mercredi 26 juin 2013

La politique arménienne de la Russie tsariste

Taïmourza, "La Politique Arménienne de la Russie", Prométhée, n° 29, avril 1929, p. 9-16 :
La « question arménienne » a toujours servi d'atout dans le jeu diplomatique de la Russie impériale par rapport à la Turquie. C'était le gouvernement russe qui se faisait toujours premier instigateur dans l'affaire des soi-disant « réformes arméniennes » aussi bien que le partisan de la création d'une Arménie autonome sous le protectorat des grandes puissances.

La Russie qui opprimait les peuples subjugués, la Russie qui interdisait la commémoration de Taras Chevtchenko en Ukraine, qui allait jusqu'à défendre les chansons ukrainiennes, apparaissait ici comme une protectrice désintéressée, laquelle se posait en défenseur des intérêts nationaux des Arméniens de Turquie. Nous ne sommes point les défenseurs de la vieille Turquie ; cependant, la Russie des pogroms juifs, la Russie des massacres entre Tatares et Arméniens, au Caucase, cette même Russie dans le rôle de défenseur « des droits des opprimés », c'est une chose vraiment difficile à comprendre !...

Le général Denikine avait aussi pris soin des Arméniens, lui, qui ne reconnaissait « aucun droit national » pour les autres peuples.

On n'a pas oublié certainement la déclaration de guerre à l'Azerbaïdjan par le général Denikine pour la seule raison d'un désaccord existant entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, « soeur et amie de la Russie ». Rapprochez de ce fait la déclaration hors la loi des délégués du Caucase du Nord par ce même général Denikine, et vous comprendrez aisément que dans ce « souci des Arméniens » il y avait une autre raison. Jusqu'à présent nombre de personnes continuent de croire que la Russie était, en effet, une protectrice désintéressée des Arméniens lorsqu'elle défendait leurs intérêts nationaux. C'est sur cette hypothèse que reposait et que repose encore l'espoir d'une partie bien considérable des hommes politiques d'Arménie. Si nous voulons démontrer ici, documents en mains, « le souci russe pour les Arméniens », ce n'est pas dans le but de désenchanter les Arméniens dans leurs sympathies russes, mais uniquement dans l'intérêt de la vérité.

Un an avant la Grande Guerre, en 1913, sur l'initiative de la Russie, une commission internationale spéciale fut créée ; elle comprenait des représentants de l'Autriche, de l'Angleterre, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Russie et de la France. Son but était de discuter le projet, formé par la Russie, sur la question des « réformes arméniennes ». Selon ce projet on devait organiser une région autonome arménienne constituée de six vilayets turcs : Erzeroum, Van, Bitlis, Diarbékir, Kharpout et Sivas, sous la direction d'un général gouverneur chrétien. On projetait aussi la création d'un tribunal spécial, l'organisation d'une police et d'une gendarmerie sous le commandement d'officiers européens.

La vieille Turquie, épuisée par les guerres récentes de Tripolitaine, de Cyranéique et des Balkans, n'était pas en état de s'opposer à une opération si désastreuse. Elle dut avec regret accepter la création d'un « Etat spécial dans l'Etat » ; c'est ainsi qu'au début de 1914, le 8 février, fut signé entre la Turquie et la Russie une entente « donnant satisfaction aux deux parties contractantes ». La grande guerre européenne ayant éclaté, empêcha la réalisation de cette entente. Cette guerre éveilla en Russie des appétits beaucoup plus larges qu'auparavant. Bien avant l'entrée en guerre de la Turquie, la presse russe de la capitale se faisait l'écho de certaines rumeurs au profit d'un règlement définitif du problème du Proche-Orient. On disait que l'heure était venue des réalisations pour la mission historique russe. Dans un prochain numéro, nous essayerons de montrer que cette soif de « mission historique » à peine voilée par la Russie officielle, fut l'une des causes qui décida de l'entrée en guerre de la Turquie du côté des Puissances centrales, de la coalition Austro-Allemande.

Mais revenons au thème principal de notre article : Aussitôt que la Turquie entra en guerre, la Russie se mit en devoir de préparer le partage de la « Turquie d'Asie ». Il va de soi que ce partage correspondait à « la rubrique historique » de la défense des intérêts nationaux des Arméniens turcs. « Les vilayets arméniens » de la Turquie, « la majorité arménienne » ne faisaient que fortifier cette « mission historique » de la Russie au profit de son immixtion protectrice dans cette affaire.

« Les documents secrets de l'ancien ministère des Affaires Etrangères » publiés et recueillis par le pouvoir soviétique sous l'appellation générale de « Partage de la Turquie d'Asie » donnent une documentation complète pour permettre de juger de la sincérité de la Russie dans la cause arménienne. Les dépêches bien courtes, entre le ministre des Affaires Etrangères et ses ambassadeurs à Paris et à Londres, en disent plus long que des volumes entiers... Voici un télégramme du ministère des Affaires Etrangères aux ambassadeurs russes à Paris et à Londres, MM. Izvolskï et le comte Benkendorf (N° 1721 du 17 avril 1915). Nous la citons intégralement :

— « Un homme politique arménien, sujet russe, le docteur en médecine Zavriev, bien noté au ministère des Affaires Etrangères est parti pour la France et pour la Grande-Bretagne dans le but de disposer le gouvernement et l'opinion publique desdits pays, en faveur de la réalisation des desiderata arméniens. Zavriév demande à se faire introduire dans ces cercles politiques et il sollicite un appui. »

Peut-on douter, après cela, que « le programme des desiderata arméniens n'ait été exactement connu du ministère des Affaires Etrangères et que cette recommandation du docteur Zavriev, « bien noté au ministère des Affaires Etrangères » n'a pas été fondée sur de simples conversations « académiques » sans importance pour ainsi dire. Il est de toute évidence que le docteur Zavriev est parti pour l'Europe, complètement rassuré sur l'appui que le gouvernement impérial donnerait au programme, que lui et Boghos-Noubar-Pacha (ce dernier en qualité d'homme de confiance du Catholicos) apportaient à Paris et à Londres.

Cependant ce même programme « des desiderata arméniens » parut quelque peu suspect à M. Izvolskï, ambassadeur russe, du fait même qu'il était appuyé par le ministère des Affaires Etrangères.

M. Izvolskï s'empressa donc de télégraphier à M. Sazonov (N° 318 du 15-17 mai 1915) exactement ce qui suit :

« Docteur Zavriev arrivé ici m'a présenté un mémoire avec les résultats de ses entretiens dans notre ministère. Dans ce mémoire il est dit entre autres, que la Russie a l'intention de proposer aux Puissances la formation d'une Arménie autonome dans les limites de la Turquie, sous la souveraineté de cet Etat et sous la protection de trois Puissances : la Russie, l'Angleterre et la France. Le territoire de l'Arménie aurait englobé, parait-il, non seulement tous les vilayets arméniens, à l'exception de quelques parties de la périphérie, mais encore la Cilicie avec un port sur la Méditerranée, à Mersine, et à l'exception du golfe d'Alexandrette, avec l'Umourtalic. Plus loin il est dit dans ce mémoire :

« bien que ce programme soit approuvé par notre ministère des Affaires
« étrangères, lequel a promis son appui par l'intermédiaire de ses
« ambassadeurs à Londres et à Paris, et pour éviter les soupçons de la
« part de la France et de l'Angleterre, surtout dans la question de Cilicie,
« les hommes politiques d'Arménie agiront sans l'immixtion effective
« des ambassadeurs russes ; ils ne le feront, que dans des cas embarras-
sants, ou lorsque les ambassadeurs eux-mêmes le trouveront possible. »

Je n'ignore pas que le docteur Zavriev, ainsi que Boghos-Noubar-pacha ont déjà parlé dans le sens de ce qui précède, devant les membres du ministère des Affaires Etrangères d'ici. C'est pourquoi je vous prierais de m'informer si ledit programme est vraiment approuvé par vous et dans quelle mesure je dois l'appuyer ici. Le point touchant la Cilicie me parait surtout délicat, attendu que la France nous a fait pressentir ses aspirations sur. cette région. »

Voyons comment M. Sazonov répondit à la demande d'explications de M. Izvolski.

La réponse de M. Sazonov est très courte et nous la citerons intégralement (N° 2.307 du 5/18 mai. 1915) :

« Les entretiens avec les Arméniens ont eu un caractère essentiellement académique. On n'a indiqué aucun programme déterminé à Zavriev. A sa demande d'avoir en vue les aspirations des Arméniens qui désireraient faire entrer la Cilicie dans les limites de la future Arménie, il lui fut répondu : « Nous ne pouvons pas soutenir une telle revendication en raison de la prédominance des intérêts français en Cilicie. » Il en résulte donc que le docteur Zavriev induisit en erreur M. Izvolskï en affirmant que le programme qui lui avait été présenté avec « les desiderata arméniens » (la Cilicie incluse) avait été approuvé par le ministère des Affaires Etrangères russe. Oui, évidemment il en est ainsi d'après la réponse de M. Sazonov au télégramme de M. Izvolskï ; cependant il n'est pas possible que le docteur Zavriev « ait altéré la vérité ».

D'autre part, Boghos-Noubar-pacha a présenté le programme « des desiderata arméniens » au comte Benkendorf, ambassadeur à Londres. Là aussi il est dit que « ce programme est reconnu par le gouvernement impérial russe », la Cilicie incluse (Cf. le télégramme du comte Benkendorf à M. Sazonov, N° 462, du 2-15 juillet 1915).

