sont installés, dans des conditions précaires, dans des kolkhozes qui leur sont spécialement réservés. Fait paradoxal, qui révèle les nombreuses contradictions de la politique soviétique envers les nationalités durant ces années, Nikolaï Iejov autorise la communauté coréenne « administrativement transférée » à garder ses propres écoles, où l'enseignement est dispensé en coréen, une maison d'édition et un journal en coréen, édité en Ouzbékistan. Ceci alors même que tout Coréen a été catalogué comme un traître et un espion potentiel !

Au même moment, le « régime spécial » est étendu aux zones frontalières limitrophes de la Turquie, de l'Iran et de l'Afghanistan, dès lors soumises à un « nettoyage », dans un premier temps limité, en grande partie à cause de l'immensité et l'inaccessibilité de larges sections de ces frontières s'étendant sur des milliers de kilomètres. Sont en priorité visés quelques milliers de Kurdes et d'Iraniens soupçonnés d'entretenir des liens transfrontaliers avec des membres de leur famille restés en Turquie ou en Iran ; ils sont déportés en Kirghizie ou au Kazakhstan [Polian, 2001, p. 93 ; Bugaï, 1995, p. 25-26 ; Martin, 2001, p. 335-336]. Sur la frontière occidentale, le « nettoyage » se poursuit : en novembre 1937, le comité régional du parti d'Odessa ordonne une nouvelle déportation de 5 000 familles allemandes des districts frontaliers.

Soulignons-le encore une fois, dans le contexte de la Grande Terreur, la déportation apparaît non seulement comme un moindre mal, mais parfois comme une mesure qui permet d'échapper à l'arrestation et à l'exécution. Dans le cadre des « opérations nationales » du NKVD, lancées à partir de l'été 1937, plus de 335 000 individus sont condamnés par une juridiction d'exception de la police politique, dont 247 000 (73,6%) à la peine de mort. Parmi eux, 140 000 condamnés (dont 111 000 - près de 80 % - à la peine de mort) dans le cadre de « l'opération polonaise » initiée à la suite de l'ordre secret du NKVD n° 00485 du 11 août 1937, destiné à mettre en œuvre la « liquidation totale des réseaux d'espions et de terroristes de l'Organisation militaire polonaise infiltrés dans l'industrie, les transports et l'agriculture » ; 55 000 condamnés (dont 42 000 - soit 76 % - à la peine de mort) dans le cadre de « l'opération allemande » initiée à la suite de l'ordre secret du NKVD n° 00439 du 25 juillet 1937, destiné à « éradiquer le réseau d'espionnage et sabotage mis sur pied par l'état-major allemand et la Gestapo » ; 33 000 condamnés (dont 21 200 à la peine de mort) dans le cadre de « l'opération de Harbin », déclenchée à la suite de l'ordre secret du NKVD n° 00593 du 20 septembre 1937, destiné à mettre fin aux « activités terroristes et diversionnistes commanditées par les services secrets japonais » (étaient tout particulièrement visés les ex-employés et cheminots de la compagnie des chemins de fer de Chine orientale, basée à Harbin, qui, après la cession de la ligne au Japon, avaient été rapatriés, comme citoyens soviétiques, en URSS). Neuf autres « opérations nationales », d'ampleur plus limitée, ont pour cible les citoyens soviétiques d'origine lettone (plus de 22 000 condamnés, dont 16 500 environ à la peine de mort), finlandaise (7 000 condamnés, dont 5 700 exécutés), grecque (plus de 11 000 condamnés, dont 9 500 exécutés), roumaine (6 300 condamnés, dont 4 000 exécutés), estonienne (5 700 condamnés, dont 4 700 exécutés), bulgare, macédonienne, iranienne, afghane – pour ces quatre dernières opérations, le nombre de personnes condamnées et exécutées n'a pas été établi avec précision [Werth, 2002-2]."

Voir également : Sud-Caucase soviétique : les déportations de divers musulmans dans les années 30 et 40

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Staline et le chiffre sacro-saint d'1,5 million d'Arméniens

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Anastase Mikoyan : l'exceptionnelle longévité d'un ponte du stalinisme

Missak Manouchian : patriote français ou terroriste stalinien sans envergure ?

Mort d'un stalinien arménien : Henry Karayan

mardi 11 décembre 2012

Laurent Fabius : "je n'ignore pas la part de souffrance de la Turquie lors du démantèlement graduel de l'Empire ottoman, avec sa succession de massacres et d'exodes"

CONTRIBUTOR
LAURENT FABIUS

France and Turkey: New horizons for a long-standing relationship

LAURENT FABIUS

The president of the French Republic has marked France’s will to establish a “stable and trusting relationship” with Turkey. In preparation for his forthcoming visit to Turkey, I would like to encourage us here and now to drive forward our bilateral relations.

We often find that little is known about the importance of our economic and trade relations. Who today knows that Turkey is our 12th customer worldwide, and our fifth largest market outside the EU and Switzerland, well ahead of emerging countries such as Brazil and India? In recent years, our trade has flourished with exports to Turkey having increased by two and a half times in just 10 years.

France has an impressive network of 10 world-class, French-speaking establishments in Turkey. In the scientific field, we conduct joint world-class projects every year on the Programme Bosphore.

As NATO allies, France and Turkey take part in joint missions. Our relationship offers all the more opportunities to work together, since Turkish foreign policy has largely broadened its horizons this last decade.
The Arab Spring has challenged some well-rooted principles and views. The people have rallied and shown that the aspiration for freedom and justice is universal. France and Turkey have acknowledged this sea change by providing their support for the legitimate aspirations of the Arab peoples and supporting their move towards democratic, pluralistic institutions. Today our two countries are among the most active in seeking a resolution to the Syrian conflict, increasing the pressure on Bashar al-Assad’s regime for him to stand down.

I would like to tell the Turkish people how much I appreciate the huge efforts made by their country to receive Syrian refugees on their soil.


When President François Hollande took office, he wasted no time in stepping up high-level meetings with President Abdullah Gül and Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan. My government is keen to develop our relations with Turkey.

The European Union needs a strong Turkey with a sound, buoyant economy, just as Turkey needs the European Union, which represents nearly 50 percent of its foreign trade.


With the adoption of the “Positive Agenda” and the prospect of visa liberalization, we have a certain number of tools on the table. We are set to take the negotiations forward on Turkey’s accession in good faith, considering the past commitments without anticipating the future in all its details. Since the protection of individual and collective freedoms is a pillar of the European project, human rights and civil liberties need to be promoted further. I subscribe, in this regard, to President Gül’s words when he said that Turkey’s relations with its Western allies are not just a foreign and security issue but are based on common values which, he concluded, should lead Turkey to continue down the reform road.

The question of the Armenian genocide is a sensitive and difficult subject that has all too often cast a shadow over our bilateral relations.
In Turkey, many criticize France for embracing the “Armenian theses.” In France, many feel that Turkey is trying to minimize, if not deny the tragedy that befell the ancestors of our compatriots of Armenian origin. Things are changing. My colleague Ahmet Davutoğlu has made encouraging statements. I quote, “The Armenians have before them someone who is listening. This foreign minister does not claim that nothing happened in 1915.”

For myself, I am not unaware of Turkey’s share of suffering during the gradual dismantlement of the Ottoman Empire, with its succession of massacres and exoduses.
However, I do believe that the disappearance of the Armenian civilization from Anatolian soil warrants some thinking on Turkey’s part as to what is needed to heal the wounds opened in 1915.

I hope that one day soon, we can achieve a calm, fair reading of history. In the meantime, we should try to learn to live with respect for the diversity of the legacies of which we are the guardians.


We have a great deal to do and to develop in all sectors of our cooperation, in the cultural and scientific areas, in internal security, in justice, in agriculture, and in business, in particular to encourage French businesses to work with the Turkish market and to encourage Turkish firms to invest in France.

