mardi 15 janvier 2013

Astghik Tonoyan, demandeuse d'asile depuis 4 ans : "J'ai quitté mon pays pour de bonnes raisons."

La jeune Arménienne demande l'asile depuis 4 ans - Lamballe
mercredi 09 janvier 2013

Arrivée d'Arménie en 2009, Astghik Tonoyan a presque trouvé sa place dans la capitale du Penthièvre. Elle a un rôle actif au Secours populaire, qui l'épaule.

L'histoire

« Cette jeune femme est notre mascotte ! », sourit Francine Fortier-Durand. Responsable du Secours populaire lamballais, elle s'indigne de la situation d'Astghik Tonoyan.

La jeune femme brune au sourire timide parle plutôt bien le français. « Je suis arrivée en 2009 à Lamballe. Je ne connaissais pas un mot de français. J'ai appris votre langue un peu tous les jours et je continue », raconte-t-elle.

Inquiète pour son avenir

À 33 ans, Astghik (prononcer Astrik, N.D.L.R.) est inquiète pour son avenir. Arrivée d'Arménie, avec mari et enfants il y a quatre ans, son pays d'origine n'était plus sûr pour elle et sa famille. « Nous avons décidé de partir pour des raisons politiques », raconte-t-elle avec pudeur. Son visage devient plus grave. Elle ne souhaite pas en dire plus. Certains mots sont difficiles à prononcer, à traduire pour l'instant.
Astghik est professeur de russe. Elle avait un commerce également. « Nous avons le droit d'avoir plusieurs métiers là-bas. » Son mari, lui est ingénieur. Quant à ses deux enfants, ils sont scolarisés et leur intégration est réussie. « Ils ont beaucoup de copains et copines », se réjouit la jeune maman.

Accueillie tout d'abord à Quimper, en janvier 2009, grâce à l'Aftam (Accueil et travailleurs migrants), elle demande l'asile politique pour elle et sa famille. « Cette organisation a compris notre démarche. Mais ce n'est pas facile d'obtenir des papiers. » Tous les trois mois, Astghik a dû renouveler sa carte de séjour. « Et cela dure depuis plusieurs années », avoue-t-elle.

Fin 2009, la jeune Arménienne frappe à la porte du Secours populaire de Lamballe. Elle s'intègre doucement, se rend utile et est utile. « Elle est désormais mon bras droit dans l'association ! », confie la responsable. Cette dernière, de tous les combats, veut l'aider. Par amitié, mais aussi parce que « la France est le pays des Droits de l'homme », clame-t-elle haut et fort. Astghik, elle, ne le savait pas lors de sa venue en France.

« Pouvoir tourner la page »

Assise sur la chaise, la jeune femme triture son écharpe en laine. « Je ne demande pas l'aumône. Et encore moins la charité. Je veux travailler comme tout le monde, mais sans papier, je ne peux pas. »

La pitié ? Surtout pas pour elle. « J'ai quitté mon pays pour de bonnes raisons. Je voudrais pouvoir tourner la page. J'aime Lamballe et souhaite y rester ! »

La jeune femme a décidé de renouveler sa demande d'asile. Cette fois, directement auprès du préfet.

Le dossier complet doit être envoyé à l'administration pour le 20 janvier, dernier délai. Sinon, c'est le risque d'expulsion. Le retour pas souhaité au pays !

Aidée de Francine Fortier-Durand, qui, parfois, se désespère de la lenteur administrative. « Je motive Astghik à se battre, à se bouger. Et je frappe à toutes les portes parce que de telles situations me révoltent. Pas question d'expulsion ! »

En Arménie, l'élection présidentielle de 2008 a été marquée par des manifestations de l'opposition où on a dénombré des tués et des blessés. À la suite de ces événements, le gouvernement arménien a engagé un nouveau cycle de réformes visant à lutter contre la corruption bien présente. Des élections présidentielles sont bientôt prévues.

Sonia TREMBLAIS.
Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-La-jeune-Armenienne-demande-l-asile-depuis-4-ans-_22093-avd-20130109-64341332_actuLocale.Htm

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