lundi 27 août 2012

L'assassinat de l'archevêque Léon Tourian (1933)

L'Effort algérien (Journal d'Action et d'Organisation Catholique Sociale), 16 février 1934 :
L'Arménie catholique [sic] est pour les Soviets.

De l'Office Caritas :

C'est un fait peu connu, mais important à signaler qu'un bon nombre d'Arméniens — même catholiques — sont favorables au régime soviétique actuel. En effet, l'Arménie forme une république soviétique autonome (capitale Erivan), qui bien qu'incluse dans les cadres de l'U.R.S.S., jouit d'une assez large autonomie, même au point de vue religieux. Les Arméniens pensent que dans les circonstances présentes, ils ne peuvent avoir une situation plus favorable ; car si l'Arménie pouvait proclamer son indépendance — ce qui est peu probable — elle retomberait vite sous la domination turque, qui, vraisemblablement, serait moins tolérante.

Les organisations d'émigrés arméniens très nombreux en Egypte, en Syrie, en France et aux Etats-Unis, voient d'un assez bon oeil le développement de cette République arménienne, bien que soviétique, et favorisent même le départ des Arméniens vers Erivan. On assure que l'opportunisme des Soviets laisse toute liberté ; l'exercice du culte est à l'action du clergé arménien.

Aussi, l'archevêque grégorien (schismatique) des Arméniens résidant aux Etats-Unis avait-il arboré le drapeau soviétique et fait réciter des prières pour le gouvernement de Moscou.

C'est la raison pour laquelle il a été assassiné à New-York, dans sa cathédrale, par un membre du parti fasciste arménien ou Daschnak, groupement politique qui réclame l'indépendance de la Grande Arménie (Arménie et Géorgie).


Ce fait tragique et brutal attire l'attention sur les destinées de l'Arménie. Quel sera le sort de la République d'Erivan ? Restera-t-elle enclavée dans l'empire soviétique où retrouvera-t-elle sa liberté ? Souhaitons que, quoiqu'il arrive, rien ne tourne au détriment de la foi traditionnelle du peuple arménien.

Voir également : Le terrorisme interne arménien

Gaïdz Minassian : "des Arméniens ont tué des Arméniens"

Les graves dissensions politiques au sein de la communauté arménienne dans la France de l'Entre-deux-guerres