mardi 14 février 2012

L'arménophile Jean Jaurès et la question du "despotisme" ottoman

Jean Jaurès, "Réformes turques", L'Humanité, 15 juillet 1908 :

"Toutes les puissances européennes, sont flagrantes de convoitises ; elles sont chargées de lourds péchés contre les peuples : elles n'ont guère de qualité pour faire la leçon, même à un Abdul-Hamid."

Jean Jaurès, "M. de Mun, les Turcs et le pape", L'Humanité, 28 janvier 1913 :

"M. de Mun veut que l'Europe ne se mêle plus du tout de la querelle balkanique. Il demande à la conférence des ambassadeurs de se dissoudre. Oui, mais quand les alliés balkaniques seront seuls en face de la Turquie, auront-ils beaucoup de goût de reprendre les hostilités ? Et ne faudra-t-il pas qu'ils rabattent un peu de leurs prétentions ? M. de Mun aurait entrepris de sauver la Turquie du suprême désastre qu'il ne pourrait pas parler d'autre manière et donner d'autres conseils.

Sans doute il a été amené à ce changement de manière, sinon de politique, par la résistance tous les jours plus accentuée que la papauté oppose aux desseins balkaniques. Le Vatican qui, par l'expédition de Tripolitaine et les intrigues du Banco di Roma, a si fortement ébranlé l'empire turc, se demande maintenant si les infidèles n'étaient pas dans les Balkans un moindre péril pour le catholicisme que ne le seront demain les schismatiques vainqueurs et enivrés de leurs victoires. L'église grecque, l'église bulgare, fanatiques de domination, seront moins complaisantes aux missionnaires, aux prêtres et aux moines que ne l'était la bonhomie, traditionnelle du despotisme turc, terrible aux révoltés mais très tolérant pour les hommes d'une autre foi."

Voir également : Le socialiste français Jean Jaurès : un arménophile et un fidèle soutien de la Turquie des Jeunes-Turcs

Un article de Jean Jaurès : "La Pologne Turque"