samedi 2 juin 2012

Transcaucasie (1918) : les tueries de populations azéries par les forces dachnako-bolchevistes

D. Z. T., "La première république musulmane : l'Azerbaïdjan", Revue du monde musulman, volume XXXVI, 1918-1919, p. 246-256 :

"Le Seïm unique de la Transcaucasie fonctionnait sous la présidence de trois membres appartenant chacun à une nationalité différente. Toute la population de la Transcaucasie, sauf les partis chauvins et extrémistes, a reconnu l'autorité de cet organisme représentatif.

Mais le Seïm manquait des forces nécessaires pour organiser ses relations à l'extérieur, et son activité à l'intérieur. Ce manque de forces provenait, dans une certaine mesure, du défaut de sincérité entre ces trois nations, grâce aux agissements criminels des partis chauvins. Quand au Parlement, les délégués musulmans, arméniens et géorgiens s'occupaient des destinées du pays, les Arméniens du parti Dachnaksioun, dans le gouvernement d'Erivan, détruisaient à coups de canon les 200 villages musulmans et massacraient les habitants. Le Seïm restait impuissant devant ces carnages.

Les Musulmans, par leur nombre, constituaient l'élément essentiel du nouveau Parlement. Malgré leur prépondérance morale et matérielle, c'étaient toujours les Musulmans qui se trouvaient exposés aux pires dangers. Leur situation devenait de plus en plus critique. Le régime tzariste, auquel les Musulmans de Russie ont été soumis, durant un siècle, a donné cette fois-ci tous ses résultats néfastes. Pendant la domination russe, comme on l'a vu plus haut, les Musulmans ayant été dispensés de servir, se sont trouvés dépourvus d'instruction militaire, ainsi que de l'armement et des munitions nécessaires pour défendre non seulement leurs intérêts, mais même leur existence, tandis que les Arméniens, soumis au service militaire depuis de longues années, faisaient tout leur possible afin de profiter largement des événements. Ainsi, ils désarmaient, grâce à leur politique habile, les soldats qui désertaient des différents fronts où les bolcheviks exerçaient leur propagande ; les armes et les munitions des déserteurs russes étaient prises par les Arméniens et des Géorgiens.

Mais les Musulmans de l'Azerbaïdjan manquaient totalement de l'organisation militaire, dont ils avaient le besoin le plus impérieux. Cette situation les mit tout d'abord dans l'impossibilité de se défendre contre les attaques des bolcheviks et celles des Arméniens du parti Dachnaksioun qui soutenaient les bolcheviks du Caucase.

Le Bolchevisme de Bakou était une branche du Bolchevisme russe aggravé par l'antagonisme des partis chauvins ; il avait pour adhérents des ouvriers, employés, soldats et marins russes, mais à la tête du mouvement était placé un Arménien nommé Chaoumian. Jusqu'au mois d'octobre, ce mouvement était sans importance ; quelquefois le petit groupe bolchevik du Conseil municipal attaquait le gouvernement provisoire, la bourgeoisie et le Conseil municipal où les social-démocrates minimalistes et les nationalistes musulmans et arméniens étaient en majorité. A partir d'octobre, avec l'arrivée, au pouvoir de Lénine et des siens, les bolcheviks de Bakou, se sentant appuyés, firent tous leurs efforts pour attirer à leur cause les soldats rentrés du front. Juste à ce moment, l'armée russe au front du Caucase et de Perse fut complètement désorganisée, et les soldats qui rentraient étaient retenus et utilisés par les organisations bolcheviks de Bakou et de Tiflis.

En même temps, on enlevait à la population les armes et tous les objets de valeur que les soldats pouvaient emporter avec eux. C'est ainsi qu'en peu de temps les bolcheviks de Bakou se trouvèrent en possession d'importants dépôts de fusils, de cartouches, mitrailleuses, canons, aéroplanes, automobiles blindées et autres.

Vers la fin de 1917, les Musulmans de la Transcaucasie reçurent à l'instar des Arméniens et des Géorgiens les armes et les munitions d'un régiment d'infanterie licencié par les autorités russes. Il y avait, en outre, un régiment de cavalerie tartare, composé d'Azerbaïdjanis, qui avaient pris part à la grande guerre dans la division connue sous le nom de Dikaya divisia (Division sauvage). A l'aide de ces régiments, les Musulmans se mirent à organiser leur armée dont les principaux centres étaient Elisabethpol et Bakou.

Mais, bien que la Géorgie et l'Arménie eussent chacune un corps d'armée national, composé d'officiers et de soldats de toutes armes, détachés de l'armée russe, et par conséquent ayant l'expérience de la guerre, les premiers pas faits, les Musulmans rencontrèrent la plus vive hostilité, surtout de la part des bolcheviks, pour l'organisation militaire. Entre temps, ces derniers se fortifièrent considérablement. Ils s'efforçaient ouvertement d'établir leur pouvoir dans toute la Transcaucasie, en commençant naturellement par la région de Bakou, où des dizaines de milliers d'ouvriers et un très grand nombre de soldats revenus du front constituaient l'élément nécessaire à leurs vues.