The progress made in these areas, and the progress ongoing, means that today we can look forward to our future relations with optimism and ambition. I welcome this progress and will personally work on further developments with strength and conviction.

* Laurent Fabius is the minister of foreign affairs of the French Republic. This abridged article was originally published in the Fall 2012 issue of Turkish Policy Quarterly (TPQ).

December/11/2012
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/france-and-turkey-new-horizons-for-a-long-standing-relationship.aspx?pageID=449&nID=36551&NewsCatID=396

Pour lire la version originale de cet article paru dans Turkish Policy Quarterly : http://www.turkishpolicy.com/dosyalar/files/vol_11-no_3 fabius.pdf

Voir également : Laurent Fabius : "Sur la question arménienne, il faudra tenir compte de la décision du Conseil constitutionnel", "il est important de renouer les fils avec la Turquie qui joue un rôle majeur"

Le discours éblouissant du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en Turquie, dans la grande tradition de la turcophilie gaulliste

La tragédie des musulmans d'Anatolie

L'imbrication de deux réalités : le martyre des muhacir et les massacres d'Arméniens en Anatolie

Le Turc osmanli : oppresseur des Arméniens ou victime démunie ?

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

La controverse historique autour du prétendu génocide arménien


"Génocide arménien" : connaître les thèses contradictoires en présence

L'amitié franco-turque

lundi 10 décembre 2012

Hendaye : les craintes de Gegham Petrossyan

Publié le 20/11/2012 à 06h00
Par E. F.

Hendaye
Vingt jours de plus en rétention
Samedi, le juge a prolongé le séjour de Gegham Petrossyan, un Russe d'origine arménienne et père de famille, au centre de rétention.


Samedi matin, à Bayonne, le juge des libertés et de la détention a auditionné Gegham Petrossyan et prolongé de vingt jours son séjour au centre de rétention d'Hendaye.

Le père de famille, d'origine arménienne et de nationalité russe, avait été interpellé la semaine dernière à Bayonne dans une grande surface pour une tentative de vol de nourriture pour bébé et placé à Hendaye.

Pour les faits de vol, le juge s'est limité à un rappel à la loi. En revanche, Gegham Petrossyan demeure dans une situation administrative kafkaïenne, et sa famille aussi. Gegham Petrossyan et son épouse Christina Martirossian, d'origine arménienne par son père et azerbaïdjanaise par sa mère, sont arrivés de Russie il y a deux ans avec leurs deux premiers enfants. Guagik, 10 ans, est né en Arménie ; Gorn, 7 ans, en Russie, et le cadet a vu le jour à Bayonne alors que ses parents avaient effectué une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), droit qui leur avait été refusé. Le recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNADA) n'a pas non plus abouti.
Ni expulsable ni régularisable

« Pendant ce temps, ils étaient au Centre d'accueil de demandeurs d'asile et touchaient des indemnités, mais ce n'est plus le cas », précise Hélène Ducarre, présidente du Comité inter mouvements auprès des évacués (Cimade) de Bayonne. De fait, la famille Petrossyan est désormais hébergée par une famille d'accueil, situation forcément temporaire. Et elle a déposé une demande de régularisation à titre humanitaire auprès de la préfecture. « La famille doit rester en France pour ne pas être éclatée car les parents sont de nationalité différente », lance Hélène Ducarre.

Les autorités françaises ont fait une demande d'expulsion auprès des consulats d'Arménie et de Russie, mais au vu des nationalités distinctes des parents, la Cimade craint que la famille Petrossyan ne se retrouve dans une situation de « ni expulsable, ni régularisable », si la préfecture n'accordait pas de carte de séjour.

La rétention administrative ne pouvant excéder le délai de 45 jours, à son terme Gegham Petrossyan pourrait être libéré sans régularisation de sa situation, ni de celle de sa famille. « S'il repart en Arménie ou en Russie, M. Petrossyan craint d'être remis en prison, il indique avoir été victime d'exactions et de violences de groupes nationalistes », indique la Cimade.

Hendaye · Bayonne
Source : http://www.sudouest.fr/2012/11/20/vingt-jours-de-plus-en-retention-884022-4018.php

Voir également : Béarn : les Simonian, une famille mixte menacée d'expulsion vers l'Arménie raciste

La vie clandestine des Simonian dans le Béarn
 
Le cas de la famille Aslikian, qui a fui le racisme prévalant en Arménie

Vruyr Dovlatian, issu d'un couple mixte arméno-azéri, est menacé d'expulsion vers l'Arménie raciste

Brives-Charensac : parrainage républicain pour deux familles de réfugiés arméniens

Dunkerque : un couple mixte arméno-azéri ayant fui l'Arménie ethno-nationaliste

Le régime bananier et nationalitaire arménien refuse d'accueillir une famille mixte arméno-géorgienne

Rennes : un père de famille mixte, menacé d'expulsion vers l'Arménie, fait une grève de la faim

La famille mixte Hambardzumyan est en danger si elle retourne en Arménie

Châlons : avenir incertain d'une famille ayant fui l'Arménie intolérante

Le refus d'asile en France : une menace pour les Arméniens persécutés en Arménie

Règlement de comptes mafieux à Châtellerault ?

Vienne - Châtellerault -
Ils le poursuivent en voiture et lui tirent dessus

28/11/2012 05:38

Châtellerault. Hier matin, trois personnes ont foncé sur un piéton. L’une est sortie, l’arme à la main, et lui a tiré deux fois dans le dos. Un règlement de comptes ?


Châtellerault n'est pas Marseille ni la Corse. Mais il faut bien dire que la cité du bon accueil n'est pas habituée à ce genre de faits-divers. Un Arménien de 39 ans poursuivi et tiré comme un lapin, quasiment à bout portant par des individus en voiture, c'est la scène qui s'est déroulée hier matin dans les rues du vieux Châtellerault.


Deux projectiles dans le fessier et les jambes

Il est 11 h 40 quand un piéton, accompagné de jeunes femmes, est pris en chasse par une voiture, une BMW série 5 de couleur grise, à la sortie du pont Henri-IV. Le véhicule fonce droit sur le trio. Les deux jeunes femmes parviennent à fausser compagnie à la voiture folle, rue des Cordeliers. Elles se réfugient au domicile de leur ami, situé quelques mètres plus loin, dans la rue de Sully.
D'après les premiers éléments, l'homme, quant à lui, se serait caché dans un recoin de la rue des Cordeliers avant d'être débusqué par ses poursuivants.
À son bord, trois personnes, deux hommes à l'avant et une femme à l'arrière, d'après un témoin de la scène. Le passager avant serait alors descendu, aurait mis froidement en joue l'individu et fait feu dans le dos de sa proie. Au moins à deux reprises. « J'ai vu le gars sortir de l'auto avec un pistolet. Il voulait le flinguer, ça se voyait. Ce n'était pas pour le menacer », raconte un témoin direct de la scène (lire son témoignage ci-dessous et en vidéo).
D'après la police, la victime, un Arménien de 39 ans, a reçu deux projectiles, l'un dans le fessier, l'autre dans les jambes. L'homme, hospitalisé, est hors de danger. Dans l'attente des analyses balistiques, les autorités refusent de communiquer d'autres précisions concernant un éventuel troisième tir, l'arme, les munitions et le calibre utilisés (22 et 6.35 selon nos informations).

