mercredi 29 août 2012

Agitation tribale à la frontière turco-persane dans l'Entre-deux-guerres : la collusion des comités nationalistes kurdo-arméniens

"Questions musulmanes", L'Armée d'Afrique (Organe de liaison entre les officiers de réserve de l'Algérie, Tunisie et Maroc et leurs camarades de l'active), n° 51, 6e année, janvier 1929, p. 30-31 :
PERSE

Politique intérieure. — La petite révolte des Tourouf du Khuzistan est totalement apaisée. Les Cheikhs soumis ont déclaré avoir été poussés à la rébellion par le Commandant des troupes locales Sarhang Moustapha Khan. Celui-ci a été arrêté et transféré à Chiraz.

En Kurdistan persan le calme a régné partout. Seule la région du petit Ararat et de Makou (pointe N.O. de la Perse) reste le centre d'une agitation politique dirigée contre la Turquie. Sur les pentes Sud du petit Ararat un groupement kurde armé de 1.200 à 1.500 hommes appartenant aux Djelalis échappe au contrôle des autorités persanes. Ces Kurdes observent actuellement une attitude défensive mais pourraient dès le printemps prochain créer des difficultés à la frontière turco-persane. Les relations qu'ils entretiennent avec les comités Tachnak locaux confirment la collusion entre les mouvements nationaux Kurdes et Arméniens. Les accords conclus entre les comités centraux nationalistes kurdes et arméniens de Paris et du Caire se traduisent par des ententes locales entre les îlots de résistance arméniens et kurdes de la Turquie orientale. Cette alliance Arméno-Kurde est dirigée uniquement contre la Turquie, mais elle est susceptible d'inquiéter la Perse en gênant sa politique d'assimilation progressive des Kurdes : en outre elle risque de provoquer les protestations justifiées de la Turquie si celle-ci a la preuve que les Kurdes persans peuvent impunément organiser sur leur territoire l'aide aux Kurdes ou Arméniens révoltés de Turquie.

Pour calmer les appréhensions persanes, le comité Tachnak de Paris a imposé aux Kurdes un article stipulant que la Perse ne serait pas visée par les ambitions Kurdes ou par les opérations nécessaires à leur réalisation. En outre le Comité Kurde d'Alep a envoyé en Perse sa personnalité la plus marquante, Beder Khan. Celui-ci n'a pu encore entrer en relations avec l'entourage du Schah, qui lui reproche d'avoir manqué de discrétion dans sa venue à Téhéran.

Politique extérieure. — L'officier de marine italien, engagé par le Gouvernement persan pour la réorganisation de sa marine du golfe Persique, est arrivé à Téhéran ; c'est le major Henri de Zan.

La Perse a signé avec l'Egypte un traité aux termes duquel elle abandonne le bénéfice des capitulations. Les sujets persans en Egypte relèveront désormais des juridictions locales ; pour les questions de statut personnel ils s'adresseront aux tribunaux religieux qui leur appliqueront les lois persanes. Les sujets égyptiens bénéficieront d'une situation analogue en Perse.

Voir également : Les nationalistes kurdes (Khoyboun) et arméniens (Dachnak) dans l'Entre-deux-guerres : un combat commun au nom de la "fraternité aryenne" (sic) et pour une "confédération aryenne" (re-sic)

La coopération des dachnaks avec la Perse/Iran aryaniste et antisémite de Reza Shah Pahlavi


L'instrumentalisation de la "carte kurde" par la Perse de Reza Shah Pahlavi

Comment les nationalistes kurdes dissimulent hypocritement le volet raciste (aryaniste) de leur idéologie sous un verbiage humanitaire