vendredi 2 novembre 2012

L'anti-repentisme cohérent de Gérard Longuet

Gérard Longuet, communiqué diffusé sur France Inter, 1er novembre 2012 :

"C’est un sujet sensible pour moi : ce faisant, l’Algérie ravive une plaie non pas tellement avec l’Algérie, mais aussi entre nos compatriotes, nos compatriotes pieds-noirs, qui ont l’impression d’être collectivement jugés et condamnés, et nos compatriotes métropolitains qui se disent : qu’est ce que c’est que ces gens qui étaient au fond des criminels.

Je souhaite profondément que nous nous entendions avec l’Algérie, comme la France a su se réconcilier avec l’Allemagne. Je crois que cela ne sera possible que si on reconnaît que chacun a été utile, que le travail des pieds-noirs en Algérie a été digne et qu’ils avaient des vies simples.

Les Algériens doivent se développer en sachant que la France est leur amie, mais qu’on ne peut pas se développer en Algérie sur le ressentiment de la France, alors que je crois profondément que la France a fait beaucoup pour que l’Algérie soit un pays plus moderne, mieux équipé, mieux formé. Tout n’a pas été parfait, mais si on se dresse en permanence des procès collectifs, on ne progressera jamais."

Gérard Longuet, interview à France 2, 22 décembre 2011 :

"(...) moi ce qui me navre c’est que la Turquie est un très grand pays qui fait des efforts pour aller vers l’Europe, à sa manière et qui s’efforce je crois, avec l’Arménie d’établir de nouvelles relations. Et je suis un petit peu désolé de ce que l’on ne se préoccupe pas, point de l’avenir, c'est-à-dire les relations entre la Turquie et l’Europe, les relations entre la Turquie et l’Arménie, et qu’on parle du centenaire d’une tragédie, qui est une vraie tragédie, mais c’est un centenaire. Pourquoi les arrières petits fils paieraient-ils indéfiniment les fautes des arrières grands-parents ?"

Ahmet Davutoğlu, interview à Libération, 9 juillet 2012 :

"Pour le 50e anniversaire de l’indépendance algérienne, le président François Hollande a écrit un bel article évoquant le nécessaire travail commun entre les deux pays sur la mémoire. C’est exactement ce que nous voulons avec l’Arménie et cela fait partie des protocoles signés avec Erevan. Il est temps de remplacer la haine par un travail commun sur le passé."

Voir également : Le discours éblouissant du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en Turquie, dans la grande tradition de la turcophilie gaulliste

"Cohérence", "nuance" et "exactitude" chez Nicolas Sarkozy, "fin connaisseur" de l'histoire de France, comme de celle de la Turquie

François Hollande a-t-il la "mémoire" courte ?