dimanche 30 décembre 2012

La gauche sociétale et les lois mémorielles : une rupture avec le modèle républicain français

Laurent Bouvet, Le sens du peuple. La gauche, la démocratie, le populisme, Paris, Gallimard, 2012, p. 201-202 :

"(...) si, d'un point de vue économique et social, les discussions sur le caractère plus ou moins à gauche de la politique de la majorité plurielle [1997-2002] ont pu parfois être vives, au point que certains à gauche ont même pu la qualifier de « sociale-libérale », sur le plan culturel et des « valeurs », en revanche, son action a été peu équivoque et peu critiquée. Des mesures symboliques et pratiques relevant directement du libéralisme culturel et de la reconnaissance des revendications et fiertés identitaires ont été promues durant toute la durée de la mandature et sont devenues emblématiques de l'action de cette majorité : parité, pacte civil de solidarité (PACS), politique de lutte active contre « les » discriminations (mise en place du « 114 », numéro d'appel gratuit pour les victimes de discrimination raciale, des CODAC, les commissions départementales d'accès à la citoyenneté, du GELD, le groupe d'études et de lutte contre les discriminations), promotion du thème de la « diversité », mise en avant des « minorités visibles », reconnaissance officielle du droit des victimes par des « lois mémorielles » (loi sur le génocide arménien, loi Taubira sur l'esclavage), etc. L'inspiration au sein du PS, comme d'une partie de la gauche écologiste et « mouvementiste » de la fin des années 1990, est venue notamment de l'influence grandissante pendant toute la décennie des promoteurs d'un multiculturalisme à la française qui ont largement puisé leurs exemples à l'étranger (au Canada, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, notamment). Ils présentent à l'époque ce programme « progressiste » comme la nécessaire sortie du « modèle républicain » français dont l'universalisme « aveugle aux différences culturelles » ne correspondait plus aux nécessités intellectuelles et aux demandes sociales de l'époque. On constate d'ailleurs que cette injonction au « progressisme » fonctionne de manière idéologique puisque les critiques de ces « progrès » sont rangées dans la catégorie (réactionnaire) du « républicanisme français ». La dénonciation de la domination de la pensée républicaniste en France comme signe d'un indécrottable provincialisme à l'âge du monde ouvert et global est devenue une figure récurrente de cette injonction1. Et ce en dépit de toutes les démonstrations et de toutes les mises en garde sur le risque que fait courir la diversité à la cohésion sociale2.

1. Parmi les dernières publications en date allant dans ce sens, on retiendra l'ouvrage de Béatrice Durand, La Nouvelle Idéologie française, Stock, 2010.

2. Voir notamment Robert Putnam, « E Pluribus Unum : Diversity and Community in the Twenty-First Century. The 2006 Johan Skytte Prize Lecture », Scandinavian Political Studies, vol. XXX, n° 2, 2007, pp. 137-174."

Voir également : Jean-Pierre Chevènement s'élève contre la dérive "victimaire" et communautariste du PS

Le républicain de gauche Jean-Pierre Chevènement dénonce une "capitulation face aux lobbies"

Le repentisme hautement débile de François Hollande

Les ravages du communautarisme en France : la course au vote ethnique arménien

Marseille : les conséquences funestes du clientélisme et de l'instrumentalisation des communautés

Chalon : conférence sur la triste situation des Arméniens en Arménie

CHALON : La situation en Arménie d'aujourdhui en question pour RESF

Le Dimanche 30 décembre 2012 @ 11:31:07

Conférence-débat le lundi 14 janvier - Salle du Cloitre à Chalon - Soirée présentée par le Réseau Education Sans Frontières.

Le Réseau Education Sans Frontières, groupe de Chalon, présente

AUJOURD'HUI,

L'ARMENIE

une conférence animée par Taline PAPAZIAN

Lundi 14 janvier
à 19h30
Salle du Cloître
(derrière la cathédrale St Vincent)
10 place du Cloître à Chalon-sur-Saône

Entrée libre

Nous, Réseau Education Sans Frontières, souhaitons alerter l'opinion publique et les politiques sur la question arménienne.
En effet, de très nombreux Arméniens sont victimes de graves violences étatiques et/ou mafieuses et fuient pour cela leur pays.
Or, l'Etat français considère l'Arménie comme un "pays sûr". Ainsi, il est très difficile, voire impossible, pour un Arménien d'obtenir l'asile en France.

Nous vous proposons donc cette conférence afin de mieux comprendre la situation de ce pays, les problèmes de liberté et de sécurité intérieure, les conflits aux frontières, les enjeux diplomatiques et aussi la spécificité de son identité culturelle.
Nous sommes très heureux à cette occasion d'accueillir Taline PAPAZIAN, docteur en sciences politiques, spécialiste de l'ancien espace soviétique, et plus précisément de la construction des Etats, des nationalismes et des conflits.
Source : http://www.infos-chalon.com/article.php?sid=39050

Fin de l'immunité parlementaire pour Jean-Noël Guérini, "grand" "ami" du lobby arménien

Le Sénat lève l'immunité parlementaire de Guérini

Par Aliette de Broqua

Mis à jour le 12/12/2012 à 15:49 | publié le 12/12/2012 à 13:25

Une nouvelle fois, les sénateurs ont levé l'immunité parlementaire du sénateur PS des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini. Il peut être placé en garde à vue pour être interrogé sur un dossier «à caractère mafieux».


