samedi 12 mai 2012

Si c'est la Pravda qui le dit...

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005, p. 26 :

"La RSS d'Arménie a suivi à la lettre les indications du léninisme en matière de question nationale ; ce qui lui a permis de s'ouvrir la voie du haïtadisme de soumission à l'ordre soviétique, alors que la FRA s'engage dans une stratégie anti-turque, avec le Comité de défense de la cause arménienne (CDCA) dans une main et le Commando des justiciers du génocide arménien, dans l'autre. A partir de 1975, Erevan veut en effet montrer à la FRA qu'il existe plusieurs orientations pour combattre la Turquie : le cortège d'un million de personnes conduites par Demirdjian lors du soixantenaire du génocide, l'édition du 24 avril 1975 de La Pravda consacrant une longue étude en russe sur le génocide arménien en témoignent."

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 101 :

"Reprenant une vieille formule stalinienne, K. Demirdjian associe la FRA à l'« impérialisme américain » dans l'intention d'éclairer les négociateurs soviétiques sur les réelles motivations des dachnaks, valets d'une conspiration américaine visant à démembrer l'URSS. L'absence de réaction de Moscou laisse perplexe le chef du PCA, qui a finalement saisi que la FRA était parvenue à bien s'arrimer aux changements en cours à la tête de l'Etat soviétique. Il fait alors monter les enchères et choisit son camp, celui d'Egor Ligatchev qu'il reçoit à Erevan en juin 1985, ce dernier étant pressenti comme le futur rival de M. Gorbatchev. Il autorise l'Union des Ecrivains de la RSS d'Arménie à publier une étude sur « le rêve de Raffi », écrivain arménien pionner de la révolution au XIXe siècle connu pour ses romans véhiculant le rêve d'une Grande Arménie puissante, moderne et démocratique. K. Demirdjian condamne la Turquie « pour avoir commis le premier génocide du XXe siècle ». De son côté, La Pravda écrit que « le génocide arménien est un des plus grands génocides de l'histoire »."

Voir également : Le contexte international de la formulation de la revendication génocidaire arménienne (1965)

La turcophobie exacerbée de l'historiographie arménienne et les buts stratégiques de l'URSS vis-à-vis de la Turquie : éclaircissement du cas de la RSS d'Arménie par celui de la RSS de Géorgie

Les relations des trois principaux partis nationalistes arméniens (Ramkavar, Hintchak, Dachnak) avec le totalitarisme soviétique

Grossière duplicité de l'activisme arménien