vendredi 1 juin 2012

Histoire des Arméniens : la politique anti-azérie et pro-arménienne du régime bolcheviste

Antoine Constant, L'Azerbaïdjan, Paris, Karthala, 2002, p. 295-296 :

"(...) en décembre 1922, une Commission pour le Karabagh, sans un Azéri, administrait la zone au nom du Présidium du Comité central du PC à Bakou. Ce même Présidium appointa un nouveau comité dans lequel deux Azéris se trouvaient en minorité parmi quatre Arméniens, dont un était nommé par le gouvernement arménien. Son président, Armenak Karakozov, représentait le PC d'Azerbaïdjan et les appareils d'Etat azéri et arménien. Il semble que de nombreux réfugiés arméniens s'établirent à cette époque au Karabagh, renforçant encore leur poids numérique. Considérant l'avis favorable de Karakozov, le PC à Bakou entérina la création de la « Région autonome du Karabagh » le 1er juillet 1923 avec Khankendi pour chef-lieu (futur Stepanakert, en mémoire de Stepan Shaoumian, le bourreau de la Commune de Bakou en 1918).

Elle reçut son gouvernement local et sa dotation budgétaire dès septembre. Le 26 novembre 1924, la Région autonome du Haut-Karabagh fut proclamée et la liste des villages inclus dans ces limites publiée dans le décret, formant une emprise de 5 % du territoire azerbaïdjanais mais laissant hors du champ d'application de ce décret plusieurs villages arméniens au nord de ladite région autonome. Les limites de la région furent dessinées de sorte à inclure le maximum de villages arméniens et à exclure les villages azéris, ce qui explique les contours torturés de la région, qui ne représente qu'une petite proportion du Karabagh historique. Des échauffourées se produisirent bientôt avec les nomades à qui les nouvelles autorités refusaient l'accès à leurs pâturages d'été traditionnels. Les rivalités entre villages et avec les nomades menèrent à quelques modifications de frontières. (...)

Au total, Moscou organisa le découpage frontalier de ces régions au mieux de ses intérêts du moment. Le Zanguezour, attribué à l'Arménie, formalisait l'acquisition de ce territoire par les armes, afin de couper toute continuité territoriale entre l'Azerbaïdjan et la Turquie. On confirma la souveraineté nominale de Bakou sur le Nakhitchevan et sur une partie du Karabagh, dont la réalité du pouvoir se trouvait entre les mains presque exclusivement arméniennes de l'administration du territoire. Une des premières mesures adoptées à Khankendi fut de prescrire que l'enseignement, la législation et les transactions soient en langue arménienne, ce qui donna lieu à une nouvelle vague d'émigration d'Azéris. Aucune protection particulière de leurs droits culturels ne fut en revanche garantie aux Azéris vivant sur le territoire de l'Arménie, devenus en six ans de déplacements forcés une population ultra-minoritaire."



Histoire des Arméniens : la perte du Zanguezour

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

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L'union sacrée de la diaspora arménienne autour du soutien à la dictature stalinienne (20 millions de morts)

Le contexte international de la formulation de la revendication génocidaire arménienne (1965)

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