dimanche 29 avril 2012

Marseille : les conséquences funestes du clientélisme et de l'instrumentalisation des communautés

Schérazade Kelfaoui, "Un « vote maghrébin » en France ?", Hérodote, n° 80, 1er trimestre 1996, p. 132 :

"(...) depuis le début du siècle à Marseille, les acteurs politiques ont à la fois légitimé et instrumentalisé le communautarisme. Avec Gaston Defferre comme premier magistrat de la ville jusqu'en 1986, le communautarisme a connu un essor formidable. Lorsque Robert-Paul Vigouroux lui succède, la continuité est assurée.

Le clientélisme et l'instrumentalisation des communautés (Arméniens, Juifs séfarades, Comoriens et Maghrébins) ont eu pour conséquence (sans doute en raison de la crise ?) d'exacerber l'individualisme et l'immobilisme des différents acteurs marseillais malgré la présence de structures associatives relativement nombreuses sur le territoire communal. L'instrumentalisation à outrance du thème de la coexistence des communautés finit par devenir un véritable obstacle à toute action collective. Aussi le communautarisme marseillais contribue-t-il à conforter une forme d'individualisme encourageant le « système D »."

Voir également : La déception du socialiste arménophile Gaston Defferre devant le déchaînement du fanatisme arménien en France

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Les Arméniens d'Issy-les-Moulineaux : des décennies de communautarisme

Les ravages du communautarisme en France : la course au vote ethnique arménien