C'est fait. Sans surprise. Les sénateurs ont levé l'immunité parlementaire du socialiste Jean-Noël Guérini, sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône. C'est la deuxième fois que la Haute Assemblée accède à cette demande du juge marseillais Charles Duchaine.

La première levée de son immunité a eu lieu en mars dernier, parce que l'élu marseillais avait refusé de répondre aux questions du juge. Cette fois, le juge est allé plus loin en demandant qu'il puisse être entendu en garde à vue. Il justifie cette mesure particulière par la gravité et la complexité de l'affaire et le «caractère mafieux» de l'organisation mise au jour. Le bureau du Sénat tient toutefois à rappeler «qu'il ne se prononce ni sur le fond du dossier, ni sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge» et «que la présomption d'innocence bénéficie aux parlementaires comme à n'importe quel citoyen».
«Je souhaitais cette décision»

Le juge Duchaine, pour sa part, considère qu'il existe «une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner l'élu de délit de corruption passive, de trafic d'influence et de participation à une association de malfaiteurs».


«Je tiens à dire, haut et fort, que je souhaitais cette décision, car je veux, dans les délais les plus brefs, apporter toutes les explications nécessaires à la manifestation de la vérité», a réagi Jean-Noël Guérini à l'annonce de la levée de son immunité parlementaire. Il rappelle qu'il est «un citoyen comme un autre, bénéficiant de la présomption d'innocence». Il se plaît également à remarquer que «le bureau du Sénat, sans se prononcer sur l'exactitude des faits, ni sur la procédure suivie par le juge, exprime ses préoccupations sur les violations du secret de l'instruction».

Pour son avocat, Dominique Mattei, «c'est un peu de la justice spectacle!, cela ne changera pas la teneur de ses réponses aux questions que le juge aurait pu lui poser directement». Le défenseur de Guérini pense que «le juge veut avoir des précisions sur certains marchés». Mais il rappelle que le magistrat a reconnu que «le rôle de Jean-Noël Guérini est difficile à cerner et surtout à critiquer», les décisions incriminées étant prises de manière collective ou par des assemblées délibérantes.

L'élu marseillais devrait être rapidement convoqué, sur commission rogatoire du juge Duchaine, par les gendarmes chargés de l'enquête, dans le cadre d'une garde à vue. Après cette garde à vue d'un maximum de 48 heures, il peut être déféré (ou pas) chez le juge Duchaine, sous le statut de témoin assisté ou de mis en examen, notamment pour corruption. D'autres protagonistes du dossier, comme Bernard Barresi ou Patrick Boudmaghe, deux figures du banditisme, ont été entendus en garde à vue récemment. Ils ont été mis en examen, notamment pour blanchiment et association de malfaiteurs.
Source: http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/12/12/01016-20121212ARTFIG00564-le-senat-leve-l-immunite-parlementaire-de-guerini.php

Voir également : François Pupponi et le "milieu" corse

Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

Le maire et sénateur "socialiste" Philippe Kaltenbach, collaborateur notoire et hargneux du lobby raciste arménien, est soupçonné de corruption

jeudi 27 décembre 2012

Les revendications de Staline sur Kars et Ardahan (1945)

Taline Ter Minassian, "Géopolitique de la frontière soviétique en Transcaucasie : de la Révolution à la guerre froide (1917-1946)", in Sophie Coeuré et Sabine Dullin (dir.), Frontières du communisme. Mythologies et réalités de la division de l'Europe, de la révolution d'Octobre au mur de Berlin, Paris, La Découverte, 2007, p. 178-179 :

"Perdus par les bolcheviks à la paix de Brest-Litovsk en 1918, les vilayets de Kars et d'Ardahan, définitivement rétrocédés à la Turquie kémaliste en 1921, sont de nouveau évoqués en 1945, à l'appui de la réactivation, par l'URSS, de la question de l'Arménie turque. Alors que le gouvernement soviétique autorise et encourage le rapatriement en masse des Arméniens de la diaspora (le nerkaght), les provinces de Kars et Ardahan font l'objet d'une demande formelle formulée par Molotov en juin 1945 auprès de l'ambassadeur de Turquie à Moscou. Ce dernier fut informé que la poursuite des relations soviéto-turques dans le cadre du renouvellement du traité d'amitié de 1925 présupposait la cession de Kars et Ardahan à l'Arménie soviétique. Officiellement présentée par Staline lors de la conférence de Potsdam, la demande soviétique fut rejetée par Truman et Attlee, acquis aux objections du gouvernement turc et surtout conscient de la menace d'expansion de l'URSS qui contrôlait déjà alors une partie considérable de l'Europe orientale."

