dimanche 14 octobre 2012

François Hollande et l'Histoire : les perles d'un cancre

Déclaration à une commémoration, cité par Leparisien.fr, 17 octobre 2011 :

"De ce pont, et d'autres ponts de la région parisienne, des manifestants algériens furent jetés dans la Seine le 17 octobre 1961, victimes d'une répression aveugle. A leur mémoire, le 17 octobre 2011."

Interview à Marianne, 18-24 février 2012 :

"En ce qui concerne la reconnaissance du génocide arménien, je ne me détermine pas par rapport au nombre de personnes qui relèvent d’une origine ou d’une histoire. La cause arménienne est défendue par les socialistes français depuis Jean Jaurès et les Arméniens venus en france ont été accueillis par des municipalités plutôt de gauche. François Mitterand s’était battu pour la reconnaissance du génocide et c’est sous Lionel Jospin, Premier ministre, qu’une loi a été votée. Il fallait la compléter d’une pénalisation de la négation du génocide arménien."

Discours à une "cérémonie de commémoration du 97e anniversaire du génocide arménien", 24 avril 2012 :

"Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Nous sommes réunis une nouvelle fois comme chaque année, ici, pour rendre hommage aux Arméniens victimes d’un génocide.

Le 24 avril 1915, 900 intellectuels, personnalités politiques, membres des corps intermédiaires, sont arrêtés et exécutés à Constantinople.

Cette date marque le début des massacres. Les hommes de l’armée ottomane sont isolés, désarmés, tués. Les femmes et les enfants subissent les ordres de déportation. Les marches vers les déserts de Syrie et de Mésopotamie déciment plus d’un million et demi de personnes, soit les deux tiers de la population arménienne vivant dans l’empire ottoman. Cette histoire, c’est la vôtre. Cette histoire, je la connais, vous la connaissez mieux que d’autres, mieux que personne. C’est celle de vos parents, de vos grands-parents, de vos arrières grands-parents, de vos familles. Cette histoire, c’est aussi celle qui a été admise, certifiée par la quasi-totalité des historiens."

Discours en hommage à Jules Ferry, 15 mai 2012 :

"Ici, en cet instant où commence un temps nouveau pour notre pays, je suis venu célébrer deux lois, que nous devons à l'obstination, à la volonté et au courage de Jules FERRY : la loi du 16 juin 1881 relative à la gratuité de l'enseignement primaire ; et la loi du 28 mars 1882 relative au caractère laïque et obligatoire de l'école.

Tout exemple connaît des limites, toute grandeur a ses faiblesses. Et tout homme est faillible. En saluant aujourd'hui la mémoire de Jules FERRY, je n'ignore rien de certains de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit, à ce titre, être condamnée. Et c'est le grand Clémenceau [Clemenceau] qui porta en son temps le réquisitoire le plus implacable au nom de la conscience universelle. C'est donc empreint de cette nécessaire lucidité que je suis venu saluer le législateur qui conçut l'école publique, le bâtisseur de cette grande maison commune, qu'est l'Ecole de la République. Nous devons tant à l'instruction publique. (...)

L'école comme émancipation. La connaissance, le goût d'apprendre, la jubilation de la découverte, le sens de la curiosité intellectuelle, sont des trésors auxquels l'Ecole a pour vocation de préparer toutes les jeunes consciences, tous les enfants de la Nation.

L'Ecole, comme lieu de la véritable égalité. Celle des chances, celle qui ne connaît comme seuls critères de distinction que le mérite, l'effort, le talent car la naissance, la fortune, le hasard établissent des hiérarchies que l'Ecole a pour mission, sinon d'abolir, du moins de corriger. (...)

Egalité, mixité, laïcité, instruction, apprentissage de la citoyenneté : Tels sont les principes contenus dans les lois dites Ferry."

Discours à l'occasion du 70e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, 22 juillet 2012 :

"Par-delà le temps, au-delà du deuil, ma présence ce matin témoigne de la volonté de la France de veiller sur le souvenir de ses enfants disparus et d'honorer ces morts sans sépulture, ces êtres dont le seul tombeau est notre mémoire.

Tel est le sens de l'exigence posée par la République : que les noms de ces suppliciés ne tombent pas dans l'oubli.

Nous devons aux martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver la vérité sur ce qui s'est passé il y a soixante-dix ans.

La vérité, c'est que la police française, sur la base des listes qu'elle avait elle-même établies, s'est chargée d'arrêter les milliers d'innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C'est que la gendarmerie française les a escortés jusqu'aux camps d'internement.

La vérité, c'est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l'ensemble de l'opération.

La vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France."

Discours en hommage aux résistants français, 25 août 2012 :

"Je rappelle, une fois encore, à notre mémoire ces Français qui veillèrent sur la France. En célébrant la Libération de Paris, je salue tous ceux qui en ont rêvé, qui se sont sacrifiés et qui ne l'ont pas connue ; tous ceux qui sont tombés pour qu'un jour, après eux, notre pays puisse être ce qu'il est aujourd'hui. Jacques BONSERGENT, exécuté au fort de Vincennes à 28 ans le 23 décembre 1940, Danielle CASANOVA, morte à Auschwitz en 1943, Missak MANOUCHIAN et tous les fusillés du Mont Valérien, les 35 garçons tués à la Cascade du Bois de Boulogne, Jean MOULIN et son « terrible cortège » de suppliciés, tous ceux dont les noms figurent sur des plaques dans les rues de Paris. Des plaques que nous devons regarder autant qu'il est possible pour ne pas oublier, car la République ne les oubliera pas. (...)

La leçon de la Libération aujourd'hui, c'est aussi le refus de toute négligence, de toute complaisance, dans la lutte contre l'antisémitisme (nous n'en avons pas fini), contre le racisme, contre la xénophobie, contre toutes les formes de haine. Le souvenir de 1944 nous ramène à l'impératif absolu de la transmission ce qui suppose l'enseignement de l'Histoire, dont la place, dans l'école de la République, doit être confortée."

Discours à Dakar, 12 octobre 2012 :

"Cette histoire a aussi sa part d'ombre. Comme toute nation, la France se grandit lorsqu'elle porte un regard lucide sur son passé.

Je serai cet après-midi sur l'île de Gorée pour rendre hommage à la mémoire des victimes de l'esclavage et de la traite, en présence d'élus des outre-mer français dont j'ai souhaité la présence à mes côtés. L'histoire de l'esclavage, nous devons la connaître, l'enseigner et en tirer toutes les leçons, parce que l'exploitation des êtres humains continue de souiller l'idée même d'humanité."

Voir également : "Cohérence", "nuance" et "exactitude" chez Nicolas Sarkozy, "fin connaisseur" de l'histoire de France, comme de celle de la Turquie