lundi 12 mars 2012

Une des priorités de François Hollande : retirer le mot "race" de la constitution de la Ve République. Qu'en pensent ses amis de la FRA-Dachnak ?

Article dans le journal Hayasdan (publié à Sofia), n° 56, 19 août 1914 :

"La race mongole [les Turcs], funeste et traîtresse, attaque une fois encore, mais avec plus de violence, un des peuples les plus purs et les meilleurs de la race arienne [aryenne]. Ces luttes qui continuent depuis des siècles sous différentes formes ne sont autre que l'assaut d'une nation restée dans les ténèbres contre une autre qui ayant déjà parcouru le cycle des progrès sociaux, s'avance vers la lumière. Mais une nation qui, tombée mille fois, s'est mille fois relevée et se tient debout sur des ruines dont le sol est taché du sang de ses enfants, peut-elle être vaincue ?

Jamais !

Ni l'extension du malheur, ni les peines et les souffrances de la nation arménienne ne doivent nous décourager. II est naturel que les Arméniens répandus dans toutes les parties du globe soient aujourd'hui plongés dans la tristesse. Mais, plus nos peines et nos malheurs seront grands, plus ils fortifieront notre volonté de vivre.

Nous prendrons naturellement notre part du malheur des autres. Mais nous devons tous savoir que l'âme de l'Arménien et son idéal ne peuvent périr même sous le glaive du bourreau et survivent aux assassins. La victoire, à la fin, est à nous. Nos ennemis le savent, et c'est ce qui fait, augmenter leur brutalité. Du reste, la race mongole dont l'existence et l'histoire à travers tous les siècles se sont passées dans le sang et la destruction, a toujours considéré l'anéantissement de notre nation comme une question de vie ou de mort pour elle.

Ou nous, ou eux ! Cette lutte ne date ni d'une année ni d'un siècle. La nation arménienne a toujours bravement résisté à cette race qui a eu comme ligne de conduite la trahison et le crime.

Le monde doit être débarrassé de ce fléau et, pour le repos et la tranquillité de l'univers, la nation turque doit être supprimée.

Nous attendons la tête haute et armés de la foi en la victoire."


Mikaël Varandian, L'Arménie et la question arménienne, Laval, G. Kavanagh & Cie, 1917 :

"De toute façon, le peuple arménien est une branche de la race indo-européenne, de la grande famille Aryenne. La langue arménienne est cousine germaine du Zend, du grec, du latin." (p. 14-15)

"Le contraste est absolu entre l'élément arménien et son milieu ethnographique. Un petit fragment de race indo-européenne, placé entre des peuplades primitives et nomades appartenant à la race touranienne et professant une religion toute différente :

De là la grande tragédie de l'histoire arménienne. Les envahisseurs turcs, seldjoukides, mongols, osmanlis, se sont successivement établis sur le sol arménien, en hordes guerrières, qui ne savaient manier que l'épée et le cheval ; ils ont campé durant des siècles en Arménie, comme des corps étrangers, incapables de produire, d'assimiler et de gouverner, uniquement fort dans l'art de consommer, d'asservir et de détruire.

Le plus frappant exemple de cette mentalité de toute une race nous est donné par les Turcs ottomans, qui furent maîtres de la plus grande partie de l'Arménie pendant six siècles.

N'ont-ils pas été dès le début réfractaires à toute culture, ne sont-ils pas malheureusement restés depuis cinq siècles, campés sur le vaste territoire, comme un parasite gigantesque, vivant de l'exploitation des peuples assujettis ? N'ont-ils pas détruit, paralysé les modestes cultures grecque, arménienne, slave, sous le poids de leur militarisme, orgueilleux et paresseux ?" (p. 23-24)

"Et ainsi l'histoire, depuis de longs siècles, a assisté au déroulement de l'antagonisme sanglant de deux races aryennes [les Arméniens et les Kurdes], partageant le même milieu géographique, possédant le même sol, ayant les mêmes conditions climatériques, l'une produisant, et l'autre s'appropriant, l'une attachée à sa terre, à sa charrue, à sa caravane, intelligente et laborieuse, possédant une langue riche et une littérature, dès le IVe siècle, aspirant à sortir de son enfer asiatique pour aller à la civilisation occidentale, poursuivant à travers mille obstacles sa mission d'intermédiaire entre l'Orient et l'Occident ; l'autre, fragment de l'humanité préhistorique, vivant toujours dans l'âge pastoral, n'ayant aucune trace de culture, manquant même d'un alphabet, méprisant le travail créateur, tenant le banditisme pour le plus noble des métiers, le vol et le brigandage pour la suprême vertu, féroce et par dessus tout encouragée, soutenue par la race dominante, dont elle partage la religion, armée jusqu'aux dents, semant tous les jours l'épouvante et la mort par ses razzias perpétuelles, arrêtant les caravanes, pillant, violant, assassinant le « raya », son esclave, qu'un despotisme sans scrupule lui a livré désarmé, sans défense !

