dimanche 9 septembre 2012

A quand l'exclusion de la FRA-Dachnak de l'IS ?

Le Courrier de la Bosnie-Herzégovine
Bosnie-Herzégovine : le SNSD de Milorad Dodik définitivement exclu de l’Internationale Socialiste

Mise en ligne : mercredi 5 septembre 2012
L’Internationale Socialiste a officiellement exclu de ses rangs le SNSD, jugeant que l’idéologie du parti est fondée sur « le nationalisme et l’extrémisme ».
La formation de Milorad Dodik s’est rapprochée, depuis un an, du parti Russie Unie de Vladimir Poutine.

Par Rodolfo Toè

Le parti de Milorad Dodik, l’Alliance indépendante des Sociaux-démocrates (SNSD), a été définitivement exclu de l’Internationale Socialiste. L’organisation a communiqué sa décision lors de son XXIVe Congrès qui se déroulait au Cap, en Afrique du Sud, du 30 août au 1er septembre.


L’exclusion confirme la décision que le Conseil de l’Internationale avait prise au mois de juillet de l’année dernière, à Athènes. L’exclusion du SNSD est motivée par « le manque substantiel d’améliorations dans la rhétorique du parti, qui est toujours fondée sur le nationalisme et l’extrémisme ».

C’est Zlatko Lagumdžija, adversaire du SNSD et chef du Parti social-démocrate de Bosnie-Herzégovine, qui avait dénoncé cette situation au Conseil éthique de l’Internationale, il y a cinq ans, en soulignant que le SNSD était allié « à des formations nationalistes de droite ».


Au lendemain du premier avis d’exclusion, en juillet 2011, les instances du parti avaient annoncé leur intention de quitter l’Internationale, sans concrétiser pour autant leur geste. Le parti s’est par la suite rapproché de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine. En septembre 2011, Milorad Dodik avait conduit une délégation du SNSD à Moscou, lors du Congrès de Russie Unie.

Aujourd’hui, la direction de SNSD a déploré son exclusion, par voie de communiqué sur son site internet : « la politique du parti », peut-on lire dans le communiqué, « est toujours axée sur les valeurs de l’Internationale Socialiste. Notre action ne sera pas conditionnée par cette décision et nous ne modifierons pas notre attitude à l’égard du Gouvernement de Sarajevo », a affirmé le secrétariat du SNSD.
Source : http://balkans.courriers.info/article20617.html

Gaïdz Minassian, "L'Internationale socialiste et les partis socialistes exilés du bloc communiste : le cas de la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun", Revue d'études comparatives Est-Ouest, volume 32, n° 3, 2001, p. 125 :

"Si en Europe et en Amérique latine, la FRA soutient les partis progressistes (ARF News, nov. 1999), au Moyen-Orient et en Russie, ses relations sont plus complexes. En contacts étroits avec le PSP de Wahid Joumblatt, la FRA entretient en outre des relations franches avec des partis de la droite libanaise et soutient la liste de R. Hariri aux législatives de 1996. Si l'IS connaît le poids électoral de la FRA au Liban et sait que les pratiques socialistes au Moyen-Orient sont plus fluctuantes qu'ailleurs, elle n'en est pas moins perplexe. Certaines fréquentations de la FRA dans la CEI et ailleurs sont tout aussi dérangeantes. La FRA a de fréquentes rencontres avec des partis nationalistes russes, comme celui de V. Jirinovski, aux opinions anti-turques et anti-azéries tranchées et noue en Yougoslavie d'étroites relations avec des partis nationalistes serbes hostiles à la Turquie. Enfin, la FRA suscite évidemment la méfiance des partis socialistes turc, géorgien et azéri qui stigmatisent l'irrédentisme dachnak."