Mikhaïl Narinski, "Le gouvernement soviétique et le problème des frontières de l’URSS (1941-1946)", ibid., p. 211-212 :


"S'affirmant comme l'« héritier » des dirigeants russes, Staline portait une attention particulière aux Balkans et à la zone des détroits de la mer Noire. Pour mener à bien sa politique de renforcement de l'influence soviétique dans les Balkans, Staline était prêt à recourir à un instrument de la politique tsariste tel que la slavophilie. Il déclara en janvier 1945 : « L'ancienne slavophilie ne reflétait que la volonté de la Russie tsariste de soumettre les autres peuples slaves. Notre slavophilie est complètement différente - l'unification des peuples slaves, à égalité, pour la défense commune de notre existence et de notre futur. Nous ne souhaitons en rien contraindre les autres peuples slaves. » En fait, il s'agissait d'une politique d'unification des peuples slaves sous l'égide du Kremlin.

Maurice Dejean, alors directeur général chargé des Affaires politiques au Quai d'Orsay, notait en novembre 1944 : « Aujourd'hui comme hier, les ambitions de la Russie dans la péninsule sont commandées moins par son souci d'expansion territoriale que par ses préoccupations à l'égard des Détroits... La consigne "sécurité de la mer Noire" a pour corollaire la consigne "hégémonie sur ses côtes et les pays avoisinants". Toute la politique russe dans les Balkans consistera donc à éliminer l'influence, dans cette région, de quelque grande puissance que ce soit qui puisse mettre en cause la situation prépondérante que la Russie se réserve en mer Noire et le contrôle qu'elle tient à exercer sur les Détroits. »

La question du régime des Détroits fut posée par Staline au moment de ses négociations avec Churchill en octobre 1944 à Moscou : « Le camarade Staline dit que s'il est question de la Turquie, il lui faut préciser que d'après la convention de Montreux, la Turquie a tous les droits sur les Détroits, tandis que l'Union soviétique a très peu de droits. D'après la convention de Montreux, l'Union soviétique a autant de droits que l'empereur du Japon, et lui, le Camarade Staline, considère qu'il est nécessaire d'examiner la question de la révision de la convention de Montreux, dans la mesure où elle ne correspond absolument plus aux circonstances actuelles. » Avant le départ de Churchill de Moscou, Staline lui rappela une nouvelle fois le problème des Détroits.

Pour élargir l'influence soviétique dans la zone des Détroits et en Méditerranée, Moscou intensifiait sa pression sur la Turquie. On peut mentionner une sorte d'hostilité de Staline à l'égard de la Turquie.
Il aurait déclaré dès novembre 1940 : « En ce qui concerne la Turquie, nous exigeons des bases, afin que les Détroits ne puissent être utilisés contre nous... Nous pousserons les Turcs en Asie. Qu'est-ce que la Turquie ? Là-bas, il y a deux millions de Géorgiens, un million et demi d'Arméniens, un million de Kurdes, etc. Les Turcs ne sont que 6-7 millions. » Le gouvernement soviétique dénonça, le 19 mars 1945, le traité soviéto-turc de paix et de neutralité du 17 décembre 1925, en le déclarant non conforme à la nouvelle situation et nécessitant des améliorations. Lors des négociations avec l'ambassadeur turc, en juin 1945, Molotov exigea des modifications de frontières en faveur de la Géorgie et de l'Arménie, ainsi qu'une base maritime dans la zone des Détroits. A Potsdam, Staline et Molotov confirmaient les prétentions soviétiques sur les régions de Kars, Artvin et Ardahan, et leur proposition de modifier la convention sur les Détroits, signée à Montreux en juillet 1936. Lors de cette discussion, Molotov mentionna les traités de la Russie tsariste avec la Turquie au XIXe siècle. Dans les mois qui suivirent, les dirigeants soviétiques déployèrent une vaste campagne contre la Turquie."

Voir également : L'union sacrée de la diaspora arménienne autour du soutien à la dictature stalinienne (20 millions de morts)

Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

La turcophobie exacerbée de l'historiographie arménienne et les buts stratégiques de l'URSS vis-à-vis de la Turquie : éclaircissement du cas de la RSS d'Arménie par celui de la RSS de Géorgie

Staline et le chiffre sacro-saint d'1,5 million d'Arméniens

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Agitation irrédentiste en Arménie stalinienne au moment du pacte germano-soviétique

La propagande soviétique en faveur du "retour" des Arméniens dans les années 30

mercredi 26 décembre 2012

Les "opérations nationales" de "nettoyage" des frontières soviétiques (1935-1937)

Nicolas Werth, "Le « nettoyage » des frontières soviétiques dans les années 1930", in Sophie Coeuré et Sabine Dullin (dir.), Frontières du communisme. Mythologies et réalités de la division de l'Europe, de la révolution d'Octobre au mur de Berlin, Paris, La Découverte, 2007, p. 372-375 :

