vendredi 29 mars 2013

Chuck Hagel : "J'admire Atatürk et les Turcs"

I admire Atatürk and Turks: US defense chief

WASHINGTON

U.S. Defense Secretary Chuck Hagel reiterated yesterday that he admires Mustafa Kemal Atatürk, the founder of the Republic of Turkey, and Turks in his first press conference in the Pentagon,
daily Hürriyet has reported.

“Well, I'm glad to know my standing is significant in Turkey. But - and I admire the Turks in the government, and Atatürk and I have over the years noted Atatürk in different speeches I've given, not just in Turkey, but the United States. He did something that was very significant that has had a very important sustaining legacy in the world. And sometimes we -- we in the West don't fully appreciate what Atatürk did.” Hagel said in response to a question.

Turkish-Israeli rapprochement critically important to the region

"The recent rapprochement between NATO member Turkey and major non-NATO ally Israel was critically important to the region," Hagel said.

“It does affect Syria,” he said. “It does affect the neighbors in developing more confidence, I would suspect, among the neighbors in that area that Turkey and Israel will once again begin working together on some of these common interests.”

Former Republican senator Chuck Hagel was sworn in on Feb. 27 as the new U.S. defense secretary.

March/29/2013
Source : http://www.hurriyetdailynews.com/i-admire-ataturk-and-turks-us-defense-chief.aspx?pageID=238&nID=43879&NewsCatID=358

Pour rappel : Etats-Unis : les extrémistes arméniens se sont opposés à la candidature du nouveau secrétaire à la Défense Chuck Hagel (républicain)

Aggravation des tensions internes au PS : l'"arménophile" Pascal Cherki s'en prend à l'"arménophile" Hollande

La violente charge du député socialiste Pascal Cherki contre Hollande
Le Monde.fr | 26.03.2013 à 19h43 • Mis à jour le 27.03.2013 à 10h18

"Quand on est président de la France, on n'est pas conseiller général d'un canton." Le député-maire socialiste du 14e arrondissement de Paris Pascal Cherki s'est livré à une charge en règle contre François Hollande dans les couloirs de l'Assemblée nationale, mardi 25 mars. "Il faut arrêter ces discours que personne ne comprend [...], cette espèce de novlangue imbitable. Il faut arrêter avec l'obssession de la réduction du déficit", a lancé Pascal Cherki.

"Quand on est président, on prend la mesure de la situation, et on la change [...]. François Hollande n'a pas été élu pour conduire le peuple français sur le chemin sans fin de l'austérité et de la rigueur. Ce n'est pas ça le rêve français", a encore estimé le député PS, alors que le président de la République est l'invité d'une émission spéciale sur France 2 jeudi soir pour s'adresser aux Français.

De tels propos sont "inacceptables", a réagi le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, lors de la réunion mardi soir du bureau national du Parti socialiste, en condamnant "fermement" les déclarations de Pascal Cherki, selon un participant à la réunion. "Ce qui est attendu aujourd'hui d'un député qui doit son élection au PS et qui a été élu dans la foulée de François Hollande, c'est d'être mobilisé derrière le président de la République", a ajouté Harlem Désir, cité par ce participant.

Pascal Cherki a par ailleurs dénoncé la paralysie de l'Europe "en raison des égoïsmes nationaux". "Ces égoïsmes sont venus de l'entêtement, de l'obsession de Mme Merkel, qui se comporte avec le même entêtement, la même obsession que nous avons eus, nous, les vainqueurs de la première guerre mondiale, avec l'Allemagne en 1919", a-t-il jugé.

Le député PS avait déjà été l'auteur d'une sortie remarquée en début d'année lors de la présentation des vœux : "Bonne année à toutes et tous sauf aux exilés fiscaux et au Medef qui ne méritent que notre mépris républicain", avait-il alors écrit sur son compte Twitter.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/26/la-violente-charge-d-un-depute-ps-contre-francois-hollande_3148409_823448.html

Pour information, Cherki a prétendu que "les militaires turcs massacrèrent d’avril 1915 à juillet 1916 entre 800 000 et 1 250 000 d’Arméniens pour la seule raison qu’ils étaient Arméniens", ce qui va à l'encontre des conclusions des historiens qualifiés (causes variées des pertes arméniennes, responsabilités dans des massacres d'ailleurs réciproques, etc.).

Voir également : Etripage interne au PS entre "arménophiles" interlopes : Harlem Désir versus Jean-Noël Guérini et Christophe Masse 

François Hollande et l'Histoire : les perles d'un cancre

L'impopularité du multi-communautariste et repentiste Hollande

jeudi 28 mars 2013

L'exode vital des Arméniens

Monde
En Arménie, le salut par l’exil
26 mars 2013 à 20:36

Reportage Faute d’emplois, les hommes travaillent la majeure partie de l’année en Russie. Un exode vital pour les familles mais qui prive le pays de toute perspective de développement.

Par VERONIKA DORMAN Envoyée spéciale à Eranos (Arménie)

Dans la rue principale d’Eranos, un village arménien des bords du lac de Sevan qui scintille sous le froid soleil printanier, des hommes désœuvrés tiennent des conciliabules à chaque carrefour. Ils ne sont pas pressés. Ils sont en «vacances». Dans quelques jours, ils quitteront leur village d’Arménie pour reprendre la route des grandes villes de Russie : Saratov, Tcheliabinsk, Volgograd, Moscou ou Krasnodar. C’est là qu’ils travaillent, huit, dix mois dans l’année. Parce qu’à Eranos, comme dans les autres villages de cette partie caillouteuse de l’Arménie, il n’y a pas de travail.
Samver, 50 ans, le visage profondément ridé, sourit en découvrant ses dents en or et plisse des yeux bleus presque transparents sous sa casquette noire. Comme la plupart des hommes ici, il est vêtu d’un blouson en cuir rude, avec un col en fausse fourrure. «Moi, ça fait vingt ans que je fais des allers-retours. Depuis que l’usine a fermé, il n’y a rien à faire ici», explique-t-il dans un mauvais russe. Pour pouvoir envoyer 500-600 euros par mois à sa famille, Samver s’envole tous les ans dans une des villes de Russie où on lui propose du travail. Son fils aîné, qui a 30 ans, fait pareil. Comme presque tous les hommes en âge de travailler de ce village de 5 000 habitants.
«La vie en Russie n'est pas rose»

Dans la bourgade, entre la mairie, les écoles, l’infirmerie et les commerces, il y a 300 emplois, tout au plus. Le salaire moyen varie entre 93 euros pour une infirmière et 150 euros pour un fonctionnaire. Même ceux qui ont la «chance» de travailler ne parviennent pas à subvenir aux besoins de leur famille. La migration est une nécessité, pas un luxe. «Beaucoup partent à contrecœur : la vie en Russie n’est pas rose, et ils laissent derrière femmes et enfants, soupire un employé de la mairie, qui refuse de donner son nom. Mais tout le village ne vit que grâce aux transferts d’argent en provenance de la Russie, qui est notre mère nourricière.»

A l’époque soviétique, des usines de pièces détachées employaient des centaines d’ouvriers spécialisés, les autres travaillaient dans les kolkhozes. Mais depuis vingt ans, la région ne produit plus rien. Les mécaniciens se sont recyclés en maçons migrants, tandis que le travail de la terre est désormais à la seule charge des femmes, qui vivent presque toute l’année dans des villages sans hommes. Entre mars et décembre, elles bêchent, plantent, cueillent, élèvent les enfants, réparent des toitures, et attendent. L’argent à la fin du mois. Le retour du mari à la fin de la saison.

Artsvik a 55 ans, dont la moitié dans cette attente : «J’ai passé toute notre vie mariée sans lui», dit-elle en hochant la tête en direction de Gagik, qui fume près du poêle. Leur maison est cossue et spacieuse, comme beaucoup d’autres dans Eranos, garnie d’un mobilier plutôt coûteux qui tranche avec les vêtements simples et usés des résidents. «Ça fait vingt ans que je la construis, c’est une vie ça ?» souffle Gagik.
Un sujet de préoccupation

La migration pendulaire existe depuis l’époque soviétique, mais elle s’accentue, notamment depuis la crise de 2008. Si l’émigration définitive n’est plus aussi dramatique que durant les années 90, elle n’en demeure pas moins un sujet de préoccupation pour la société arménienne, d’autant qu’elle touche non seulement les couches défavorisées, mais également la classe moyenne et éduquée. Entre 2001 et 2011, entre deux recensements, l’Arménie a perdu 1% de sa population par an (environ 30 000 personnes), une saignée pour un pays de 3,1 millions d’habitants. Pour le démographe Ruben Yeganyan, le principal fléau est le chômage, que les autorités estiment à 8%, alors qu’en réalité il touche plus de 30% de la population active. «Mais même les emplois existants sont généralement sous-payés, insiste Yeganyan, y compris en ville. Avec un revenu moyen, on ne peut pas payer les études de ses enfants, par exemple.» Selon les dernières données du Service national des statistiques, le salaire moyen en Arménie était de 260 euros en 2012.

Malgré les liens étroits, historiques, culturels et politiques, qui unissent les deux pays, la Russie n’est pas un choix du cœur. «Les Arméniens ne vont en Russie que parce que l’Europe ne veut pas d’eux», assure le politologue Alexandre Iskanderian, directeur de l’Institut du Caucase. Il n’y a en effet pas de régime de visas, ni de barrière linguistique, et les permis de travail sont faciles à obtenir. Selon les dernières données de l’agence de statistiques russe Rosstat, 1,2 million d’Arméniens vivent aujourd’hui en Russie, tandis que 70 000 font des va-et-vient saisonniers.

Difficile de calculer exactement la part que représentent les revenus en provenance de l’étranger dans l’économie nationale, mais, selon diverses estimations, les transferts d’argent correspondent à 25% du PIB. «La migration assure le pouvoir d’achat du pays, et ces gens qui partent pour toujours ou juste pour la saison ne produiraient rien s’ils restaient ici, explique Yeganyan. Mais il y a un revers à la médaille : à long terme, c’est une entrave au développement du pays, qui se vide de ses forces vives.» En outre, cet argent n’est pas investi pour l’avenir, mais sert pour la vie, la survie, la consommation immédiate. «Et une partie de ces revenus s’abîme dans un système économique totalement corrompu», regrette l’expert.
Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/03/26/en-armenie-le-salut-par-l-exil_891476

Voir également : L'exode des Arméniens d'Arménie

Ces nombreux immigrés clandestins arméniens qui vont en... Turquie

Strasbourg : agression d'un agent de stationnement par un chauffard

par Antoine Bonin (avec O.C.), publiée le 27/03/2013 à 18:56  | Vu 4679 fois

Strasbourg Un agent du stationnement renversé par un automobiliste


Des agents du stationnement de la Ville ont fait face hier à deux épisodes de violence. Un fonctionnaire a été heurté par un automobiliste irascible. Deux de ses collègues auraient été gazés par des adolescents.