A lui aussi M. Sazonov répond par cette phrase remarquable : « Tous les entretiens avec les délégués arméniens ont eu un caractère purement académique » (télégramme N° 3.476 du 7-20 juillet 1915).

Après tout ce qu'on vient de lire, peut-on s'étonner encore de ce que M. Izvolskï ait répondu à M. Sazonov par un télégramme (n° 377, du 1/4 juin 1915) ainsi conçu :

« D'après votre télégramme, sous le N° 2.307, je continue à m'abstenir scrupuleusement de prêter un appui quelconque aux desiderata de MM. Zavriev et Noubar-pacha. »

Ayant perdu toute confiance, après le télégramme de son chef, dans la bonne foi des politiciens arméniens, M. Izvolski demande à M. Sazonov dans le même télégramme :

« Au cas où le plan (d'une Arménie avec la Cilicie) trouverait ici une approbation effective, veuillez m'informer à quel point il trouverait un écho de notre côté. »

Laissons donc le côté diplomatique de la protection russe ou plutôt, pour s'en tenir au langage des télégrammes de M. Sazonov, le côté « académique » de la question et voyons ce qui se disait au sein du gouvernement russe sur l'Arménie autonome (avec ou sans la Cilicie). Nous y voyons que ces entretiens étaient loin d'avoir un « caractère académique ». Sous ce rapport, une lettre confidentielle de M. Krivocheme, directeur en chef du ministère de l'Agriculture, au nom de M. Sazonov, du 18 février 1916, présente un intérêt tout particulier. Dans cette lettre, il n'y est pas du tout question de l'Arménie ; on y parle du « bassin supérieur de l'Araxe et de l'Euphrate » (Vilayet d'Erzéroum et de Van et une partie de celui de Bitlis) « qu'on appelle généralement l'Arménie ».

Et ce pays « généralement appelé Arménie » intéresse M. Krivochéïne, exclusivement au point de vue des intérêts de la « transmigration des paysans russes ».


A présent nous comprendrons facilement pourquoi M. Sazonov considérait ses entretiens avec les délégués arméniens comme ayant un « caractère essentiellement académique » si l'on admet qu'au moment même où l'on envoyait un télégramme du ministère avec la recommandation du docteur Zavriev, le « bien noté », dans son bureau se trouvait une « lettre confidentielle » de M. Krivocheïne, son collègue du cabinet, lequel projetait de s'occuper non d'une Arménie « académique » autonome, mais de l'installation réelle de colons russes dans le bassin supérieur de l'Araxe et de l'Euphrate.
Nous voici en 1916. Dans la solution de la question arménienne apparaissent de nouvelles notes.
Le délégué du gouvernement de la Grande-Bretagne, sir Marc Sikes, par une lettre du 12 mars 1916, au nom de l'ambassadeur sir Buckenheim, à Pétersbourg, propose à l'attention du gouvernement russe le partage de l'Arménie en deux parties : entre la Russie et la France. C'est-à-dire que la Russie reçoit Erzéroum, Van et Bitlis, alors que l'Arménie proprement dite passe à la France ; c'est dans la zone française qu'elle trouverait « la concentration des sentiments nationaux arméniens ».

Ce plan déplaisait à M. Sazonov, non pas parce qu'il y était question du partage de l'Arménie « entière », mais parce qu'il avait peur du voisinage français. Voici ce qu'il écrivait à ce sujet dans son « mémoire très humble » au tsar, le 29 février 1916 :

« L'apparition sur une grande étendue de notre frontière d'Asie, dans des endroits ayant une population mixte et inquiétante, d'une grande Puissance européenne, serait-ce même notre alliée actuelle, doit être considérée comme indésirable. »


En échange de l'accord concernant la rectification des frontières d'Arménie « si chère à la Russie », M. Sazonov était prêt à « céder à la France le territoire de la Petite Arménie entre Sivas-Kharpout et Césarie ».

Le 17 mars 1916, sous la présidence de M. Sturmer, eut lieu un « conseil spécial ». A la remarque du représentant du vice-roi du Caucase, que le « partage en deux parties susciterait un mécontentement et les protestations des Arméniens, ainsi qu'une agitation au Caucase », le ministre des Affaires Etrangères répondit, qu'un tel partage correspond aux particularités topographiques de la région, ainsi qu'au groupement des Arméniens d'après la religion.

Comparez cette réponse avec le programme d'une Arménie autonome, approuvé par lui-même et au sujet duquel MM. Zavriev et Boghos-Noubar pacha avaient fait un rapport, et vous aurez, en effet, un réel tableau des entretiens « d'un caractère essentiellement académique » qu'il eut avec les politiciens arméniens sur le principe d'une Arménie unifiée.

Le ministre de la Marine, dans son mémoire du 20 mars/2 avril 1916, ne sympathise pas beaucoup à la population arménienne car dans « ses veines coule un sang particulièrement agité ».


Le mémoire du ministre de la guerre du 24 mars/6 avril 1916, explique bien la peur du voisinage français (sur le territoire de l'Arménie), nous y lisons :  
« Si la Russie tendait toujours et tend encore à s'assurer la possession et la possibilité d'une nationalisation (lire russification — N. de la R.) de ses confins, les intérêts de la France dans les provinces voisines tendront exclusivement à tirer le meilleur profit du territoire occupé ; en outre, sous le rapport administratif, elle serait disposée d'accorder aux tribus qui l'habitent, une indépendance complète, possible avec une organisation ultra-libérale, administrative et sociale, sans compter aucunement avec les intérêts d'Etat de la Russie ».

De plus, continue le ministre de la Guerre, on peut supposer que, dans quelque temps, l'un des buts de la politique de la France sera d'étendre au delà des confins de la Russie, et de la Perse du Nord, la sphère de son influence, en contribuant au développement des tendances autonomes, principalement parmi la population arménienne. » Voilà donc ce qui reste du « programme approuvé par le gouvernement impérial sur l'autonomie de l'Arménie » !...

Quant à son alliée, la France, avec laquelle il n'y a pas longtemps la Russie avait l'intention de partager le fardeau du protectorat sur « l'Arménie unifiée », le gouvernement russe s'est mis à la considérer avec prudence ; elle a craint que le régime « ultra libéral » de la France ne contribuât au développement des tendances autonomistes chez les Arméniens.

En vérité : « que Dieu nous préserve des amis », auraient pu dire les Arméniens.

Passons plus loin:

Sous nos yeux se trouve une lettre de M. Sazonov adressée au Vice-roi du Caucase (N° 540 du 174/28 juin 1916). Cette lettre nous dévoile mieux que partout ailleurs, le vrai visage « de la politique arménienne » du gouvernement russe. M. Sazonov est bien préoccupé de « l'organisation future de la Grande Arménie » dont presque tout le territoire est occupé par les armées russes. C'est alors, semble-t-il, que le gouvernement impérial aurait eu la possibilité de prouver par des faits «  son amour immémorial envers le peuple martyr d'Arménie ». Ecoutez cependant ce que dit maintenant le ministre russe, lorsque l'Arménie se trouve dans les propres mains « de l'éminent protecteur ».

M. Sazonov écrit :

« On n'ignore point que les jalons extrêmes, entre lesquels on place généralement chez nous la solution de la question arménienne, ont deux courants : l'un est la tendance des nationalistes arméniens vers une autonomie complète sous l'égide de la Russie, dans l'esprit des réformes proposées par nous en 1913 ; l'autre courant, opposé au premier, ramène à zéro l'importance des Arméniens essayant de mettre à leur place les musulmans. (Tel est à peu près le sens du mémoire du ministre de la Marine dont on a parlé plus haut.)

« Il me semble que la solution de cette question dans un sens ou dans l'autre, ne correspond point aux intérêts de la Russie, pas plus au point de vue de la politique extérieure, qu'intérieure. En ce qui concerne l'octroi d'une large autonomie aux Arméniens, il ne faut pas oublier que dans la Grande Arménie actuellement conquise par la Russie, les Arméniens ne formaient jamais une majorité.

Ainsi : 1° Dans la Grande Arménie, les Arméniens n'ont jamais constitué une majorité et, 2° l'autonomie de l'Arménie n'est pas dans les intérêts de la Russie. C'est ainsi qu'écrit le ministre des Affaires Etrangères, auteur des réformes proposées par la Russie en ce qui concerne la création d'une Arménie autonome, ou moment où le soi-disant territoire arménien se trouvait sous la domination des Turcs.

M. Sazonov ne veut point cependant laisser les Arméniens les mains vides ; il croit possible d'accorder aux Arméniens dans certaines limites, une indépendance scolaire et cultuelle, le droit d'utiliser leur langue, aussi bien qu'une administration municipale et rurale, tout en observant, lors des élections, un pourcentage dans la proportion de la population...

La réponse du vice-roi du Caucase, le Grand-Duc Nicolas (N° 21.083 du 3/16 juin 1916) met déjà tous les point sur les « i », ce qui, dans l'ensemble, produit l'effet d'une croix qu'on ferait sur l'autonomie de l'Arménie.


