dimanche 21 avril 2013

Orléans : accusé du meurtre de son beau-frère, il reste en prison

Loir-et-Cher
Accusé de meurtre, il reste en prison

20/04/2013 05:31

Cour d'appel d'Orléans (45)

Mis en examen pour le meurtre de son beau-frère, Gagik n'a pas été libéré par la chambre de l'instruction. « En raison des liens familiaux étroits existants entre les différents protagonistes de cette affaire, le risque de pression est particulièrement important », ont estimé les magistrats d'Orléans, confirmant la décision de placement en détention provisoire prise par le juge des libertés et de la détention du tribunal de Blois. Ce Blésois de 45 ans, père de trois enfants, né en Arménie, est accusé d'avoir tué son beau-frère, Tévos, un Blésois de 38 ans, également de nationalité arménienne. Il est en incarcéré depuis le 3 avril dernier.

Les faits qu'on lui reproche remontent au 7 mars. Ce jour-là, vers 5 h 40 du matin, la police était informée par le service des urgences de Blois du décès de Tévos. La victime, qui avait un taux d'alcoolémie de 0,65 g d'alcool par litre de sang, avait succombé à un unique coup de couteau qui a atteint le cœur.
Le jour même, Gagik, son beau-frère, était entendu par les enquêteurs et affirmait alors avoir eu une altercation avec deux Maghrébins, rue Jean-Bart, à Blois. Ses déclarations étaient jugées contradictoires par les enquêteurs qui ne croyaient pas à cette histoire. Ils le plaçaient en garde à vue, mais le relâchaient faute d'éléments suffisants. Par la suite, Gagik s'est réfugié en Belgique. Se sachant activement recherché, il s'est livré à la police au début de ce mois.
Dans son box, face aux magistrats, Gagik semblait regretter son geste. Le soir du drame, les deux hommes accompagnés d'un oncle prénommé Sourik, ont décidé de se rendre à Gien (45) chez une connaissance. Sur le chemin du retour, alors que les deux hommes avaient bu, Tévos aurait fait des remarques sur la façon de conduire de Gagik. Présent lorsque le crime a été commis, Sourik, le témoin, a indiqué qu'une dispute avait éclaté devant le domicile de Gagik.

Une bagarre qui dégénère

« Tévos avait repris le volant et c'est lui qui conduisait. Il s'est arrêté et est descendu de la voiture, il a extirpé Gagik qui était à l'arrière de la voiture. Il lui a porté deux coups de poing au visage. Gagik a riposté en lui portant un coup de couteau au torse » confiera cet homme de 55 ans lors de sa garde à vue.
Lorsque Martine Aubert, la présidente de la chambre de l'instruction, a décrit la scène du meurtre, Gagik a eu du mal à masquer son émotion. Dans son box, il s'est exprimé avec difficulté dans un français approximatif. Se masquant le visage avec ses mains, il a tenté de dissimuler des larmes. « Il mettait les mains sur le volant, cela me gênait, on s'est arrêté et c'est lui qui a voulu conduire », déclare l'homme. « A un moment, il m'a frappé, j'ai voulu me protéger alors j'ai attrapé quelque chose qui traînait dans la voiture, c'était un couteau et je l'ai frappé à mon tour. »
« Il lui est difficile aujourd'hui d'affronter le regard de sa femme. Il s'est présenté spontanément auprès des services de police. Le risque de pressions auprès des témoins n'existe pas », considère, pour sa part, son avocate, Me Toulet, qui a proposé à la cour la rétention du passeport de son client.
« Ce dossier peut évoluer favorablement, mais cela restera de toute évidence une affaire criminelle. Il ne faut pas oublier qu'il a commencé par raconter des bobards ! Le juge doit encore effectuer de nombreux actes, même s'il n'y a pas à craindre un risque de fuite à l'étranger, on peut redouter de la part du mis en examen un risque de pressions sur les proches », a estimé Philippe Ker l'avocat général qui s'est opposé à la remise en liberté.
Renaud Domenici
Source : http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2013/04/20/Accuse-de-meurtre-il-reste-en-prison-1419162