mardi 1 mai 2012

Trois approches arméniennes de la Turquie

Gaïdz Minassian, "Le dialogue arméno-turc", Revue internationale et stratégique, n° 75, 2009/3, p. 50 :

"Côté arménien, trois tendances se dégagent. 1) les optimistes : favorable au dialogue avec Ankara, cette tendance est incarnée par l’ancien président et actuel chef de l’opposition, Levon Ter Petrossian, et ses réseaux dans la diaspora (l’universitaire Jiraïr Libaridian dans le Michigan ou l’association Solidarité franco-arménienne à Paris). Ils fréquentent régulièrement la société turque et voient dans cette dynamique de dialogue une manière de compléter les relations inter-gouvernementales. Ils veulent en finir avec l’isolement de l’Arménie, poussent les Arméniens à se démocratiser en portant un autre regard sur leur histoire et invitent l’Arménie à prendre ses distances avec la Russie. Leur exigence est morale, démocratique et pacifique. 2) les pragmatiques : conduite par le duo Sarkissian – Nalbandian, cette tendance a signé la Déclaration de Berne et considère que tout contentieux du passé peut se régler autour d’une table. Les pragmatiques jouent la carte du développement économique et ont franchi l’Araxe en signant la feuille de route, courant le risque de remettre en question la réalité du génocide. Ils défendent une approche stratégique et économique de la normalisation. 3) les sceptiques : ils regroupent les deux grandes organisations dans la diaspora (FRA, UGAB) et trouvent chez l’ancien président Robert Kotcharian un appui de poids. Dans la mesure où la question arméno-turque affecte la sécurité de l’Arménie et parce que le rapport de force est a priori favorable à la Turquie, le coût du dialogue semble trop élevé pour se contenter d’une discussion aux contours flous. Pour ces sceptiques, la Turquie a unilatéralement décidé de fermer sa frontière avec l’Arménie. Il lui revient donc de la rouvrir inconditionnellement."

Voir également : Une expérience politique éclairée et constructive en Arménie : la présidence de Levon Ter Petrossian (1991-1998)

L'ancien président arménien Levon Ter Petrossian s'exprime sur la loi de censure de Valérie Boyer (censurée par le Conseil constitutionnel)

L'objectif principal de la FRA-Dachnak, hier comme aujourd'hui