A cette époque, comme dans la Russie centrale, une anarchie complète régnait dans la Transcaucasie ; les soldats qui rentraient du front ne reconnaissaient, grâce à la propagande bolcheviste, aucune autorité ; dans plus d'un endroit des rencontres entre soldats et indigènes eurent lieu ; les chemins de fer cessèrent de fonctionner ; la difficulté de se ravitailler se fit sentir d'une façon particulièrement aiguë.

Prétextant le fait qu'un petit groupe de militaires musulmans se disposait à exporter de Bakou à Lenkoran quelques dizaines de fusils, les bolcheviks exigèrent qu'on leur cédât ces armes ; les militaires ayant refusé, ils ouvrirent aussitôt le feu avec leurs mitrailleuses, une mêlée s'ensuivit, de part et d'autre il y eut des tués et des blessés. Cet événement ayant dévoilé l'hostilité des bolcheviks à l'égard des Musulmans, inquiéta et agita ces derniers. Un grand meeting se tint dans la cour de la mosquée Tasa-Pir ; on y décida d'exiger des bolcheviks la restitution des fusils enlevés. Bien que ceux-ci eussent promis de rendre les fusils, l'atmosphère dans la ville se chargea si vite, que vers le soir de la même journée (le 17 mars 1918) les canons des navires de guerre furent braqués sur les quartiers musulmans, où les mosquées même ne furent pas épargnées. C'est ainsi que commença à Bakou une terrible guerre civile, ou plutôt antimusulmane, qui dura quatre jours (18-22 mars de l'année 1918) pendant lesquels les éléments musulmans furent dépouillés de leurs biens, massacrés, et virent leurs maisons incendiées avec toute la haine et tout l'instinct destructeur. Et tout cela pour la possession du pouvoir, dont les Musulmans de Bakou se désintéressaient complètement, ayant vu après la chute de Kerensky combien était précaire, en ces temps troublés, le sort des gouvernements.

Mais dans cet épisode de Bakou, un facteur joua le rôle décisif, et eut des conséquences funestes pour la population musulmane de la ville. Ce facteur, c'est la part que les Arméniens de la ville prirent au mouvement sus-mentionné. A Bakou, comme partout ailleurs, les Arméniens s'étaient groupés autour de leur parti nationaliste par excellence (Daschnaksioun). Les représentants de ce parti et des autres partis arméniens qui composaient le Conseil national arménien, engageaient, peu de temps avant les événements du 18-22 mars, des pourparlers avec les représentants du Comité central musulman de la Transcaucasie pour régulariser les relations politiques et nationales des deux éléments voisins. Malgré cela, tous les Daschnaksioun et même le parti modéré national-démocrate se transformèrent en bolcheviks ayant dans leur sein et peut-être à leur tête 8.000 soldats arméniens qui, rentrés du front occidental, étaient restés sur place à la suite de l'arrêt de la circulation des chemins de fer transcaucasiens.

Comme il le fut établi plus tard, ce sont ces même soldats qui participèrent à la guerre civile commencée par les bolcheviks pour arriver au pouvoir, — guerre qui fut malheureusement transformée par la population arménienne de Bakou en une guerre nationale des Arméniens contre les Musulmans. Etait-ce le désir de prendre, à côté des bolcheviks, part au pouvoir ? Etait-ce une vengeance sur un terrain national, ou bien un mécontentement provoqué par l'arrêt des communications et la pénurie de l'alimentation ? Toujours est-il que les Arméniens de Bakou se ruèrent en masse sur la population musulmane, qui perdit pendant ces quatre jours d'atrocités plus de 12.000 âmes, dont une multitude de vieillards, de femmes et d'enfants. L'historien futur établira et mettra à jour toutes les vérités ; mais dès maintenant nous pouvons affirmer que les massacres de Bakou resteront une tache indélébile pour les leaders du parti « Dachnaksioun ».

On dut l'arrêt de l'extermination des Musulmans à l'intervention d'un régiment russe qui, révolté par les atrocités des dachnako-bolcheviks, menaça ces derniers de faire cause commune avec les Musulmans et de faire feu sur eux s'ils ne cessaient pas immédiatement le massacre.

Les conséquences des événements sanglants du 18-22 mars à Bakou ne furent pas seulement la perte de douze mille vies humaines ; les incendies détruisirent des bâtiments d'une importance sociale considérable, tels que la Maison du peuple appartenant à la Société de bienfaisance musulmane et qui abritait les bureaux et les comités de tous les partis politiques la rédaction du journal en langue russe Kaspie et la rédaction du journal en langue turque Atchik-Seuz. Etaient arrêtés et mis en prison tous les chefs politiques en vue, dont une partie seulement put s'échapper au Daghestan, à Guendjè, en Perse et dont quelques-uns se réfugièrent avec leurs familles dans les villages aux alentours de Bakou.