Il était un peu moins de 10 h hier matin. Un Arménien de 29 ans qui avait garé sa voiture à proximité de la place de la République réglait des formalités administratives à la préfecture du Bas-Rhin. Il avait omis de mettre une pièce dans l’horodateur.

Lorsqu’il est sorti du bâtiment public pour récupérer son véhicule, le jeune homme a vu que deux agents du stationnement vêtus de leur tenue sombre réglementaire étaient en train de poser une contravention sur son pare-brise. Il s’est immédiatement emporté. Après avoir sorti un couteau, l’individu s’est installé au volant et a démarré. Il a alors percuté l’un des deux agents qui est tombé à terre. Alertés, les policiers ont interpellé le chauffard sur les lieux.

Le fonctionnaire blessé a été examiné hier après-midi à l’institut de médecine légale de Strasbourg. Le légiste lui a délivré trois jours d’incapacité totale de travail.


L’auteur des faits se trouvait toujours en garde à vue hier soir. Il devrait être déféré ce matin au parquet en vue de son passage cet après-midi devant la chambre des comparutions immédiates du tribunal de grande instance. Il devrait être jugé pour violences avec arme et menaces avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique.
Aspergés de gaz lacrymogène

Le second incident a eu lieu en début d’après-midi, dans le secteur de la rue du Noyer au centre-ville. Deux adolescents auraient insulté un binôme d’agents du stationnement qui effectuaient leur ronde. Une bousculade se serait ensuivie au cours de laquelle l’un des mineurs aurait aspergé les fonctionnaires de gaz lacrymogène. La mère de l’un d’eux serait également intervenue pour s’en prendre aux agents.

Les deux jeunes gens âgés de 15 et 16 ans et la femme de 32 ans ont été interpellés par les policiers alors qu’ils avaient pris la fuite en direction de la place des Halles. Tous trois ont été ramenés au commissariat et placés en garde à vue. L’enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes des faits.

Le premier adjoint au maire de Strasbourg Robert Herrmann a dénoncé hier soir une « montée des injures et des violences » à l’encontre des agents du stationnement qui « ne font que leur travail ». « Cela a pris une configuration tout à fait inacceptable ces derniers temps », estime-t-il.
Source : http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2013/03/27/un-agent-renverse-par-un-automobiliste

par Antoine Bonin, publiée le 28/03/2013 à 05:00  | Vu 1598 fois

Strasbourg Agent du stationnement renversé au centre-ville « La voiture a avancé toute seule »

L’homme qui avait percuté un agent du stationnement suite à sa verbalisation devant la préfecture du Bas-Rhin (DNA d’hier) s’est expliqué hier devant le tribunal correctionnel. Il a répété qu’il ne voulait en aucun cas heurter le fonctionnaire.

Cela faisait trois minutes à peine que les deux fonctionnaires municipaux avaient déposé l’avis de contravention sur le pare-brise du Ford Transit garé sans ticket, devant le Palais du Rhin. Ce mardi vers 9 h 45, ils étaient d’ailleurs en train de verbaliser d’autres véhicules dépourvus de titre de stationnement. L’un des agents du stationnement en tenue a alors été abordé par le propriétaire de la fourgonnette qui sortait de la préfecture avec sa compagne.

Mécontent d’avoir récolté un timbre-amende, l’individu a ironiquement remercié l’agent verbalisateur. Puis il a sorti de sa poche un couteau, lame ouverte. Par trois fois, il a pointé son arme dans la direction du fonctionnaire qui a été contraint de reculer. Avant de se rasseoir au volant, l’Arménien de 29 ans avait menacé l’agent de « planter [s]a voiture », tout en le filmant avec son téléphone portable.

L’automobiliste, qui avait pris soin de se débarrasser du couteau dans un bosquet, a brusquement démarré. Il a parcouru quelques mètres et percuté le second fonctionnaire qui s’était rapproché. Touché au niveau des genoux, ce dernier est tombé en arrière. Le médecin légiste a fixé à trois jours la durée de son incapacité totale de travail.
« La version du prévenu n’est pas du tout crédible »

« J’ai démarré le moteur mais la voiture a avancé toute seule, déclare Grigori Akopyan à la barre de la chambre des comparutions immédiates. De toute façon je ne l’ai pas vu. » Un témoin de la scène a pourtant indiqué le contraire aux policiers : impossible d’après le passant que le conducteur n’ait pas remarqué l’agent en uniforme sombre.

« La version du prévenu n’est pas du tout crédible », tranche le substitut Marie de Naurois, qui réclame contre lui six mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Me Juliette Thomann, pour la défense, tient à rappeler que son client « n’a pas projeté l’agent à plusieurs mètres. Ce n’est pas le choc qui a fait chuter la victime. Il a reculé et il a perdu l’équilibre sur un plot en béton. »

Reconnu coupable de menaces et de violences aggravées, Grigori Akopyan a été condamné à huit mois d’emprisonnement ferme. Il devra par ailleurs verser 300 et 800 euros de dommages et intérêts aux deux fonctionnaires.

Le prévenu a été écroué à l’issue de l’audience.
Source : http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2013/03/28/la-voiture-a-avance-toute-seule

mardi 26 mars 2013

Rennes : démantèlement d'un réseau de malfaiteurs arméniens

Rennes. Vol, recel, blanchiment : un réseau arménien démantelé

25 mars 2013 à 20h49

Les enquêteurs de la police judiciaire ont démantelé un réseau familial de malfaiteurs arméniens soupçonnés de pratiquer à grande échelle le vol à l’étalage, le recel de cambriolage et le blanchiment via le Luxembourg et la Belgique.

Depuis janvier, un citoyen arménien était soupçonné par la PJ qui avait placé sous surveillance le box autour duquel semblaient graviter de nombreux ressortissants de pays de l’Est. L’enquête a permis d’établir que le locataire du box opérait en famille avec un autre homme et deux femmes dont sa mère, qui étaient devenus spécialistes en vols à l’étalage dans les magasins.

Parallèlement, un groupe de citoyens géorgiens était également identifié. Celui-ci pratiquait en Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor le cambriolage d’habitations, à la recherche de bijoux et de petit matériel informatique et électronique. Enfin, un groupe de Roumains opérait principalement dans le siphonnage de réservoirs et alimentait les autres en carburant conditionné en jerrycans prêts à l’emploi.

Le box sous surveillant était le centre de stockage des butins des uns et des autres. Le produit de ces larcins faisait ensuite l’objet d’expéditions vers Bruxelles et Luxembourg, où l’Arménien qui dirigeait l’ensemble allait le négocier. Avec le produit de la vente, il achetait des cartouches de cigarettes qui étaient ensuite revendues en France. On estime à plus de 80.000 euros le montant de ces importations de cigarettes.

Les cinq Arméniens mis en cause ont été présentés au parquet et jugés hier en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Rennes qui rendra son délibéré dans 15 jours. En attendant, les deux hommes ont été maintenus en détention, et les trois femmes placées sous contrôle judiciaire
Source : http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/ille-et-vilaine/rennes-vol-recel-blanchiment-un-reseau-armenien-demantele-25-03-2013-2047270.php

Voir également : Saint-Brieuc : démantèlement d'une cellule mafieuse

Gangstérisme géorgien : "Le rôle de receleurs est souvent tenu par des criminels arméniens" (Stéphane Quéré, criminologue)

Paris : qui sont les nouveaux cambrioleurs ?

Aveyron et Sud-Ouest : démantèlement d'un réseau de cambrioleurs arméniens et "géorgiens"

Gers : l'incroyable butin de la bande organisée de cambrioleurs arméno-géorgiens

La mafia arménienne passe par l'autoroute A 1

mercredi 20 mars 2013

Etripage interne au PS entre "arménophiles" interlopes : Harlem Désir versus Jean-Noël Guérini et Christophe Masse

Jean-Noël Guérini, englué dans les affaires, conserve une forte influence à Marseille
LE MONDE | 04.03.2013 à 12h49 Par Bastien Bonnefous

C'était le 30 janvier. Jean-Noël Guérini, à peine remis d'une hospitalisation pour une péritonite, avait fait le show devant la presse lors de ses voeux de président du conseil général des Bouches-du-Rhône. Arborant une barbe de trois jours, il avait distribué, entre saumon fumé et paris-brest, bons et mauvais points au gouvernement, commenté la guerre au Mali, ou disserté sur ses rapports avec la justice...

Matois, il avait confié son intérêt quasi-spirituel pour "les gens accusés à tort" comme Gérard Depardieu alors pris dans une polémique russo-fiscale, ou Florence Cassez, fraîchement libérée. "Elle était l'ennemi public numéro un au Mexique et cinq ans après, elle est enfin innocentée", disait-il de la Française, comme s'il parlait de lui-même... "Sans les affaires, ça aurait été les voeux du futur maire de Marseille", avait conclu, dépité, un de ses fidèles dans l'assistance.

A 62 ans, M. Guérini aurait dû être le candidat incontesté de la gauche aux municipales de 2014 pour reprendre à la droite la deuxième ville de France. Sauf que depuis deux ans, celui dont l'immunité parlementaire de sénateur a été levée voit son empire attaqué par les juges.

LICENCIEMENT DE JEAN-DAVID CIOT

Déjà mis en examen avec son frère Alexandre pour "association de malfaiteurs", "prise illégale d'intérêt" et "trafic d'influence" dans l'affaire des marchés publics de l'agglomération marseillaise, il doit de nouveau être entendu le 5 mars par la justice, en compagnie de Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral du PS dans le département, dans un autre dossier de détournement de fonds publics.

En cause, les conditions du licenciement de M. Ciot au printemps 2011 après neuf ans au cabinet de M. Guérini. La justice soupçonne une procédure de complaisance.

BÊTE NOIRE DE LA RUE DE SOLFÉRINO

Cerné par les affaires, Jean-Noël Guérini, qui a régné sans partage pendant plus d'une décennie sur la toute-puissante fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, est devenu la bête noire de la Rue de Solférino. Pour le patron du PS, Harlem Désir, il "ne représente plus un avenir pour Marseille". "L'horloge tourne, c'est la fin d'une trop longue histoire", juge le premier secrétaire qui compte sur la primaire que le PS doit organiser en octobre pour les municipales marseillaises pour clore la saga guériniste.