Les agresseurs recherchés pour tentative d'assassinat

Une enquête de flagrant délit pour tentative d'assassinat est ouverte, apprend-on du parquet. La police judiciaire de Poitiers est chargée de l'enquête pour faire la lumière sur ce qui ressemble à un règlement de comptes. « Ça ne fait aucun doute, confirme une source proche du dossier. Reste à savoir s'il s'agit d'un trafic de stupéfiants, d'une rivalité sentimentale ou religieuse, ou une affaire de prostitution ? »
Selon nos informations, la victime n'est pas connue des services de police, hormis une infraction à la législation sur les étrangers.
Ses agresseurs, qui pourraient être de la même origine que lui, étaient toujours en fuite hier soir, et activement recherchés.
Denys Fretier
Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2012/11/28/Ils-le-poursuivent-en-voiture-et-lui-tirent-dessus

François Pupponi et le "milieu" corse

Cercle Wagram : le procès s'ouvre sur fond de rivalités entre malfaiteurs corses
Le Monde.fr | 05.12.2012 à 08h17 • Mis à jour le 05.12.2012 à 10h12 Par Yves Bordenave

Les scénaristes de la série télévisée "Mafiosa" l'ont imaginé dans la fiction, une bande de malfrats corses l'a fait dans la réalité. Le 19 janvier 2011, peu avant 13 heures, sept hommes se sont présentés au cercle de jeux Wagram, 47 avenue de Wagram à Paris 17e. Pendant que trois se postaient devant l'entrée, quatre s'engouffraient à l'intérieur et grimpaient illico au deuxième étage dans les bureaux de la direction. Sommant les anciens tenanciers de déguerpir, il ne leur a fallu qu'une poignée de minutes pour s'emparer de l'établissement. Moins d'une heure plus tard, ils menaient une opération similaire à l'Eldo, 33 boulevard Saint-Martin à Paris 3e, mettant ainsi la main sur un autre cercle de jeu.

Sept auteurs ou complices de ce coup de force comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris à partir de mercredi 5 et jusqu'au 21 décembre. Trois des auteurs manquent à l'appel. La cause ? A en croire l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Jean-Luc Germani, 47 ans, Frédéric Federici, 49 ans, Stéphane Luciani, 41 ans, trois figures emblématiques du grand banditisme corse "manifestement prévenus de l'opération de police du 8 juin 2011", ont pris la fuite ce jour-là, quelques heures avant l'arrivée des policiers. Ils seront jugés en leur absence. Un second volet de l'affaire, portant sur le blanchiment d'argent, est toujours à l'instruction.

Parmi les sept prévenus attendus à la barre, Philippe Terrazzoni, 50 ans, soupçonné d'être en sous-main le gérant du Wagram, Antoine Quilichini dit Tony "le boucher", 46 ans, mis en examen dans une affaire de meurtre instruite à la juridiction inter-régionale spécialisée de Marseille depuis 2009, répondront d'"extorsions de fonds " et d'"association de malfaiteurs". Un acteur de la série "Mafiosa", Frédéric Graziani, 52 ans, s'illustre également dans cette production où la voyoucratie corse s'affronte sur fond de rivalités et de redistributions des cartes.

Ces deux opérations coup de poings mettent en scène deux équipes issues du grand banditisme insulaire : les "attaquants" emmenés par Jean-Luc Germani, beau-frère et "héritier" de Richard Casanova, un des piliers de la Brise de mer assassiné à Porto-Vecchio en avril 2008. Jusqu'à sa mort, Richard Casanova et les frères Francis et Jean-Angelo Guazelli contrôlaient le cercle Wagram dont ils détournaient chaque mois plusieurs centaines de milliers d'euros qu'ils répartissaient à parts égales entre les pères fondateurs de la Brise. Après la mort de Casanova, un conflit fratricide a déchiré le gang, dont les chefs historiques se sont entretués un à un dans une guerre qui n'en finit pas d'ensanglanter la Corse. Quand fin 2009, Francis Guazelli tombe à son tour sous les balles, son frère Jean-Angelo, reprend seul le Wagram sous sa coupe.

Voir l'infographie : Les dates-clés de la recomposition du grand banditisme corse

Les "ayant droits" de Casanova, dont son beau frère Jean-Luc Germani, ne l'entendent pas de cette oreille. Pas disposés à se laisser déposséder de la manne que leur garantissait l'exploitation de l'établissement, ils en reprennent le contrôle les armes à la main, lors du fameux coup du 19 janvier 2011.

Mais, pas de chance pour eux, policiers du renseignement de la préfecture de police et du service des jeux de la direction centrale de la police judiciaire mènent à ce moment-là des investigations qui visent le cercle et certains de ses employés. Ecoutes, filatures, rien de ce qui se joue au cercle et dans ses alentours, n'échappent aux yeux et aux oreilles des enquêteurs. Les conversations téléphoniques interceptées entre employés du cercle le 19 janvier sont éloquentes : "L'ancienne équipe d'ici [...] ils sont arrivés ce matin [...] avec des mecs de chez vous [...] et ils ont enlevés, Marie, Térésa, les deux zouaves... tous le monde dehors [...] c'est pas un petit truc qui s'est passé [...] c'est chaud !", raconte ainsi au téléphone l'un des témoins.

Un autre, un ex-dirigeant du cercle en vogue chez les people, Jean Testanière dit le Mage, explique à sa compagne, la comédienne Ophélie Winter, qu'il était arrivé, "quelque chose d'incroyable et d'assez disons... sale [...] mené par l'ancienne bande [...] des enculés qui ont fait des saloperies et qui reviennent".

Lire aussi : Affaire du Cercle Wagram : le Mage du show-biz interpellé

Outre son côté spectaculaire, l'affaire est d'autant plus rocambolesque qu'elle a mis au jour les relations pour le moins ambigües entre le maire de Sarcelles, François Pupponi (PS) et l'un des principaux prévenus, Philippe Terrazzoni. Pis, selon les magistrats qui ont instruit le dossier, "la présence d'anciens fonctionnaires de police au sein des instances dirigeantes des cercles de jeux parisiens [...] et l'apparition à plusieurs reprises du nom de Bernard Squarcini directeur central du renseignement intérieur [jusqu'en juin 2012], tout au long de la procédure, jetaient le trouble sur les liens pouvant exister entre les mis en cause et le milieu policier".

Yves Bordenave
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/12/05/cercle-wagram-le-proces-s-ouvre-sur-fond-de-rivalites-entre-malfaiteurs-corses_1799810_3224.html

Pour rappel : Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

Voir également : Le maire et sénateur "socialiste" Philippe Kaltenbach, collaborateur notoire et hargneux du lobby raciste arménien, est soupçonné de corruption

Choquant : après avoir soutenu publiquement la dictature de Ben Ali en Tunisie, le politicien douteux Gérard Collomb fait de même avec la satrapie de Sarkissian

La liberté d'expression selon le multi-communautariste Roger Madec

vendredi 30 novembre 2012

La liberté d'expression selon le multi-communautariste Roger Madec

Mariage gay : un élu PS sabote un «Complément d'enquête»

Par Anne-Laure filhol

Mis à jour le 30/11/2012 à 15:34 | publié le 30/11/2012 à 14:37

VIDÉO - Faisant suite à l'incident survenu pendant le tournage de l'émission de Benoît Duquesne «Complément d'enquête», le maire du XIXe arrondissement de Paris revendique son comportement. Et s'explique.

Un plateau de télévision soudainement plongé dans le noir. Cette scène étrange pour un présentateur d'émission a eu lieu jeudi soir pour les téléspectateurs sur le plateau de «Complément d'enquête» sur France 2. Mais, c'est le matin pendant le tournage que l'affaire a eu lieu. Benoît Duquesne tourne depuis la salle des mariages de la mairie du XIXe arrondissement de Paris. Ce lieu de tournage n'est pas anodin. Le journaliste a choisi de traiter le sujet des «croisades antigays». Il voulait être dans une belle salle.

Au bout de cinq minutes, alors qu'il est en entretien avec Frigide Barjot, égérie de la lutte contre le mariage homosexuel, les lumières s'éteignent. Les deux interlocuteurs poursuivent leur conversation, l'une n'a pas l'air perturbée, l'autre ne cache pas son étonnement, voire son désarroi et sa colère. Car il n'y a pas eu de coupure d'électricité dans la mairie. Il s'agit d'un sabotage de l'émission.

