vendredi 26 avril 2013

Paris : encore un receleur arménien impliqué dans un réseau de cambrioleurs

Paris : le gang de cambrioleurs géorgiens démantelé
Un réseau de délinquants suspectés d’appartenir à la mafia géorgienne a été arrêté. Leur QG : un appartement de la Goutte-d’Or (XVIIIe).


Cécile Beaulieu | Publié le 25.04.2013, 05h23

lundi, 11h45. Les policiers du service d’investigation transversale (SIT) enfoncent la porte d’un appartement, au deuxième étage d’un immeuble situé au cœur du quartier populaire de la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe. Sur le canapé du deux-pièces délabré aux allures de capharnaüm, deux hommes sont occupés à écouter de la musique russe sur un ordinateur portable.
Sidérés, ils se laissent passer les menottes sans rien dire. Ils ne parleront guère plus durant leur audition. Quelques minutes plus tôt, un troisième homme a été arrêté au pied de l’immeuble. Des complices présumés ont aussi été interpellés vers 11h30 dans le XXe par le GIGN, le corps d’élite de la gendarmerie, avec l’assistance d’Interpol et du bureau mobile d’Europol.

Mission accomplie. Après deux mois d’une minutieuse enquête qui a mobilisé à temps plein dix policiers du SIT, épaulés par ceux de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (Ocldi), un réseau de cambrioleurs particulièrement structuré, suspecté d’appartenir à la mafia géorgienne « Vory v zakone », littéralement les Voleurs dans la loi, vient de tomber. Donneur d’ordres, receleur et équipes de cambrioleurs étaient toujours en garde à vue hier. A leur tête, un trentenaire évadé d’une prison suisse et qui venait de recréer un réseau dans la capitale.

La cellule, constituée de sept Géorgiens de 23 à 40 ans, serait responsable de 44 cambriolages commis essentiellement en Ile-de-France depuis le mois de mars 2012 pour un montant total de 170000 €. Le mode opératoire était parfaitement rôdé. « Ils partaient ensemble en voiture depuis leur base du XVIIIe, décrit un enquêteur, et s’introduisaient au hasard dans les appartements après avoir vérifié d’un coup de sonnette que personne ne s’y trouvait. Le guetteur restait dans la voiture, tandis que l’ouvreur se chargeait de forcer la porte d’un coup de tournevis ou de pied-de-biche. Les autres faisaient main basse sur tous les objets de valeur, facilement revendables. » Immédiatement après, rendez-vous dans un square du XVIIIe, avec un receleur arménien qui récupérait le butin contre rémunération. Un manège observé depuis des semaines par les enquêteurs qui ont multiplié les filatures et utilisé les caméras de vidéosurveillance pour observer jour et nuit les membres du réseau et décrypter leurs habitudes.

Dans l’appartement de la Goutte-d’Or, qui était lui aussi placé sous étroite surveillance, la perquisition a livré des éléments accablants. Le deux-pièces recélait tout l’attirail du parfait cambrioleur : une paire de jumelles pour les repérages, des pieds-de-biche et des tournevis, des testeurs d’or et de diamant, des balances pour peser l’or. Mais aussi quelques objets volés qui n’avaient, semble-t-il, pas encore été écoulés auprès du receleur arménien, arrêté le même jour : tablettes tactiles, ordinateurs, briquet en or et console de jeux, à peine dissimulés. Des seringues ont également été découvertes. « La plupart des cambrioleurs géorgiens sont toxicomanes. L’argent récolté leur sert à assurer leur consommation de produits stupéfiants et ils ne rechignent pas à enchaîner les cambriolages pour en obtenir. Ils vivent le plus souvent à la marge, dans la précarité. » Assis sur le canapé, les hommes du réseau ne bronchent pas, tandis que les éléments à charge sont fourrés dans de gros sacs en plastique. Tous doivent être déférés demain au parquet de Paris.


Le Parisien
Source : http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75005/le-gang-de-cambrioleurs-georgiens-demantele-25-04-2013-2756883.php

De puissants parrains à la tête de ces réseaux

C.B. | Publié le 25.04.2013, 05h21

Ils tissent méthodiquement leur toile à travers l’Europe et donnent du fil à retordre aux enquêteurs parisiens depuis un peu plus d’un an, après avoir écumé le sud de la France. L’organisation criminelle des Voleurs dans la loi (Vory v zakone), dont les membres sont repérables à leurs nombreux tatouages (notamment des étoiles et des croix), trouve ses racines en Géorgie, ce petit pays du Caucase.

Mais c’est depuis l’Europe, les Etats-Unis ou la Russie, notamment, où ils se sont réfugiés après avoir été boutés hors de leur patrie, que de puissants parrains orchestrent leurs réseaux mafieux, parfaitement organisés et extrêmement hiérarchisés. Encadrés par leurs donneurs d’ordres et bénéficiant de leurs propres receleurs, des centaines de cambrioleurs multiplient les casses d’appartements, un peu partout en Europe, au profit de l’organisation. Très mobiles, passant d’un pays à l’autre, reconstituant des cellules au gré de leurs déplacements, les membres de Vory v zakone sont connus pour « travailler » à un rythme industriel. Les casses sont modestes, mais leur nombre, impressionnant, permet aux parrains de s’enrichir de manière considérable et de faire de juteux investissements là où ils se trouvent. Faire tomber ces cellules parfaitement structurées demande souvent des mois d’enquête. En décembre dernier, un gang de neuf Voleurs dans la loi, qui avait été signalé dans un rapport du Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée), a été démantelé à Paris. Une série de vingt-deux cambriolages a été imputée au réseau, dont le butin avait été retrouvé chez un receleur arménien de Romainville (93).


Le Parisien
Source : http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75005/de-puissants-parrains-a-la-tete-de-ces-reseaux-25-04-2013-2756879.php

Voir également : Gangstérisme géorgien : "Le rôle de receleurs est souvent tenu par des criminels arméniens" (Stéphane Quéré, criminologue)

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