mercredi 25 avril 2012

L'isolement impressionnant du turcophobe Sarkozy : même la droite berlusconienne le lâche

Le "Forza Hollande" de la droite berlusconienne

LE MONDE | 25.04.2012 à 09h44 • Mis à jour le 25.04.2012 à 09h44

Par Philippe Ridet

En Italie aussi, la vengeance est un plat qui se mange froid. "Je ne souhaite pas la victoire de François Hollande, mais il pourrait apporter un vent nouveau en Europe, en refusant par exemple le traité fiscal" européen, a déclaré à la presse à la Chambre des députés, Silvio Berlusconi, l'ex-chef du gouvernement italien.

Cela faisait quelque temps que la droite italienne ne s'émerveillait plus devant Nicolas Sarkozy en qui elle a longtemps vu un "Cavaliere" en mieux élevé. Elle s'était énervée passablement sur le rôle de Carla Bruni - toujours démenti par celle-ci - dans la remise en liberté par le Brésil de l'ancien activiste Cesare Battisti et dans celle, par la France, de l'ex-membre des Brigades rouges Marina Petrella pour "raisons médicales". Elevé au rang de "grand animal politique" en 2008, le président a vite été descendu de son piédestal.

Le scrutin était encore ouvert à Paris, dimanche, que Giulio Tremonti (trois fois ministre des finances de Silvio Berlusconi) ouvrait le bal des lâcheurs. "Je suis un ami personnel de Nicolas Sarkozy, a-t-il dit à la télévision, mais si j'étais français, je voterais Hollande, il partage beaucoup de mes idées." M.Tremonti a cité notamment la "réforme du système financier international".

Il a été suivi rapidement par l'ancien ministre de la culture, Sandro Bondi, ancien communiste tombé en dévotion pour M. Berlusconi. "Paradoxalement, a-t-il déclaré, on peut espérer une modification de la politique rigoriste européenne grâce à Hollande." Ayant suivi le même parcours, Giuliano Ferrara, directeur du quotidien de la droite intellectuelle Il Foglio, un temps sarkolâtre, s'est contenté d'un tweet assassin : "Le clown sanguinaire qui a conduit la première guerre décidée depuis le café de Flore [la guerre en Libye] commence à payer l'addition."

LES CORNACS ITALIENS DE MARINE LE PEN ENCHANTÉS

M. Ferrara avait conduit au mois d'octobre 2011 une manifestation sous les fenêtres de l'ambassade de France à Rome, où il avait comparé M. Sarkozy à Louis de Funès. Comme beaucoup d'Italiens, il s'était senti "humilié" par un long sourire ironique et entendu échangé par le président français et Angela Merkel, lorsque interrogés le 24 octobre 2011 sur la question de savoir si l'on pouvait faire confiance à M. Berlusconi.

"Forza Hollande" pour les uns, "Forza Marine" pour les autres. Ancien responsable de la jeunesse au sein du Mouvement social italien (droite mussolinienne) et ex-ministre de la défense, Ignazio la Russa s'est fendu d'un message de félicitations à la candidate du Front national. Le score de cette dernière réjouit également Mario Borghezio (Ligue du Nord), Daniela Santanche (ex-secrétaire d'Etat), Francesco Storace, leader du petit parti La Droite. Tous trois ont "cornaqué" Mme Le Pen lors de ses passages en Italie. Parmi ces soutiens, on trouve aussi Alessandra Mussolini, la petite fille du Duce.

Philippe Ridet
Source : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/25/le-forza-hollande-de-la-droite-berlusconienne_1690756_1471069.html

Politique
Italie
France
Silvio Berlusconi vote François Hollande

24.04.2012 | 14:17

Par 
Ariel Dumont (Rome)

La rancœur de Silvio Berlusconi envers Nicolas Sarkozy est telle qu'il souhaite une victoire de François Hollande. Le président-candidat est également accusé d'avoir lâché l'Italie en pleine crise financière pour ne pas déplaire à Angela Merkel.

