vendredi 18 janvier 2013

Nicolas Lebourg (à propos de la proposition de loi sur le "génocide vendéen") : "la mémoire est un marché. Des groupes s’y livrent à une concurrence de concentration de capital symbolique."

"L’analogie entre génocide et massacres en Vendée existe depuis 1945, mais l’expression apparaît vraiment en 1985, via la soutenance d’une thèse d’Etat dirigée par Pierre Chaunu. Le jury ne comportait pas de spécialistes de la question. Auteur de travaux importants, Pierre Chaunu était un historien proche des milieux nationaux-catholiques, y compris frontistes, que le projet de loi présent cite d’ailleurs dans sa “démonstration”. Chaunu devient ensuite la tête de file de cette polémique. Deux ans après, un pamphlet à ce propos  du révolutionnaire Gracchus Babeuf fut réédité : il est, lui aussi, cité par la proposition de loi. Cela s’inscrit par ailleurs dans l’usage social toujours plus vaste du terme de “génocide”. Un “génocide”, c’est l’extermination d’un groupe par l’assassinat de chacun des membres qui le composent selon la puissance homicide, mais c’est couramment devenu un simple synonyme de “massacre de masse”. Disons le : la mémoire est un marché. Des groupes s’y livrent à une concurrence de concentration de capital symbolique. Celle-ci s’obtient par la mise en avant d’une tragédie fondatrice assurant l’identité de la communauté désignée. Et chacun utilise en mètre étalon le souvenir de l’extermination des juifs d’Europe. Ici, dans le projet de loi, il y a une ahurissante analogie entre la République et le IIIeReich, avec une nazification de la première. La gauche pourra s’époumoner, mais le prototype de la loi mémorielle revisitant ainsi le passé, c’est la loi Taubira sur l’esclavage. Et on avait déjà eu droit à ce type d’anachronismes, ainsi avec le livre de Claude Ribbe décrivant la traite négrière telle une “Shoah par cales“. Le discours des uns est la copie conforme de celui des autres."

Source : http://www.lesinrocks.com/2013/01/18/actualite/le-fn-rejoint-lump-sur-la-guerre-des-memoires-11342708/

Voir également : La gauche sociétale et les lois mémorielles : une rupture avec le modèle républicain français

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