Frigide Barjot trouvée par surprise, installée dans un fauteuil

Derrière ce «boycott», Roger Madec, maire PS du XIXe. Il n'a jamais dissimulé ses convictions en faveur du mariage gay. Il n'a pas supporté de ne pas avoir été informé de la venue de Frigide Barjot. Il s'est senti trahi. «Cette invitation n'était pas du tout prévue! s'insurge-t-il encore excédé ce vendredi matin. L'émission traitait de l'homophobie et des victimes de l'homophobie. Benoît Duquesne devait, dans ce sens, recevoir l'écrivain Louis-Georges Tin, et à la place, ma directrice de communication trouve hier matin, Frigide Barjot, installée dans un fauteuil! Ce ne sont pas des manières de faire!»

Sur son site, l'animateur Jean-Marc Morandini, explique que le maire se serait donc opposé au tournage. Face au refus du journaliste de s'exécuter, il aurait demandé aux employés de la mairie d'éteindre progressivement les lumières au moment de l'entretien avec l'humoriste antimariage gay.
Une lettre envoyée au PDG de France Télévisions

Roger Madec confie d'ailleurs que, même s'il avait été prévenu en avance de la venue de Frigide Barjot, il «s'y serait opposé si une personne de l'autre camp n'avait pas été invitée pour lui répondre».

Le sénateur maire s'est empressé d'envoyer le jour même une lettre dévoilée par le Huffington Post à Rémy Pflimlin, président-directeur général de France Télévisions où il affirme: «Il ne s'agit pas pour moi de contrarier le débat sur cette réforme majeure de la société (…) ni d'empêcher les opposants à cette réforme de s'exprimer: pour le coup, j'ai eu l'occasion de débattre en direct avec Mme Barjot sur un autre média (…).

Il ne serait guère raisonnable que la Mairie du XIXe puisse entraver de quelque manière que ce soit la liberté des journalistes de faire leur métier correctement. Cette correction suppose en revanche, un dialogue franc et honnête, qui en l'espèce n'a pas eu lieu.»
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/11/30/01016-20121130ARTFIG00475-un-elu-ps-plonge-dans-le-noir-un-complement-d-enquete.php

En tant que sénateur, Roger Madec a soutenu la proposition de loi Boyer :

"Groupe socialiste et apparentés (130)
Pour : 56 - MM. Serge Andreoni, Maurice Antiste, Jean-Étienne Antoinette, David Assouline, Mme Delphine Bataille, MM. Claude Bérit-Débat, Jacques Berthou, Jean Besson, Martial Bourquin, Jean-Pierre Caffet, Mme Claire-Lise Campion, MM. Luc Carvounas, Yves Chastan, Jacques Chiron, Mme Karine Claireaux, MM. Gérard Collomb, Jacques Cornano, Roland Courteau, Marc Daunis, Mmes Christiane Demontès, Odette Duriez, MM. Vincent Eblé, Philippe Esnol, Mme Samia Ghali, MM. Jacques Gillot, Jean-Noël Guérini, Didier Guillaume, Claude Haut, Mme Odette Herviaux, MM. Philippe Kaltenbach, Yves Krattinger, Serge Larcher, Mme Françoise Laurent-Perrigot, MM. Jacky Le Menn, Alain Le Vern, Roger Madec, Jacques-Bernard Magner, Marc Massion, Rachel Mazuir, Gérard Miquel, Jean-Jacques Mirassou, Thani Mohamed Soilihi, Robert Navarro, Alain Néri, Georges Patient, Bernard Piras, Roland Povinelli, Marcel Rainaud, François Rebsamen, Simon Sutour, Michel Teston, René Teulade, Jean-Marc Todeschini, Richard Tuheiava, Yannick Vaugrenard, Michel Vergoz"

Source : http://www.senat.fr/scrutin-public/2011/scr2011-93.html

Voir également : Le "modèle" répressif arménien et dachnak importé en France par Valérie Boyer

Le Conseil constitutionnel repousse les ingérences liberticides d'un ethno-nationalisme étranger en France

Le Conseil constitutionnel et le droit européen : "ce n'est pas un hasard (...) si le Conseil constitutionnel a annulé la loi sur le génocide arménien au nom de la liberté d'opinion." (Jean Quatremer)

Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

Le maire et sénateur "socialiste" Philippe Kaltenbach, collaborateur notoire et hargneux du lobby raciste arménien, est soupçonné de corruption

Choquant : après avoir soutenu publiquement la dictature de Ben Ali en Tunisie, le politicien douteux Gérard Collomb fait de même avec la satrapie de Sarkissian

mardi 27 novembre 2012

L'Ubu arménien est mécontent : un journaliste français lui pose pour une fois des questions pertinentes

politique
France 3 énerve le président arménien
La rédaction | 22/11/2012 - 00:00 |

Incident diplomatique la semaine dernière à France 3 Rhône-Alpes. Le président de la République d’Arménie, Serge Sarkissian (photo), qui était interviewé par la chaîne régionale, n’a pas apprécié les questions du journaliste lyonnais Olivier Michel. “Je l’ai interrogé sur la corruption dans le pays et sur les soupçons d’entretien du régime syrien par l’Arménie ”, explique-t-il. Des questions qui ont créé un climat de tension après l’interview. “La traductrice m’a pris à partie et l’un des ministres m’a menacé du doigt ”, assure Olivier Michel qui ne devrait pas passer ses prochaines vacances en Arménie.
Source : http://www.tribunedelyon.fr/?actualite/politique/36085-france-3-enerve-le-president-armenien

vendredi 23 novembre 2012

Le grand arménophile Jean Jaurès et le géopoliticien allemand Friedrich Naumann

Philippe Alexandre, "Friedrich Naumann, la revue Die Hilfe, la Russie et les relations franco-allemandes avant 1914", in Pierre Guillen et Ilja Mieck (dir.), Deutschland - Frankreich - Russland : Begegnungen und Konfrontationen. La France et l'Allemagne face à la Russie, Munich, R. Oldenbourg Verlag, 2000 :

"Die Hilfe [dirigée par Naumann] devait apporter son soutien à tous ceux qui, en France, menaient un "Kulturkampf" contre les cléricaux qui avaient fait alliance avec l'armée et incarnaient l'esprit de "revanche" sur l'Allemagne. De même, elle mettait en exergue les propos qui, à Paris, étaient de nature à favoriser un rapprochement franco-allemand. C'est surtout à l'action de Jean Jaurès en faveur de ce rapprochement que Die Hilfe ne cessa d'apporter une attention toute particulière. La rencontre avec Jaurès lors la conférence de Bâle qui, à la Pentecôte de 1914, réunit des parlementaires français et allemands en vue d'une action commune en faveur de la paix, fut pour Naumann l'un des grands moments de sa carrière politique. Celui-ci avait, depuis 1894, considérablement tempéré son adhésion à l'impérialisme. Ses contacts avec les libéraux de gauche allemands, en particulier avec le Wurtembergeois Conrad Haußmann, semblaient lui avoir donné une vision plus sereine et plus optimiste de l'Europe. S'il avait participé à la conférence de Bâle, c'était, expliquait-il, pour soutenir la politique du ministère des Affaires étrangères allemand qui travaillait à la paix avec la France, pour témoigner en tant que député allemand du fait que son peuple ne préparait pas la guerre contre la France, pour soutenir le pacifisme de la gauche française qui venait de remporter une belle victoire lors des dernières élections ainsi que l'action de l'Union interparlementaire qui lui paraissait prometteuse.