Si les proches de Silvio Berlusconi pouvaient voter en France, ils choisiraient, sans l'ombre d'une hésitation, François Hollande. Dans l’entourage du Cavaliere, à commencer par le président du Sénat Renato Schifani, les considérations idéologiques ne pèsent pas lourd face au profond ressentiment envers Nicolas Sarkozy. Le président français est accusé d'avoir lâché l'Italie dans la tourmente de la crise financière pour ne pas déplaire à l'Allemagne.
    Si j’étais Français, je voterais pour le candidat socialiste,"

a déclaré Renato Schifani devant un public stupéfait.

Cet ex-démocrate chrétien avait rejoint Forza Italia, le parti fondé par le Cavaliere en 1993 [devenu, en 2009, le PDL, Ndlr]. Lundi soir, il n’y a pas été par quatre chemins durant "Porta a porta", émission très populaire diffusée chaque soir sur la RAI Uno, première chaine du service public.

Quelques heures auparavant, Giulio Tremonti, ex-ministre du Trésor du gouvernement Berlusconi, avait fait le même choix. "Comme moi, François Hollande veut combattre la spéculation financière. Je voterais par conséquent pour lui".
Un affront impardonnable

Lundi à la mi-journée, le quartier général du Cavaliere était en ébullition. Silvio Berlusconi donnait le coup de pied de l'âne au président français:

    Nicolas a eu ce qu’il méritait. Par ailleurs, on ne peut pas remporter des élections en se baladant avec Merkel".


La plupart des grosses pointures du Pdl (Parti du peuple de la Liberté) applaudissaient ouvertement la victoire de François Hollande au premier tour.


Les proches de Silvio Berlusconi n’ont pas oublié l’affront infligé face au monde entier par le couple franco-allemand.
Il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient échangé des sourires d’un air entendu lors d’une conférence de presse quand un journaliste avait posé une question sur Berlusconi. Le Cavaliere était alors empêtré jusqu’au cou dans ses scandales d’orgies et de prostitution présumée avec une mineure.
Sarko champion de l'austérité

Et puis, il y a aussi et surtout, l'Europe. Pour la droite comme pour la gauche italienne, la victoire de François Hollande remettrait en cause la politique appliquée durant les quatre dernières années par le couple franco-allemand en brisant l’axe Merkel-Sarkozy.

    A court terme, la victoire de François Hollande permettrait de revoir les politiques budgétaires européennes extrêmement rigides à cause de la position d’Angela Merkel"


estime le président du Sénat italien.

Les Italiens estiment qu’un changement de timonier à l’Elysée serait bénéfique pour l'Italie. "La droite européenne représentée par Nicolas Sarkozy est trop attentive à l’austérité et pas assez à la croissance. Donc, elle ne convient pas à l’Italie" affirme pour sa part, Valerio Sorrentino.

Sur Facebook, ce conseiller communal à la mairie de Vicence qui est aussi vice-coordinateur de la section régional du Pdl, dit ce que pensent nombre de responsables de son parti. A savoir: la politique sarkozienne ne tient pas compte des intérêts de l’Italie. Et pas seulement sur le plan économique et financier.


    Nous avons laissé trop de plumes dans la crise libyenne à cause de la France, sur l’immigration, Sarkozy n’a pas voulu tenir compte de nos positions"


estime Valerio Sorrentino. Sans parler de l’affaire Battisti, l’ancien terroriste réfugié en France et défendu par Carla Bruni alors que l’Italie réclamait son extradition.
Source : http://fr.myeurop.info/2012/04/24/silvio-berlusconi-vote-francois-hollande-5297

Voir également : Italie : la turcophilie de Silvio Berlusconi

Hubert Védrine : "Un grand nombre de pays ont été heurtés par des comportements brutaux, ou par les outrances de la diplomatie d’opinion, comme la Turquie et le Mexique"

Le Financial Times corrige l'anglophobe-turcophobe Sarkozy

Douche froide pour Sarkozy à Strasbourg : David Cameron critique sa loi génocidaire débile et défend la Turquie

L'anglophobe-turcophobe Sarkozy et le prétendu "génocide" arménien : l'opinion du conservateur britannique Daniel Hannan

Isolement de l'insignifiant donneur de leçons Sarkozy (en conflit avec le Royaume-Uni, le Mexique et la Turquie) : il ne fait pas partie des "amis dignes de confiance" du président américain Obama

Quand le très honnête Sarkozy (cf. les affaires Karachi et Woerth-Bettencourt) donnait des leçons de probité à la Suisse