Sauf que l'intéressé n'a pas dit son dernier mot. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le 24 février, il a multiplié les menaces contre ses camarades socialistes, expliquant que s'il parlait, "certains ne seraient plus ministres" et promettant de ne pas rester "inactif" durant la campagne interne. "Il reste l'homme fort à gauche à Marseille, il fait encore ce qu'il veut dans la fédé", explique un cadre national.

"Il a toujours ses réseaux et son organisation politique résiste", ajoute un fin connaisseur des rapports de force locaux. Solférino l'a bien compris, qui veut piloter la primaire depuis Paris pour "éviter que les guérinistes ne noyautent le vote", avoue un membre de la direction.

PRUDENCE DES CANDIDATS

Les quatre candidats probables au scrutin socialiste jouent de prudence. S'ils ont pris leurs distances avec M. Guérini, c'est aussi parce qu'ils ont tous été à ses côtés à un moment de leur parcours. "Aucun ne serait en lice si je n'avais pas favorisé sa carrière. Il ne faut quand même pas avoir la mémoire courte", leur a rappelé le patron du département dans le JDD.

Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée aux personnes handicapées, a été sa porte-parole lors des municipales en 2008 et elle a longtemps siégé au conseil général. Parmi les premières à rompre, elle affirme qu'elle "ne doit rien" à M. Guérini.

Le député Patrick Mennucci a dirigé sa campagne en 2008. Depuis, il a dénoncé ses méthodes, mais le paie cher : il y a encore un mois, il a été débarqué par ses camarades de la présidence du groupe PS au conseil municipal pour être remplacé par le "guériniste" Christophe Masse.

"POUVOIR DE NUISANCE"

Eugène Caselli, ancien premier secrétaire fédéral départemental sous l'ère Guérini, a été élu en 2008 président de la communauté urbaine en grande partie grâce à son soutien. Enfin, la benjamine Samia Ghali a été propulsée sénatrice en 2008 sur la liste de M. Guérini, et lors des précédentes municipales, il l'avait choisie comme première adjointe en cas de victoire.

Tous redoutent qu'il n'use de son influence pour affaiblir celles ou ceux qui lui seraient le plus hostiles. "Il y a ceux qui pensent à la mairie tous les matins en se rasant ou en se fardant. Moi je ne peux pas y penser, je ne me rase plus", aime-t-il plaisanter en termes à peine codés.

"Il lui suffit de lever le petit doigt et il peut abattre qui il veut", estime un hiérarque socialiste. "Il aura le pouvoir de nuisance que les candidats voudront bien lui donner", prévient Harlem Désir, invitant chacun à ne pas tomber dans le piège Guérini.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/04/jean-noel-guerini-englue-dans-les-affaires-conserve-une-forte-influence-a-marseille_1842409_823448.html

L’oncle Zéroual s’est tout rétracté
08-03-2013
Dernière mise à jour : ( 14-03-2013 )

Un autre accusateur de Sylvie Andrieux fait marche arrière toute.

Le procès Andrieux est passé jeudi à l’examen de la seconde mouvance d’associations fantoches destinataires de subventions de la Région. Sur les 7 que contrôlait Benyoub Same, un animateur proche de Rolland Balalas l’attaché parlementaire d’Andrieux, 5 avaient le même compte bancaire. « Vous êtes bien un prête-nom, un homme de paille qui est là en potiche », insiste la présidente, Christine Mée face à Saïd Sahki, un dirigeant d’asso au Rmi depuis 2000. « Le but c’était de se retrouver dans le local ». Càd regarder les matchs de l’OM entre potes de la cité des Cèdres. Il ne se souvient de rien, surtout pas Benyoub Same et à peine que 60.000 des 101.000 euros sont partis dans le local de sa soeur. Lui s’est acheté deux scooters. « J’ai pas eu le temps de mettre Internet, les 10.000 euros d’ordi ont été volés » - « Et vous pensez que ça justifiait 500.000 euros de demandes de subventions ça ?! »

Avec Abderrezak Zeroual déboule un « caméléon ». Tantôt agent d’entretien, conseiller social, vacataire de sous-préf, créateur cité Picon de l’asso Provence Insertion Services, adjoint au maire des 13-14 sous Vigouroux, directeur de Radio Gazelle* en passant par scrutateur de bureau de vote. Lui se dit « bénévole actif » et « je suis membre du PS depuis 2000 et de l’UMP depuis 2006, par sympathie vis-à-vis de leurs deux chefs de file, Christophe Masse car son père m’avait aidé et Mme Valérie Boyer », admet-il, moins gêné qu’à l’évocation de son casier et de sa mise en examen actuelle dans un gros dossier de stups. C’est à lui que l’on doit la fameuse phrase de garde-à-vue : « Dans le quartier il se dit que le parrain c’est Mme Andrieux et que rien ne se fait sans elle. » Il lâchait fort sur la députée socialiste. Comme Boumédiene Benamar la veille, Zeroual a tout renié. « Ce se sont des rumeurs de quartier et je n’y adhère pas. Je n’ai jamais vu Benyoub Same dans le bureau de Mme Andrieu ou en sa compagnie. J’ai été manipulé. On m’a bombardé de questions, psychologiquement, j’étais faible. » La présidente Mée lui relit ses anciennes déclarations : « Pour moi et c’est de notoriété publique, Benyoub Same est plus qu’un agent électoral pour le compte de Mme Andrieux, c’est son relais auprès des quartiers. (...) Pour moi, il est évident que la réélection de Mme Andrieux et l’obtention de subventions pour les associations dirigées par Benyoub Same sont liés, les deux vont de pair. » Rien à faire, Zeroual s’est tout rétracté : « Si j’ai cité le nom de Sylvie Andrieux, c’est à partir des informations à demi fausses de Same et de Balalas ». Lassé du show, le procureur, Jean-Luc Blachon lui jette « Vous êtes M. Riri, Fifi ou Loulou ?» Zeroual répond « l’oncle Donald ! ». Le proc résume : « Ce procès se transforme en procès de voyous, moi qui ait l’habitude de l’économique et du financier. Il prend cette pente-là et M. Zeroual lui donne plus de couleur. »

Me Pierre Ceccaldi, avocat de J-G Lalange, seul haut cadre de la Région poursuivi, claque : « Militant œcuménique et multicarte, vous avez choisi votre camp à cette audience. »

David COQUILLE

*article modifié le 14/03/2013
Source : http://www.lamarseillaise.fr/justice-faits-divers/l-oncle-zeroual-s-est-tout-retracte-29766.html

Le PS met sous tutelle la fédération des Bouches-du-Rhône
Le Monde.fr | 19.03.2013 à 17h11 • Mis à jour le 20.03.2013 à 02h53 Par Bastien Bonnefous

Les membres du Bureau national du PS réunis mardi 19 mars ont approuvé "à l'unanimité" la proposition du premier secrétaire du parti, Harlem Désir, de mettre sous tutelle jusqu'en mars 2014 la fédération des Bouches-du-Rhône, déchirée depuis des mois par des affaires et des rivalités internes, dans la perspective des élection municipales.


L'enjeu de ce scrutin est crucial pour les socialistes qui souhaitent en effet conquérir les deux villes fortes de la fédération, Marseille et Aix-en-Provence. Pour préparer l'élection, M. Désir a donc proposé qu'Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations, et Christophe Borgel, secrétaire national aux élections, soient chargés de cette tutelle avec une direction collégiale composée de responsables nationaux et locaux.

"UN CLIMAT DE DIVISION POUR LA PRIMAIRE"

Cette décision forte intervient alors que l'organisation par la fédération de la primaire socialiste pour les municipales semble de plus en plus compliquée. Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, Patrick Menucci, député des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, sénatrice des Bouches-du-Rhône, et Eugène Caselli, président de la communauté urbaine de Marseille, sont tous les quatre candidats à cette primaire censée se tenir à l'automne prochain.

Jeudi 14 mars, le conseil fédéral des Bouches-du-Rhône a tenu une réunion pour la primaire à laquelle ne se sont pas rendus Mme Carlotti et M. Mennucci. "Il y a un climat général de division néfaste pour la primaire", explique un membre de la direction du PS qui ajoute que la mise sous tutelle de la fédération "a été demandée par plusieurs candidats à la primaire pour les rassurer sur l'organisation du vote". Plusieurs jugent en effet que Jean-Noël Guérini, longtemps l'homme fort de la fédération, a toujours de l'influence dans le paysage socialiste local, malgré ses multiples démêlés judiciaires.

Déjà en 2011, la mise sous tutelle des Bouches-du-Rhône avait été évoquée, mais à l'époque, Martine Aubry, alors première secrétaire du PS, n'était pas allée si loin. Un rapport commandé au sénateur Alain Richard avait simplement demandé à la fédération d'abandonner "ses usages anciens" et sa "culture du rapport de force". Fort de quelque 9 000 adhérents, le bastion des Bouches-du-Rhône est un des plus importants de France pour le PS.

En juillet 2011, M. Guérini avait cédé son fauteuil de premier secrétaire fédéral à Jean-David Ciot, un de ses fidèles. Elu député des Bouches-du-Rhône en juin 2012 et réélu premier secrétaire fédéral en novembre 2012, M. Ciot a été mis en examen le 5 mars 2013 pour "recel de détournement de fonds publics". La justice le soupçonne d'avoir bénéficié d'un licenciement de complaisance lorsqu'il était membre du cabinet de M. Guérini au conseil général. Selon un membre de la direction du PS, cette mise en examen du principal dirigeant de la fédération a "pesé" dans la décision de la mise sous tutelle, "mais ça n'a pas été le facteur déterminant qui reste le climat général".

Bastien Bonnefous
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/03/19/harlem-desir-veut-la-mise-sous-tutelle-de-la-federation-ps-des-bouches-du-rhone_1850640_823448.html

PS 13 : Rassemblons nos forces
Publié le 19 mars 2013 par Christophe Masse   

Je prends acte de la décision votée ce soir par le Bureau National du PS. Est-ce qu’un militant socialiste peut être satisfait quand sa maison est placée sous tutelle ? La réponse est évidemment non.


Mais nous devons avancer et, surtout, ne pas nous tromper de cible : la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône a besoin d’être rassemblée et en ordre de marche pour préparer les importantes échéances qui nous attendent en 2014. Aucun blocage politique ne doit nuire, à terme, à l’action conduite par l’ensemble des socialistes des Bouches-du-Rhône. Il en va de notre légitimité.

