dimanche 21 avril 2013

L'"antiraciste" "arménophile" Harlem Désir est "nullissime", selon Hollande lui-même

Politique | 
Cet obscur rejet de Désir
Philippe Martinat | Publié le 13 avril 2013, 07h00

« Si on m’avait affirmé, il y a quelques années, qu’il deviendrait patron du PS, je ne l’aurais pas parié. » La remarque ne se veut pas méchante. Elle émane de Julien Dray, l’« inventeur » d’Harlem Désir au début des années 1980 qui a transformé l’étudiant de philo au look afro et un rien baba cool en emblématique président de SOS Racisme. Le temps a passé. Et aujourd’hui, l’ancien député de l’Essonne ne reconnaît plus son poulain. L’homme enjoué qu’il a connu naguère amateur de musique, de cinéma et champion de salsa a opté pour la grisaille et les costumes sombres.

Depuis plusieurs semaines, et avant d’affronter aujourd’hui à la Villette un conseil national du PS qui s’annonce houleux, Désir est fragilisé. Les critiques pleuvent. En cause, une organisation du parti jugée pagailleuse, un leadership contesté et une parole inaudible. Sans compter des fautes de carres, comme sa récente proposition d’un référendum sur les institutions. Une gaffe motivée, de l’aveu même d’un de ses proches, par la volonté de contrer un appel lancé le jour même par une dizaine de députés socialistes, parmi lesquels son rival Jean-Christophe Cambadélis. « Désir est complètement à côté de ses pompes, il veut qu’on se fasse étriller par les électeurs? » s’interroge un ténor hollandais à l’Assemblée. « Dans ce parti on a trop tendance à tirer sur le capitaine quand le navire est en difficulté, le défend Patrick Bloche, député de Paris. Harlem a peut être pris une initiative qui ne correspondait pas au souhait de l’exécutif mais au moins il a pris une initiative. »

Au sein du gouvernement, où on se plaint fréquemment de « ne pas être soutenu par le PS », une ministre ironise sur son flair : « Désir, c’est la boussole qui indique systématiquement… le sud. » François Hollande, lui, ne cache plus son irritation. Fin mars, devant un visiteur, il explose : « Désir est nullissime, nullissime! » Rue de Solferino aussi, ça tangue. Emmanuel Maurel, l’un des chefs de file du courant de gauche, attaque : « Harlem a fait le choix de l’alignement alors qu’il y aurait un boulevard pour un PS un peu aiguillon du gouvernement ». Et il dénonce, sur le plan du comportement, « une tendance à la bunkérisation ». Un autre responsable en colère lance, vachard : « Désir c’est l’ombre choisie pour ne pas faire d’ombre ». « Il est imperméable à toute proposition autre que celles venant de son entourage immédiat et il ne protège personne, ni le président, ni le Premier ministre, ni le gouvernement, ni même le PS », peste de son côté la députée Sandrine Mazetier, secrétaire nationale chargée de l’immigration et membre de la motion majoritaire. Mis sous pression par ses rivaux, Guillaume Bachelay, Jean-Christophe Cambadélis et Olivier Faure, le numéro un socialiste se retrouve isolé tandis que la rumeur court sur un éventuel retour de Stéphane Le Foll rue de Solferino.

Les plus critiques reconnaissent toutefois qu’il n’est jamais facile de diriger un parti au pouvoir, surtout par temps de crise. En privé, le premier secrétaire se plaint, lui, de ne pas être associé aux décisions, comme Hollande l’était sous Jospin. « C’est sans doute une partie du problème, ils le prennent pour un gamin », analyse un responsable.

En attendant, la fronde monte. Mercredi, Désir a dû s’expliquer dans son bureau face à une dizaine de ses lieutenants et hier, à la veille du conseil national, il a fini par réunir pour la première fois depuis des lustres les responsables de sa motion. Son ami Julien Dray tente de voler à son secours : « Il ne faut pas l’assassiner, il a fait de petites fautes, il n’a pas été lui-même, il s’est jospinisé, mais c’est trop facile de tout lui mettre sur le dos. » En pleine crise Cahuzac et alors que le débat sur l’orientation politique du gouvernement monte dans la majorité, le conseil national du PS risque de se transformer en psychanalyse à ciel ouvert. Pour Désir, la journée promet d’être longue.
Source : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/cet-obscur-rejet-de-desir-13-04-2013-2722333.php

Pour rappel : Etripage interne au PS entre "arménophiles" interlopes : Harlem Désir versus Jean-Noël Guérini et Christophe Masse

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