mardi 29 janvier 2013

Bordeaux : Artavazd, exilé depuis l'âge de 11 ans

Publié le 26/01/2013 à 06h00
Par Patricia Callen   

Le piano, malgré l'exil


Le concert donné au profit de l'association Virtuoses du cœur a offert une belle rencontre. Celle d'un jeune pianiste, Artavazd Khatchatrian, avec un public devant lequel il n'a pas coutume de se produire, car la configuration des lieux, une demeure privée, est bien différente d'une salle de concert. Point de scène pour isoler l'artiste dans le halo des projecteurs, mais une intimité un peu déroutante pour l'artiste. De Bach à Liszt, de Prokoviev à Stravinski, Artavazd Khatchatrian, par sa virtuosité et son interprétation tout en nuances, a pourtant su séduire son auditoire. Autant que son histoire.

À Erevan, capitale de l'Arménie, Artavazd étudie le piano dès l'âge de 6 ans et poursuit une scolarité partagée avec la musique, comme tous les enfants doués de son âge. Mais cette vie tranquille va être bouleversée par un événement terrible : il a 11 ans lorsque sa famille doit quitter précipitamment l'Arménie et demander l'asile politique en France. Commencent alors, pour cet enfant, trois années difficiles, malgré l'accueil chaleureux de Bordeaux : il ne parle pas un mot de notre langue et il n'y a plus de piano à la maison. « Je dois beaucoup au collège Aliénor-d'Aquitaine, explique Artavazd, qui m'a offert la possibilité de travailler le piano deux heures chaque jour, après les cours. »

Il entre au conservatoire de Bordeaux en 2006 et poursuit ses études en horaires aménagés au lycée Camille-Jullian, jusqu'au bac option TMD (technique de la musique et de la danse) obtenu avec mention Très bien en 2012. « J'ai maintenant la chance d'avoir de nouveau un piano chez mois, et j'y travaille de sept à huit heures quotidiennement, pour préparer le concours d'entrée au Conservatoire de Paris, précise Artavazd. Et cela grâce à toute l'aide reçue à Bordeaux. Il me faut maintenant réussir le concours, extrêmement difficile, car il n'y a que sept ou huit places pour 200 candidats. »

Après les difficiles années passées, pendant lesquelles il a fait preuve d'une volonté remarquable, Artavazd, à 19 ans, mérite vraiment de réussir.

    Gabarnac
Source : http://www.sudouest.fr/2013/01/26/le-piano-malgre-l-exil-946736-2883.php

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