A un an des municipales, alors que la possibilité d’organiser des primaires citoyennes est évoquée, il faut rendre un peu de sérénité à cette fédération et à ses militants qui ont déjà entamé, après le rapport Richard, un examen de conscience sous la houlette de Jean-David Ciot, que je remercie pour le travail de rénovation qu’il a accompli.

Il faut construire ces primaires sur des valeurs fortes : l’unité, le respect, la transparence. Respect notamment des militants car il est important de mobiliser l’ensemble de nos forces pour gagner, à Aix comme à Marseille. Le défi est immense et nous devons construire, tous ensemble, un programme pour chacun, pour les Marseillais et pour les Aixois.

Enfin, je souhaite la bienvenue à Christophe Borgel et à Alain Fontanel pour mener cette mission dans le respect d’une véritable collégialité en pensant déjà à aller plus loin pour rapidement retrouver notre autonomie. J’ai confiance en leurs expérience et expertise pour accompagner notre fédération socialiste et donner l’impulsion nécessaire.

Je prendrai personnellement toutes mes responsabilités dans ce processus et dans les combats à venir en tant que Vice-président du CG 13 et Président du Groupe socialiste au Conseil Municipal de Marseille. »


Gagner Marseille
Source : http://www.christophemasse.fr/?p=3688

Jean-Noël Guérini, qui disait se "sentir Arménien" (par intérêt clientéliste), est notoirement un fervent soutien du lobby arménien.

De même, Christophe Masse a été le rapporteur d'une proposition de loi "socialiste" liberticide sur le "génocide" arménien.

Quant à Harlem Désir, c'est grosso modo la même chose. Il a été également condamné par la justice française pour recel d'abus de biens sociaux, faits remontant à sa présidence de l'association SOS Racisme (proche, entre autres, des extrémistes arméniens et tutsi).

Voir également : Fin de l'immunité parlementaire pour Jean-Noël Guérini, "grand" "ami" du lobby arménien

François Pupponi et le "milieu" corse

Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

Le maire et sénateur "socialiste" Philippe Kaltenbach, collaborateur notoire et hargneux du lobby raciste arménien, est soupçonné de corruption

"Génocide" tutsi : victoire de Pierre Péan face aux extrémistes de SOS Racisme, la vision unilatérale de l'histoire rwandaise mise à mal

lundi 18 mars 2013

Le député Jean-François Mancel en passe d'être réélu

Législative partielle : le PS éliminé dès le premier tour dans l'Oise !
Le Point.fr - Publié le 17/03/2013 à 21:31 - Modifié le 18/03/2013 à 10:31
À la surprise générale, la socialiste Sylvie Houssin est devancée dans la 2e circonscription de l'Oise par le député UMP sortant et la candidate du FN.

Le Point.fr (avec l'AFP)

Jean-François Mancel, député UMP sortant, arrivé largement en tête dimanche du premier tour de la législative partielle dans la 2e circonscription de l'Oise, affrontera au second tour la candidate du FN Florence Italiani, la candidate PS Sylvie Houssin ayant été éliminée. L'ancien président du conseil général du département qui a recueilli 40,61 % des suffrages devance Mme Italiani (26,58 %). Arrivée en troisième position, Mme Houssin (21,37 %) a été éliminée, faute d'avoir obtenu 12,5 % des inscrits. En effet, cette élection partielle n'a pas été mobilisatrice : le taux d'abstention a atteint le chiffre record de 67,21 %. Jean-François Mancel, 65 ans, ancien secrétaire général du RPR, avait été réélu le 17 juin avec 63 voix d'avance sur sa rivale socialiste, dans une triangulaire UMP-PS-FN. Mais le Conseil constitutionnel avait invalidé ce résultat, retenant le grief d'un tract distribué le vendredi avant le deuxième tour et mettant en cause Sylvie Houssin au sujet d'un projet de quartier.
L'UMP se réjouit, et le PS se divise

Pour Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, ce scrutin est "révélateur de l'effondrement du PS". "C'est une nouvelle illustration du désaveu des Français à l'égard de la politique du gouvernement", a ensuite déclaré le président de l'UMP Jean-François Copé. Le second tour aura lieu dimanche prochain. Sylvie Houssin a dans un premier temps refusé de donner une consigne de vote : "Il en est hors de question. En 1998, j'ai été élue, alors que M. Mancel avait fait une alliance publique avec le Front national, donc pour moi, ce sont les mêmes", a-t-elle lancé, le choix pour le second tour se résumant, selon elle, entre "la droite extrême et l'extrême droite". À l'inverse, le Parti socialiste "prend acte" de l'élimination de sa candidate dimanche dans la 2e circonscription de l'Oise et "appelle sans hésitation à faire barrage" au FN lors du second tour, dans un communiqué signé notamment de son premier secrétaire Harlem Désir.
Source : http://www.lepoint.fr/politique/legislative-partielle-le-ps-elimine-des-le-premier-tour-17-03-2013-1641116_20.php

M. Mancel fait partie des 51 députés UMP ayant saisi le Conseil constitutionnel sur la loi liberticide arménocentriste : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/02/genocides-la-liste-des-parlementaires-qui-ont-saisi-le-conseil-constitutionnel_1637860_1471069.html

dimanche 17 mars 2013

L'impopularité du multi-communautariste et repentiste Hollande

Fort recul de la popularité de Hollande, à 31% de sondés satisfaits
Créé le 11-03-2013 à 18h35 - Mis à jour le 12-03-2013 à 09h25

PARIS (AFP) - Le président François Hollande perd d'un coup 5 points de popularité, avec 31% seulement de satisfaits en mars selon un sondage Ipsos-Le Point publié lundi, l'un des plus bas niveaux pour un président depuis la création de ce baromètre en 1996.

28% des personnes interrogées émettent un jugement "plutôt favorable" sur l'action de François Hollande, et 3% un jugement "très favorable".


Alors que la cote présidentielle était assez stable depuis le début de l'année, 64%, soit une hausse de 5 points, ont un avis défavorable sur l'action du président de la République ("plutôt défavorable" pour 35%, "très défavorable" pour 29%).

Comme en février, 5% ne se prononcent pas.

"Le retour au premier plan des questions économiques et sociales (nouveau record du taux de chômage, prévisions de croissance très faible pour le premier trimestre 2013, reconnaissance de l'impossibilité d'atteindre les 3% de déficit en 2013) semble avoir changé la donne", commente Ipsos.

Selon l'institut, "l'impopularité de François Hollande se situe à des niveaux proches des records observés depuis la mise en place du baromètre en janvier 1996".


L'institut note encore qu'"en 17 ans de mesures, la cote de popularité du président en fonction a été seulement cinq fois inférieure" à celle de François Hollande aujourd'hui. Ce fut le cas notamment pour Jacques Chirac tombé à 27% en juin 2005, et pour Nicolas Sarkozy, descendu à 29% en avril 2011, soit, pour les deux hommes? "des années après leur arrivée à l'Elysée", contrairement à François Hollande, ajoute Ipsos.

L'institut relève encore que seuls 67% des sympathisants socialistes, soit le score le plus faible depuis son élection, émettent un jugement favorable au président de la République, un signe que "la confiance dans le chef de l'Etat se dégrade de façon marquée dans son propre camp".
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault enregistre quant à lui une petite érosion, avec 31% d'opinions favorables (-2) et 59% d'avis défavorables (+3), des niveaux très voisins de ceux de François Hollande. 10% ne se prononcent pas.

Dans le détail, 28% des sondés se déclarent "plutôt favorables" à l'action du chef du gouvernement, et 3% "très favorables". 36% ont un avis "plutôt défavorable" et 23% un avis "très défavorable".

Ipsos note par ailleurs "une défiance généralisée à l'égard de la classe politique". Christiane Taubira est l'une des rares personnalités politiques à progresser (+ 3 points, au 11e rang).

Toujours en tête, Manuel Valls (54% d'opinions favorables) recule de 3 points, suivi par Alain Juppé (49%, -6) et Christine Lagarde (46%, -4). Viennent ensuite avec 44% Bertrand Delanoë (stable), François Fillon, en recul de 3 points, et Nicolas Sarkozy, également à la baisse (- 4).

Marine Le Pen n'échappe pas à cette désaffection, perdant 4 points à 31%.

Sondage réalisé par téléphone les 8 et 9 mars auprès de 969 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130311.AFP6220/fort-recul-de-la-popularite-de-hollande-a-31-de-sondes-satisfaits.html

Laurent Bouvet

Professeur de science politique à l’UVSQ

Il n'y aura pas de "hollandisme révolutionnaire"

Publication: 15/03/2013 11:03

Il est temps de prévenir Emmanuel Todd. Son "pari pascalien" de mars 2012 est perdu. La "souplesse d'esprit" et la "capacité de rassemblement" de François Hollande n'ont visiblement pas suffi à ouvrir "le vaste débat sur la globalisation économique" qu'attendait l'anthropologue, confiant dans celui qu'il espérait en "Roosevelt français". On peut même dire que les qualités politiques et humaines du chef de l'Etat ne lui ont même pas (encore ?) permis de s'imposer comme le protecteur des Français qu'il entend être contre les peurs et les incertitudes qui les tenaillent. Contrairement à la prévision de Todd, "les classes moyennes et supérieures" ne se sont pas "détournées du libre-échange voire de l'euro", et n'ont donc pas accepté l'infléchissement économique en faveur des catégories populaires. On reste donc très loin, pour paraphraser cette fois Karl Polanyi, d'une nouvelle "grande transformation".

L'espoir que le départ de Nicolas Sarkozy suffirait à donner le signal du changement est désormais éteint pour ceux qui y ont cru. La crise est toujours là, plus présente encore puisque la facture des années précédentes s'ajoute à celle du jour. Et derrière la silhouette bonhomme et souriante du président Hollande, on distingue davantage le spectre de Queuille et l'ombre de Zapatero que le profil de Roosevelt : la demi-mesure et le renvoi systématique des décisions difficiles à plus tard comme boussole d'un côté ; l'insistance sur les réformes dites "sociétales" comme cache-misère de l'autre.

Ce n'est plus en effet une mauvaise "séquence", comme disent sondeurs et communicants, que traverse le président de la République (et avec lui sa majorité et son gouvernement), ce sont les cercles de l'Enfer de l'impopularité. La cote du président se situe désormais autour de 30% d'opinions favorables, un niveau exceptionnellement bas moins d'un an après l'élection. Au-delà de cet indicateur partiel, c'est bel et bien tout le crédit de la victoire du 6 mai dernier qui est épuisé.

