jeudi 7 juin 2012

L'humanisme de la FRA-Dachnak

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005, p. 25 :

"L'heure de la coexistence soviéto-dachnak bat son plein. Pour la première fois depuis 1920, un leader dachnak, Papken Papazian se rend publiquement à Erevan en 1969 pour préparer la visite la même année du dirigeant historique, Garo Sassouni, héros du soulèvement anti-communiste en 1921, en Arménie. Mais la visite est interrompue, les autorités n'étant pas parvenues à calmer les manifestations de liesse populaire. De son côté, la FRA reconnaît « la grandeur intellectuelle et la valeur humaniste de Lénine », dissout la Représentation de la délégation arménienne et fait part aux diplomates soviétiques à l'ONU qu'elle ne s'oppose pas à ce que les territoires arméniens de Turquie soient rattachés à l'URSS. En accordant à Erevan ce traitement de faveur, parce que convaincu de la russophilie exacerbée des Arméniens, Moscou prend néanmoins le risque d'allumer la mèche de la dissidence nationale, dont les premiers groupuscules surgissent ici ou là, à la recherche de soutiens en diaspora et notamment de la FRA. Or, par prudence et au risque de provoquer une contestation interne, la direction du parti Dachnak n'accorde pas sa priorité aux milieux dissidents rapidement interpellés par le KGB."

Voir également : Le socialisme de la FRA-Dachnak