"Plusieurs centaines de milliers de Soviétiques d'origine polonaise, allemande, balte, finlandaise, roumaine, mais aussi de très nombreux citoyens ayant (ou ayant eu) un lien, aussi ténu fût-il, professionnel, familial ou tout simplement géographique (les habitants des régions frontalières étaient particulièrement vulnérables) avec des pays identifiés comme hostiles, sont arrêtés et exécutés dans le cadre des « opérations nationales » du NKVD [sur ces « opérations nationales », Martin, 2001, p. 335-341 ; Petrov et Roginskii, 1997 ; Okhotin, et Roginskii, 1999]. Dans ce contexte répressif d'une violence sans précédent (rappelons qu'en 1937-1938, plus d'un million et demi de personnes furent arrêtées par le NKVD, dont la moitié environ furent exécutées), la déportation collective de quelque 200 000 personnes, expulsées des zones frontalières, apparaît presque comme une mesure anodine. La plus grande opération de déportation frappe, en septembre-octobre 1937, la communauté coréenne installée dans une vingtaine de districts frontaliers de l'Extrême-Orient soviétique (notamment dans les régions de Vladivostok, de Khabarovsk, de Tchita et du Birobidjan). Déjà en juillet 1936, la direction du comité régional du parti avait demandé à Moscou l'extension à la frontière extrême-orientale du « régime spécial » en vigueur depuis 1934 sur les frontières occidentales afin « d'endiguer les menées agressives des Japonais qui exploitent tout passage illégal de la frontière par des citoyens soviétiques soit pour recruter des espions et des saboteurs soit pour mener activement une propagande antisoviétique ». Cette demande ne fut satisfaite qu'un an plus tard (28 juillet 1937), le ministre des Affaires étrangères Maksim Litvinov ayant manifesté son opposition à une militarisation de fait de la frontière extrême-orientale, rappelant que le traité de Portsmouth, toujours en vigueur, interdisait toute mesure à caractère militaire le long de cette frontière [Martin, 2001, p. 334]. Le 18 août 1937, Staline et Molotov envoient à la direction du parti et du NKVD de la région d'Extrême-Orient un premier projet de déportation ; il concerne à ce stade environ 44 000 Coréens ; trois jours plus tard, le décret du gouvernement amplifie considérablement le nombre de Coréens à déporter vers le Kazakhstan et l'Ouzbékistan (135 000 personnes). Un mois plus tard, c'est l'ensemble de la communauté coréenne (un peu plus de 170 000 personnes) que le NKVD décide de déporter. Comme l'explique V. Cernysev, l'un des adjoints de Iejov, dans une lettre à son chef, « laisser quelques milliers de Coréens dans l'Extrême-Orient soviétique, alors que la grande majorité d'entre eux a déjà été déportée, serait très dangereux. On connaît la force des liens familiaux des Coréens. Les limitations faites aux Coréens restés sur place ne manqueraient pas d'affecter leur état d'esprit vis-à-vis du pouvoir soviétique et ils deviendraient un vivier favorable aux agents japonais ». Pour mener à bien, en deux mois, la déportation (pour la première fois totale) d'une communauté entière (172 000 individus), le NKVD déploie des moyens considérables : pas moins de 124 convois ferroviaires sont mobilisés pour transporter jusqu'en Ouzbékistan ou au Kazakhstan les Coréens déportés. Ceux-ci sont installés, dans des conditions précaires, dans des kolkhozes qui leur sont spécialement réservés. Fait paradoxal, qui révèle les nombreuses contradictions de la politique soviétique envers les nationalités durant ces années, Nikolaï Iejov autorise la communauté coréenne « administrativement transférée » à garder ses propres écoles, où l'enseignement est dispensé en coréen, une maison d'édition et un journal en coréen, édité en Ouzbékistan. Ceci alors même que tout Coréen a été catalogué comme un traître et un espion potentiel !

Au même moment, le « régime spécial » est étendu aux zones frontalières limitrophes de la Turquie, de l'Iran et de l'Afghanistan, dès lors soumises à un « nettoyage », dans un premier temps limité, en grande partie à cause de l'immensité et l'inaccessibilité de larges sections de ces frontières s'étendant sur des milliers de kilomètres. Sont en priorité visés quelques milliers de Kurdes et d'Iraniens soupçonnés d'entretenir des liens transfrontaliers avec des membres de leur famille restés en Turquie ou en Iran ; ils sont déportés en Kirghizie ou au Kazakhstan [Polian, 2001, p. 93 ; Bugaï, 1995, p. 25-26 ; Martin, 2001, p. 335-336]. Sur la frontière occidentale, le « nettoyage » se poursuit : en novembre 1937, le comité régional du parti d'Odessa ordonne une nouvelle déportation de 5 000 familles allemandes des districts frontaliers.