Ce qui frappe surtout, outre la rapidité de l'effondrement, c'est la profondeur de la crise de confiance vis-à-vis d'un pouvoir installé il y a moins d'un an.
Rien de ce que dit ou fait le président ne paraît en mesure de convaincre le pays - même l'intervention au Mali pour "combattre le terrorisme" n'a permis qu'une très courte embellie de popularité. En tout cas, ce ne sont certainement pas les exercices tirés du manuel du petit communicant politique auxquels se plie consciencieusement l'exécutif, du "voyage présidentiel en province" (de deux jours... innovation majeure !) à l'intervention télévisée annoncée à grands coups de cymbales, qui vont sauver la mise.

Reste dès lors le travail méticuleux de la majorité qui, lorsqu'elle ne se divise pas ou ne pétitionne pas dans la presse, trouve tout de même le temps de mettre en œuvre les "engagements" du président. Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement s'est ainsi félicitée récemment que les trois quarts des 60 engagements du candidat Hollande aient d'ores et déjà été "concrétisés" (sic). Or même devant ce grand œuvre, les Français se montrent dubitatifs puisque comme le souligne avec malice Le Canard Enchaîné, "la baisse du chômage, la relance et le retour de la croissance doivent figurer dans le dernier quart".

Si la conjoncture économique difficile explique bien évidemment une part importante du doute des Français vis-à-vis de leurs dirigeants politiques, tous partis de gouvernement confondus, elle n'épuise pas pour autant le sujet. Et ce serait une grave erreur de croire, comme on l'entend souvent, qu'en cas d'embellie - notamment d'inversion de la courbe du chômage - les cotes de popularité du président et de son gouvernement remonteraient mécaniquement. Ce qui est en jeu est ici plus profond ; une fois la confiance perdue, elle se regagne difficilement.

La confiance politique est en effet davantage une affaire de cohérence dans le temps que de stock à gérer plus ou moins habilement au gré des circonstances et de la conjoncture. Or depuis l'élection présidentielle, la cohérence de ce que dit et fait le chef de l'Etat n'est ni visible ni lisible. De l'articulation entre projet, élection et action qui donne sa cohérence au pouvoir politique, on ne perçoit rien aujourd'hui. Le projet de François Hollande comme son élection le 6 mai annonçaient pourtant la possibilité d'un exercice sinon original du moins cohérent du pouvoir - c'était l'hypothèse formulée par Emmanuel Todd.

Le projet hollandais, tel qu'énoncé dans le discours du Bourget le 22 janvier 2012, a constitué le socle de son élection. Il tenait essentiellement dans la promesse de mettre fin au sarkozysme : tenir à coup sûr des engagements conçus et annoncés comme raisonnables ; éviter les effets de communication par rapport à la réalité de la situation ; répartir plus justement l'effort national nécessaire face à la crise notamment par la réforme fiscale ; équilibrer les mesures catégorielles au-delà de son propre "électorat" et investir pour l'avenir malgré les difficultés budgétaires.

L'élection présidentielle elle-même a vu une majorité de nos concitoyens, notamment dans les milieux populaires, répondre positivement à ce projet. Y compris parmi ceux qui ont été séduits au premier tour de l'élection par les propositions plus radicales, côté droit, d'une Marine Le Pen, ou côté gauche, d'un Jean-Luc Mélenchon. Le désir de voir Nicolas Sarkozy quitter le pouvoir autant que la promesse d'une société moins divisée et secouée en permanence par l'activisme présidentiel a rassemblé bien au-delà des frontières partisanes.

Las, de tergiversations en maladresses, de renoncements mal expliqués en nominations maladroites, la cohérence attendue s'est rapidement dissipée. Une impression d'immobilisme impuissant a pris le relais dans la représentation présidentielle de l'agitation stérile du quinquennat précédent. Les choix principaux qui ont été faits autour du triptyque "compétitivité, désendettement, emploi" n'ont en effet été compensés ni par une réforme fiscale d'ampleur ni par une posture d'autorité assumée. Ils ont jusqu'ici simplement été accompagnés d'un accent quasi-quotidien mis, à coup d'annonces, de déploiements ministériels et de relais médiatiques à gauche, sur des mesures ciblées sur certaines catégories minoritaires de la population. Des mesures certes souvent nécessaires mais au final secondaires au regard des enjeux actuels. Comme si le chef de l'Etat et le gouvernement tentaient d'acheter au prix fort une paix "sociétale" pour masquer leur impuissance ou, pis encore, leur manque de courage à assumer clairement et distinctement leurs choix fondamentaux.

Dans sa campagne présidentielle, Hollande avait réussi à se défaire de ses habits d'ancien premier secrétaire du Parti socialiste. Il avait bâti son projet (celui énoncé au Bourget) non à partir d'une vision sociologique de l'électorat qui était supposé le soutenir (il n'avait pas suivi "l'analyse" et l'injonction du think tank Terra Nova notamment) mais à partir d'idées et de pistes de réforme qu'il entendait proposer aux Français dans leur ensemble, comme socle commun, bâtissant ainsi une sociologie dynamique en appui de ce projet, en agrégeant des citoyens, notamment au cœur des couches populaires, plutôt qu'en additionnant des groupes sociaux ou "culturels" (femmes, jeunes, minorités...) plus ou moins homogènes.

C'est une démarche de ce type qu'il lui faut retrouver comme président de la République : dépasser l'idée, fausse, que la satisfaction comptable de telle ou telle partie de "son" électorat résiduel lui permettra de tenir en attendant que la conjoncture économique s'améliore. Une telle "stratégie", boutiquière, peut permettre, sans doute, de sauver les meubles ou plutôt les bijoux de famille lors des élections municipales à venir par exemple, mais elle ne peut pas sauver un pays qui a perdu confiance dans ses institutions et ses élites, et dont une part croissante des citoyens sont désormais prêts à se donner aux pires vendeurs d'illusions.
Source : http://www.huffingtonpost.fr/laurent-bouvet/popularite-francois-hollande_b_2882774.html

Voir également : Le repentisme hautement débile de François Hollande

François Hollande et l'Histoire : les perles d'un cancre

Du danger des ingérences politiciennes en matière d'histoire : Jean-Pierre Chevènement corrige la mauvaise copie d'Hollande sur le Vel d'Hiv

Les ravages du communautarisme en France : la course au vote ethnique arménien

François Hollande et le terrorisme kurde

La gauche sociétale et les lois mémorielles : une rupture avec le modèle républicain français

vendredi 8 mars 2013

Karabakh, Abkhazie, Ossétie du Sud : l'utilisation des sécessionnismes minoritaires par la Russie d'Eltsine

Sophie Shihab, "Pax russica en Transcaucasie", Le Monde, 10 août 1993 :
Il y a un an, on ne donnait pas cher des Abkhazes, petite minorité de Géorgie repoussée dans ses montagnes par les chars de Tbilissi pour avoir proclamé la souveraineté de sa République autonome. On ne donnait pas cher non plus des Arméniens du Haut-Karabakh, chassés du nord de ce territoire officiellement azerbaïdjanais par les chars de Bakou, et cibles de bombardements aériens sur le reste de leur enclave. Pourtant, fin juillet, la Géorgie et l'Azerbaïdjan ont capitulé, en signant des accords de cessez-le-feu aux conditions pratiquement dictées par les Abkhazes et les Arméniens. Ou plus exactement par les Russes.

Ce sont des représentants du ministère des affaires étrangères de Russie qui ont, dans les deux cas, négocié ces accords, évidemment fragiles, comme le montre la précarité de la situation au Haut-Karabakh. Et ce sont les militaires russes qui les ont rendus possibles. Le cas le plus évident est celui des Abkhazes. Ils étaient à peine 100 000, soit 17 % de la population de l'Abkhazie, où vivaient aussi 46 % de Géorgiens. Certes, les autres minorités de cette République autonome (Russes, Arméniens et Grecs) les ont soutenus, de même que des volontaires armés venus du Caucase du Nord, peuplé d'ethnies cousines.

Certes, les Abkhazes étaient plus motivés et mieux organisés, comme les Arméniens du Haut-Karabakh. Mais ils n'auraient jamais pu reprendre leur territoire et bombarder durant près d'un an les Géorgiens retranchés dans Soukhoumi, ville balnéaire rendue à l'état de ruines, si les militaires russes ne les avaient soutenus. C'est grâce à des navires et des avions de guerre russes que les "forces abkhazes", fortement appuyées par un bataillon venu de la "République" autoproclamée des Russophones de Moldavie, ont été sur le point, le mois dernier, de reconquérir Soukhoumi. Le chef d'Etat géorgien Edouard Chevardnadze s'est résigné alors à tenter d'imposer à ses concitoyens un plan de cessez-le-feu et de règlement du conflit.

Ce plan comprenait ce qu'il avait refusé pendant un an : un retrait des forces géorgiennes de Soukhoumi, un retour dans cette ville des dirigeants de la rébellion abkhaze et le maintien "provisoire" sur place de l'armée russe, avec des fonctions de force de maintien de la paix. Les Azerbaïdjanais, eux, viennent d'accepter ce qu'ils ont refusé pendant plus de cinq ans : s'asseoir et négocier non plus avec les représentants de la République d'Arménie, mais seulement ceux de la "République" autoproclamée du Haut-Karabakh. Là aussi, ce fut le résultat d'un retournement militaire qui a mis à genoux les forces azerbaïdjanaises.

La Russie dément avec plus de vigueur encore que dans le cas de l'Abkhazie avoir aidé les Arméniens contre les Azerbaïdjanais. Or, dans ces conflits où l'équipement et la logistique ont pour source quasi unique ceux qui proviennent de l'armée russe, l'implication de ses militaires est inévitable. Le problème est de savoir à quel niveau.

Du bon usage des minorités 

En mai 1992, la Russie décidait de remettre aux trois nouveaux Etats indépendants de Transcaucasie une partie de l'équipement des divisions ex-soviétiques stationnées en Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan. Equipements qui étaient de toute façon déjà pillés par les groupes armés locaux et, plus souvent encore, vendus par les officiers, avec ou sans états d'âme. Les trois Etats eurent leurs chars, mais l'Azerbaïdjan, où étaient déployées des forces aériennes, exigea aussi d'hériter d'une partie de celles-ci et commença en juin ses bombardements aériens meurtriers du Haut-Karabakh, qui ont duré jusqu'en décembre, date à laquelle les systèmes antiaériens fournis aux Arméniens par Moscou commencèrent enfin à être efficaces. Les Arméniens purent alors reconquérir le nord du Haut-Karabakh, puis s'attaquèrent à ses pourtours : la région de Kelbadjar fut prise en avril 1993, "élargissant" le corridor de Latchine à toute la hauteur de l'ex-enclave, désormais solidement amarrée à l'Arménie. Puis ce fut l'offensive sur le verrou d'Agdam, à l'est, qui ouvrait aux forces arméniennes la plaine azerbaïdjanaise s'étendant jusqu'à la Caspienne : les forces azerbaïdjanaises, formées de jeunes recrues non entraînées, fuyaient avec des milliers de civils et Bakou fut contraint, fin juillet, de signer un cessez-le-feu avec les représentants du Haut-Karabakh.