En effet :

« La question arménienne dans les limites de l'empire russe actuel est, à mon avis, inexistante, écrit le vice-roi du Caucase ; il ne faut même pas la rappeler. »


En ce qui concerne la question arménienne dans la région des vilayets turcs, occupée par les armées russes, le vice-roi du Caucase est d'avis que « l'autonomie de l'Arménie sous l'égide de la Russie, d'après toutes les probabilités, ne sera pas soulevée, car elle pourrait dangereusement compliquer la solution pacifique des questions, nées de la guerre actuelle ». C'est pourquoi le vice-roi est complètement d'accord avec M. Sazonov sur le projet qui consiste à octroyer aux Arméniens l'indépendance en matière d'enseignement et de religion, le droit de parler leur langue natale, à condition de conserver à la langue russe sa priorité dans tous les cas officiels »... Mais concluons.

Cela vaut-il la peine de se demander comment aurait fini « l'autonomie arménienne » si le sort avait permis de retenir les forces russes dans les possessions d'Asie Mineure de la Turquie.


Il est certain que le point de vue de M. Krivochéine aurait triomphé sur la « transmigration des paysans russes dans le bassin supérieur de l'Araxe et de l'Euphrate, qu'on désigne généralement sous le nom d'Arménie ».


Le gouvernement russe n'aurait même pas permis qu'on lui rappelât l'autonomie des Arméniens dans la Grande Arménie, c'est-à-dire là où, d'après le témoignage de M. Sazonov, ministre des Affaires étrangères, « ils n'avaient jamais constitué une majorité ».


TAIMOURZA.

Voir également : Mir Yacoub Mehtiev : "La Question Arménienne"

La politique de russification d'Alexandre III et les Arméniens du Caucase

Une parenthèse dans l'histoire du nationalisme révolutionnaire arménien : la résistance du Hintchak et de la FRA-Dachnak à la politique de russification inaugurée par Alexandre III

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Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

L'audition de DSK au Sénat fait polémique

Longuet (UMP): DSK "pas souhaité" au Sénat

Publié le 26.06.2013, 08h47

Le sénateur Gérard Longuet (UMP) a critiqué mercredi la venue de Dominique Strauss-Kahn au Sénat où il sera auditionné par une commission, estimant qu'il n'était "pas souhaité" dès lors qu'il a dégradé "l'image de l'homme".
Sur LCI, l'ancien ministre d'opposition a tranché: "dans l'image de la dignité de l'homme politique, Dominique Strauss-Kahn nous a fait faire un bond en arrière".
"Il aurait été raisonnable de sa part de ne pas venir et il aurait été raisonnable de ne pas l'inviter".
L'ancien ministre socialiste et ex-directeur général du FMI doit être interrogé dans l'après-midi par une commission d?enquête sénatoriale sur les banques.
"Il y a un moment, dans la vie, où on se contrôle, quand on veut exercer des responsabilités nationales", a fait valoir le sénateur de la Meuse.
Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/longuet-ump-dsk-pas-souhaite-au-senat-26-06-2013-2930655.php

Souvent qualifié à tort de "turcophile" par les ignorants ou les malveillants anti-turcs, DSK a en fait été mêlé à un premier projet de loi liberticide sur le "génocide arménien" : http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1643.asp

Voir également : Deux repris de justice "socialistes" aguichent le lobby arménien

Le "socialiste" "arménophile" François Pupponi : casseroles, forte abstention et "liste noire"

François Pupponi et le "milieu" corse

Jérôme Cahuzac, ancien ministre "exemplaire" (sic) des "anti-négationnistes" (re-sic) Hollande et Ayrault, avait des relations étroites avec l'extrême droite

L'anti-repentisme cohérent de Gérard Longuet

mardi 25 juin 2013

L'Arménie : pays sûr ou système politico-mafieux ?

Saône-et-Loire: RESF réclame l'asile pour une famille arménienne

A. G. avec AFP
Le 24/06/2013 à 19:00

Des militants de Réseau Education sans frontières se sont rassemblés lundi devant la préfecture de Saône-et-Loire pour attirer l'attention sur la situation d'une famille arménienne, réfugiée en France.


Selon RESF, la famille, qui compte trois enfants de 13, 12 et 10 ans, est arrivée en France mi-mai et a entrepris des démarches pour demander l'asile. Le collectif réclame notamment que la famille soit prise en charge par des structures d'hébergement. "La place des enfants n'est pas sur le trottoir", a dit François Portefaix, militant de RESF. Refuser l'accès à l'hébergement de cette famille constitue, dit-il, "une atteinte au droit d'asile inacceptable".

Une délégation de militants a été reçue à la préfecture pour évoquer la situation de la famille, ainsi que celle d'une famille kosovare-albanaise avec un nourrisson, selon RESF. "La préfecture dit chercher une solution pour la famille kosovare-albanaise par mesure humanitaire, mais pour la famille arménienne, c'est le blocage total car l'Office de protection des réfugiés considère que l'Arménie est un pays sûr, alors qu'il s'agit d'un système politico-mafieux", s'est indigné François Portefaix à l'issue de la rencontre.
Source : http://www.bfmtv.com/societe/saone-et-loire-resf-reclame-lasile-une-famille-armenienne-545082.html

Mâcon/Chalon RESF et la Ligue des droits de l’Homme mobilisés

le 25/06/2013 à 05:00 | Johan Bozon

Lundi matin, une vingtaine de membres du Réseau éducation sans frontières et de la Ligue des droits de l’Homme se sont rassemblés devant la préfecture à Mâcon afin de demander la prise en charge de l’hébergement de deux familles de demandeurs d’asile aujourd’hui à la rue.

C’est notamment le cas de la famille V., d’origine arménienne et sur le sol français depuis le 15 mai dernier avec ses trois enfants de 10 à 13 ans. Venant d’un pays qualifié de sûr par l’OFPRA, la famille a droit à une procédure de demande d’asile accélérée et sans recours. « Et le nouveau gouvernement les maintient dehors », regrette François Portefaix, au nom de RESF. « C’est une atteinte au droit d’asile et à la démocratie », enchérit-il, regrettant également qu’en conséquence, les trois enfants ne puissent accéder au système scolaire. « Une pétition les concernant a déjà recueilli 800 signatures », précise le militant.

L’autre famille, d’origine kosovare albanaise est arrivée en France, le 6 mai accompagnée de sa petite fille de 4 mois. Contrôlée en Hongrie, son dossier ne sera traité qu’à la mi-juillet. En attendant, elle ne bénéficie d’aucune mesure de protection. « Nous demandons que soit appliquée la décision de la cour européenne de justice qui dit que les conditions minimales d’accueil du demandeur d’asile doivent être octroyées par l’État membre saisi d’une demande d’asile même s’il requiert un autre État membre qu’il estime responsable de l’examen de la demande », nous a confié Iain Simpson-Smith, président de la LDH.

Une délégation de trois personnes a été reçue en préfecture, sans qu’une solution ne puisse être apportée.
Source : http://www.lejsl.com/faits-divers/2013/06/25/resf-et-la-ligue-des-droits-de-l-homme-mobilises

vendredi 21 juin 2013

Sahak Ter-Gabrielian et le premier plan soviétique de "rapatriement" des Arméniens

Georges Gvazawa, "La politique de provocation", Prométhée, n° 59, octobre 1931, p. 9-12 :
Des nouvelles terrifiantes nous arrivent du Caucase. La tuerie stupide et insensée qui se déroule en Géorgie et en Azerbaïdjan dépasse par son horreur tout ce qu'on peut imaginer. On ne peut lire sans frémir les courts communiqués que nous publions ci-dessous : des centaines de paysans sont fusillés ; et parmi ces victimes de la barbarie moscovite, il y a des enfants de 7 et 9 ans et des vieillards octogénaires ; des femmes et des enfants sans défense sont arrêtés et relégués en masse en Russie.

Ce n'est pas que leur nombre nous paraisse trop élevé, les bolcheviks nous ont habitué à des excès beaucoup plus effroyables, mais cette fois leur atrocité dépasse toute mesure et atteint une folie qui ne peut avoir aucune excuse, aucune circonstance atténuante, ne fut-ce qu'au point de vue de leur propre idéologie.

En effet, la période « héroïque » de la révolution est finie depuis longtemps ; on est, ou tout au moins on prétend être dans une phase « d'édification socialiste », c'est-à-dire dans une période de travail constructif, régulièrement établi, minutieusement calculé et méthodiquement poursuivi.. N'empêche que les malheureux citoyens géorgiens et azerbaïdjaniens soient traqués, persécutés et massacrés. Cependant, ce sont de simples paysans qui n'ont jamais demandé autre chose qu'une modeste concession, celle de les laisser cultiver leur jardin.

Inutile. Vous pouvez être un honnête homme, un bon travailleur, absolument étranger à tout mouvement de nature à porter ombrage au pouvoir existant, vous n'en êtes pas moins exposé à tout instant aux foudres de la tyrannie sanguinaire de Moscou. Un beau jour votre modeste demeure est assaillie par une ruée de soldats armés jusqu'aux dents et, si vous n'avez pas réussi à fuir à temps, vous êtes perdus. Parmi les cris des femmes éplorées, à côté de berceaux éventrés, vous êtes abattus comme un chien. Les femmes et les enfants sont expulsés, sinon massacrés sur place, et dirigés vers le Nord, vers la Sibérie ou Solovki. Des dizaines de villages sont ainsi vidés d'habitants et mis à la disposition du gouvernement pour être repeuplés avec un autre élément qu'on croit, à tort ou à raison, plus sûr, ou plus docile.