Soulignons-le encore une fois, dans le contexte de la Grande Terreur, la déportation apparaît non seulement comme un moindre mal, mais parfois comme une mesure qui permet d'échapper à l'arrestation et à l'exécution. Dans le cadre des « opérations nationales » du NKVD, lancées à partir de l'été 1937, plus de 335 000 individus sont condamnés par une juridiction d'exception de la police politique, dont 247 000 (73,6%) à la peine de mort. Parmi eux, 140 000 condamnés (dont 111 000 - près de 80 % - à la peine de mort) dans le cadre de « l'opération polonaise » initiée à la suite de l'ordre secret du NKVD n° 00485 du 11 août 1937, destiné à mettre en œuvre la « liquidation totale des réseaux d'espions et de terroristes de l'Organisation militaire polonaise infiltrés dans l'industrie, les transports et l'agriculture » ; 55 000 condamnés (dont 42 000 - soit 76 % - à la peine de mort) dans le cadre de « l'opération allemande » initiée à la suite de l'ordre secret du NKVD n° 00439 du 25 juillet 1937, destiné à « éradiquer le réseau d'espionnage et sabotage mis sur pied par l'état-major allemand et la Gestapo » ; 33 000 condamnés (dont 21 200 à la peine de mort) dans le cadre de « l'opération de Harbin », déclenchée à la suite de l'ordre secret du NKVD n° 00593 du 20 septembre 1937, destiné à mettre fin aux « activités terroristes et diversionnistes commanditées par les services secrets japonais » (étaient tout particulièrement visés les ex-employés et cheminots de la compagnie des chemins de fer de Chine orientale, basée à Harbin, qui, après la cession de la ligne au Japon, avaient été rapatriés, comme citoyens soviétiques, en URSS). Neuf autres « opérations nationales », d'ampleur plus limitée, ont pour cible les citoyens soviétiques d'origine lettone (plus de 22 000 condamnés, dont 16 500 environ à la peine de mort), finlandaise (7 000 condamnés, dont 5 700 exécutés), grecque (plus de 11 000 condamnés, dont 9 500 exécutés), roumaine (6 300 condamnés, dont 4 000 exécutés), estonienne (5 700 condamnés, dont 4 700 exécutés), bulgare, macédonienne, iranienne, afghane – pour ces quatre dernières opérations, le nombre de personnes condamnées et exécutées n'a pas été établi avec précision [Werth, 2002-2]."

Voir également : Sud-Caucase soviétique : les déportations de divers musulmans dans les années 30 et 40

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Staline et le chiffre sacro-saint d'1,5 million d'Arméniens

Agitation irrédentiste en Arménie stalinienne au moment du pacte germano-soviétique

Anastase Mikoyan : l'exceptionnelle longévité d'un ponte du stalinisme

Missak Manouchian : patriote français ou terroriste stalinien sans envergure ?

Mort d'un stalinien arménien : Henry Karayan

mardi 11 décembre 2012

Laurent Fabius : "je n'ignore pas la part de souffrance de la Turquie lors du démantèlement graduel de l'Empire ottoman, avec sa succession de massacres et d'exodes"

CONTRIBUTOR
LAURENT FABIUS

France and Turkey: New horizons for a long-standing relationship

LAURENT FABIUS

The president of the French Republic has marked France’s will to establish a “stable and trusting relationship” with Turkey. In preparation for his forthcoming visit to Turkey, I would like to encourage us here and now to drive forward our bilateral relations.

We often find that little is known about the importance of our economic and trade relations. Who today knows that Turkey is our 12th customer worldwide, and our fifth largest market outside the EU and Switzerland, well ahead of emerging countries such as Brazil and India? In recent years, our trade has flourished with exports to Turkey having increased by two and a half times in just 10 years.

France has an impressive network of 10 world-class, French-speaking establishments in Turkey. In the scientific field, we conduct joint world-class projects every year on the Programme Bosphore.

As NATO allies, France and Turkey take part in joint missions. Our relationship offers all the more opportunities to work together, since Turkish foreign policy has largely broadened its horizons this last decade.
The Arab Spring has challenged some well-rooted principles and views. The people have rallied and shown that the aspiration for freedom and justice is universal. France and Turkey have acknowledged this sea change by providing their support for the legitimate aspirations of the Arab peoples and supporting their move towards democratic, pluralistic institutions. Today our two countries are among the most active in seeking a resolution to the Syrian conflict, increasing the pressure on Bashar al-Assad’s regime for him to stand down.

I would like to tell the Turkish people how much I appreciate the huge efforts made by their country to receive Syrian refugees on their soil.


When President François Hollande took office, he wasted no time in stepping up high-level meetings with President Abdullah Gül and Prime Minister Recep Tayyip Erdoğan. My government is keen to develop our relations with Turkey.

The European Union needs a strong Turkey with a sound, buoyant economy, just as Turkey needs the European Union, which represents nearly 50 percent of its foreign trade.


With the adoption of the “Positive Agenda” and the prospect of visa liberalization, we have a certain number of tools on the table. We are set to take the negotiations forward on Turkey’s accession in good faith, considering the past commitments without anticipating the future in all its details. Since the protection of individual and collective freedoms is a pillar of the European project, human rights and civil liberties need to be promoted further. I subscribe, in this regard, to President Gül’s words when he said that Turkey’s relations with its Western allies are not just a foreign and security issue but are based on common values which, he concluded, should lead Turkey to continue down the reform road.

The question of the Armenian genocide is a sensitive and difficult subject that has all too often cast a shadow over our bilateral relations.
In Turkey, many criticize France for embracing the “Armenian theses.” In France, many feel that Turkey is trying to minimize, if not deny the tragedy that befell the ancestors of our compatriots of Armenian origin. Things are changing. My colleague Ahmet Davutoğlu has made encouraging statements. I quote, “The Armenians have before them someone who is listening. This foreign minister does not claim that nothing happened in 1915.”