Il est impossible de trouver une situation plus tragique et un martyrologe plus poignant dans l'histoire des sociétés humaines." (p. 29-30)


Mikaël Varandian, Le conflit arméno-géorgien et la guerre du Caucase, Paris, Flinikowski, 1919 :

"Ce peuple tatare [azéri] se trouve, d'ailleurs, malheureusement, à un stade très inférieur de la civilisation ; il est de la même race touranienne que les Turcs et est complètement acquis à la cause turque, grâce à une campagne de propagande intense, menée depuis de longues années par les agents du panislamisme." (p. 32)

"Pour cette République, née en pleine invasion turque, dans le sang et l'épouvante, pour ses institutions démocratiques, si profondément ancrées dans l'âme de la race, pour cette jeune armée, petite par son nombre, grande par son moral et sa discipline, le peuple arménien est prêt à consentir, sans murmures, tous les sacrifices." (p. 69)

"La vérité est que ces soi-disant « azerbeidjaniens » sont simplement des Turcs orientaux qui sont venus des steppes de l'Asie Centrale entre le XIe et XIIIe siècles de notre ère, et se sont établis dans les régions les plus riches, les plus fertiles de la Transcaucasie, en exterminant et en refoulant les populations indigènes de moeurs pacifiques, les Arméniens et les Iraniens. Ces Turcs orientaux ou Tatares ont récemment baptisé leur pays du nom persan Azerbeidjan pour ne pas l'appeler Tartarie. Leur langue n'est qu'un idiome du turc occidental avec un développement moins avancé des formes grammaticales. Cette langue est parlée dans le vrai Azerbeidjan qui est la province septentrionale de la Perse.

Ce qui parait exister « depuis des temps immémoriaux », depuis que la race turque a entrepris ses émigrations et ses conquêtes retentissantes, c'est la constitution féodale de la société tatare, c'est la classe des khans, des beys, des aghalars, véritables parasites, vivants du produit de travail des masses chrétiennes et musulmanes." (p. 100-101)

"Nul doute que dans un avenir non éloigné, les Arméniens constitueront la majorité aussi dans ces districts là [Erivan, Nakhidjevan, Sourmanlou et Charour], étant donné que la race arménienne, une des plus prolifiques au monde, se multiplie plus rapidement que les autres races habitant les mêmes contrées." (p. 109-110)


Yves Ternon, La cause arménienne, Paris, Le Seuil, 1983 :

"Un membre du Bureau daschnak, le général Dro, un des héros de la résistance arménienne, et surtout un Arménien du Caucase, reçoit la mission (ou entreprend de son propre chef ?) de se rendre à Berlin, puis au Caucase. Assisté de plusieurs Arméniens pronazis, aidé du vieil arménophile allemand Paul Rohrbach et d'autres savants allemands arménophiles, Dro parvient à convaincre les Allemands que les Arméniens sont bien des aryens. (...)

Pour chaque nationalité qui dispose de légions, l'Ostministrum a créé un Conseil général. C'est ainsi qu'est formé, le 15 décembre 1942, un « Conseil national arménien ». Son président est Ardaches Apeghian, qui s'occupait d'une association arméno-germanique chargée d'établir (comme Kherumian à Paris) la pureté raciale des Arméniens." (p. 131-132)


Gaïdz Minassian, Caucase du Sud, la nouvelle guerre froide : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Paris, Autrement, 2007 :

"Lors des premières années de l'indépendance de leur pays, des foules réunies dans les rues de Tbilissi, d'Erevan et de Bakou avaient célébré dans la liesse la redécouverte d'une mémoire nationale et d'un passé glorieux. Aujourd'hui, les sociétés arménienne et azérie frappent par leur instinct de repli. Elles célèbrent d'étranges héros. A Erevan, l'heure est à la glorification de Karekine Nejteh, un personnage historique collaborateur des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et adepte de la « supériorité de la race arménienne ». Toute la classe politique, majorité comme opposition, se reconnaît dans les idées de cet ancien officier arménien arrêté en 1944 par les Soviétiques en Bulgarie, jugé et condamné en 1948 à vingt-cinq ans de prison, et liquidé dans les prisons staliniennes en 1955." (p. 59-60)


P. Risal (pseudonyme de Tekin Alp), "Les Turcs à la recherche d'une âme nationale", Mercure de France, 16 août 1912 :

"Les intellectuels se rendirent compte que l'unité ne se ferait pas par la religion. Les notions de race et de nationalité étaient distinctes. Il fallait se garder de les confondre." (p. 685)