Mais quelle peut bien être la cause de cette folie ? On est généralement enclin à croire que c'est l'opposition des paysans aux entreprises de collectivisation que le gouvernement s'efforce de réaliser dans les Républiques caucasiennes. Certes, l'expérience soviétique se heurte à la psychologie du peuple, à ses moeurs et habitudes, aussi bien qu'à la structure économique et sociale établie depuis des siècles. On sait que, l'année passée ; il y a eu sur ce terrain des conflits sanglants entre la population locale et les « brigades de choc » de Moscou. Le gouvernement a été contraint de refroidir son zèle et de reculer devant la menace d'un soulèvement général. Mais ce ne fut là qu'une manoeuvre : il profita de l'accalmie qui régnait pour faire ses préparatifs et, le printemps venu, il jeta toute une armée dans la province rebelle, occupa les points stratégiques et se mit à exécuter son plan qui, comme l'on voit, n'a rien de commun avec la « collectivisation de l'économie rurale ».

Quel est donc ce plan ? Notre correspondant fait allusion aux intrigues de quelques Arméniens qui seraient tentés, dans l'époque transitoire où nous sommes, de s'emparer, sous la protection du pouvoir soviétique, d'un lambeau du territoire voisin. L'allusion ne nous paraît pas plausible. La situation actuelle au Caucase est si tragique pour tous, l'oppression soviétique si effroyable et la manifestation de solidarité entre les peuples du Caucase si éclatante, qu'on a peine à supposer qu'une telle bévue politique puisse prévaloir dans les milieux responsables du peuple arménien. Mais il ne faut jamais perdre de vue que nous avons affaire aux Soviets, et alors tout s'éclaircit et tout s'explique. Si quelques Arméniens y sont mêlés, il est évident qu'ils ne peuvent être que des instruments entre les mains sanglantes et criminelles des dirigeants de Moscou.

L'apparition de l'obscur Ter-Gabrielian dans les coulisses ténébreuses de l'activité soviétique à Paris y projette quelque lumière. Ce repris de justice, actuellement premier ministre de l'Arménie soviétique, avait une mission délicate à remplir. Il devait entamer des pourparlers avec les milieux arméniens de Paris et décider les émigrés arméniens à retourner dans leur patrie. A en croire les Dernières Nouvelles (N° 3831), M. Ter-Gabrielian a eu du succès. Il a été reçu à bras ouverts et même honoré d'un banquet. Il parlait, la voix attendrie, de la détresse de l'Arménie soviétique où la main-d'oeuvre ne serait pas suffisante, et de la nécessité urgente de venir en aide aux réfugiés arméniens. L'éloquent agent des Soviets jurait de ses grands dieux qu'ils seront accueillis à Batoum avec tous les égards, transportés en Arménie aux frais du gouvernement et établis dans des villages fraîchement construits ; ni les instruments de travail, ni le crédit agricole ne leur manqueraient point. Mais dans toutes ces promesses qu'il faisait miroiter devant les yeux éblouis de ses auditeurs, il y avait un point noir : M. Ter-Gabrielian n'a pas caché que pour les Arméniens, ressortissants du Caucase, la porte du paradis soviétique était fermée ; seuls les Arméniens de « l'Arménie turque » pouvaient bénéficier de l'amnistie (?) et de la bienveillance du gouvernement soviétique, animé du plus pur sentiment humanitaire.

L'agent soviétique, il faut lui rendre cette justice, a fait preuve d'un talent diplomatique exceptionnel. Il a su se faufiler dans un milieu « bourgeois et capitaliste », capter l'attention des hommes honorables, faire vibrer les cordes patriotiques de leurs coeurs et même délier celles de leurs bourses. Les différentes organisations arméniennes assumeraient les frais de transport, des ports européens à Batoum, évalués à 100.000 livres sterling. M. Venizelos, ministre de Grèce, et M. Malinov, ministre de Bulgarie, auraient promis de prêter gratuitement des bateaux pour le transport de 5.000 réfugiés de Grèce et de 1.000 réfugiés de Bulgarie à Batoum. Ainsi nous verrons bientôt un afflux au Caucase de réfugiés arméniens dont le nombre atteindrait 30.000.

Que la situation de tous les réfugiés en général soit des plus pénibles, on ne saurait en douter. Que les patriotes arméniens s'efforcent de soulager la misère de leurs coreligionnaires, rien n'est plus naturel ni plus louable. Mais qu'il nous soit permis d'élever des doutes sur le « sentiment humanitaire » des Soviets.

Tout d'abord la personnalité de M. Ter-Gabrielian... Passons. Ses promesses relatives aux « villages fraîchement construits » et aux « crédits agricoles largement ouverts », particulièrement dans cette période de crise mondiale, ne sont que des fables. On sait que les caisses de Soviets sont vides. D'autre part, il est établi qu'en Arménie il n'y a pas des terres cultivables dans une mesure suffisante même pour les Arméniens autochtones. Et puis, pourquoi cette préférence pour les réfugiés de « l'Arménie turque » et cette rigueur inconcevable pour les Arméniens ressortissants du Caucase ?... Autant de questions qui nous autorisent à conclure que toute cette « humanité soviétique » n'est qu'une provocation de grande envergure.

Le Caucase s'en va. L'impérialisme soviétique craque dans ses fondements. Dix années de lutte n'ont apporté aux bolcheviks que des déboires et de cruelles déceptions. On a eu beau envahir le pays, briser ses institutions libres, confisquer ses richesses et réduire sa population en esclavage, les peuples du Caucase restent, malgré tout, plus unis que jamais dans la lutte acharnée contre les envahisseurs, unanimes pour briser le joug moscovite et pour renouer le fil de leur évolution normale dans la paix et la dignité humaine. Que faire devant cette volonté inébranlable ? Où trouver dans cette union une fissure pour y introduire le venin susceptible de dissoudre la solidarité établie et la fraternité scellée sur les champs de tant de batailles ? Et si l'on recourait à l'ancienne méthode de provocation et d'excitation de haine et de rivalité entre les nationalités caucasiennes ?... Oui ! Mais comment ? Les Arméniens ne s'y prêteront plus : ils en ont assez souffert dans le passé. Les Azerbaïdjaniens, non plus. Les Géorgiens, encore moins. Alors, il ne reste que des réfugiés de « l'Arménie turque », échoués dans différents Etats du Proche Orient. On voit bien que ce n'est pas par hasard que les Arméniens, ressortissants du Caucase, sont exclus du bienfait de l'« humanité soviétique ».

Le plan est bien conçu. Et voici de quelle manière il est appliqué :

M. Ter-Gabrielian est dépêché à Paris pour soutirer de l'argent aux honnêtes gens et organiser à leurs frais le transport de réfugiés totalement étrangers au Caucase. MM. Vénizelos et Malinov sont alertés et naturellement captés pour une oeuvre aussi philanthropique. Parallèlement, le gouvernement de Moscou s'apprête à préparer « des villages fraîchement construits » pour les nouveaux colons arméniens. Malheureusement, s'il y a là quelque chose de frais ce n'est que le sang et les larmes des paisibles paysans géorgiens et azerbaïdjaniens qui, avec leurs familles, sont massacrés ou expulsés sans pitié de leurs villages. En effet, où se passent-elles ces horreurs ? Non pas en Arménie certes, mais dans la vallée de la Koura. Par contre, le point stratégique est bien choisi : il se trouve au centre du Caucase, au carrefour de trois Républiques caucasiennes et encercle d'une façon inquiétante Tiflis, capitale de la Géorgie. De là le venin de haine et de discorde peut se déverser plus facilement dans toutes les directions, et déchaîner une lutte fratricide au sein même du Caucase. C'est là le but réel des Soviets et le seul moyen qu'il leur reste pour briser le front unique des peuples qui se dressent contre eux.

L'histoire se répète. En 1828-1829, le Gouvernement tsariste massacra les Géorgiens en Djavakhetie (Akhal-Kalaki) et établit à leur place les réfugiés arméniens chassés de Turquie, dans le seul but de briser l'épine dorsale du Royaume de Géorgie qui contrecarrait ses visées impérialistes. En 1931, le Gouvernement soviétique réédifie fidèlement la même politique dans le but de briser l'unité politique du Caucase.
Nous espérons que les héros de la liberté caucasienne ne tomberont pas dans ce piège. Ils trouveront une langue commune avec les nouveaux colons arméniens et mettront en échec cette manoeuvre diabolique des Soviets.

G. G.

Voir également : La propagande soviétique en faveur du "retour" des Arméniens dans les années 30
  
Agitation irrédentiste en Arménie stalinienne au moment du pacte germano-soviétique

Histoire des Arméniens : la politique anti-azérie et pro-arménienne du régime bolcheviste

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Sud-Caucase soviétique : les déportations de divers musulmans dans les années 30 et 40

Les "opérations nationales" de "nettoyage" des frontières soviétiques (1935-1937)
  
Missak Manouchian : patriote français ou terroriste stalinien sans envergure ?