Après l'assassinat de Jaurès, le 31 juillet 1914, Die Hilfe devait rendre hommage à celui qu'elle appelait "le meilleur ami de l'Allemagne". Les efforts faits depuis des années par le socialiste français venaient d'être "anéantis par la rage aveugle du tsarisme"." (p. 133-134)

 

Friedrich Naumann, Asia. Eine Orientreise über Athen, Konstantinopel, Baalbek, Nazareth, Jerusalem, Kairo, Neapel, Berlin, Georg Reimer, 1913 (première édition : 1899) :

"Nous avons parlé des Arméniens à l'Association des Artisans (de Constantinople). Nous étions assis en face d'un maître-potier allemand qui vit depuis 19 ans à Constantinople et qui connaît l'Anatolie. Il déclara les choses suivantes à ce sujet : "Je suis chrétien et je crois dans la charité envers mon prochain, et je dis que les Turcs ont bien agi quand ils ont assommé les Arméniens. Le Turc, exploité de la façon la plus irresponsable, ne peut pas se protéger autrement de l'Arménien, de sa luxure, de sa fainéantise et de sa superficialité. L'Arménien est le pire scélérat au monde. Tout Constantinople est moralement contaminée par les Arméniens. Ce ne sont pas les Turcs qui ont attaqué, mais les Arméniens. Nous étions là le jour de l'attaque contre la Banque ottomane et nous savons ce qui s'est passé. Ce n'est pas l'Arménien uniate qui était en cause, mais l'orthodoxe, parce qu'ils sont incorrigibles. Pour les Arméniens d'Asie mineure qui seraient mieux, c'est un mensonge anglais. J'ai été dans les villages et je connais la situation. Et c'est là aussi l'Arménien seul qui favorise l'usure. Le fait que des enfants arméniens soient éduqués par des chrétiens allemands n'arrange rien. Ceux-ci seront aussi mauvais plus tard. Il n'existe pas de moyen ordonné pour se protéger des Arméniens. Le Turc est en état de légitime défense !" — Il est à noter que cette description faite par notre compatriote a eu l'approbation de ses amis. Nous n'avons pas entendu d'avis différent. La colère envers les Arméniens était même parfois enflammée. L'Arménien est le révolutionnaire que l'Anglais utilise pour renverser le Sultan. Tel était le refrain à droite et à gauche." (p. 31-32)

"On ne doit pas oublier que l'Etat turc n'est pas un Etat-nation comme l'Allemagne, ni un Etat dynastique basé sur une constitution et une union personnelle comme l'Autriche, mais un Etat conquérant dans lequel un peuple de maîtres relativement restreint dirige des peuples dépendants. Cet Etat se décompose quand la domination ottomane est brisée. Quiconque veut le détruire, doit soutenir à cette fin les Grecs, Serbes, Bulgares, Macédoniens, Syriens, Arméniens. Toutes les grandes puissances, à l'exception de l'Allemagne, ont adopté cette méthode qui tend à renverser l'ordre existant en Turquie." (p. 138)

"Notre politique en Orient est fixée pour longtemps, nous faisons partie du groupe des protecteurs de la Turquie, c'est en cela qu'il nous faut mettre notre confiance." (p. 140)

"Le 6 septembre 1871 mourut Ali Pacha, l'homme politique turc le plus doué de notre siècle. Il avait compris à merveille le changement que la victoire de l'Allemagne sur la France avait amené dans la situation politique. A une époque où peu d'Allemands encore pressentaient les conséquences que la paix de Francfort pourrait avoir au sujet de la question d'Orient, il dit à l'ambassadeur autrichien, Prokesch-Osten, "que les relations entre la Russie et la Prusse ne gagneraient pas à cette victoire sur la France. Que la Prusse s'efforcerait de conquérir l'alliance de l'Autriche. Mais que de là résulterait pour la Porte l'appui dont elle avait manqué si longtemps." (Geschichte der orientalischen Angelegenheit im Zeitraum des Pariser und des Derliner Friedens, von Félix Bamberg, Berlin 1892.) Ce que ce Turc mourant disait par ces mots, est en effet le germe de notre politique orientale. Il faut que nous protégions l'Empire ottoman, parce que nous avons vaincu à Sedan. Par notre victoire, nous avons brisé, même en Orient, la force politique si importante de la France. Il se forma une brèche par laquelle la Russie et l'Angleterre se seraient introduites sans ménagement, si nous n'avions pas existé. Nous recueillîmes, ici comme ailleurs, l'héritage de Napoléon III, tandis que la France reprit le rôle de la Prusse dans ses rapports avec la Russie. Autrefois, c'est Napoléon III qui était l'ami du Padischah, aujourd'hui, c'est Guillaume II." (p. 141-142)

"La Turquie peut bien avoir la constitution qu'elle voudra, pourvu qu'elle se maintienne à flot encore quelque temps. C'est dans ce sens que Bismarck nous a appris à séparer la politique extérieure de la politique intérieure.

La même chose s'applique aussi à la mission chrétienne. En tant que chrétiens, nous désirons tous les progrès de la foi qui assure notre salut, mais notre politique n'a pas pour tâche de faire oeuvre de mission chrétienne. Les deux choses se trouvent mieux de ne pas s'engager dans un travail commun. Napoléon III était à la fois ami du sultan et protecteur des chrétiens d'Orient. C'est en cela qu'a résidé la faiblesse fatale de sa politique orientale. Dans la conversation déjà mentionnée d'Ali Pacha avec M. de Prokesch-Osten, il fait un reproche à la France de ce que "toute insurrection dans les pays soumis à la Porte ait trouvé un appui dans la France". Cela fut le résultat du protectorat chrétien. La tentation est grande, en effet, pour un monarque chrétien, auquel sa situation politique particulière comme protecteur des mahométans cause un sentiment pénible, de chercher un contrepoids dans un droit de protection sur les chrétiens, mais, au fond, on ne peut pourtant avoir la prétention que d'être l'un ou l'autre. Ce fut une bonne fortune, croyons-nous, que la volonté de l'Allemagne de servir tous les chrétiens d'Orient se soit heurtée à des obstacles à Rome comme à Paris. A l'heure présente, l'attitude de Guillaume II est plus nette que celle de Napoléon III. Comme empereur allemand, il protège les protestants et les catholiques allemands de l'Empire turc, mais, pour tout le reste, il ne fait pas de politique religieuse en Orient, il ne fait que de la politique allemande." (p. 148)


Voir également : Le socialiste français Jean Jaurès : un arménophile et un fidèle soutien de la Turquie des Jeunes-Turcs

L'arménophile Jean Jaurès et la question du "despotisme" ottoman

Jean Jaurès et Pierre Loti : avec les Turcs

Un article de Jean Jaurès : "La Pologne Turque"


L'agitation arménienne et grecque, d'après le compte rendu du baron von Mirbach (sur le voyage officiel du Kaiser Guillaume II dans l'Empire ottoman en 1898)

Istanbul, 1890-1896 : les provocations des comités terroristes arméniens

L'usure arménienne
  
Le Turc osmanli : oppresseur des Arméniens ou victime démunie ?

Les prétendus "massacres hamidiens" de l'automne 1895

Mauvaise nouvelle pour le régime bananier arménien : déploiement d'antimissiles de l'OTAN à la frontière turco-syrienne

L'armée allemande rattrapée par le conflit syrien

Par Patrick Saint-Paul

Mis à jour le 19/11/2012 à 19:31 | publié le 19/11/2012 à 16:22

Le gouvernement allemand se prépare à déployer des missiles Patriot et des soldats pour sécuriser la frontière turco-syrienne à la demande d'Ankara.

Correspondant à Berlin

La Turquie a intensifié ses discussions avec ses alliés de l'Otan en vue de renforcer la sécurité de ses 900 km de frontière avec la Syrie. Cependant, la perspective d'une intervention militaire a déclenché les foudres de l'opposition allemande.

«Si un partenaire nous demande maintenant une telle mesure, il est clair que nous l'étudierons en faisant preuve d'ouverture et de solidarité», a commenté, lundi, le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, qui s'attendait à recevoir une demande officielle turque dans la journée. De Maizière évoque «une mesure défensive se limitant strictement au territoire de l'Otan» et promet de répondre «rapidement» à la requête d'Ankara.