Mais la conséquence la plus importante fut l'établissement définitif du pouvoir des bolcheviks dans la région de Bakou. On se mit à détruire, l'une après l'autre, toutes les conquêtes de la civilisation on proclama la socialisation du sous-sol, des maisons, des villes et des jardins ; on déclara propriété de la République des Soviets tout l'argent déposé en compte courant dans les banques locales. On réquisitionnait non seulement les maisons, les voitures, les chevaux, les bêtes de somme, les automobiles, mais aussi les hommes qu'on contraignait à servir dans l'armée ou à travailler au profit de la République. Bref, les idées communistes se répandaient et s'affermissaient par des procédés barbares. L'application de ces idées étaient particulièrement pénible pour les Musulmans élevés, dans leur religion, avec le respect de la propriété privée et du droit d'autrui. Eux surtout, ils devaient ressentir toute la grossièreté des principes bolcheviks, et endurer toutes sortes de privations et de souffrances. A ce sort étaient soumis, non seulement la bourgeoisie et la classe éclairée, mais aussi le peuple dont les intérêts étaient soi-disant défendus par les bolcheviks ; dans la question du ravitaillement, ceux-ci faisaient toujours une différence entre les « leurs » et les Musulmans qu'ils considéraient comme partisans de la bourgeoisie et de la réaction.

Le Seïm transcaucasien resta également impuissant devant cette horrible tragédie. Les Dachnako-Bolcheviks, prenant Bakou pour base d'opérations, commencèrent à faire des expéditions dans toutes les directions pour établir leur autorité. Ainsi des villes comme Chemakha, Kouba, furent incendiées et pillées, leurs populations massacrées, le Daghestan même occupé. Tous les villages situés sur le chemin de ces bandes subirent le même sort. Les terroristes déclaraient même vouloir occuper Tiflis et Guendjè (Elisabethpol), dissoudre le Seïm et faire du pays entier un Etat bolchevik.

En effet, le jeune et impuissant Seïm transcaucasien se trouvait d'un côté menacé par le danger dachnako-bolchevik, et de l'autre il devait faire face à l'armée ottomane qui venait d'occuper Kars, Batoum et Ardaban. Les Géorgiens, voyant ces effets du traité de Brest-Litowsk, furent obligés, pour se sauver du danger des Turcs, d'entamer des pourparlers avec les Allemands et déclarèrent leur indépendance. Les Arméniens du Seim, d'autre part, se mirent en contact avec les Turcs pour se déclarer également indépendants. Le Seïm transcaucasien ainsi disloqué, le Conseil national de l'Azerbaïdjan ayant mûrement examiné la situation politique générale, dans ses rapports avec les conditions présentes, proclama le 28 mai 1918, à Guendjè, l'indépendance de l'Azerbaïdjan et chargea Fathali Khan Khoïski, en sa qualité de Président du Conseil des ministres, de former un cabinet, et, ayant remis à ce dernier tous les pouvoirs, législatifs et exécutifs, prononça lui-même sa dissolution. En même temps, le Conseil national chargea ce Cabinet provisoire de convoquer, dans un délai de six mois, une Assemblée constituante nommée par le suffrage universel, et de donner à cette assemblée pleins pouvoirs. Les ministères suivants furent formés : Intérieur, Affaires étrangères, Guerre, Finances, Voies et Communications, Justice, Instruction publique, Salut national, Postes et Télégraphes, Agriculture, Domaines et Contrôle de l'Etat.

Dès la formation du gouvernement provisoire, le président du Conseil des ministres de la République avait expédié via Constantinople le télégramme suivant à Constantinople, Londres, Paris, Rome, Berlin, Vienne, Moscou, Washington, Sofia, Bucarest, Madrid, La Haye, Stockholm, Christiania, Téhéran, Copenhague et Kiew :

Ministre des Affaires étrangères. La République fédérative transcaucasienne ayant été démembrée par la sécession de la Géorgie, le Conseil national de l'Azerbaïdjan a déclaré le 28 courant l'indépendance de l'Azerbaidjan, composé de la Transcaucasie orientale et méridionale, et a fondé la République de l'Azerbaïdjan. En faisant part de ce qui précède, j'ai l'honneur de prier Votre Excellence d'en informer son Gouvernement. Le siège provisoire de son gouvernement sera à Elisabethpol. Le 30mai 1918, Khotsky, président des ministres de la République de l'Azerbaïdjan. En foi de quoi le Ministre Président a signé: Fathali Khan Khoïski.