"Il sera nécessaire de répéter aux Turcs, sans se lasser, qu'ils sont des Turcs, qu'ils ont un passé glorieux et un avenir riche de promesses ; que l'essentiel est qu'ils soient unis, solidaires en tout. Peu importe que la race ne soit point pure, qu'elle soit hybride, bigarrée, que des mélanges constants aient brassé sans trêve le sang des Osmanlis. Ce qui constitue un peuple, ce n'est pas autant la communauté réelle, historique d'origine, que l'illusion de cette communauté. La formation des nations ne relève pas de l'anthropologie.

Ce sont les croyances et les sentiments communs à la moyenne des membres d'une société, dit Durkheim, qui forment ce qu'on peut appeler la conscience collective. Cette conscience est diffuse dans toute l'étendue de la société. Les individus passent, et elle reste. Elle ne change pas à chaque génération, mais elle relie au contraire les unes aux autres les générations successives." (p. 700)

"Quoique le Yeni Hayat soit dépourvu de tendances assimilatrices, il conquiert peu à peu toutes les minorités musulmanes allogènes de Turquie. Les Kurdes nomades, les Lazes indociles au joug, les Valaques, les Grecs et les Bulgares islamisés de Turquie d'Europe, dont la foi mahométane est très tiède, seront absorbés à brève échéance par les Turcs, si toutefois la conscience collective turque continue à se renforcer. Ces populations sont sans passé historique connu d'elles, sans culture ni élite. Jusqu'ici, les Turcs, désorganisés eux-mêmes, n'ont pas tenté de les assimiler. Dans les villes, où leurs représentants sont isolés, ces musulmans non turcs prennent tout à fait le caractère du conquérant, abandonnent leur idiome, leurs moeurs, tout comme les Albanais déracinés de leur terroir et devenus fonctionnaires ou commerçants. On ne peut les distinguer des Turcs. Mais, dans les campagnes, le paysan n'a pas été entamé. Cependant il n'est pas réfractaire à l'influence turque. Il accepte volontiers les écoles de l'Etat et se rallie au mouvement nationaliste osmanli.

L'apport de ces minorités n'est pas négligeable. Il se chiffre par plus de trois millions d'âmes. C'est beaucoup pour les Turcs qui ne sont qu'au nombre de huit millions à peine dans tout l'empire." (p. 704-705)

"Un recueil de nouvelles d'un jeune, paru ces temps derniers, le Turc Kalbi (le Coeur turc), qui a été un grand succès de librairie, répète à toutes les pages en guise de leitmotif : Turk ol, ve olmayanlari sev (sois Turc et aime ceux qui ne le sont pas). Parmi les héros du livre, on voit figurer des généraux de l'armée ottomane qui portent le nom de Casbarian (arménien), Hristaki (grec), Samuel (israélite)." (p. 706)


Tekin Alp, Le Kemalisme, Paris, Félix Alcan, 1937 :

"Le vice-président du Parti, Ismet Inönü, s'est exprimé à ce sujet dans un de ses discours avec plus de franchise et de clarté :

« Est Turc, a-t-il dit, celui qui désire et aime l'être. »

Il va sans dire qu'il ne faut pas déduire de ces mots laconiques d'Ismet Inönü qu'il n'est pas besoin d'une communauté de langue, de culture et d'idéal, comme l'exige la définition de Nation dans le programme du Parti du Peuple. Car, au fond, peut-on sincèrement désirer et aimer être Turc sans s'en approprier la langue, l'idéal et la culture nationaux ? Il est évident qu'entre la définition scientifique du programme du Parti et la devise laconique d'Ismet Inönü, homme d'Etat pratique et réaliste, il y a parfaite identité.

Ainsi donc, la communauté de race et de religion ne signifie plus, pour la nouvelle Turquie, communauté nationale. Pour appartenir à la même Nation, il n'est pas indispensable d'appartenir à la même race et à la même religion, mais parler la même langue, avoir la même culture et le même idéal." (p. 254-255)


Voir également : Européanocentrisme et racisme biologique au sein de l'intelligentsia nationaliste arménienne

Les nationalistes kurdes (Khoyboun) et arméniens (Dachnak) dans l'Entre-deux-guerres : un combat commun au nom de la "fraternité aryenne" (sic) et pour une "confédération aryenne" (re-sic)

La coopération des dachnaks avec la Perse/Iran aryaniste et antisémite de Reza Shah Pahlavi

Le socialisme de la FRA-Dachnak

Les revendications irrédentistes du dachnak Mourad Papazian