Mort d'un stalinien arménien : Henry Karayan


Le conflit arméno-géorgien

Le nationalisme falsificateur des "hôtes" arméniens en Javakheti/"Djavakhk" (sud de la Géorgie)

jeudi 20 juin 2013

Mir Yacoub Mehtiev : "Le problème du Caucase"

Mir Yacoub, "Le problème du Caucase", Prométhée, n° 45, août 1930, p. 1-2 :
Ces derniers temps la presse du Caucase a été absorbée par la question de l'union de tous les peuples qui l'habitent. Tous les partis, depuis les nationalistes jusqu'aux socialistes, toutes les classes, les ouvriers et la bourgeoisie se sont familiarisés avec ce problème que la vie elle-même a posé. L'idée d'unité du Caucase prend de jour en jour plus de consistance aussi bien parmi l'émigration que parmi les peuples qui l'habitent. Cette union est appelée à jouer le rôle de facteur de paix et de progrès sur un point important du globe servant de lien entre l'Asie et l'Europe, l'Orient et l'Occident, où deux civilisations, l'ancienne et la nouvelle se rejoignent. Le Caucase dans son ensemble ne représente pas seulement une conception géographique mais encore il constitue un tout au point de vue politique. L'Azerbaïdjan et la Géorgie constituent les centres de gravité du Caucase et les points d'appui de ces centres, Bakou-Batoum, représentent les ponts servant de voies d'échanges entre l'Asie et l'Europe.

L'Azerbaïdjan et la Géorgie jouent un rôle important non seulement dans le domaine économique mais aussi sur le terrain politique. Ces deux Etats constituent l'épine dorsale de la chaîne du Caucase, appelée à devenir un Etat indépendant. Les peuples du Nord du Caucase se sont attachés à cette chaîne pour former un tout indivisible. Et quant à notre voisin du Midi, son entrée dans cette union n'est plus qu'une question de temps. Le fait que les Arméniens se trouvent en dehors de cette combinaison est anormal, attendu que l'Arménie est liée avec notre pays par des liens indissolubles aussi bien politique qu'économiques. Cette vérité a été comprise du peuple arménien dans son entier. Il a fort bien saisi qu'il faut d'abord s'orienter sur les voisins car c'est avec eux qu'il faut vivre avant tout. Cette vérité toutefois n'a pas encore, hélas ! été comprise par les dachnaks et il faut attendre que se produise le revirement psychologique de ce parti qui a commis tant de fautes dans le passé et qui a causé tant de malheurs et de souffrances à son peuple. Le mal est que, jusqu'à présent, ce parti traverse une période de romantisme qui le fait rêver de constitution d'une Grande Arménie, d'une mer à l'autre. Les Dachnaks ne se sont pas encore familiarisés avec les nouveaux principes issus de l'idéologie du XXe siècle, car la création d'un Etat indépendant ne constitue pas encore par lui-même un but, ce n'est au plus qu'un moyen pour enrichir et rendre prospère qui habitent ce territoire. Et nous répétons que la base d'un Etat repose sur ses possibilités économiques et non sur le romantisme. Il est clair pour tout économiste impartial que le Caucase en général et la Transcaucasie en particulier forme un tout complet. Séparer Erivan de Tiflis ou Tiflis de Bakou est chose totalement impossible. Elever des murailles douanières entre trois points donnés équivaut à la ruine de l'économie nationale de la Transcaucasie. Comment pourrait vivre Erivan ou Bakou sans Batoum, seul débouché vers la mer libre ? Actuellement, un pipe-line géant relie Bakou à Batoum ; c'est, après l'Amérique, la réserve la plus considérable de naphte et ce n'est que par Batoum que cette richesse peut être expédiée en Europe. Qu'on sépare Erivan de Tiflis par une barrière douanière et la république d'Arménie mourra d'étouffement. Ce sont là des vérités si élémentaires que cela ne vaut pas la peine de dépenser des forces pour convaincre le lecteur impartial et objectif.

Mais en dehors de l'unité économique il existe encore une unité culturelle. Les peuples du Caucase ont des conceptions particulières résultant de l'influence d'une communauté de culture. Le destin les a unis dans le passé et l'histoire contient maints témoignages de ce que les peuples du Caucase ont uni leurs forces contre l'agresseur. Nous dirions même que le Caucase n'a qu'une âme, bien que ses peuples s'expriment différemment. La science n'a-t-elle pas montré que la langue par elle-même n'est pas un facteur strictement déterminant pour exprimer l'idée de nation, qu'elle n'est en somme qu'un facteur de son progrès.

Et du moment que nous admettons que le Caucase au point de vue économique et culturel forme un tout indivisible, le soin de le garder, de le défendre incombe à tous ses habitants. Conséquemment, le danger qui menacerait l'un de ses peuples doit intéresser l'ensemble des peuples du Caucase, c'est pourquoi, disons-nous, les mesures prises par l'un de ses peuples aux fins de sa défense doivent être coordonnées et unifiées. Dans cette unification caucasienne, tous les peuples du Caucase doivent jouir des mêmes droits et remplir les mêmes obligations. Justice, égalité, telles sont les pierres de touche de la future Union. L'idée de l'unité caucasienne possède son but exclusif, lequel s'exprime par un développement intensif de la vie économique du pays et par un meilleur accroissement de progrès. Rien en cela qui ne soit dirigé contre les voisins. Si nous parlons de défense commune, ce n'est évidemment que dans un but de conservation, que pour défendre l'intégrité du Caucase au cas où un Etat impérialiste quelconque tenterait de l'attaquer. Loin de nous la pensée d'isoler le Caucase par une muraille chinoise : des relations de bon voisinage seront établies avec tous les pays limitrophes, avec la Turquie, la Perse, la Russie ; au point de vue économique, des accords largement profitables seront faits. Mais au point de vue politique le Caucase doit être indépendant.

Nous répétons une fois de plus que son but est de mieux servir la cause du progrès et de la paix dans cette partie du monde. Nous repoussons de la manière la plus absolue les desseins que nous prêtent nos ennemis lorsqu'ils déclarent que l'unité du Caucase serait dirigée contre une tierce puissance. Ne savons-nous pas que le fait de se dresser contre « une puissance quelconque » est une arme à deux tranchants qui se retourne le plus souvent contre ceux qui s'en servent ?...

La future Confédération Caucasienne ne sera pas le résultat de considérations diplomatiques, elle sera dictée par la marche des événements et par l'histoire.

Mir.

Voir également : Mir Yacoub Mehtiev : "La Question Arménienne"

La réponse cinglante de Memmed Emin Resulzade à Khondkarian

Memmed Emin Resulzade : "Sous le mot d'ordre de l'Unité du Caucase"

mardi 18 juin 2013

Le poète communiste Nazım Hikmet : une référence fiable sur le "génocide" arménien ?

Nazım Hikmet, "Promenade du soir" (extrait), Anthologie poétique, Paris, Les Editeurs français réunis, 1970, p. 139 :

"Les lampes de l'épicier Karabet sont allumées,
Le citoyen arménien n'a jamais pardonné
Que l'on ait égorgé son père
Sur la montagne kurde
Mais il t'aime,
Parce que toi non plus tu n'as pas pardonné
A ceux qui ont marqué de cette tache noire
Le front du peuple turc."

Nazım Hikmet, page de titre intérieure de Moskova Senfonisi, Sofia, 1952 :


"C'est la main de Staline qui tient la bannière de la vie et de la paix."


Hikmet s'est installé dans le bloc soviétique en 1951. A la même époque, 150.000 Azéris étaient déportés de la RSS d'Arménie (1948-1952), remplacés par des Arméniens de la diaspora "rapatriés". Et 150.000 Turcs ethniques de Bulgarie étaient expulsés par le régime communiste (1950-1951). En 1943-1944, 160.000 Tatars de Crimée, 100.000 Meskhètes, 60.000 Karatchaïs et 30.000 Balkars (entre autres ethnies) avaient été déportés sur décision de Staline. Sans parler des revendications soviétiques sur Kars-Ardahan et les Détroits.

Voir également : La turcophobie exacerbée de l'historiographie arménienne et les buts stratégiques de l'URSS vis-à-vis de la Turquie : éclaircissement du cas de la RSS d'Arménie par celui de la RSS de Géorgie

Les revendications de Staline sur Kars et Ardahan (1945)

Staline et le chiffre sacro-saint d'1,5 million d'Arméniens

L'union sacrée de la diaspora arménienne autour du soutien à la dictature stalinienne (20 millions de morts)

Hitlérisme et stalinisme, les deux tentations des Arméniens dans les années 40

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris

La double oppression des Azéris en Arménie soviétique

Sud-Caucase soviétique : les déportations de divers musulmans dans les années 30 et 40

Les "opérations nationales" de "nettoyage" des frontières soviétiques (1935-1937)

Missak Manouchian : patriote français ou terroriste stalinien sans envergure ?
  
"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

mercredi 12 juin 2013

Nice : 25 ans de prison pour Ando Sarkisian

Un Géorgien condamné à 25 ans de prison pour un mystérieux double homicide

Publié le 07.06.2013, 19h23

Ando Sarkisian, un Géorgien d'origine arménienne de 37 ans, a été condamné vendredi à une peine de 25 ans de prison par la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le double meurtre en mai 2011 de deux figures très influentes des communautés arménienne et tchétchène de Nice.
L'avocat général Eric Camous avait requis la perpétuité à l'encontre de cet homme, qui a un passeport russe et avait obtenu en France un statut de réfugié politique.

