jeudi 1 mars 2012

La Charmée : un an ferme pour le cambrioleur Arthur Manoukian

    Saône et Loire

Chalon-La Charmée Un an ferme pour celui qui « voulait se soulager »

le 21/02/2012 à 05:00 par C. Zahra

« Si je me suis introduit dans cette maison par effraction, c’était seulement pour accéder aux toilettes et si j’étais à La Charmée, c’était pour chercher un mouton pour un sacrifice », a réitéré hier à la barre du tribunal de Chalon par la voix de son interprète un réfugié politique arménien qui réside et travaille à Chalon depuis six ans.

Arthur Manoukian, 31 ans, a pourtant été pris la « main dans le sac » lors d’un cambriolage le 20 janvier dernier à La Charmée. De plus, ce dernier avait l’équipement du parfait cambrioleur dans le coffre de sa voiture et il avait mis dans sa poche deux médailles commémoratives qui appartenaient au propriétaire des lieux. Selon lui, « il les avait mises là en paniquant quand il a entendu les gendarmes arriver. Mais il ne faisait que les regarder ».
Confondu par son empreinte

L’homme était également poursuivi pour un vol chez un garagiste de Chalon. Une banquette arrière, une plage arrière, trois ceintures de sécurité avaient été dérobées sur une Seat. Et l’homme a été confondu par son empreinte retrouvée derrière un cache près du volant. Un fait qu’il n’explique pas et un vol qu’il nie car « il ne roule pas en Seat ». Or le véhicule dont il s’est servi plusieurs mois plus tard pour le cambriolage de La Charmée était une Seat d’un autre modèle certes, mais une Seat.

L’avocat du prévenu, M e Diry tenta d’invoquer la nullité des procédures des gardes à vue de son client sous prétexte que ce dernier n’avait pas été assisté d’un interprète pour comprendre et faire respecter ses droits. M. Moissonet du ministère public, objecta en signifiant qu’il avait compris ses droits pour les avoir exercés notamment « en refusant que l’on prévienne son employeur ». Pour lui, les faits étaient constitués et les explications du prévenu, « ridicules ». « Avec un pied-de-biche, on peut difficilement dire qu’on va chercher un mouton », insista-t-il. Aussi requerra-t-il à l’encontre de ce récidiviste « deux ans de prison avec mandat de dépôt » car l’homme était actuellement sans travail donc susceptible de ne pas exécuter sa peine.

« Il a honoré sa convocation en justice », plaida M e Diry pour les garantis de représentation de son client qui insista pour la nullité des procédures. « Si le tribunal a été légitimement saisi dans ces affaires, à quoi sert le code des procédures pénales ? ». Puis il ajouta qu’une empreinte ne prouvait pas sa culpabilité. « L’ordinateur propose, l’homme dispose, donc le tribunal aussi », déplora-t-il. Le tribunal a rejeté l’exception de nullité et il a reconnu coupable le prévenu pour l’ensemble des faits. En répression, il condamna M. Manoukian à deux ans de prison dont un an avec sursis sans mandat de dépôt à l’audience. Une peine assortie des obligations de travailler ou de suivre une formation et d’indemniser les victimes.
Source : http://www.lejsl.com/saone-et-loire/2012/02/21/un-an-ferme-pour-celui-qui-voulait-se-soulager

Voir également : Une coutume arménienne : le "madar", c'est-à-dire le sacrifice d'un mouton (ou d'un coq) suivi du marquage d'une croix de sang sur le front