Mais la situation du gouvernement à ses débuts était très difficile : les dachnako-bolcheviks, maîtres de Bakou, cherchaient à envahir ses environs et d'autres régions encore. Afin de s'emparer de Guendjè, d'avancer vers Tiflis, de renverser les gouvernements de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie et de l'Arménie, et de faire du Caucase un territoire de la république des Soviets de la Russie. D'ailleurs Chaoumian, qui restait le chef des bolcheviks, fut nommé par Lénine, « haut commissaire du Caucase ». D'autre part, le fameux « général » Andranik, le prétendu ami de l'Entente, qui avait fui devant les troupes ottomanes et envahissait les districts de Nakhitchévan et de Zanghezour, et voulait se dédommager de son insuccès avec les Turcs en massacrant la population désarmée de l'Azerbaïdjan, proclama qu'il reconnaissait l'autorité des Soviets et qu'il était prêt à exécuter les ordres du nouveau « haut commissaire du Caucase ». Il opérait une diversion vers Choucha pour faire ensuite sa jonction avec des détachements des dachnako-bolcheviks qui se dirigeaient vers Eulach, point stratégique du Karabagh. Toute l'étendue du chemin de fer de Petrovsk (en Daghestan) à Mususli (à peu près 200 kilomètres de Guendjè) était entre les mains de l'armée rouge. Entre ces lignes deux villes (Chemakha et Kouba) et des centaines de villages musulmans furent détruits et incendiés et leur population massacrée ou mise en fuite. Vers le sud de Bakou, sur le littoral de la Caspienne, la flotte bolchevik bombarda et s'empara des villes de Saliani et de Lenkoran. Dans la steppe de Moughan, les bolcheviks molokhans (Russes émigrés) ont détruit à coups de canon près de 50 villages musulmans. Les leaders bolcheviks et leurs organes appelaient ce carnage « guerre civile » : en réalité il n'y avait là que des massacres de Musulmans, sans distinction de classes ni de rang ; car, en toute occasion, c'étaient les prolétaires qui souffraient le plus de la « guerre sociale ».

Par malheur, le gouvernement de l'Azerbaïdjan n'avait pas d'armée régulière. Aux nombreuses troupes dachnako-bolcheviks il ne pouvait opposer qu'une centaine de volontaires — les survivants des régiments tartares de la fameuse « division sauvage ». Mais à n'en pas douter, la lutte était trop inégale pour que l'Azerbaïdjan pût être sauvé.

C'est dans cette situation désespérée que le gouvernement de l'Azerbaïdjan, ne voyant aucun autre remède, s'est vu dans la nécessité de s'adresser aux Turcs ottomans qui étaient près de la frontière de l'Azerbaïdjan, pour leur demander secours dans sa lutte contre les bolcheviks. D'après le traité spécial, garantissant complètement l'indépendance du nouvel Etat en échange de quelques avantages économiques, le commandement ottoman accordait au gouvernement de l'Azerbaïdjan les munitions et les techniciens nécessaires. Les volontaires azerbaïdjanis, avec leur aide, ont réussi en peu de temps à prendre l'offensive contre l'armée rouge et la chasser vers Bakou qui, assiégé, tomba le 5 septembre 1918.

Ainsi la population de l'Azerbaïdjan, sans distinction de race ni de religion, fut sauvée des horreurs des dachnako-bolcheviks.

La presse arménienne du parti Dachnaksioun, pour couvrir les crimes abominables commis par les siens sur le territoire de l'Azerbaïdjan et détourner la réprobation générale des massacres de mars à Bakou, a fait courir beaucoup de bruits sur la prise de Bakou par les forces azerbaïdjaniennes. On prétendait même que les vainqueurs avaient « massacré des milliers d'Arméniens civils », etc.

Il ne s'agissait, en réalité, que de tentatives de maraudage inévitable à la guerre, étant donné surtout que les dachnaks, grâce à leur ténacité, ont porté la bataille jusqu'à l'intérieur de la ville, refusant d'entendre le sage conseil de se rendre ; oui, il faut avouer qu'il y a eu quelques tentatives, suivies ou non d'exécution, de vendetta, chose commune en Orient ; leurs auteurs étaient les parents des victimes du 17 mars, mais toutes ces tentatives, grâce aux mesures prises par les membres du Gouvernement azerbaïdjani, ont été arrêtées aussitôt, et ceux qui osaient violer les lois de la guerre ont été exécutés sur-le-champ. Ces mesures étaient d'une sévérité excessive (on a fusillé près de 50 hommes soupçonnés de maraudage), mais elles étaient nécessaires pour calmer les passions surexcitées."

Voir également : Histoire des Arméniens : massacre de la population azérie à Bakou



 
Deux criminels de guerre dachnaks (soi-disant "héros" de la "cause arménienne") dans le Caucase : Dro Kanayan et Garéguine Njdeh