For myself, I am not unaware of Turkey’s share of suffering during the gradual dismantlement of the Ottoman Empire, with its succession of massacres and exoduses.
However, I do believe that the disappearance of the Armenian civilization from Anatolian soil warrants some thinking on Turkey’s part as to what is needed to heal the wounds opened in 1915.

I hope that one day soon, we can achieve a calm, fair reading of history. In the meantime, we should try to learn to live with respect for the diversity of the legacies of which we are the guardians.


We have a great deal to do and to develop in all sectors of our cooperation, in the cultural and scientific areas, in internal security, in justice, in agriculture, and in business, in particular to encourage French businesses to work with the Turkish market and to encourage Turkish firms to invest in France.

The progress made in these areas, and the progress ongoing, means that today we can look forward to our future relations with optimism and ambition. I welcome this progress and will personally work on further developments with strength and conviction.

* Laurent Fabius is the minister of foreign affairs of the French Republic. This abridged article was originally published in the Fall 2012 issue of Turkish Policy Quarterly (TPQ).

December/11/2012
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/france-and-turkey-new-horizons-for-a-long-standing-relationship.aspx?pageID=449&nID=36551&NewsCatID=396

Pour lire la version originale de cet article paru dans Turkish Policy Quarterly : http://www.turkishpolicy.com/dosyalar/files/vol_11-no_3 fabius.pdf

Voir également : Laurent Fabius : "Sur la question arménienne, il faudra tenir compte de la décision du Conseil constitutionnel", "il est important de renouer les fils avec la Turquie qui joue un rôle majeur"

Le discours éblouissant du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en Turquie, dans la grande tradition de la turcophilie gaulliste

La tragédie des musulmans d'Anatolie

L'imbrication de deux réalités : le martyre des muhacir et les massacres d'Arméniens en Anatolie

Le Turc osmanli : oppresseur des Arméniens ou victime démunie ?

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

La controverse historique autour du prétendu génocide arménien


"Génocide arménien" : connaître les thèses contradictoires en présence

L'amitié franco-turque

lundi 10 décembre 2012

Hendaye : les craintes de Gegham Petrossyan

Publié le 20/11/2012 à 06h00
Par E. F.

Hendaye
Vingt jours de plus en rétention
Samedi, le juge a prolongé le séjour de Gegham Petrossyan, un Russe d'origine arménienne et père de famille, au centre de rétention.


Samedi matin, à Bayonne, le juge des libertés et de la détention a auditionné Gegham Petrossyan et prolongé de vingt jours son séjour au centre de rétention d'Hendaye.

Le père de famille, d'origine arménienne et de nationalité russe, avait été interpellé la semaine dernière à Bayonne dans une grande surface pour une tentative de vol de nourriture pour bébé et placé à Hendaye.

Pour les faits de vol, le juge s'est limité à un rappel à la loi. En revanche, Gegham Petrossyan demeure dans une situation administrative kafkaïenne, et sa famille aussi. Gegham Petrossyan et son épouse Christina Martirossian, d'origine arménienne par son père et azerbaïdjanaise par sa mère, sont arrivés de Russie il y a deux ans avec leurs deux premiers enfants. Guagik, 10 ans, est né en Arménie ; Gorn, 7 ans, en Russie, et le cadet a vu le jour à Bayonne alors que ses parents avaient effectué une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), droit qui leur avait été refusé. Le recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNADA) n'a pas non plus abouti.
Ni expulsable ni régularisable

« Pendant ce temps, ils étaient au Centre d'accueil de demandeurs d'asile et touchaient des indemnités, mais ce n'est plus le cas », précise Hélène Ducarre, présidente du Comité inter mouvements auprès des évacués (Cimade) de Bayonne. De fait, la famille Petrossyan est désormais hébergée par une famille d'accueil, situation forcément temporaire. Et elle a déposé une demande de régularisation à titre humanitaire auprès de la préfecture. « La famille doit rester en France pour ne pas être éclatée car les parents sont de nationalité différente », lance Hélène Ducarre.

Les autorités françaises ont fait une demande d'expulsion auprès des consulats d'Arménie et de Russie, mais au vu des nationalités distinctes des parents, la Cimade craint que la famille Petrossyan ne se retrouve dans une situation de « ni expulsable, ni régularisable », si la préfecture n'accordait pas de carte de séjour.

La rétention administrative ne pouvant excéder le délai de 45 jours, à son terme Gegham Petrossyan pourrait être libéré sans régularisation de sa situation, ni de celle de sa famille. « S'il repart en Arménie ou en Russie, M. Petrossyan craint d'être remis en prison, il indique avoir été victime d'exactions et de violences de groupes nationalistes », indique la Cimade.