Ces offensives sur Kelbadjar et Agdam nécessitaient au moins du carburant que l'Arménie, soumise au blocus azerbaïdjanais et turc (aggravé par le conflit abkhaze qui coupait la dernière voie terrestre la reliant à la Russie), ne pouvait obtenir que par avions, et en quantités telles qu'un feu vert, au minimum, des autorités russes était nécessaire. Les Arméniens ne nient d'ailleurs pas vraiment l'aide reçue de Moscou et certains font des confidences, par exemple sur les coups de pouce de ses services de renseignements. Ce qui ne signifie pas nécessairement que le Kremlin ait été capable de planifier à l'avance tout le déroulement des opérations. Ni qu'il ait approuvé des actes comme le pillage et les incendies des localités prises par les Arméniens en dehors du Haut-Karabakh et que ces derniers doivent restituer en vertu de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Mais il reste que les victoires abkhaze et arménienne sur le terrain, favorisées par l'action des militaires russes, entrent tout à fait dans le cadre de ce qu'énoncent maintenant à Moscou les chefs politiques. Contrainte de chercher pour elle-même une structure fédérale, la Russie multi-ethnique préconise en toute logique des solutions semblables pour les nouveaux Etats indépendants qui l'entourent, appelés à se transformer eux aussi en fédérations. En Transcaucasie, il se trouve que ce sont la Géorgie et l'Azerbaïdjan, deux Etats qui ont refusé de faire partie de la CEI, qui ont des problèmes de minorités, auxquels ils n'ont su répondre que par l'escalade militaire. L'Arménie, elle, avait chassé ses derniers Azéris dès 1989, devenant un Etat mononational. Elle avait en outre accueilli avec soulagement l'arrivée au pouvoir à Moscou des démocrates d'Eltsine et devint le plus chaud partisan d'une alliance militaire avec la Russie au sein de la CEI : elle gardait ainsi des troupes russes sur son territoire, notamment pour surveiller sa frontière avec sa vieille ennemie la Turquie, la rivale de la Russie dans ces régions. La ligne de conduite pour Moscou s'imposait alors d'elle-même : en soutenant les Abkhazes contre la Géorgie et les Arméniens contre l'Azerbaïdjan, les Russes faisaient pression sur ces deux Etats pour les ramener dans leur giron. Un premier résultat de ces pressions fut sans doute atteint en juin 1993, quand une révolte armée en Azerbaïdjan chassa le président pro-turc Eltchibey élu un an plus tôt. Son remplaçant Gueïdar Aliev, l'alter ego du Géorgien Chevardnadze, tente de rétablir les relations avec Moscou, sans rompre pour autant avec la Turquie. Une politique d'équilibre qui fait dire avec de plus en plus d'insistance qu'il pourrait être bientôt mis en concurrence avec un autre ancien dirigeant communiste azerbaïdjanais, Ayaz Moutalibov, en exil actuellement à Moscou et qui serait plus malléable... La Géorgie, beaucoup plus dépendante de la Russie que l'Azerbaïdjan qui a du pétrole, n'a, pour sa part, guère le choix de ses alliances, comme le répète tristement M. Chevardnadze depuis son retour au pouvoir à Tbilissi.

Soifs de revanche Lorsqu'il y a six mois Boris Eltsine avait lancé un appel aux grandes puissances pour qu'elles cautionnent, voire financent, les interventions des troupes russes dans les anciennes Républiques de l'URSS en tant que "forces de paix régionales" de l'ONU, les réactions ont été indignées. Aujourd'hui, la communauté internationale semble pourtant arrivée à la conclusion qu'elle ne peut qu'acquiescer aux interventions de l'ex-colonisateur dans ses anciennes provinces de Transcaucasie (et plus encore d'Asie centrale, où son enlisement aux côtés de régimes dictatoriaux inquiète moins que le "danger islamiste").

Le Conseil de sécurité de l'ONU a en effet promis d'envoyer 50 observateurs militaires en Abkhazie pour contrôler le cessez-le-feu le jour où les troupes russes, assorties de quelques unités abkhazes et géorgiennes, arriveront à l'imposer. Une solution calquée sur celle déjà appliquée en Ossétie du Sud, une autre République autonome rebelle de Géorgie où des combats ont eu lieu jusqu'à l'été 1992. Les Géorgiens étaient opposés à cette solution, qui préserve de facto l'indépendance des Ossètes du Sud, mais ils s'étaient inclinés parce que des observateurs militaires de la CSCE étaient venus sur place soutenir le plan russe. Et la Turquie elle-même a approuvé les termes du cessez-le-feu en Ossétie du Sud et en Abkhazie, tout en demandant à participer à d'éventuelles forces de maintien de la paix qui pourraient se déployer en Azerbaïdjan, d'où les dernières troupes russes ont été évacuées fin mai.

La partie diplomatique est donc loin d'être terminée. Le maintien des deux cessez-le-feu n'est guère assuré, dans une région qui abrite plus d'un million de réfugiés, des dizaines de milliers de combattants mal contrôlés, des marchands d'armes, toutes les soifs de revanche des vaincus et toujours une armée russe, satisfaite du début de succès de son regain d'activisme. Mais l'intérêt de Moscou est plus que jamais de stabiliser la Transcaucasie, au moment où les troubles reprennent au Caucase du Nord, peuplé en majorité de musulmans et "maillon faible", avec ses indépendantistes tchétchènes, de l'unité de la Fédération de Russie. Au vu de la façon dont les Russes y ont traité leur "minorité" ingouche, coupable d'être ennemie des Ossètes qui sont des alliés traditionnels de la Russie, les ambitions de Moscou à jouer partout les pacificateurs ne peuvent que continuer à susciter des inquiétudes.

Voir également : Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

Le conflit arméno-azéri : "Les opérations de nettoyage [ethnique], qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan"

L'histoire du Karabakh

Le douloureux problème des réfugiés azéris

L'expulsion méthodique des derniers Azéris d'Arménie

L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie

Le réseau des organisations terroristes soutenues par l'Arménie sur les territoires occupés d'Azerbaïdjan

La destruction des monuments culturels azerbaïdjanais de la ville de Shusha, occupée par l'Arménie

Le conflit arméno-géorgien

Le nationalisme falsificateur des "hôtes" arméniens en Javakheti/"Djavakhk" (sud de la Géorgie)

dimanche 3 mars 2013

Los Angeles : arrestations pour fraude fiscale

February 27, 2013
8 Los Angeles-area residents charged with using stolen identities to seek more than $19 million in tax refunds

LOS ANGELES — Authorities arrested six people Wednesday morning linked to a large-scale tax fraud scheme that allegedly used stolen identities to fraudulently file more than 2,500 income tax returns that sought in excess of $19 million in fraudulent tax refunds.

The arrests by special agents with U.S. Immigration and Customs Enforcement's (ICE) Homeland Security Investigations (HSI) and the Internal Revenue Service (IRS) - Criminal Investigation are the result of "Operation National Treasure," an eight-month investigation into a ring that allegedly obtained nearly $10 million from the IRS.

The six arrested Wednesday are among eight defendants named in a 132-count indictment filed Monday in U.S. District Court. The eight defendants allegedly operated a scheme that started in 2010 with the theft of personal identity information, such as driver's license and Social Security numbers. Armed with this data, members of the conspiracy allegedly submitted income tax returns to the IRS using the names of the identity theft victims. Members of the conspiracy allegedly established mailing addresses, which were used to receive the refunds sent through the U.S. mail as United States Treasury checks. According to the indictment, the defendants took the fraudulently obtained checks to various "check cashers," who took a "cut" before providing cash to the defendants.

"Identity theft is one of the nation's fastest growing crimes, and it impacts more and more Americans every year," said U.S. Attorney André Birotte Jr. "This Los Angeles-based crime ring is alleged to have combined identity theft with tax fraud to create an intrusive and sophisticated scheme designed to victimize more than 1,800 individuals and to defraud the United States Government out of millions of dollars."

Those arrested Wednesday are:

    Ashot Karapetian, 47, of North Hollywood;
    Suren "Sonny" Gambaryan, 33, of North Hollywood;
    Artak "Max" Berberyan, 33, of Van Nuys;
    Vigen "Vic" Tsaturyan, 47, of Sun Valley;
    Armen "Roman" Berberyan, 33, of Van Nuys; and
    Arman Zargaryan, 30, of Granada Hills.

These defendants are expected to be arraigned Wednesday in federal court in Santa Ana, where the case will be litigated.

Additionally, two defendants named in the indictment are currently being sought by authorities. They are:

    Akop "Jack" Kantrdzyan, 33, of Sylmar; and
    David Samsonyan, also known as "Little Guy," 31, of Winnetka.

According to the indictment, the defendants obtained 1,844 stolen identities. Many of the identities came from retirees and residents of homeless shelters, some of whom had not filed federal income tax returns in years. In an effort to conceal their activities, the indictment alleges the conspirators used coded language to refer to Treasury checks, called each other by nicknames, provided false home addresses on their own driver's licenses and other identity documents, and employed third-party "straw buyers" to purchase property for the defendants' own use.

"These individuals demonstrated a blatant disregard for the integrity of the United States tax system and caused immeasurable hardship to innocent victims," said Richard Weber, chief of IRS - Criminal Investigation. "IRS - Criminal Investigation remains committed to the pursuit of identity theft and, together with our law enforcement partners and the United States Attorney's Office, we will hold those who engage in similar conduct accountable."

The indictment specifically alleges that members of the conspiracy filed at least 2,977 false federal income tax returns (Forms 1040) with the IRS, fraudulently claiming a total of $19,324,632 in refunds. The IRS paid out approximately $9,952,077 based on the fraudulently filed 1040 Form tax returns.

