mardi 26 juin 2012

Une famille de réfugiés politiques à Tourcoing : l'Arménie, "c'était trop dangereux pour nous"

TOURCOING / SOLIDARITÉ
Une famille sans papiers vit dans les locaux de la CGT


Publié le samedi 23 juin 2012 à 06h00

Venus d'Arménie, Hakob, Susanna, leurs parents et leurs deux enfants sont demandeurs d'asile. N'ayant nulle part où aller, ils ont frappé à la porte de la CGT qui les héberge. Le syndicat envisage de monter un comité pour les sans-papiers.

Ils n'avaient nulle part où aller, alors Hakob et Susanna ont frappé à la porte de la CGT. « On ne laisse pas les gens dormir dehors », explique Samuel Meegens, le responsable local, qui n'a pas hésité une seconde à « offrir le gîte et le couvert » à ces « précaires absolus ». Avec Mounir Assadi, ils ont aménagé un bureau : « On fait en sorte que nos syndiqués participent à la solidarité. » Jusqu'à récemment, Hakob et sa famille vivaient dans l'attente, au CADA (centre d'accueil des demandeurs d'asile), dans le quartier de la Croix Rouge. Ils apprennent le français et les deux enfants sont scolarisés. Mais par deux fois, l'administration leur a répondu « non ».
En décembre 2010, Hakob, Susanna, leurs parents et leurs deux enfants ont tout laissé derrière eux en Arménie. « C'était trop dangereux pour nous » , explique Hakob qui se sentait menacé par des réseaux mafieux. La France, c'était pour eux « le pays des droits de l'Homme » .

Contactée, la préfecture répond que la famille « fait état de menaces liées à un conflit personnel qui n'entre pas dans le cadre du droit d'asile, d'autant plus que l'Arménie fait partie des pays d'origine sûrs. Elle a sollicité un réexamen auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui n'a pas encore statué. » « La politique Sarkozy, c'est fini, objecte Samuel Meegens. Maintenant que le pouvoir est rose à 100 %, on pense que le changement, c'est maintenant. » La CGT, qui entend « pointer l'absence de réponse des services publics », a alerté la mairie. « On va les mettre face à leurs responsabilités. S'il le faut, on fera le bordel et on les installera à l'hôtel de ville ! » La CGT « défie quiconque de les déloger » de ses locaux. Elle milite pour une régularisation de tous les sans-papiers et envisage de créer un comité local.
F.SA.
Source : http://www.nordeclair.fr/Locales/Tourcoing/2012/06/23/une-famille-sans-papiers-vit-dans-les-lo.shtml

Voir également : Manya Gevorgyan, réfugiée arménienne en France : "Nous ne voulons pas retourner en Arménie, c'est trop dangereux pour notre vie."

Les réfugiés arméniens eux-mêmes le disent : "l'Arménie est dangereuse pour nous"

Cholet : deux familles de réfugiés arméniens poussées à l'exil du fait de la loi de la jungle mafieuse qui régne dans leur pays