Hendaye · Bayonne
Source : http://www.sudouest.fr/2012/11/20/vingt-jours-de-plus-en-retention-884022-4018.php

Voir également : Béarn : les Simonian, une famille mixte menacée d'expulsion vers l'Arménie raciste

La vie clandestine des Simonian dans le Béarn
 
Le cas de la famille Aslikian, qui a fui le racisme prévalant en Arménie

Vruyr Dovlatian, issu d'un couple mixte arméno-azéri, est menacé d'expulsion vers l'Arménie raciste

Brives-Charensac : parrainage républicain pour deux familles de réfugiés arméniens

Dunkerque : un couple mixte arméno-azéri ayant fui l'Arménie ethno-nationaliste

Le régime bananier et nationalitaire arménien refuse d'accueillir une famille mixte arméno-géorgienne

Rennes : un père de famille mixte, menacé d'expulsion vers l'Arménie, fait une grève de la faim

La famille mixte Hambardzumyan est en danger si elle retourne en Arménie

Châlons : avenir incertain d'une famille ayant fui l'Arménie intolérante

Le refus d'asile en France : une menace pour les Arméniens persécutés en Arménie

Règlement de comptes mafieux à Châtellerault ?

Vienne - Châtellerault -
Ils le poursuivent en voiture et lui tirent dessus

28/11/2012 05:38

Châtellerault. Hier matin, trois personnes ont foncé sur un piéton. L’une est sortie, l’arme à la main, et lui a tiré deux fois dans le dos. Un règlement de comptes ?


Châtellerault n'est pas Marseille ni la Corse. Mais il faut bien dire que la cité du bon accueil n'est pas habituée à ce genre de faits-divers. Un Arménien de 39 ans poursuivi et tiré comme un lapin, quasiment à bout portant par des individus en voiture, c'est la scène qui s'est déroulée hier matin dans les rues du vieux Châtellerault.


Deux projectiles dans le fessier et les jambes

Il est 11 h 40 quand un piéton, accompagné de jeunes femmes, est pris en chasse par une voiture, une BMW série 5 de couleur grise, à la sortie du pont Henri-IV. Le véhicule fonce droit sur le trio. Les deux jeunes femmes parviennent à fausser compagnie à la voiture folle, rue des Cordeliers. Elles se réfugient au domicile de leur ami, situé quelques mètres plus loin, dans la rue de Sully.
D'après les premiers éléments, l'homme, quant à lui, se serait caché dans un recoin de la rue des Cordeliers avant d'être débusqué par ses poursuivants.
À son bord, trois personnes, deux hommes à l'avant et une femme à l'arrière, d'après un témoin de la scène. Le passager avant serait alors descendu, aurait mis froidement en joue l'individu et fait feu dans le dos de sa proie. Au moins à deux reprises. « J'ai vu le gars sortir de l'auto avec un pistolet. Il voulait le flinguer, ça se voyait. Ce n'était pas pour le menacer », raconte un témoin direct de la scène (lire son témoignage ci-dessous et en vidéo).
D'après la police, la victime, un Arménien de 39 ans, a reçu deux projectiles, l'un dans le fessier, l'autre dans les jambes. L'homme, hospitalisé, est hors de danger. Dans l'attente des analyses balistiques, les autorités refusent de communiquer d'autres précisions concernant un éventuel troisième tir, l'arme, les munitions et le calibre utilisés (22 et 6.35 selon nos informations).

Les agresseurs recherchés pour tentative d'assassinat

Une enquête de flagrant délit pour tentative d'assassinat est ouverte, apprend-on du parquet. La police judiciaire de Poitiers est chargée de l'enquête pour faire la lumière sur ce qui ressemble à un règlement de comptes. « Ça ne fait aucun doute, confirme une source proche du dossier. Reste à savoir s'il s'agit d'un trafic de stupéfiants, d'une rivalité sentimentale ou religieuse, ou une affaire de prostitution ? »
Selon nos informations, la victime n'est pas connue des services de police, hormis une infraction à la législation sur les étrangers.
Ses agresseurs, qui pourraient être de la même origine que lui, étaient toujours en fuite hier soir, et activement recherchés.
Denys Fretier
Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2012/11/28/Ils-le-poursuivent-en-voiture-et-lui-tirent-dessus

François Pupponi et le "milieu" corse

Cercle Wagram : le procès s'ouvre sur fond de rivalités entre malfaiteurs corses
Le Monde.fr | 05.12.2012 à 08h17 • Mis à jour le 05.12.2012 à 10h12 Par Yves Bordenave

Les scénaristes de la série télévisée "Mafiosa" l'ont imaginé dans la fiction, une bande de malfrats corses l'a fait dans la réalité. Le 19 janvier 2011, peu avant 13 heures, sept hommes se sont présentés au cercle de jeux Wagram, 47 avenue de Wagram à Paris 17e. Pendant que trois se postaient devant l'entrée, quatre s'engouffraient à l'intérieur et grimpaient illico au deuxième étage dans les bureaux de la direction. Sommant les anciens tenanciers de déguerpir, il ne leur a fallu qu'une poignée de minutes pour s'emparer de l'établissement. Moins d'une heure plus tard, ils menaient une opération similaire à l'Eldo, 33 boulevard Saint-Martin à Paris 3e, mettant ainsi la main sur un autre cercle de jeu.