Les forces syriennes et les rebelles ont été impliqués dans des combats acharnés et souvent meurtriers, autour de la frontière turco-syrienne. Selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, Berlin se prépare depuis plusieurs jours à envoyer des missiles Patriot en Turquie dans le cadre d'une aide de l'Otan. L'armée allemande, la Bundeswehr, prévoit d'engager jusqu'à 170 soldats et une à deux batteries de missiles Patriot dans cette mission de l'Alliance atlantique.

Cependant, il n'est pas certain qu'un tel déploiement puisse avoir lieu sans un vote du Bundestag. Et l'opposition réclame un débat parlementaire sur cette question. «En tant que partenaire de l'Otan, la Turquie peut faire appel au soutien de ses alliés, lorsque son territoire national et sa population sont agressés et sérieusement menacés. Dans la poudrière du Proche-Orient, cette question est délicate à trancher. Seul le Bundestag peut prendre cette responsabilité», juge Frank-Walter Steinmeier, patron du groupe SPD au Bundestag.

De leur côté, les Verts soulignent les dangers d'une intervention militaire. «Je mets en garde l'Allemagne et l'Otan contre les dangers de se laisser aspirer dans le conflit syrien sans le moindre fondement de droit international», prévient Omid Nouripour, expert des questions militaire des écologistes allemands.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/19/01003-20121119ARTFIG00604-l-armee-allemande-rattrapee-par-le-conflit-syrien.php

L'Otan va déployer des antimissiles Patriot en Turquie

Par Laure Marchand

Mis à jour le 22/11/2012 à 18:30 | publié le 22/11/2012 à 18:17

Face à la menace syrienne, Ankara a obtenu le soutien de ses alliés pour mettre en place un système d'interception à sa frontière.


La requête d'Ankara de déploiement de missiles antimissiles Patriot à sa frontière avec la Syrie devrait être satisfaite rapidement par l'Otan, aucun allié n'ayant manifesté de réserve à ce sujet.


Officiellement déposée mercredi au siège de l'Alliance, la demande vise «à renforcer la capacité de défense aérienne de la Turquie afin de protéger sa population et son territoire», a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Anders Fogh Rasmussen. Y répondre favorablement sera «une manifestation concrète de la solidarité» de l'Otan avec un de ses membres.

Les trois pays qui possèdent des Patriot, l'Allemagne - qui enverrait également 170 soldats, selon la presse outre-Rhin, les Pays-Bas et les États-Unis -, pourraient donc les mettre à la disposition des Turcs.

Dès la semaine pro­chaine, l'Otan dépêchera des experts en Turquie afin d'étudier les modalités techniques de l'installation des batteries antimissiles. Leur utilisation sera «purement défensive»,a précisé Anders Fogh Rasmussen, et ne servira en «aucun cas à soutenir une zone d'exclusion aérienne ou toute opération offensive»en Syrie.

Depuis Islamabad, où il participe à un sommet de pays musulmans, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a également confirmé jeudi qu'il s'agissait uniquement «d'une mesure défensive contre une possible attaque qui viendrait de l'autre côté de la frontière».

Ce ne sera pas la première fois que l'Otan met à la disposition de la Turquie des missiles Patriot. Le système avait déjà été déployé à sa frontière avec l'Irak lors des guerres du Golfe en 1991 et 2003. La démarche turque pour consolider la protection des 820 kilomètres partagés avec la Syrie a de nouveau été évoquée publiquement après que des tirs de l'artillerie syrienne ont touché le territoire turc le 3 octobre. Cinq civils avaient été tués et dix autres blessés par des obus qui s'étaient abattus sur le village limitrophe d'Akçakale.
L'opposition de Moscou

Pourtant, ces batteries mobiles n'ont pas vocation à contrer ce type de menace. Elles servent à intercepter des missiles balistiques, comme les Scud que possède le régime de Damas, ou des missiles de croisière d'une portée de plus de 60 km. «Le souci turc concerne la fin de la crise en Syrie,décrypte Sinan Ülgen, ancien diplomate et président du think-tank Edam. Ankara craint que Bachar el-Assad ne cherche, avant de tomber, à internationaliser le conflit en attaquant les pays qui ont soutenu l'opposition syrienne, la Turquie en particulier. Ce scénario n'est pas totalement à exclure.»

Or l'armée turque, la deuxième de l'Otan en hommes, dispose d'un arsenal déficient. Elle ne possède pas de système antimissile. Les Patriot de ses alliés permettront à Ankara de se défendre en cas d'agression à l'arme chimique, a expliqué le président de la République, Abdullah Gül.

Si l'Otan n'a aucune intention d'intervenir en Syrie, ainsi que le répète régulièrement Anders Fogh Rasmussen, l'aide à son allié signale une internationalisation croissante du conflit. Jeudi, Moscou, soutien de Damas, a fait savoir son opposition au déploiement des batteries Patriot à la frontière turco-syrienne.
Source : http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/22/01003-20121122ARTFIG00718-l-otan-va-deployer-des-antimissiles-patriot-en-turquie.php

Voir également : Le régime bananier arménien toujours plus isolé : déploiement du bouclier antimissile de l'OTAN en Turquie

Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien

 

mardi 20 novembre 2012

L'agitation arménienne et grecque, d'après le compte rendu du baron von Mirbach (sur le voyage officiel du Kaiser Guillaume II dans l'Empire ottoman en 1898)

Ernst von Mirbach, Die Reise des Kaisers und der Kaiserin nach Palästina : Drei Vorträge, Berlin, E. S. Mittler, 1899, p. 107 :

"Le vaste empire que nous avions parcouru de Constantinople à Jérusalem et Damas, qui est appelé depuis plus d'une centaine d'années l'"homme malade", dont les jours parmi des héritiers jaloux semblaient comptés, porte en lui une immense et solide vitalité, à travers son peuple sobre, profondément religieux et humble, inconditionnellement dévoué à sa religion et à son souverain. Toutefois, son administration, difficile, laisse à désirer, parce qu'il n'y a pas assez de forces appropriées de disponibles. A l'extérieur, les trésors de l'âme populaire, richesse autrefois si prisée du pays, ne sont ni améliorés, ni conservés par les chrétiens, mais d'une manière non-chrétienne les Grecs et Arméniens, souvent instrumentalisés, n'ont pas hésité à causer de l'embarras à leur propre souverain et à son gouvernement, en fomentant des émeutes et des révoltes."

L'"antisionisme" de la mouvance ASALA

Anahide Ter Minassian, "La diaspora arménienne", Hérodote, n° 53, 2e trimestre 1989 :

"Le terrorisme arménien commence en 1975 (si on exclut l'acte isolé d'un Yanikian) avec l'ASALA (Armée secrète de libération de l'Arménie), et le Commando des justiciers du génocide qui exécute à vingt-quatre heures d'intervalle les ambassadeurs de Turquie à Vienne et à Paris, puis la nouvelle Résistance arménienne (1977) et l'Armée révolutionnaire arménienne (1981). Apparu au lendemain de la crise chypriote, pendant la guerre civile libanaise, fortement inspiré par le mouvement palestinien, c'est un nouveau mode d'expression qui renoue avec la tradition révolutionnaire arménienne (le mouvement fédai) et cherche à être un moyen de pression sur la Turquie et sur les gouvernements et les opinions publiques des Etats membres de l'OTAN. Son objectif déclaré est de faire reconnaître le génocide et de faire restituer les terres ancestrales. Le Commando des justiciers et l'ARA, dont les actions ont été cautionnées par la FRA, mènent plus d'une vingtaine d'attentats contre des diplomates turcs. L'ASALA (plus de cent cinquante attentats) change plusieurs fois de tactique (attentats personnalisés ou attentats aveugles dans les aéroports à Ankara, à Orly) et de cibles." (p. 145)