"Today's arrests are a clear warning that anyone who steals the identities of innocent taxpayers to file fraudulent income tax returns for personal profit will be aggressively pursued, investigated and prosecuted," said Claude Arnold, special agent in charge of HSI Los Angeles. "These crimes are pure theft, and they victimize us all. HSI will continue to use its unique investigative authorities to identify and dismantle these harmful schemes."

The indictment includes charges of conspiracy, theft of government money, mail fraud, money laundering, aggravated identity theft, cashing government checks with forged signatures. All eight defendants are charged in the conspiracy count, and each are charged in various mail fraud counts. If convicted, each defendant would face a statutory maximum penalty of at least 45 years in federal prison.

In addition to the six defendants named in the tax fraud case who were arrested Wednesday morning, authorities took another two individuals into custody on unrelated charges. They are:

    Armine Nazaryan, 41, of North Hollywood, who was indicted on charges of making false statements to HSI agents; and
    Spartak Karapetian, 23, of North Hollywood, the son of Ashot Karpetian, who was arrested on suspicion of being a felon in possession of a firearm.

Operation National Treasure was an investigation conducted by IRS - Criminal Investigation and HSI, with substantial assistance provided by the Los Angeles Police Department.
Source : http://m.ice.gov/news/releases/1302/130227losangeles.htm?f=m

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vendredi 1 mars 2013

Le conflit arméno-azéri : "Les opérations de nettoyage [ethnique], qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan"

Stéphane Yerasimos, "Transcaucasie : le retour de la Russie", Hérodote, n° 81, avril-juin 1996, p. 186-193 :

"Si le nationalisme géorgien se situe à moyen terme entre celui des Russes et celui des peuples soumis à la Géorgie, créant ainsi une hiérarchie, qui n'empêche pas (bien au contraire) l'alliance des extrêmes, les nationalismes arménien et azéri se renvoient leur image comme dans un miroir déformant, comme s'ils ne pouvaient exister que par l'opposition à l'autre. Quoi de plus naturel alors que le conflit soit focalisé sur une région peuplée d'Arméniens mais incluse en territoire azerbaïdjanais (situation foncièrement inacceptable par les deux parties), celle du Haut-Karabagh.

Or, la tragédie permanente que constituent les relations entre Arméniens et Turcs (dont les Azéris sont considérés comme une branche par les premiers) résulte de cette imbrication historique où, le pouvoir étant le plus souvent détenu par les Turcs, les Arméniens deviennent les perdants, ce qui les pousse alors à s'appuyer sur un pouvoir qui leur est favorable, notamment celui des Russes. Ainsi, il serait inutile de chercher dans la région des territoires qui seraient à telle où telle époque « ethniquement purs », à moins de remonter, évidemment, aux périodes antérieures à l'arrivée des Turcs au XIe siècle. Tout au plus constate-t-on un glissement progressif des populations arméniennes, au XIXe et au début du XXe siècle, des territoires appartenant aujourd'hui à la Turquie vers le Caucase russe, cette recolonisation arménienne du Caucase russe alimentant à l'infini la querelle du premier occupant.

Après l'éradication complète de la population arménienne de l'Est anatolien en 1915-1917, l'exode de 300 000 réfugiés sur le territoire de la République arménienne de 1918, la prise de contrôle, après de longs combats entre 1918 et 1921, du Nakhitchévan par les Azéris et du Zanguezour (le sud de l'Arménie actuelle entre le Nakhitchévan et l'Azerbaïdjan) par les Arméniens entraîna des nettoyages ethniques réciproques visant à rendre le territoire de chaque république le plus homogène possible. Dans le cas du Haut-Karabagh, la présence arménienne massive assura son maintien tandis que les pressions politiques azéries amenèrent les Britanniques, en 1919, suivis par les Soviétiques, à décider de maintenir la région sous tutelle azerbaïdjanaise avec un statut d'autonomie.

La question du Karabagh, sous le régime soviétique, refait surface à chaque période de libéralisation relative. Ainsi, des pétitions sont adressées en 1963 (sous Khrouchtchev) et en 1965 à Moscou, par les dirigeants arméniens du Karabagh, pour dénoncer la « politique chauviniste » de l'Azerbaïdjan et demander le rattachement à l'Arménie. La même demande est réitérée en 1966 par Erevan sans résultats tangibles. Avec le déclenchement de la perestroïka, l'Académie des sciences d'Arménie prépare en août 1987 une adresse à Gorbatchev, signée par plusieurs centaines de milliers de personnes, demandant le rattachement du Karabagh à l'Arménie, mais aussi celle du Nakhitchévan — où le recensement de 1979 comptait 3 400 Arméniens contre 229 700 Azéris (81 300 Azéris contre 53 700 Arméniens en 1914). La présence alors d'un état-major composé d'intellectuels arméniens autour de Gorbatchev, dont l'économiste Abel Aganbeguian et Sergeï Mikoyan, le fils du vieux militant bolchevique Anastas Mikoyan, considérés comme l'avant-garde de la perestroïka, donnait des espoirs à Erevan, relayés par la diaspora arménienne, notamment après une visite d'Aganbeguian en Europe occidentale, en novembre 1987. L'éloignement de l'Azéri Gheïdar Aliev du Politburo en octobre 1987 était considéré comme un autre signe encourageant.

Les 17 et 18 octobre 1987, des manifestations sont organisées à Erevan pour réclamer la fermeture des usines polluantes, dont la centrale nucléaire de Medzamor, quand arrivent les nouvelles d'affrontements dans le village de Tchardaklou, situé en territoire azerbaïdjanais, mais en dehors de l'enclave du Haut-Karabagh (au nord-ouest de celle-ci), où la population arménienne refuse la nomination d'un chef de kolkhoze azéri. Les slogans écologiques laissent alors la place à la demande d'annexion du Karabagh et du Nakhitchévan.

Les expéditions punitives engagées par les Azéris contre le village rebelle entretiennent l'émoi de l'opinion publique, tandis que des pressions s'exercent sur les villages azéris de l'Arménie, entraînant les premières émigrations vers l'Azerbaïdjan. Trois vagues successives totalisant environ 4 000 personnes arrivent le 25 janvier, les 18 et 23 février 1988, et ces populations sont installées dans des conditions précaires à Soumgaït, dans la grande banlieue industrielle de Bakou.

Le 18 février, une nouvelle série de manifestations écologiques commence à Erevan quand, le 20, le Soviet du Haut-Karabagh adopte une résolution demandant aux Soviets d'Azerbaïdjan et d'Arménie de tout faire pour parvenir à une « décision positive concernant le transfert de la région de la RSS d'Azerbaïdjan à la RSS d'Arménie ». Cette première absolue dans l'URSS d'alors fait l'effet d'une bombe. Un « Comité Karabagh », première structure d'opposition, se crée à Erevan et envoie deux de ses représentants, avec le catholicos, chef spirituel des Arméniens, s'entretenir avec Gorbatchev. Celui-ci fait une déclaration qui se veut apaisante et prometteuse, dont le principal effet est de décevoir les Arméniens et d'inquiéter les Azéris.

Ceux-ci se voient tout d'un coup menacés par ce qui leur semble être une orchestration internationale, dans ce qui leur paraît être un droit acquis. Les manifestations qui s'étendent au Karabagh prennent là-bas un caractère plus violent et la télévision azerbaïdjanaise parle de deux morts azéris. Il suffit alors d'un moment d'hésitation ou de complaisance des autorités pour que les ingrédients traditionnels : la peur et la haine raciale, le dénuement, le désoeuvrement et le désir de vengeance des récents réfugiés, et, au-delà, la convoitise du rural déraciné pour les richesses de la ville, se réunissent dans un lieu des plus défavorisés : Soumgaït, banlieue industrielle sinistrée, et pour que la vieille habitude des pogroms refasse surface. Du 27 au 29 février, des attaques de propriétés arméniennes, des pillages, des viols, des affrontements feront selon les chiffres officiels 32 morts, dont 26 Arméniens et 6 Azéris. Mais, les Arméniens s'accordent à le multiplier au moins par dix. Les événements de Soumgaït, qui sont loin d'être les plus graves par rapport à ceux qui suivront, creusent de nouveau un gouffre entre les deux communautés.

Désormais, deux objectifs sont visés, le nettoyage ethnique de ce qui reste d'Arméniens en Azerbaïdjan (en dehors du Haut-Karabagh) et d'Azéris en Arménie et la sécession du Haut-Karabagh, ce qui n'implique pas forcément son annexion à l'Arménie. Les opérations de nettoyage, qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan (Bakou, juin 1988 ; Gandja, novembre 1988 ; Bakou, janvier 1990).

Le 23 mars 1988, le Présidium du Soviet suprême de l'URSS rejette la demande de sécession du Haut-Karabagh en échange de quelques mesures sociales et culturelles. Le lendemain, le communiqué du bureau de la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun (Dachnak), le grand parti traditionnel arménien et le plus influent dans la diaspora, rompt également les ponts en plaçant la lutte au premier plan : « Il ne peut y avoir ni paix ni coopération sincère entre les nationalités tant que ne seront pas rétablis les droits spoliés. » Il fera désormais de la question du Karabagh son affaire. Le Comité Karabagh se radicalise également.

En juin, la tension monte encore. Le 7, quatre-vingt-six maisons d'Azéris sont détruites dans la ville de Masis entre Erevan et la frontière turque. Le 13, des manifestations à Bakou terrorisent la population arménienne. Le 15, le Soviet d'Arménie vote à l'unanimité le rattachement du Karabagh, ce que refuse deux jours plus tard le Soviet d'Azerbaïdjan. Le 28 juin, à la 19e conférence du PCUS à Moscou, Gorbatchev écarte toute éventualité de modification des frontières. En réponse, une grève générale est déclenchée en Arménie et l'occupation de l'aéroport de Zvarthnots se soldera par un mort. Entre-temps, les Azéris essayent d'empêcher l'envoi d'aide et de renforts au Karabagh par le couloir de Latchine, ce qui provoque des affrontements.

Tout se passe comme si les Arméniens profitent de la formidable mobilisation à propos du Karabagh dont la diaspora, comme une caisse de résonance, renvoie l'écho amplifié, pour isoler et écarter progressivement le pouvoir soviétique, tout en se préparant à une lutte politique et militaire ; tandis qu'en revanche la direction azerbaïdjanaise essaye de maintenir le statu quo, en comptant sur le goût pour l'immobilisme de Moscou.

