lundi 10 décembre 2012

Hendaye : les craintes de Gegham Petrossyan

Publié le 20/11/2012 à 06h00
Par E. F.

Hendaye
Vingt jours de plus en rétention
Samedi, le juge a prolongé le séjour de Gegham Petrossyan, un Russe d'origine arménienne et père de famille, au centre de rétention.


Samedi matin, à Bayonne, le juge des libertés et de la détention a auditionné Gegham Petrossyan et prolongé de vingt jours son séjour au centre de rétention d'Hendaye.

Le père de famille, d'origine arménienne et de nationalité russe, avait été interpellé la semaine dernière à Bayonne dans une grande surface pour une tentative de vol de nourriture pour bébé et placé à Hendaye.

Pour les faits de vol, le juge s'est limité à un rappel à la loi. En revanche, Gegham Petrossyan demeure dans une situation administrative kafkaïenne, et sa famille aussi. Gegham Petrossyan et son épouse Christina Martirossian, d'origine arménienne par son père et azerbaïdjanaise par sa mère, sont arrivés de Russie il y a deux ans avec leurs deux premiers enfants. Guagik, 10 ans, est né en Arménie ; Gorn, 7 ans, en Russie, et le cadet a vu le jour à Bayonne alors que ses parents avaient effectué une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), droit qui leur avait été refusé. Le recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNADA) n'a pas non plus abouti.
Ni expulsable ni régularisable

« Pendant ce temps, ils étaient au Centre d'accueil de demandeurs d'asile et touchaient des indemnités, mais ce n'est plus le cas », précise Hélène Ducarre, présidente du Comité inter mouvements auprès des évacués (Cimade) de Bayonne. De fait, la famille Petrossyan est désormais hébergée par une famille d'accueil, situation forcément temporaire. Et elle a déposé une demande de régularisation à titre humanitaire auprès de la préfecture. « La famille doit rester en France pour ne pas être éclatée car les parents sont de nationalité différente », lance Hélène Ducarre.

Les autorités françaises ont fait une demande d'expulsion auprès des consulats d'Arménie et de Russie, mais au vu des nationalités distinctes des parents, la Cimade craint que la famille Petrossyan ne se retrouve dans une situation de « ni expulsable, ni régularisable », si la préfecture n'accordait pas de carte de séjour.

La rétention administrative ne pouvant excéder le délai de 45 jours, à son terme Gegham Petrossyan pourrait être libéré sans régularisation de sa situation, ni de celle de sa famille. « S'il repart en Arménie ou en Russie, M. Petrossyan craint d'être remis en prison, il indique avoir été victime d'exactions et de violences de groupes nationalistes », indique la Cimade.

Hendaye · Bayonne
Source : http://www.sudouest.fr/2012/11/20/vingt-jours-de-plus-en-retention-884022-4018.php

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