A l'issue de trois jours de procès, le voile n'a pas été levé sur le motif exact de ces meurtres.
La nuit du 6 mai 2011, deux hommes avaient été retrouvés morts de deux balles chacun de 22 long rifle après un repas particulièrement arrosé sur le balcon du petit appartement niçois loué par Ando Sarkisian.
Il s'agissait de l'Arménien Edvard Margaryan, considéré par la police comme le représentant à Nice de la communauté criminelle de "voleurs dans la loi" (mafia de l'ex-URSS). L'homme habitait à Barcelone mais chapeautait peut-être encore la communauté arménienne de Nice, où habitaient ses enfants.

La deuxième victime était le Tchétchène Abdul Erzanukaev, soupçonné d'avoir été à l'époque le responsable et "juge de paix" de la communauté tchétchène à Nice. Arrivé en 2000 en France pour se mettre au vert après une affaire de blanchiment en Autriche, il n'avait jamais travaillé mais menait un train de vie luxueux, roulant dans une Mercedes offerte par un ami.
Le Géorgien Sarkisian avait été interpellé dans la rue peu après le double homicide, accompagné de ses deux jeunes enfants. Le soir du crime, il était le plus alcoolisé des trois hommes avec un taux de 1,44 gramme d'alcool par litre de sang.
L'avocate de l'accusé, Marie-Claire Freundlich le Thanh, a critiqué vendredi le terme "d'exécutions" utilisé par l'avocat général. Elle a défendu la version de son client selon laquelle le Tchétchène aurait tué l'Arménien, puis Sarkisian aurait abattu le Tchétchène.
Me Joseph Cicciolini, l'un des avocats de la famille tchétchène Erzanukaev, a pour sa part mis en exergue les mystérieux échanges téléphoniques entre Sarkisian et un interlocuteur parisien le jour du carnage, en laissant entendre que le double meurtre aurait pu être commandité.
Une violente bagarre avait également opposé, un mois avant le double homicide, Sarkisian à un autre membre de la communauté arménienne. L'affaire obsédait Sarkisian, au point qu'il était allé à Paris demander l'arbitrage d'un "voleur dans la loi".
Le soir du drame, les deux invités auraient potentiellement essayé de l'extorquer de sa voiture, a aussi affirmé Sarkisian.
La thèse d'une beuverie qui aurait mal tourné reste l'hypothèse privilégiée par les enquêteurs.
Source : http://www.leparisien.fr/nice-06000/un-georgien-condamne-a-25-ans-de-prison-pour-un-mysterieux-double-homicide-07-06-2013-2877575.php

Pour rappel : Nice : Ando Sarkisian devant la justice

Edvard Margaryan : mort d'un "voleur dans la loi" (sic) arménien

Nice : un Arménien de Géorgie suspecté de double homicide

Pompey : 4 mois de prison ferme pour le "recordman" du vol de carburant

12/06/2013 à 09:27 Mis à jour il y a environ 2 heures
L’assécheur de pompe prend 4 mois ferme

Pompey. 5 000 litres de carburant volé en une heure et demie ! C’est ce qui est arrivé dans la soirée du 26 avril dernier à la station-service du Leader Price de Pompey. Selon les enquêteurs, les voleurs ont utilisé une télécommande de maintenance pour débloquer une pompe. Après, il n’y avait plus qu’à se servir. Sans compter, ni payer. Les voleurs ont pris la précaution de masquer une caméra de surveillance avec du papier-alu. Mais un client a donné l’alerte vers 23 h 30.

Il a été intrigué par un jeune homme qui était en train d’utiliser la fameuse pompe déverrouillée et de remplir une cuve de 1.000 litres à l’arrière d’une camionnette.

Le témoin a prévenu les gendarmes. Et une patrouille est allée cueillir le conducteur de la camionnette, un Arménien de 23 ans. En garde à vue et, mardi, devant le tribunal correctionnel de Nancy, il a tout nié en bloc. Il affirme n’avoir aucun lien avec la disparition des 5.000 litres de carburant et le déblocage de la pompe.

Il soutient qu’un copain garagiste lui a prêté sa camionnette et sa carte bancaire pour aller chercher de l’essence en grande quantité. « Interrogé, l’ami garagiste a confirmé », précise l’avocate de la défense, Me Karine Laprévotte.

« J’ai mis sa carte bancaire dans la pompe, j’ai fait le code et je me suis servi », complète le prévenu. Problème : la pompe affichait « hors service » et la carte bancaire ne rentrait pas dedans.
Problème mathématique

Le substitut du procureur, Pierre Jund, ne croit donc pas une seconde à la version du jeune Arménien : « Pour vous, c’est normal de faire le plein d’une citerne en pleine nuit ? » Le prévenu hausse les épaules : « oui ». Le substitut ne lâche pas sa proie : « Et bien, moi, je n’ai jamais vu ça ! Vous n’étiez pas en train de rendre service à un ami mais en train de voler. Et ce n’est pas la première fois. Il y a déjà cinq affaires de vol sur votre casier ». Et de requérir 6 mois de prison ferme.

Révolte de l’avocate de la défense : « Il y a beaucoup trop d’incohérence dans ce dossier ». À commencer, selon Me Laprévotte, par la disparition de 5.000 litres de carburant en une heure et demie : « Ce n’est pas possible. J’ai fait un calcul. Cela prend plus de 8 heures pour y arriver ». Un problème mathématique qui n’a toutefois pas empêché le tribunal de condamner l’assécheur de pompe à 4 mois de prison ferme.

C.G.
Source : http://www.estrepublicain.fr/meurthe-et-moselle/2013/06/12/l-assecheur-de-pompe-prend-4-mois-ferme

Pour rappel : Meurthe-et-Moselle : vol de 5000 litres d'essence

Châtillon-sur-Loire : une femme gendarme blessée par un chauffard

Loiret > Giennois > Châtillon-sur-Loire 10/06/13 - 19h55
Un chauffard blesse une femme gendarme

C’est l’attitude pour le moins inquiétante d’un automobiliste qui a alerté la gendarmerie, hier soir, dans le centre-ville de Châtillon-sur-Loire.


Parmi tant d’autres effractions, le conducteur roulait en effet à 120 km/h dans une zone naturellement limitée à 50 km/h.

L’homme, un quadragénaire originaire d’Arménie, a refusé de se soumettre au contrôle
mis en place par les militaires et a continué sa route, n’hésitant pas à percuter une femme gendarme, qui a été blessée au bras (sept jours d’ITT).

Plus de détails dans notre édition de demain.
Source : http://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/giennois/gien/2013/03/27/un-chauffard-blesse-une-femme-gendarme-1582790.html

La note de restaurant de l'"arménophile" Marie-Arlette Carlotti

Marseille : Marie-Arlette Carlotti part sans payer l'addition

Le Point.fr - Publié le 11/06/2013 à 20:25 - Modifié le 11/06/2013 à 23:42
Un restaurant porte plainte contre la ministre qui n'a pas réglé l'addition d'un dîner pour 32 convives. Elle contre-attaque pour tentative d'escroquerie.

Par Jean-Michel Décugis et Aziz Zemouri

C'est une histoire comme seule Marseille sait les inventer. Marie-Arlette Carlotti, ministre chargée de la lutte contre l'exclusion et candidate préférée de l'Élysée à la mairie de Marseille, est en proie à des démêlés judiciaires avec le patron du Don Corleone, un restaurant chic de la cité phocéenne. Le restaurateur a déposé une plainte contre la ministre auprès du procureur de la République de Marseille pour "grivèlerie alimentaire". Le motif ? Une addition de 1 120 euros pour 32 couverts non réglée.

L'ancienne porte-parole de Jean-Noël Guérini
avait organisé un dîner-débat le 4 mai dernier dans cet établissement réputé de la rue Sainte pour présenter son livre Marseille ma capitale. Accueillie par des manifestants hostiles au "mariage pour tous", la ministre a tenu à expliquer sa position sur le sujet. Mais, à la table, deux militants socialistes aux conceptions opposées en sont venus aux mains. "Au départ, l'ambiance était bon enfant, raconte Alfredo Mauro, le patron. Mais les deux convives ont fini par se traiter mutuellement de réac et de facho."

L'affaire a vraiment tourné au vinaigre, juste avant le dessert. L'un des deux socialistes s'est levé et a dégainé une bombe lacrymogène en aspergeant le visage de son contradicteur à bout portant. S'est ensuivie alors une bousculade au cours de laquelle la candidate à la mairie de Marseille a été exfiltrée par les policiers du SPHP. Le restaurateur s'est alors retrouvé avec sa note non payée.
Contre-attaque du ministère

"Nathalie Pigamo, la collaboratrice de Carlotti à Marseille, m'a rapidement rassuré et a laissé un message vocal pour dire que, malgré les incidents, la ministre réglerait la note", confie le restaurateur. Mais un mois plus tard, toujours rien. "Je les ai relancés à plusieurs reprises. Les collaborateurs de la ministre me répondaient que, faute de dessert, ils ne régleraient pas la totalité de l'addition." Le patron du Don Corleone a donc décidé de déposer une plainte et a diffusé un communiqué pour le faire savoir. "Quatre minutes plus tard, je recevais un coup de fil du ministère me pressant de démentir, sinon je ne serai jamais payé et la justice laissera traîner les choses. J'ai refusé."

Depuis, le ministère a porté plainte contre Alfred Mauro pour tentative d'escroquerie. Selon une source judiciaire marseillaise, la ministre discuterait du prix, ne souhaitant régler que 15 euros le repas au lieu des 35 réclamés par le restaurateur. "La ministre a proposé au gérant de l'établissement de prendre contact avec les 32 convives pour qu'ils règlent leur partie de l'addition, justifie le directeur de cabinet de la ministre. Nous n'avons jamais pu obtenir la liste des participants de la part d'Alfred Mauro".

