mercredi 27 juin 2012

Le monstrueux attentat d'Orly : le terrorisme arméno-syrien contre la France

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 88-89 :

"L'ASALA et l'ARA ont, à douze jours d'intervalle, atteint le point paroxystique de l'horreur et du fanatisme, avec ceci de particulier que l'ASALA a touché, avec l'attentat d'Orly, le 15 juillet 1983, le fond de la destruction systématique, alors que l'ARA a atteint, lors du suicide collectif de son commando de Lisbonne, le 27 juillet 1983, le sommet de l'autodestruction.

Le 15 juillet 1983, l'ASALA revendique l'attentat contre le comptoir de la Turkish Airlines à l'aéroport d'Orly, en France, faisant huit morts et cinquante-six blessés. Jamais dans son histoire la France n'a été aussi durement frappée par le terrorisme. Son président F. Mitterrand dénonce « la violence aveugle et folle ». Paris, qui a déjà connu l'horreur des attentats des rues Copernic et des Rosiers attribués au groupe d'Abou Nidal, partenaire officiel de l'ASALA, veut détruire cette bête du crime international qui prolifère sur le territoire français. (...)

La police française arrête trois membres ou présumés de l'ASALA, Varoujan Garbidjian, chef du commando, Soner Nayir, Ohanes Semerci.

L'enquête démontre que H. Hagopian est le chef d'orchestre de l'opération. Lui qui avait simulé sa mort le 31 juillet 1982, pour éviter de tomber entre les mains du Mossad et du MIT, a été repéré en France, par la DST, dès avril 1983, de passage à Paris pour réorganiser son réseau après que le MNA a commencé à s'émanciper de son autorité. La DST y apprend que H. Hagopian prépare un attentat contre la Turquie sur le territoire français. Mais comme les agents du contre-espionnage français manquent d'informations sur l'organisation clandestine, ils le laissent circuler librement en France. Puis l'enquête remonte la filière jusqu'à la piste syrienne : en frappant la France, l'ASALA rend service à la Syrie qui proteste contre la présence française au Liban. L'attentat d'Orly serait donc le premier d'une longue série d'attentats contre la présence de la Finul au Liban. Le 23 octobre 1983, un double attentat-suicide contre les quartiers généraux américains et français de la force multinationale fait deux cent trente-neuf morts américains et cinquante-huit du côté français."