mardi 17 janvier 2012

Le dachnak "modéré" Simon Vratsian et la Turquie : l'exception qui confirme la règle

Yves Ternon, La cause arménienne, Paris, Le Seuil, 1983 :

"Le 23 novembre [1920], le gouvernement Ohandjanian démissionne. Il est remplacé par une coalition daschnak-SR, présidée par Simon Vratzian, qui est partisan d'une paix à n'importe quel prix avec la Turquie pour éviter la soviétisation du pays. Une délégation, conduite par Alexandre Khadissian, se rend à Alexandropol pour engager des pourparlers avec Karabekir." (p. 68)

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005 :

"Jusqu'à sa chute en 1920, la Ire République arménienne ne cesse d'être en guerre avec ses voisins pour l'élargissement de ses frontières, à l'exception de l'Iran. Guerres contre l'Azerbaïdjan, contre la Géorgie et contre la Turquie, la République dachnak, comme ses opposants l'appellent jusqu'à aujourd'hui, vit sous une triple menace.

D'abord, au sein du parti majoritaire, deux tendances s'affrontent sur la conduite des affaires. Le camp démocrate dirigé par Alexandre Khatissian et Simon Vratsian, se tourne résolument vers la construction d'un Etat de droit, alors que le camp autoritaire mené par Roupen Ter Minassian veut imposer la création d'un Etat révolutionnaire au seul service de la libération nationale, fut-elle par des massacres et autres exactions. Aujourd'hui encore, l'historiographie dachnak n'affronte pas avec la rigueur scientifique qui s'impose les pages sombres de la Ire République et parle toujours d'homogénéisation nationale pour justifier ce qui de nos jours s'appelle de la purification ethnique." (p. 17)

"Grâce au vecteur turc, le système haïtadiste sur lequel se fonde le dachnakisme et actuellement en pleine mutation, sera toujours porteur de déficiences organiques.

L'expérience de Ter Petrossian tente de surmonter ces déficiences, lui qui, s'inspirant du haïtadisme, a sûrement dû lire les mémoires de Simon Vratsian, dernier Premier ministre de la Ire République et qui considérait que ne pas tenir compte de la Turquie relevait de l'ineptie en politique." (p. 92)

Voir également : La politique arménienne des Jeunes-Turcs et des kémalistes

Une expérience politique éclairée et constructive en Arménie : la présidence de Levon Ter Petrossian (1991-1998)

Une épuration ethnique nommée "arménisation"

Quelques figures de l'activisme/terrorisme arménien