lundi 22 octobre 2012

Nice : un clan de mafieux arméniens jugé

Le clan des mafieux arméniens devant les juges à Nice

Publié le lundi 22 octobre 2012 à 07h10

Vingt prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nice à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 2 novembre, pour trafic de fausse monnaie, proxénétisme ou blanchiment d’argent


On les appelle les « voleurs dans la loi ». On, c'est la police française. Toutes les polices européennes emploient aussi ce vocable.
Les médias russes également, qui en font un synonyme de mafieux. En juillet 2011, un site internet russe anglophone titrait : « La mafia de l'ancienne URSS à la conquête de la France ».

Il y était question des activités des « voleurs dans la loi » ex-soviétiques dans plusieurs villes disséminées à travers l'Hexagone, dans des villes parfois pas plus réputées à l'étranger que Caen ou Poitiers. Dans l'article, Nice, encore plus que Marseille, tenait la vedette : on y parlait, notamment, du double meurtre du boulevard François-Grosso, le 6 mai 2011. Celui d'un Tchétchène, Abdulla Erzanukaev, et d'un Arménien, Edouard Margarian, tous deux considérés comme des chefs de clan.

Juge de paix

Quel rapport avec le procès qui s'ouvre ce lundi, et pour deux semaines, au palais de justice de Nice pour trafic de fausse monnaie, proxénétisme et blanchiment ? Certains des prévenus, à commencer par l'ancien champion de lutte Mirdat Assatrian, auraient bien connu les deux victimes, selon l'accusation.
Présenté comme le juge de paix du clan arménien de la Côte d'Azur - ce qu'il nie - Assatrian aurait réconcilié Tchétchènes et Arméniens, qui se faisaient la guerre, au cours d'une mémorable soirée passée début 2011 avec Erzanukaev… à l'église arménienne du boulevard de la Madeleine.

Ce fait, parmi bien d'autres, a fait culminer le conflit toujours ouvert au sein de la communauté arménienne. Il en sera peut-être question lorsque le cas d'un prévenu peu ordinaire, l'ancien curé arménien de Nice, le père Vatché, sera examiné.

Trois faux euros pour un vrai

Voilà pour l'ambiance et le contexte général. Dans les faits, c'est essentiellement le trafic de fausse monnaie, découvert en septembre 2010, lors d'écoutes concernant une affaire de proxénétisme, qui préoccupera les magistrats. Avec son corollaire inévitable du blanchiment. Un trafic qui n'implique pas la totalité des prévenus, tous d'origine arménienne sauf deux, d'origine italienne.

Il étendait ses ramifications jusqu'à la région lyonnaise, la Belgique, l'Allemagne. Voire plus loin… D'après l'accusation, un pivot arménien organisait le trafic depuis Nice. Il contactait les clients, généralement Arméniens eux aussi, avec l'aide notoire de son fils, cogérant d'un commerce de Menton jugé par les enquêteurs comme l'une des principales lessiveuses, tandis qu'un Italien se chargeait de fournir les faux euros - trois pour un vrai - fabriqués à Naples. Le trafic aurait porté sur des dizaines et des dizaines de milliers d'euros.

A bien des égards, ce procès pourrait bien rester dans les annales comme « the big one » pour les mafias de l'ex-bloc soviétique sur la Côte d'Azur, voire en France. A moins que les avocats de la défense ne parviennent à dégonfler l'accusation.
Source : http://www.nicematin.com/nice/le-clan-des-mafieux-armeniens-devant-les-juges-a-nice.1028647.html

Début lundi à Nice du procès singulier d'un trafic de faux billets

Créé le 21-10-2012 à 21h50 - Mis à jour le 22-10-2012 à 06h40

NICE (Sipa) -- Le procès d'un trafic de faux billets d'euros, sur fond de mafias arménienne, italienne et russophone, s'ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Nice (Alpes-Maritimes) .

Vingt-et-un prévenus et une société privée devront notamment répondre de "transport, mise en circulation, détention de monnaie ayant cours légal contrefaisante ou falsifiée commis en bande organisée", "blanchiment" mais aussi, pour certains, de proxénétisme aggravé, de trafic de stupéfiants ou de violences aggravées.

Le procès devrait durer deux semaines.

Le réseau avait été découvert, par hasard fin 2010, lors d'écoutes téléphoniques mises en place par les policiers qui enquêtaient sur une affaire de proxénétisme aggravé. En quelques mois, les investigations avaient pu déterminer qu'un trafic de faux billets était organisé par plusieurs personnes de la communauté arménienne vivant à Nice et Menton et présumées liés à des réseaux mafieux. Les premières arrestations étaient opérées lors d'une transaction à Menton, le 2 mars 2011.

Un père et son fils, "Roubo" et "Garen", sont notamment soupçonnés d'être au coeur du trafic qui concernait principalement des petites coupures de 10, 20 et 50 euros, selon l'accusation. Les deux individus seraient les principaux intermédiaires entre leurs clients et le fournisseur présumé de faux billets, un Franco-Italien fiché comme membre de la camorra, sous le coup d'un mandat d'arrêt en Italie et qui serait secondé lui aussi par son fils. Les faux billets, achetés en moyenne trois fois moins cher que leur vraie valeur, étaient écoulés, par le biais d'autres intermédiaires de la communauté arménienne sur la Côte-d'Azur mais aussi dans la région lyonnaise ainsi qu'en Belgique et en Allemagne. Certains suspects ont reconnu des transactions pouvant aller jusqu'à 20.000/30.000 euros, d'autres réfutent totalement leur implication dans ce dossier. Le montant du trafic est estimé à plusieurs dizaines de milliers d'euros en faux billets.

Lors des différentes perquisitions effectuées aux domiciles des uns et des autres, des sommes d'argent en espèce ont parfois été retrouvées. Plusieurs des prévenus, souvent sans emploi et bénéficiaires d'aides sociales, avaient un train de vie bien supérieur à leurs revenus officiels (appartements luxueux, voitures de grosses cylindrée, fortes sommes misées dans les casinos de la Côte-d'Azur) ce qui leur vaut d'être également cités à comparaître pour "non justification de ressources".

Les personnes impliquées dans ce dossier ont des profils atypiques. On retrouve, entre autres, un possible financier résidant lituanien, qui possède des participations dans de nombreuses sociétés et un prêtre arménien soupçonné d'avoir abrité dans son église niçoise des réunions de mafieux liés de près ou de loin au réseau de faux billets. Un homme, considéré par les enquêteurs comme le pivot central du réseau en raison de sa forte influence dans le milieu arménien, est aussi sur le banc des prévenus. Il est soupçonné d'être le chef régional de la très redoutée mafia russophone "Les voleurs dans la loi".

Plusieurs affaires dans l'affaire seront également examinées lors de ce procès fleuve: en particulier du trafic de stupéfiants, une histoire de violence volontaire et des faits de proxénétisme aggravé à l'encontre de certains prévenus, suspectés d'avoir fait venir et pris en charge des filles de l'Est pour les mettre sur les trottoirs, entre autres, de Monaco et Saint-Tropez.

xnic/sb
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121021.FAP1323/debut-lundi-a-nice-du-proces-singulier-d-un-trafic-de-faux-billets.html

Voir également : Les Arméniens de Nice : communautarisme et tensions internes

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