René Backmann, "Arménie : des tueurs déboussolés", Le Nouvel Observateur, 22 juillet 1983 :

"Pendant longtemps, les Arméniens de Beyrouth n'ont rien réclamé d'autre que la paix. Ils avaient obtenu quatre sièges au parlement libanais et contrôlaient un quart du marché de l'or à Beyrouth où se trouvait aussi le siège du secrétariat mondial des assemblées élues par les communautés de la diaspora. Et puis l'O.L.P., au début des années soixante-dix, s'est installée à Beyrouth, armée et représentation politique d'un autre peuple sans terre, les Palestiniens. Pour certains des jeunes Arméniens de la troisième génération, ces guérilleros de vingt ans bardés de cartouchières sont vite devenus des modèles. L'idéologie a suivi et, au début de 1975, c'est dans la « petite Arménie » de Bourj-Hammoud qu'est née une organisation nommée A.S.A.L.A." (p. 24)

Pierre Blanchet, "L'ASALA et ses sponsors", Le Nouvel Observateur, 10 octobre 1986 :


"L'Armée Secrète arménienne pour la Libération de l'Arménie est apparue pour la première fois en 1975 à Beyrouth. Dirigée par Hagop Hagopian, dit le Mujahed, elle se meut dans l'importante communauté arménienne de la capitale du Liban et ses militants sympathisent avec les plus dures des organisations palestiniennes." (p. 54)

Yves Ternon, La cause arménienne, Paris,
Le Seuil, 1991 :

"Hay Baykar se rapproche progressivement de l'ASALA. A partir d'avril 1980, le journal [dont Ara Toranian est le rédacteur en chef] publie des interviews d'Abou Ayad, numéro deux de l'OLP et principal intermédiaire entre les Palestiniens et l'ASALA, de membres du « Front du refus » et de l'« Union générale des étudiants palestiniens »." (p. 259)

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002 :

"L'ennemi principal devient la Turquie à l'égard de laquelle tous les moyens doivent être employés : le terrorisme ciblé sur des personnels diplomatiques et consulaires turcs, et très professionnel du CJGA (Commando des justiciers du génocide arménien), et la lutte politique institutionnelle pour la reconnaissance du génocide arménien par l'ONU, le Congrès américain, le Parlement européen, etc. Celle-ci légitimant celui-là et le terrorisme perpétré d'abord dans la France désotanisée et l'Autriche neutre où la FRA cultive ses contacts avec les socialistes Bruno Kreisky et François Mitterrand, servant à la publicité de la Cause et de moyens de pression pour la reconnaissance du génocide et l'isolement de la Turquie.

Malgré sa radicalité, ce virage n'empêche pas la formation d'une organisation terroriste concurrente et plus extrémiste, l'Armée secrète arménienne pour la libération de l'Arménie (ASALA), initialement proche du FPLP palestinien de George Habache, sans stratégie diplomatique et politique globale, qui stigmatise les anciennes attaches de la FRA avec la CIA, et la droite maronite libanaise, les liens passés de H. Maroukhian avec le Shah d'Iran, les échecs successifs de la stratégie institutionnelle de la FRA à l'Ouest (l'élection de Ronald Reagan, la défaite socialiste en France en 1978, l'échec à l'ONU de l'amendement reconnaissant le génocide, etc.)." (p. XV)

"H. Maroukhian est le principal artisan de ce tournant terroriste. Lui qui a, avant de se rétracter, en pleine détente et à l'abri de ses camarades, créé à Beyrouth, en 1971, un premier noyau d'activistes dachnaks et hentchaks, chargés de se documenter sur les techniques du terrorisme et sur le potentiel militaire de la Turquie, tient là sa revanche. Les services de renseignements de l'OLP se sont en effet méfiés des liens existants entre ce groupuscule secret et le Dachnak, considéré comme un relais de la CIA et un allié des Phalangistes au Liban. Les agents du COSE-FPLP (Commandement des opérations spéciales à l'étranger — Front populaire de libération de la Palestine), de George Habache, ont récupéré le groupe, l'ont baptisé « Armée secrète arménienne pour la libération de l'Arménie » (ASALA) en vue de l'utiliser en tant que réseau autonome de la résistance palestinienne à l'étranger, en plaçant à sa tête Wadi Haddad et son bras droit, Haroutioun Tachikian alias Hagop Hagopian, El Moudjahed. Impuissant, H. Maroukhian a pris ses distances avec le groupe sans oublier de charger ses agents dachnaks restés à l'intérieur de le tenir informé de la suite des événements." (p. 28-29)

"Alors que l'armée israélienne détruit les structures de l'ASALA au Liban-Sud, H. Hagopian trouve refuge chez son ami Abou Nidal. Celui-ci, privé de l'appui du FPLP, offre à H. Hagopian logistique et moyens financiers dans la Bekaa sous contrôle syrien. Abou Nizar et Abd Al Rhaman Iza, deux hommes d'A. Nidal, mettent en contact H. Hagopian avec le colonel Haitham Saïd, responsable du Département d'intelligence de l'Air Force syrienne, ce qui procure à H. Hagopian des facilités en Syrie et par ficelles interposées entre l'ASALA et le KGB." (p. 78-79)

Nathalie Cettina, Terrorisme : l'histoire de sa mondialisation, Paris, L'Harmattan, 2001 :

"Quand à l'ASALA, sa transnationalité la pousse à concevoir l'action comme étroitement liée à la perspective de déstabilisation d'un équilibre régional qu'elle conteste. En 1979, à la suite d'une campagne d'attaques à la bombe contre des compagnies aériennes occidentales, elle annonce sa coopération logistique et opérationnelle avec des groupes terroristes palestiniens, mettant ainsi ses compétences au service d'une cause distincte de la sienne, comme elle l'avait déjà fait avec les services libyens. La complicité entre ces deux organisations se retrouve dans les revendications d'attentats commis contre la compagnie israélienne El Al à Rome, en 1980. Elle apparaît, à nouveau, dans les relevés balistiques des attentats menés, à Paris, en 1980, contre des intérêts turcs et israéliens. Au départ proche de El-Fatah, l'ASALA penche par la suite en faveur d'une action plus radicale, qui la conduit à se rapprocher de tendances comme le FPLP et le FPLP-CG.

Bref, les Palestiniens aident l'ASALA contre les Turcs et l'ASALA aide les Palestiniens contre les Israéliens et les Occidentaux. La déstabilisation provoquée par les uns n'est pas sans intérêt pour les autres." (p. 190-191)

Voir également : La jalousie maladive des militants arméniens à l'égard des Juifs

Monte Melkonian et l'attentat de la rue Copernic

La confrontation du MIT turc et du Mossad israélien avec le problème du terrorisme arménien


Le monstrueux attentat d'Orly : le terrorisme arméno-syrien contre la France

Quand Ara Toranian admettait avoir été, pendant des années, le complice d'un "antisémite" et d'un "fasciste"

La fidélité d'Ara Toranian au terrorisme de l'ASALA première mouture

La FRA-Dachnak et le tiers-mondisme arabe

L'antiracisme de la FRA-Dachnak

Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien

Les Arméniens et la République islamique d'Iran

L'antisémitisme arménien : quelques pistes à explorer

jeudi 8 novembre 2012

Un bref commentaire sur le fascicule (excellemment didactique) de l'association Alliance Démocrate à propos des manuels scolaires de 3e


http://www.alliancedemocrate.eu/wp-content/uploads/2012/11/FASCICULE-DESTINE-AUX-ELEVES-DE-3ème2.pdf

