jeudi 15 mars 2012

François Hollande a-t-il la "mémoire" courte ?

François Mitterrand, président de la République française (1981-1995) :

"C'est vrai, c'est la première visite d'Etat d'un chef de l'Etat algérien en France et cela représente un moment historique, puisque cela signifie qu'après vingt ans peu à peu ont été dominés les ressentiments, les contradictions, le cas échéant même les incompréhensions, les difficultés inhérentes à tout ce qui s'est produit depuis la dernière guerre mondiale dans le grand phénomène de la décolonisation.

Je ne rappellerai pas les moments douloureux, ils sont dans les mémoires. Mais d'autres générations sont nées, sont venues et la sagesse des représentants de la génération qui a vécu cette période a permis d'aborder les temps nouveaux. C'est précisément par ce salut au temps nouveau que je veux marquer la venue du Président algérien en France." (interview à l'agence Algérie Presse Service, 7 novembre 1983)

"Ils [ceux qui demandent des excuses de la France pour Vichy] attendront longtemps, ils n'en auront pas. La France n'a pas d'excuses à donner, ni la République. A aucun moment je ne l'accepterai. Je considère que c'est une demande excessive de gens qui ne sentent pas profondément ce que c'est que d'être français, l'honneur d'être français et l'honneur de l'histoire de France."

"C'est l'entretien de la haine et ce n'est pas la haine qui doit gouverner la France." (déclarations à Jean-Pierre Elkabbach dans le documentaire François Mitterrand, conversation avec un Président, 1994)

"La République n'a rien à voir avec cela [la collaboration de Vichy] et j'estime, moi, en mon âme et conscience, que la France non plus n'en est pas responsable ; que ce sont des minorités activistes, qui ont saisi l'occasion de la défaite pour s'emparer du pouvoir, qui sont comptables de ces crimes-là. Pas la République, pas la France ! Donc, je ne ferai pas d'excuses au nom de la France." (déclaration télévisée, 12 septembre 1994)


Lionel Jospin, Premier ministre (1997-2002) :

"Ce conflit colonial [la guerre d'Algérie] ne relève pas d'un acte de repentance collective ni de procédures judiciaires mais de la recherche de la vérité qui appartient au travail des historiens." (déclaration en marge du congrès du PS à Grenoble, 25 novembre 2000)

"Pendant la dizaine d’années que dura ce conflit [la guerre d'Algérie], la haine et la folie se sont emparés des esprits et des communautés. Les crimes des uns furent alternativement le prétexte des crimes des autres. Leur atrocité fut à la mesure de ce qu’on peut redouter d’une double guerre civile, franco-française et algéro-algérienne. (...) Je sais que l’immense majorité des militaires français, appelés ou rappelés du contingent, n’ont pas été impliqués dans les exactions commises. A ce titre, je ne crois pas qu’ils doivent porter quelque responsabilité que ce soit, ni que nous devions nous sentir collectivement coupables pour eux.

De même, je me souviens que ce furent des militaires, appelés ou de carrière, qui firent échec aux tentatives factieuses. Ils ont ainsi sauvé la République et je leur en suis reconnaissant. Mais je sais que, dans le tourbillon de violences, la confusion a pu être grande. Le bilan de cette guerre a d’ailleurs été terrible. Des deux côtés de la Méditerranée, le traumatisme a été profond." (cité par Humanite.fr, 23 avril 2002)


François Hollande, secrétaire national du Parti socialiste (1997-2008) :

"On ne peut pas demander à la politique ce qu'elle ne peut pas faire, comme se substituer à la recherche historique [sur la guerre d'Algérie]."

"Le travail de mémoire doit être fait et le mieux, c'est quand même par des historiens." (déclarations en marge du congrès du PS à Grenoble, 24 novembre 2000)


Voir également : La France socialiste de François Mitterrand et Lionel Jospin face à la question arménienne

La déception du socialiste arménophile Gaston Defferre devant le déchaînement du fanatisme arménien en France

Le juriste Robert Badinter : "Il s'agit d'un texte qui véritablement à mon sens est anticonstitutionnel."

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang pourfend la turcophobie sarkozyste

Jean-Pierre Chevènement : "la proposition de loi porte atteinte au principe fondateur de la liberté d’expression et ce, tout particulièrement dans le domaine de la recherche historique"

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Le discours éblouissant du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en Turquie, dans la grande tradition de la turcophilie gaulliste

"Cohérence", "nuance" et "exactitude" chez Nicolas Sarkozy, "fin connaisseur" de l'histoire de France, comme de celle de la Turquie