Sept auteurs ou complices de ce coup de force comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris à partir de mercredi 5 et jusqu'au 21 décembre. Trois des auteurs manquent à l'appel. La cause ? A en croire l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Jean-Luc Germani, 47 ans, Frédéric Federici, 49 ans, Stéphane Luciani, 41 ans, trois figures emblématiques du grand banditisme corse "manifestement prévenus de l'opération de police du 8 juin 2011", ont pris la fuite ce jour-là, quelques heures avant l'arrivée des policiers. Ils seront jugés en leur absence. Un second volet de l'affaire, portant sur le blanchiment d'argent, est toujours à l'instruction.

Parmi les sept prévenus attendus à la barre, Philippe Terrazzoni, 50 ans, soupçonné d'être en sous-main le gérant du Wagram, Antoine Quilichini dit Tony "le boucher", 46 ans, mis en examen dans une affaire de meurtre instruite à la juridiction inter-régionale spécialisée de Marseille depuis 2009, répondront d'"extorsions de fonds " et d'"association de malfaiteurs". Un acteur de la série "Mafiosa", Frédéric Graziani, 52 ans, s'illustre également dans cette production où la voyoucratie corse s'affronte sur fond de rivalités et de redistributions des cartes.

Ces deux opérations coup de poings mettent en scène deux équipes issues du grand banditisme insulaire : les "attaquants" emmenés par Jean-Luc Germani, beau-frère et "héritier" de Richard Casanova, un des piliers de la Brise de mer assassiné à Porto-Vecchio en avril 2008. Jusqu'à sa mort, Richard Casanova et les frères Francis et Jean-Angelo Guazelli contrôlaient le cercle Wagram dont ils détournaient chaque mois plusieurs centaines de milliers d'euros qu'ils répartissaient à parts égales entre les pères fondateurs de la Brise. Après la mort de Casanova, un conflit fratricide a déchiré le gang, dont les chefs historiques se sont entretués un à un dans une guerre qui n'en finit pas d'ensanglanter la Corse. Quand fin 2009, Francis Guazelli tombe à son tour sous les balles, son frère Jean-Angelo, reprend seul le Wagram sous sa coupe.

Voir l'infographie : Les dates-clés de la recomposition du grand banditisme corse

Les "ayant droits" de Casanova, dont son beau frère Jean-Luc Germani, ne l'entendent pas de cette oreille. Pas disposés à se laisser déposséder de la manne que leur garantissait l'exploitation de l'établissement, ils en reprennent le contrôle les armes à la main, lors du fameux coup du 19 janvier 2011.

Mais, pas de chance pour eux, policiers du renseignement de la préfecture de police et du service des jeux de la direction centrale de la police judiciaire mènent à ce moment-là des investigations qui visent le cercle et certains de ses employés. Ecoutes, filatures, rien de ce qui se joue au cercle et dans ses alentours, n'échappent aux yeux et aux oreilles des enquêteurs. Les conversations téléphoniques interceptées entre employés du cercle le 19 janvier sont éloquentes : "L'ancienne équipe d'ici [...] ils sont arrivés ce matin [...] avec des mecs de chez vous [...] et ils ont enlevés, Marie, Térésa, les deux zouaves... tous le monde dehors [...] c'est pas un petit truc qui s'est passé [...] c'est chaud !", raconte ainsi au téléphone l'un des témoins.

Un autre, un ex-dirigeant du cercle en vogue chez les people, Jean Testanière dit le Mage, explique à sa compagne, la comédienne Ophélie Winter, qu'il était arrivé, "quelque chose d'incroyable et d'assez disons... sale [...] mené par l'ancienne bande [...] des enculés qui ont fait des saloperies et qui reviennent".

Lire aussi : Affaire du Cercle Wagram : le Mage du show-biz interpellé

Outre son côté spectaculaire, l'affaire est d'autant plus rocambolesque qu'elle a mis au jour les relations pour le moins ambigües entre le maire de Sarcelles, François Pupponi (PS) et l'un des principaux prévenus, Philippe Terrazzoni. Pis, selon les magistrats qui ont instruit le dossier, "la présence d'anciens fonctionnaires de police au sein des instances dirigeantes des cercles de jeux parisiens [...] et l'apparition à plusieurs reprises du nom de Bernard Squarcini directeur central du renseignement intérieur [jusqu'en juin 2012], tout au long de la procédure, jetaient le trouble sur les liens pouvant exister entre les mis en cause et le milieu policier".

Yves Bordenave
Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/12/05/cercle-wagram-le-proces-s-ouvre-sur-fond-de-rivalites-entre-malfaiteurs-corses_1799810_3224.html

Pour rappel : Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

Voir également : Le maire et sénateur "socialiste" Philippe Kaltenbach, collaborateur notoire et hargneux du lobby raciste arménien, est soupçonné de corruption

Choquant : après avoir soutenu publiquement la dictature de Ben Ali en Tunisie, le politicien douteux Gérard Collomb fait de même avec la satrapie de Sarkissian

La liberté d'expression selon le multi-communautariste Roger Madec