"Le nombre de victimes est estimé selon les éditions HATIER et HACHETTE à 1,2 million de morts. Les éditions HACHETTE reposent même leur estimation sur des chiffres de l’historien britannique Arnold J. TOYNBEE alors que ce dernier lui-même n’a jamais parlé 1,2 millions mais avançait le nombre de 600 000 morts (toutes causes confondues : massacres, morts dans les combats, épidémies, faim), 600 000 déportés survivants et 600 000 personnes non déportées." (p. 11 du fascicule)

L'évaluation de Toynbee a en effet été reprise sous sa forme déformée par Hachette (1,2 million au lieu de 600.000 morts). On peut ajouter en complément que Toynbee a de toute façon reconnu le caractère sélectif et partial du Blue Book (1916) dans The Western question in Greece and Turkey (1922) :

"During the European War, I edited, under the direction of Lord Bryce, the Blue Book published by the British Government on the 'Treatment of Armenians in the Ottoman Empire : 1915' (Miscellaneous No. 31, 1916), and incidentally learnt, I believe, nearly all that there is to be learnt to the discredit of the Turkish nation and of their rule over other peoples." (p. VIII-IX)

"Russia's intentions in regard to it [Eastern Anatolia] may be judged, not only from the general record of the Tsardom towards subject nationalities, but from the fact that during the period in 1916 and 1917 when this territory was temporarily under Russian military occupation. General Yudenich began to plant Cossack colonies on lands belonging to local Ottoman Armenians who had previously been deported and massacred by the Turks on account of their supposed sympathy with the Allies. The colonies were meant to be permanent, and natives of Transcaucasia (i.e. practically all Russian Armenians) were declared ineligible ! The intention was clear, and the terms of the agreement debarred our Government from protesting against it. Yet at the very time when the agreement was being made, I was being employed by His Majesty's Government to compile all available documents on the recent treatment of the Armenians by the Turkish Government in a 'Blue Book,' which was duly published and distributed as war-propaganda !" (p. 50)

"Various consequences of this [Greek] landing occupy most of the remaining chapters in this book. The diplomatic con-sequences may conveniently be narrated here in anticipation. Within the first few weeks, so much bloodshed and destruction occurred that the Allied and Associated Governments sent a commission of senior officers, under the presidency of Admiral Bristol, United States High Commissioner at Constantinople, to put a stop to the fighting and establish the responsibility for the atrocities already committed. But the mischief could not be undone so easily. The Commissioners arranged an armistice line ; they could not demobilise the forces already opposing one another in this new war. They reported on the crimes committed, but their report has never been published by their Governments. Possibly they were tactless. It may have been difficult to indict Greeks and Turks who had killed, burnt, robbed, and violated in the vilayet of Aidin without reflecting upon statesmen who had made decisions at Paris. There is no doubt that the 'Big Three' were morally as well as technically responsible for the consequences of this particular decision, for they cannot plead that they were badly informed. The suggestion of a Greek landing at Smyrna had been aired in official circles for some weeks before it was carried into effect, and had evoked emphatic comments and forecasts from the local representatives of the several Powers who were controling the execution of the armistice on the spot. These representatives cannot be blamed for having reported, as they were in duty bound to do, the danger of an Italian coup de main upon Smyrna. They could not know the diplomatic situation at Paris, or foresee that a Greek occupation would be the safeguard selected by their Governments. The 'Big Three' were responsible, and if any of them demur to this, they can be challenged to publish, or to invite their successors in office to publish, the official information on which they acted, as well as the Bristol Report. Their unwillingness to publish the report is not incomprehensible, and besides, Mr. Venizelos threw all his personal influence into the scale. He objected to the publication of evidence which had been taken by the Commission without the presence of a Greek assessor, and in which the names of the witnesses were withheld. There was, of course, a good reason for this, which reflected on the local Greek authorities and not on the Western Commissioners. The individuals giving damaging evidence against the Greeks were living under a Greek military occupation and could not safely be exposed to reprisals. There were the same legal flaws in the Bryce Reports on Alleged German Atrocities in Belgium and on The Treatment of Armenians in the Ottoman Empire. Did the Allied Governments hesitate to publish these documents on that account ?" (p. 78-80)

Dans ce même livre de 1922, il juge l'existence d'une "provocation" arménienne comme possible (ce qu'il niait absolument en 1916) :

"The Greeks, for their part, declared that the Turkish villages which they had destroyed had harboured Turkish bands, which had penetrated the Greek lines and had been raiding their railway communications. Probably there was truth in both statements, for guerilla bands are always likely to be at work in such conditions as those created in Anatolia after the 15th May 1919. This used to be the excuse of the Turkish troops in Macedonia before the Balkan War for the 'shooting up' and pillaging and burning of villages, and it is quite possible that (as the Turks allege) there was similar provocation for the atrocities against the Armenians in 1915." (p. 276)

Source : http://archive.org/details/cu31924027921778

mardi 6 novembre 2012

Marne : l'Arménien Artur sous la menace d'une expulsion

Artur l'arménien sera-t-il expulsé ?

Publié le dimanche 04 novembre 2012 à 09H55

CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Avec une maman hospitalisée à Châlons, une sœur placée au foyer de l'enfance de cette même ville, Artur l'Arménien, actuellement en centre de rétention administrative à Metz, sera-t-il expulsé de France ?

C'est, aux yeux de RESF, le réseau éducation sans frontières, un cas humanitaire proche de celui de la famille Gashi qui, depuis janvier dernier, n'a eu de cesse de mobiliser chacun. Emmené en début de semaine de Châlons à Metz et transféré au CRA (centre de rétention administrative), Artur Altunian, 19 ans, est sous la menace d'une expulsion à la suite du rejet de son recours décidée vendredi matin par le tribunal.

Supplique au préfet

Selon, RESF, « la volonté du CRA est de le faire réadmettre en Pologne où il avait premièrement demandé l'asile au sortir de l'Arménie (NDLR : procédure Dublin dont le but est d'éviter les doublons dans les dossiers d'adoption) ». Pour le réseau, la situation est inacceptable pour deux raisons : « La maman d'Artur, hémiplégique, est hospitalisée, handicapée, depuis le 14 septembre à l'hôpital de Châlons, elle ne peut pas marcher. Elle est morte d'inquiétude. La sœur d'Artur, Anni, depuis cette même date est placée au foyer de l'Enfance de cette même ville ». De fait, le jeune homme est donc seul soutien de famille.

Le réseau est une nouvelle fois remonté au front, même si le week-end de la Toussaint n'est pas un moment propice : « Beaucoup de services sont fermés et le personnel fait le pont : Artur a du mal à trouver des soutiens sur place à Metz. Nous travaillons avec lui à distance mais c'est compliqué : il a 24 heures pour déposer un nouveau recours et ne parle hélas, pas très bien français ».

Neuf personnes relogées

Du coup, les membres du réseau ont décidé d'abreuver la préfecture, à toute heure, de coups de fils, de mails, de fax et de marteler ce message : « Nous vous demandons de suspendre l'OQTF (Obligation de quitter le sol français) qui le frappe et d'annuler les procédures d'expulsion en cours ». Ils se disent certains que le préfet de la région Champagne-Ardenne Michel Guillot « saura reconnaître que cette situation humanitaire mérite la plus grande bienveillance ».

Artur Altunian a donc été transféré lundi, le jour où il a été décidé de mettre fin au campement sauvage dans l'enceinte d'une école maternelle désaffectée, propriété de la collectivité municipale située rue Joseph-Servas. Depuis plusieurs semaines, une dizaine de migrants, provenant principalement de Géorgie et d'Arménie, dormaient sous des tentes en attendant le dépôt de dossier de demandeurs d'asile à la préfecture.

A la suite d'une plainte de Benoist Apparu, adjoint et ancien ministre du Logement, et sous la pression de riverains lassés, ils ont été délogés de leurs campements. Ils ont été relogés à Châlons. A l'exception d'Artur…
Source : http://www.lunion.presse.fr/article/marne/artur-larmenien-sera-t-il-expulse