La campagne des municipales à Marseille démarre sur les chapeaux de roue. "Et encore, il ne s'agit que des primaires socialistes" persifle un camarade de la ministre.
Source : http://www.lepoint.fr/societe/marseille-marie-arlette-carlotti-part-sans-payer-l-addition-11-06-2013-1679820_23.php

Voir également : Le système clientéliste de Guérini en procès : "Si je parlais, certains ne seraient plus ministres"

mardi 11 juin 2013

Mort de Pierre Mauroy : rappel de ses "liaisons dangereuses" avec la FRA-Dachnak

Gaïdz Minassian, "L'Internationale socialiste et les partis socialistes exilés du bloc communiste : le cas de la Fédération révolutionnaire arménienne Dachnaktsoutioun", Revue d'études comparatives Est-Ouest, volume 32, n° 3, 2001 :

"L'IS tient compte de ces revers dachnaks lors de son congrès de Berlin en 1992. Elle est sensible au pragmatisme du MPA dans le conflit du Haut-Karabakh (la République d'Arménie ne reconnaît pas l'indépendance de l'enclave, entame un dialogue avec l'Azerbaïdjan et respecte les décisions de la CSCE) et l'invite à se rendre à Berlin. Sans être un parti de gauche, le MPA dépose sa candidature à l'IS afin de renforcer le crédit international de l'Arménie et de son président, et de court-circuiter la candidature de la FRA. Le congrès de Berlin est, pour cette dernière, un échec puisque, malgré les efforts de H. Maroukhian, son adhésion n'est toujours pas acquise. Mais l'élection de P. Mauroy à la présidence de l'IS et de Luis Ayala au secrétariat général lui redonne un semblant d'espoir23. (...)

23. A l'époque premier ministre, Pierre Mauroy est proche de la FRA. Homme politique chilien, Luis Ayala entretient d'étroites relations avec la branche argentine de la FRA." (p. 121)

"Ceci dit, l'unité apparente de la FRA cache certaines nuances de taille par rapport au développement du socialisme démocratique au XXIe siècle. Le Bureau mondial de la FRA opte pour un socialisme moins idéologique tel qu'il est pratiqué en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Les dachnaks d'Arménie, réunis autour du Haut-Comité, plus haute instance du parti dans la République, penchent davantage pour la « mondialisation maîtrisée » que préconise L. Jospin. Le Bureau mondial mise sur l'implication des Etats Scandinaves dans l'instauration de la paix au Haut-Karabakh. Celle-ci a déjà porté ses fruits à deux reprises alors que la vieille amitié franco-arménienne montrait quelques signes d'essoufflement (long blocage par le Sénat de la proposition de loi sur la reconnaissance du génocide des Arméniens, investissement de la France en faveur du soutien à l'entrée de la Turquie dans l'UE, lenteur du processus de paix au Haut-Karabakh conduit par le groupe de Minsk co-présidé par la France) même si une partie des socialistes français s'est largement impliquée dans la reconnaissance du génocide au Sénat et si la Fondation Jean Jaurès, présidée par P. Mauroy, a co-organisé avec la FRA deux séminaires de formation politique à Erevan en 1998 et 1999." (p. 127)


Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 70 :

"Le soir de la victoire du 10 mai 1981, les dachnaks participent, en France ou à l'étranger, à l'ivresse populaire qui gagne le peuple de gauche et scandent eux aussi le slogan : « On a gagné. » A la lecture du discours de F. Mitterrand à Mexico, certains voient même dans la France socialiste une terre dachnak favorable aux peuples en lutte. Le gouvernement de Pierre Mauroy compte plusieurs ministres arménophiles. Le PS de Lionel Jospin prête une oreille attentive à la FRA dont les démarches auprès des socialistes transitent par un poids lourd du gouvernement, C. Hernu." (p. 70)

"Mais ce n'est pas tant l'arrestation de V. Tcharkhoutian qui explique la recrudescence des attentats de l'ASALA que l'invasion du Liban par Israël dont les conséquences s'avèrent désastreuses pour l'ASALA mais aussi pour la FRA. Cela n'apparaît cependant pas à première vue, le gouvernement de P. Mauroy confirme au Dachnak son rôle d'interlocuteur privilégié de la France. Le PS ouvre ses listes aux candidats dachnaks pour les municipales de 1983, la FRA participe aux congrès du PS et s'implique davantage à l'IS." (p. 76)

"En France, la FRA, qui a soutenu le président F. Mitterrand à la présidentielle de 1988, rencontre P. Mauroy, premier secrétaire du PS, en novembre 1988 à Paris. En pleins bouleversements à l'Est, le PS donne son accord à l'envoi d'une délégation officielle en RSS d'Arménie, en février 1989, comprenant entre autres H. Emmanuelli et G. Colomb [Collomb]." (p. 152)


Voir également : Le passé trouble de Charles Hernu, "grand ami des Arméniens"

Le très pro-arménien Charles Hernu était-il un agent du KGB, ceci expliquant cela ?

Le socialisme de la FRA-Dachnak

L'opposition du résistant socialiste français Daniel Mayer à l'entrée de la FRA-Dachnak au sein de l'Internationale socialiste

A quand l'exclusion de la FRA-Dachnak de l'IS ?

jeudi 6 juin 2013

Mafia "géorgienne" en Aquitaine : arrestation du parrain d'un réseau russo-arménien

Publié le 05/06/2013 à 06h00 | Mise à jour : 05/06/2013 à 11h39
Par Jean-Michel Desplos

Aquitaine : coup dur pour la mafia


La police judiciaire a interpellé hier 42 personnes spécialisées dans le vol et soupçonnées d’appartenir à la mafia géorgienne, implantée dans plusieurs villes du pays.


Bordeaux, Villenave-d’Ornon, Eysines, Mont-de-Marsan, Lyon, Marseille, Paris, Beauvais, Nîmes, Saint-Étienne et Nice : hier matin, près de 300 enquêteurs ont été mobilisés pour ce qui est semble-t-il une opération inédite au sein de la police judiciaire (PJ). Sur commission rogatoire du juge d’instruction Serge Rey, magistrat au sein de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Bordeaux, les enquêteurs de la PJ, assistés de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO), ont appréhendé 42 personnes quasi simultanément.

Toutes sont soupçonnées, à des degrés divers, d’appartenir à la mafia géorgienne, implantée dans plusieurs régions de l’Hexagone. Parmi les suspects interpellés figure la tête présumée du réseau, Artur Yuzbashev, alias Artur de Nice, qui fêtait hier ses 38 ans.


Hier soir, deux femmes ont été remises en liberté à l’issue de leur audition. Les gardes à vue en cours devraient se poursuivre jusqu’à vendredi, dans le cadre des « faits commis en bande organisée ».

« Voleur dans la loi »


L’enquête a débuté en septembre 2011 à la suite d’une recrudescence de casses de commerces et de cambriolages commis en Gironde et dans les départements limitrophes. Lunetiers (notamment le 2 mars 2012 à Agen) et tabacs attaqués, vols de bijoux et de numéraire, falsification de papiers, de cartes bancaires, etc. : les malfaiteurs montaient en puissance au fil des mois. Des phénomènes identiques étaient constatés dans les environs de Saint-Étienne, en région parisienne et sur la Côte d’Azur. Les enquêteurs de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Bordeaux ont rapidement découvert que le chef de clan se rendait souvent en Dordogne, à Bergerac, où résidaient certains membres de sa famille ainsi que des Arméniens.

Artur de Nice, identifié comme un « vory v zakone », un « voleur dans la loi », représente l’élite de la mafia selon la caste des voleurs russes, avec un code d’honneur, une discipline de clan et des tatouages, sur les épaules et les genoux, représentant des étoiles à neuf branches. Il dirigeait un réseau pyramidal, hiérarchisé et très bien structuré, et utilisait des « petites mains », très mobiles, pour réaliser les casses. Selon les constatations des policiers, cet homme ne se déplaçait qu’au volant de puissantes berlines, accompagné de gardes du corps et de jolies filles. Il est soupçonné d’appartenir au clan de Tbilissi, l’un des deux grands groupes implantés dans l’Hexagone, dont le chef, Aslan Usojan, a été assassiné en plein centre de Moscou le 16 janvier 2013.

Voyages en Grèce et à Chypre


Artur de Nice faisait régner une certaine terreur et pouvait se montrer violent s’il ne percevait pas l’argent demandé pour alimenter l’« obshak », la fameuse dîme. Environ 30 % du butin atterrissait dans les poches de ce parrain installé dans une luxueuse résidence à Nice. Les enquêteurs, qui l’ont suivi à la trace, ont pu déterminer qu’il menait grand train, s’habillait dans des commerces de luxe à Paris et se rendait souvent en Grèce et à Chypre accompagné de ses maîtresses. Amassant beaucoup d’argent, il a investi dans l’immobilier, comme certains de ses lieutenants.