C'est dans ces conditions, et tandis que 165 000 réfugiés azéris affluent à Bakou, que naît en août 1980 le Front populaire d'Azerbaïdjan comme un refus à l'inertie du pouvoir politique. Mélange tout aussi hétéroclite que les autres fronts populaires des peuples de l'URSS, il sera dès le début l'otage de la question du Karabagh, ouvert à toutes les hésitations et à tous les excès. Et il est remarquable que les mouvements d'opposition arménien et azerbaïdjanais, nés au nom de l'émancipation du régime soviétique et de la décolonisation par rapport à la Russie, ne songent pas un instant à se concerter et que, aussi bien à l'opposition qu'au pouvoir, ils participent activement à la diabolisation de l'adversaire.

Entre-temps, le nettoyage ethnique continue et même s'accélère. Les Azéris s'attaquent aux districts à majorité arménienne situés entre Gandja et le nord de la frontière du Haut-Karabagh, donc sous juridiction azerbaïdjanaise directe. Ensuite, à partir du 21 novembre, c'est le tour de Gandja (ex-Kirovabad) où vivent environ 40 000 Arméniens qui sont chassés de la ville. En réponse, les Arméniens déclenchent, à partir du 27, l'étape finale de l'expulsion des Azéris de leur territoire. Le 2 décembre, le Comité Karabagh parle de 120 000 Arméniens ayant quitté l'Azerbaïdjan et reconnaît que 80 000 Azéris ont quitté l'Arménie. Evidemment, chaque côté parle de départs volontaires, mais mis à part quelques villages qui, voyant l'inévitable, procèdent à des échanges négociés, comment évaluer la « volonté » du départ ?

Le terrible tremblement de terre de Spitak en Arménie, le 7 décembre 1988, accélère l'évolution politique. Profitant de la stupeur causée par la catastrophe, Moscou décide l'arrestation, entre le 10 décembre et le 7 janvier, de onze membres du Comité Karabagh et décide le 12 janvier de prendre directement en charge l'administration du Haut-Karabagh. Si cette décision soustrait l'enclave au contrôle de Bakou, elle rend en même temps inopérants les organes locaux fonctionnant de plus en plus au profit de la sécession.

Toutefois, les passions semblent relativement se calmer pendant la première moitié de l'année 1989. Le 31 mai, les membres du Comité Karabagh sont libérés et rentrent à Erevan. En juin, le Comité donne naissance au Mouvement national arménien (Hayots Hamazgayin Charjoum, MNA), dans lequel se détache la figure de Levon Ter Petrossian, linguiste réputé. En même temps se déroule à Bakou le congrès fondateur du Front populaire azerbaïdjanais (FPA). Enfin, le 16 août, les membres arméniens du Soviet du Karabagh, suspendu en janvier, se constituent en un Conseil national, qui va prendre progressivement en main le sort de l'enclave et où le parti Dachnak prédomine.

Cependant, le 1er décembre 1989, le Parlement arménien proclame l'union du Karabagh et de l'Arménie. En janvier 1990, les Azéris attaquent les villages arméniens des districts de Khanlar et de Chaoumianovsk entre la frontière nord du Karabagh et Gandja. Le même jour, le FPA, qui avait déjà montré sa force en détruisant des bornes frontières et des barbelés sur la frontière entre le Nakhitchévan et l'Iran, réunit une manifestation à Bakou demandant la démission du gouvernement, incapable selon lui de résoudre la question du Haut-Karabagh, et menace d'organiser une marche sur ce territoire. En quelques jours, la flambée devient générale, des hélicoptères et des véhicules blindés font même leur apparition des deux côtés et les manifestations de Bakou tournent en un nouveau pogrom anti-arménien.

Les Izvestia du 16 janvier annoncent 56 morts, dont 27 Arméniens, 9 Azéris, 2 membres des forces de l'ordre et 156 blessés tandis que des milliers d'Arméniens sont évacués en avion ou en bateau vers Krasnovodsk, sur la rive est de la Caspienne. Mais les Azéris proches du FPA, relayés par la presse de la Turquie, accusent Moscou de monter en épingle ces événements pour justifier l'intervention de l'Armée rouge qui aura lieu le 10 janvier 1990. Celle-ci, doublée de la proclamation de l'état d'urgence, entraîne la mort de 170 personnes les 19 et 20 janvier à Bakou.

Sous le choc de ces événements, Arméniens du MNA et Azéris du FPA acceptent de se rencontrer à Riga à l'initiative des Fronts des pays baltes. Dans cette première et dernière réunion bilatérale, tenue le 3 février, les Arméniens avancent le droit à l'autodétermination et les Azéris, le principe de respect des frontières ; et les choses en restent là. Désormais, c'est la course à l'armement, mais tandis que les Arméniens attaquent régulièrement les casernes russes et reçoivent également des armes de l'étranger grâce aux filières Dachnak (notamment via Beyrouth), les Azerbaïdjanais semblent se fier à l'armée russe et à l'efficacité du blocus décrété contre le Karabagh et l'Arménie.

Effectivement, l'armée russe semble engager la répression dans le Karabagh pour le compte des autorités de Bakou. Mais cela ne semble pas entraver sérieusement ni l'organisation ni la combativité des habitants du Karabagh, qui s'attaquent désormais aux soldats russes. Douze sont tués dans le Haut-Karabagh en 1990 et quatorze pendant les quatre premiers mois de 1991. Levon Ter Petrossian, élu en août 1990 président du Soviet suprême d'Arménie, parle de dialogue, de compromis, mais la situation semble lui échapper et le conflit suivre sa propre logique.

Mais bientôt l'échec du putsch du 19 août 1991 à Moscou va renverser le cours des événements. Le Karabagh devient un enjeu dans la dernière phase de la lutte pour le pouvoir entre Gorbatchev et Eltsine, tandis que le Conseil national du Karabagh réuni le 3 septembre à Stepanakert proclame la République du Nagorno-Karabakh De son côté, Eltsine tente une action d'éclat. Après avoir effectué une visite à Bakou, Erevan et Stepanakert, avec son homologue kazakh Noursultan Nazarbaiev, il entraîne Ter Petrossian et Ayaz Moutalibov, le président azerbaïdjanais, à la station thermale de Jeleznovodsk pour signer ce qui restera comme le premier de l'infinie série des cessez-le-feu mort-nés, tous entachés du même défaut, celui de ne pas reconnaître, sous pression de la partie azerbaïdjanaise, les autorités de fait du Haut-Karabagh comme partie contractante, ce qui les dispense d'honorer ce qui a été signé sans leur accord. Aussi les combats continuent-ils. Un mois plus tard, c'est au tour de Gorbatchev de réunir les présidents Moutalibov et Ter Petrossian. Nouvel échec, la partie arménienne refusant la proposition d'une zone tampon de 10 kilomètres, contrôlée par les troupes du MVD entre les deux républiques, ce qui aurait pour effet de stopper l'aide en hommes et en matériel de l'Arménie au Karabagh.

Le 20 novembre, les derniers espoirs de paix sombrent en même temps que l'hélicoptère qui s'écrase dans le district de Martouni, la partie orientale de l'enclave, tuant ses vingt-deux occupants, tous officiels, dont le commandant et l'administrateur russes de l'enclave, le chef du KGB, le procureur d'Azerbaïdjan, des représentants des ministères russes et kazakhs, etc. On ne saura jamais s'il s'agissait d'un accident, ce qui permettra à chacun d'avoir des opinions bien arrêtées sur la question.

Le 8 décembre 1991, un référendum organisé par la population arménienne de la « République du Nagorno-Karabagh » obtient 99 % de « oui » en faveur de l'indépendance et, le 12 décembre, les autorités de l'enclave demandent leur adhésion à la CEI, la Communauté des Etats indépendants qui vient d'être créée après la disparition de l'URSS. Le 24 décembre, le général commandant les troupes russes dans l'enclave annonce leur évacuation rapide, comme conséquence du vide juridique laissé par la disparition de l'URSS. Le lendemain, 600 Arméniens armés attaquent les postes militaires à Stepanakert s'emparant d'armes et de véhicules blindés.

Sur le plan militaire, à la fin de cette année cruciale, les forces arméniennes du Haut-Karabagh ainsi que celles de l'Arménie paraissaient mieux organisées, plus aguerries et bien plus déterminées que celles d'Azerbaïdjan. Tandis que l'Arménie abrite plusieurs groupes paramilitaires liés à différentes organisations, le parti Dachnak semble contrôler le Karabagh où affluent également des combattants d'Arménie. Côté azerbaïdjanais, les velléités de créer une armée nationale, manifestées à partir du mois d'octobre, étaient loin de se matérialiser à la fin de l'année et la police, quoique bien armée, démontrait qu'elle n'était capable d'agir que dans l'ombre des troupes russes. Sur le plan politique, la passivité des dirigeants communistes de Bakou, ayant attendu jusqu'à la fin que la solution vienne de Moscou, se révélait dès lors désastreuse, entraînant une démoralisation générale, capable de se manifester par des accès de colère, lesquels, habilement exploités par la partie adverse, ne servent qu'à noircir l'image de l'Azerbaïdjan dans l'opinion publique internationale.

Ainsi, la période de formation des républiques indépendantes du Caucase, contrairement à ce que l'on pourrait attendre, fut marquée beaucoup moins par la lutte contre un pouvoir impérial en liquéfaction que par les luttes intra- ou interrégionales. Quel que soit le poids symbolique dans l'opinion publique interne et externe des morts arméniens et azéris, du fait des interventions russes, ils ont été infiniment moins nombreux que ceux tombés dans les conflits ethniques. Ce sont finalement ceux-ci qui ont forgé les nouvelles identités nationales, bien plus que la lutte contre l'impérialisme russe ou soviétique. Par ailleurs, pendant cette période, Moscou fut davantage tentée d'utiliser les pays en question et les événements qui s'y sont déroulés pour ses luttes intestines que d'y maintenir coûte que coûte sa présence.

Ainsi, pendant la dernière phase de dislocation de l'URSS, Boris Eltsine et les forces qui le soutenaient semblent avoir appuyé bien plus les forces centrifuges que celles fidèles à l'ancien régime, incarné par Mikhaïl Gorbatchev. A partir de 1992, le nouveau pouvoir russe, malgré ses divisions internes, continuera de soutenir les forces sécessionnistes au sein des républiques caucasiennes, dans le cadre d'une politique de récolonisation de la région."

Voir également : Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

L'histoire du Karabakh

L'expulsion méthodique des derniers Azéris d'Arménie

L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie

Les Arméniens d'Azerbaïdjan

Le prétendu "pogrom nationaliste azéri" de Soumgaït en 1988 : une manipulation communisto-mafieuse ?

Les circonstances des émeutes anti-arméniennes de Bakou en janvier 1990

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921