vendredi 19 octobre 2012

"N'ont-ils pas [les Turcs] détruit, paralysé les modestes cultures grecque, arménienne, slave, sous le poids de leur militarisme, orgueilleux et paresseux ?" (Mikaël Varandian)

Sami Sadak, "Les musiques. Expressions d'une société en mutation", in Semih Vaner (dir.), La Turquie, Paris, Fayard, 2005, p. 614 :

"L'histoire retient trois grandes régions qui ont été les creusets d'une civilisation où s'est développée la musique arménienne : l'Arménie occidentale et sa capitale intellectuelle Istanbul, le royaume de Cilicie et l'Arménie transcaucasienne.

Les Arméniens appartiennent à trois confessions : les monophysites, dits grégoriens, qui constituent la majorité, les catholiques et les protestants. Dans l'Istanbul cosmopolite, la diaspora arménienne a développé une musique au contact des autres communautés ottomanes. Nikogos Aga, maître de musique à l'Enderun, Kemani Agopos, Udî Hirant, Udî Kirkor, Tatyos Efendi, Bimen Şen ont été des musiciens et compositeurs qui ont marqué la vie musicale de l'Empire et leur renommée est encore vivace dans tout le Moyen-Orient. Le compositeur Hampartsoum Limondjian (1768-1839), disciple du grand Dede Efendi, a pu sauver les joyaux de la musique savante ottomane grâce au système de notation musicale qu'il a développé.

Un des grands courants de la tradition arménienne est l'art des achougs, troubadours itinérants s'accompagnant au luth à long manche qui chantaient leurs propres poèmes ou des épopées comme leurs compères turcs d'Anatolie. Leurs chants sont encore pratiqués, tels ceux d'Achoug Keram ou de Sayat Nova."