Hier soir, les enquêteurs se félicitaient d’avoir interpellé tous les échelons du réseau, des simples pions aux parrains en passant par les responsables régionaux. Lors des perquisitions, les policiers ont saisi plusieurs milliers d’euros, quelques kilos d’or, des revolvers 6,35 mm, un gilet pare-balles, des cigarettes, du matériel informatique et des documents comptables.
Source : http://www.sudouest.fr/2013/06/05/coup-dur-pour-la-mafia-1074862-3.php

Publié le 05/06/2013 à 11h44

Mafia géorgienne : la tête de réseau avait sa base en Dordogne


Parmi la quarantaine de personnes arrêtées mardi matin, Artur Yuzbashev, chef de gang présumé, se rendait souvent à Bergerac, où vivait sa famille.

C’est à Bergerac que résidaient des membres de la famille d’« Artur de Nice », le chef d’un clan de cambrioleurs, dont l’arrestation, mardi, a mobilisé 300 enquêteurs. L’homme, qui vit dans le sud de la France et se rendait régulièrement dans sa base périgourdine, est présenté comme le parrain d’un réseau mafieux russo-arménien. La quarantaine de personnes interpellées dans le cadre de ce grand coup de filet devront répondre de vols commis dans la région.
Source : http://www.sudouest.fr/2013/06/05/mafia-georgienne-la-tete-de-reseau-avait-sa-base-en-dordogne-1075604-1980.php

Voir également : Gangstérisme géorgien : "Le rôle de receleurs est souvent tenu par des criminels arméniens" (Stéphane Quéré, criminologue)

Aveyron et Sud-Ouest : démantèlement d'un réseau de cambrioleurs arméniens et "géorgiens"

Gers : l'incroyable butin de la bande organisée de cambrioleurs arméno-géorgiens

La mafia arménienne passe par l'autoroute A 1

Bruxelles : l'Arménien de Géorgie Shirin Muradian soupçonné d'avoir participé à une fusillade

Edvard Margaryan : mort d'un "voleur dans la loi" (sic) arménien

Nice : un Arménien de Géorgie suspecté de double homicide

Collaboration entre mafieux arméniens et géorgiens en Europe occidentale

Guerre de clans entre Arméniens et Géorgiens ou entre Arméniens d'Arménie et Arméniens de Géorgie ?

Arméniens et mafias étrangères en France : un état des lieux par Dimitri Zoulas

Nice : Ando Sarkisian devant la justice

justice
Un Russe arménien accusé de double homicide à Nice : Repas arrosé ou règlement de comptes

Ando Sarkisian, un Russe arménien de 37 ans, comparaît devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le double meurtre en mai 2011 de deux figures très influentes des communautés arménienne et tchétchène de Nice, un crime dont le motif reste mystérieux.


    Yves Lebaratoux avec AFP
    Publié le 06/06/2013 | 09:20, mis à jour le 06/06/2013 | 09:40

L'homme avait exprimé ses craintes de représailles, notamment de la part de la communauté tchétchène, mais sa requête d'un procès à huis-clos n'a pas été acceptée.
La nuit du 6 mai 2011, deux hommes étaient retrouvés morts de deux balles chacun de 22 long rifle après un repas particulièrement arrosé sur le balcon du petit appartement niçois loué par Sarkisian.
Il s'agissait de l'Arménien Edvard Margaryan, considéré par la police comme le représentant à Nice de la communauté criminelle de "voleurs dans la loi" (mafia de l'ex-URSS). L'homme habitait à Barcelone mais chapeautait peut-être encore la communauté arménienne de Nice, où habitaient ses enfants.
La deuxième victime était le Tchétchène Abdul Erzanukaev, soupçonné d'avoir été à l'époque le responsable et "juge de paix" de la communauté tchétchène à Nice.
Arrivé en 2000 en France pour se mettre au vert après une affaire de blanchiment en Autriche, il n'avait jamais travaillé mais menait un train de vie luxueux, roulant dans une Mercedes offerte par un ami.
Les deux enquêteurs de police qui ont défilé à la barre n'ont émis aucun doute sur la culpabilité d'Ando Sarkisian dans ce double meurtre (même si le prévenu n'a avoué qu'un seul crime mercredi depuis le box). Ils avaient notamment retrouvé des "résidus de tirs" sur son T-shirt et ses mains, ainsi que des traces d'ADN sur des cartouches.
L'accusé avait été interpellé dans la rue peu après le double homicide, accompagné de ses deux jeunes enfants. Le soir du crime, il était le plus alcoolisé des trois hommes avec un taux de 1,44 gramme d'alcool par litre de sang.
Son épouse, en instance de divorce pour violences conjugales sur fond de surconsommation d'alcool, était en Ukraine au moment des faits. Elle décrit son mari comme un ancien toxicomane prenant de la méthadone et vivant d'une allocation handicapé. Le couple était arrivé en France en 2002.
Une violente bagarre avait opposé (un mois avant le double homicide) Sarkisian à un autre membre de la communauté arménienne. L'affaire obsédait Sarkisian, au point qu'il était allé à Paris demander l'arbitrage d'un "voleur dans la loi".

Le soir du drame, les deux invités auraient potentiellement essayé de l'extorquer de sa voiture, une Jeep Cherokee, a-t-il affirmé.
L'affaire est-elle liée à un règlement de comptes, à des querelles inter-communautaires ?
La thèse d'une beuverie qui aurait mal tourné reste l'hypothèse privilégiée par les enquêteurs.
Le procès, prévu jusqu'à demain, lèvera peut-être le voile.
Source : http://cote-d-azur.france3.fr/2013/06/06/un-russe-armenien-accuse-de-double-homicide-nice-repas-arrose-ou-reglement-de-comptes-264707.html

Nice ›
Le double meurtre entre "amis" de l'Est jugé aux assises

Publié le jeudi 06 juin 2013 à 07h14

Le repas entre amis arménien et tchétchène, censé régler un différend, s’est transformé en tuerie le 6 mai 2011à Nice. Et le mobile du crime reste toujours aussi flou après une journée de procès


Derrière la vitre blindée du box des accusés, Adno Sarkisian, 37 ans, barbe fournie et cheveux noirs, a le regard d'une bête traquée. Depuis le 6 mai 2011, date où deux membres influents des communautés arménienne et tchétchène de Nice ont été tués par balles dans son appartement, Adno Sarkisian répète qu'il est « un homme mort».
Mardi, les policiers ont trouvé sur lui une lame de rasoir. Il explique qu'il voulait se suicider pendant son procès.

Son avocate, Me Freundlich, a vainement sollicité le huis clos, « parce que mon client se sent en danger».

Posture ou réalité ? La première journée du procès a surtout accrédité la thèse d'une beuverie tragique plutôt que celle d'un crime commandité. Et il est bien difficile de cerner les activités professionnelles des protagonistes.

Mafieux ou pas ?


La présidente Michèle Lis-Schaal ne s'embarrasse pas de circonvolutions. Première question à l'adresse de l'accusé : «Vous en avez tué un, deux, ou aucun ?»

« Un seul. Abdul », répond Sarkisian, bras croisés, comme assommé par les anxiolytiques. «Abdul Erzanukaev était encore en vie quand j'ai quitté la maison. J'ai eu peur. J'ai pris mes enfants pour sortir de l'appartement. »

L'accusé est d'origine arménienne, mais il est né en Géorgie et de nationalité russe. Sa biographie est à l'image de l'affaire examinée depuis hier : obscure.


Une bagarre entre lui et un autre Arménien, un mois avant les faits est peut-être à l'origine du drame.

Le repas chez Sarkisian avec Margaryan et Erzanukaev aurait eu pour objet d'aplanir le conflit.

Edvard Margaryan, 38 ans, un Arménien vivant entre Barcelone et Nice, était décrit comme un « vor ». « Un voleur dans la loi ».


Un hiérarque dans un clan mafieux venu de l'Est. Il était d'ailleurs fiché par Interpol.
À l'audience, les témoins sont beaucoup moins affirmatifs.

Erzanukaev, 56 ans, lui, est inconnu de la justice française.

Réfugié politique, il était considéré comme un juge de paix, le chef de la communauté tchétchène de Nice. « Un homme bien, un sage», insiste Me Joseph Ciccolini, devant une famille éplorée.

La police judiciaire ne s'explique pas, en revanche, le train de vie très confortable du défunt.

« Pan, pan ! »

Comment ce repas très arrosé a-t-il pu dégénérer ? « Pan-pan ! Pan-pan ! J'ai entendu deux fois, deux coups de feu rapprochés », explique une retraitée, voisine du dessous, à la barre de la cour d'assises. Dans l'appartement où vivent Sarkisian et ses enfants de 5 et 7 ans, deux hommes gisent dans une mare de sang.

Pierre Batty, chef de la brigade criminelle de la police judiciaire est formel : « Les résidus de tir sur les mains de Sarkisian démontrent qu'il n'y a eu qu'un seul tireur. »

« Margaryan était allongé sur le ventre dans le salon. La tête reposait sur la glissière de la porte-fenêtre. Un impact dans le dos. Il a été achevé par une balle dans la nuque. Sur le petit balcon, Abdul Erzanukaev était assis sur un fauteuil, attablé, adossé à la balustrade. Il était atteint d'une balle en plein front et d'une au cœur.»

Malgré 1,42 g d'alcool dans le sang, Sarkisian, avec sa 22 LR à canon scié, a été d'une remarquable précision.
Source : http://www.nicematin.com/nice/le-double-meurtre-entre-amis-de-lest-juge-aux-assises.1287609.html

Pour rappel : Edvard Margaryan : mort d'un "voleur dans la loi" (sic) arménien

Nice : un Arménien de Géorgie suspecté de double homicide