jeudi 6 juin 2013

Nice : Ando Sarkisian devant la justice

justice
Un Russe arménien accusé de double homicide à Nice : Repas arrosé ou règlement de comptes

Ando Sarkisian, un Russe arménien de 37 ans, comparaît devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le double meurtre en mai 2011 de deux figures très influentes des communautés arménienne et tchétchène de Nice, un crime dont le motif reste mystérieux.


    Yves Lebaratoux avec AFP
    Publié le 06/06/2013 | 09:20, mis à jour le 06/06/2013 | 09:40

L'homme avait exprimé ses craintes de représailles, notamment de la part de la communauté tchétchène, mais sa requête d'un procès à huis-clos n'a pas été acceptée.
La nuit du 6 mai 2011, deux hommes étaient retrouvés morts de deux balles chacun de 22 long rifle après un repas particulièrement arrosé sur le balcon du petit appartement niçois loué par Sarkisian.
Il s'agissait de l'Arménien Edvard Margaryan, considéré par la police comme le représentant à Nice de la communauté criminelle de "voleurs dans la loi" (mafia de l'ex-URSS). L'homme habitait à Barcelone mais chapeautait peut-être encore la communauté arménienne de Nice, où habitaient ses enfants.
La deuxième victime était le Tchétchène Abdul Erzanukaev, soupçonné d'avoir été à l'époque le responsable et "juge de paix" de la communauté tchétchène à Nice.
Arrivé en 2000 en France pour se mettre au vert après une affaire de blanchiment en Autriche, il n'avait jamais travaillé mais menait un train de vie luxueux, roulant dans une Mercedes offerte par un ami.
Les deux enquêteurs de police qui ont défilé à la barre n'ont émis aucun doute sur la culpabilité d'Ando Sarkisian dans ce double meurtre (même si le prévenu n'a avoué qu'un seul crime mercredi depuis le box). Ils avaient notamment retrouvé des "résidus de tirs" sur son T-shirt et ses mains, ainsi que des traces d'ADN sur des cartouches.
L'accusé avait été interpellé dans la rue peu après le double homicide, accompagné de ses deux jeunes enfants. Le soir du crime, il était le plus alcoolisé des trois hommes avec un taux de 1,44 gramme d'alcool par litre de sang.
Son épouse, en instance de divorce pour violences conjugales sur fond de surconsommation d'alcool, était en Ukraine au moment des faits. Elle décrit son mari comme un ancien toxicomane prenant de la méthadone et vivant d'une allocation handicapé. Le couple était arrivé en France en 2002.
Une violente bagarre avait opposé (un mois avant le double homicide) Sarkisian à un autre membre de la communauté arménienne. L'affaire obsédait Sarkisian, au point qu'il était allé à Paris demander l'arbitrage d'un "voleur dans la loi".

Le soir du drame, les deux invités auraient potentiellement essayé de l'extorquer de sa voiture, une Jeep Cherokee, a-t-il affirmé.
L'affaire est-elle liée à un règlement de comptes, à des querelles inter-communautaires ?
La thèse d'une beuverie qui aurait mal tourné reste l'hypothèse privilégiée par les enquêteurs.
Le procès, prévu jusqu'à demain, lèvera peut-être le voile.
Source : http://cote-d-azur.france3.fr/2013/06/06/un-russe-armenien-accuse-de-double-homicide-nice-repas-arrose-ou-reglement-de-comptes-264707.html

Nice ›
Le double meurtre entre "amis" de l'Est jugé aux assises

Publié le jeudi 06 juin 2013 à 07h14

Le repas entre amis arménien et tchétchène, censé régler un différend, s’est transformé en tuerie le 6 mai 2011à Nice. Et le mobile du crime reste toujours aussi flou après une journée de procès


Derrière la vitre blindée du box des accusés, Adno Sarkisian, 37 ans, barbe fournie et cheveux noirs, a le regard d'une bête traquée. Depuis le 6 mai 2011, date où deux membres influents des communautés arménienne et tchétchène de Nice ont été tués par balles dans son appartement, Adno Sarkisian répète qu'il est « un homme mort».
Mardi, les policiers ont trouvé sur lui une lame de rasoir. Il explique qu'il voulait se suicider pendant son procès.

Son avocate, Me Freundlich, a vainement sollicité le huis clos, « parce que mon client se sent en danger».

Posture ou réalité ? La première journée du procès a surtout accrédité la thèse d'une beuverie tragique plutôt que celle d'un crime commandité. Et il est bien difficile de cerner les activités professionnelles des protagonistes.

Mafieux ou pas ?


La présidente Michèle Lis-Schaal ne s'embarrasse pas de circonvolutions. Première question à l'adresse de l'accusé : «Vous en avez tué un, deux, ou aucun ?»

« Un seul. Abdul », répond Sarkisian, bras croisés, comme assommé par les anxiolytiques. «Abdul Erzanukaev était encore en vie quand j'ai quitté la maison. J'ai eu peur. J'ai pris mes enfants pour sortir de l'appartement. »

L'accusé est d'origine arménienne, mais il est né en Géorgie et de nationalité russe. Sa biographie est à l'image de l'affaire examinée depuis hier : obscure.


Une bagarre entre lui et un autre Arménien, un mois avant les faits est peut-être à l'origine du drame.

Le repas chez Sarkisian avec Margaryan et Erzanukaev aurait eu pour objet d'aplanir le conflit.

Edvard Margaryan, 38 ans, un Arménien vivant entre Barcelone et Nice, était décrit comme un « vor ». « Un voleur dans la loi ».


Un hiérarque dans un clan mafieux venu de l'Est. Il était d'ailleurs fiché par Interpol.
À l'audience, les témoins sont beaucoup moins affirmatifs.

Erzanukaev, 56 ans, lui, est inconnu de la justice française.

Réfugié politique, il était considéré comme un juge de paix, le chef de la communauté tchétchène de Nice. « Un homme bien, un sage», insiste Me Joseph Ciccolini, devant une famille éplorée.

La police judiciaire ne s'explique pas, en revanche, le train de vie très confortable du défunt.

« Pan, pan ! »

Comment ce repas très arrosé a-t-il pu dégénérer ? « Pan-pan ! Pan-pan ! J'ai entendu deux fois, deux coups de feu rapprochés », explique une retraitée, voisine du dessous, à la barre de la cour d'assises. Dans l'appartement où vivent Sarkisian et ses enfants de 5 et 7 ans, deux hommes gisent dans une mare de sang.

Pierre Batty, chef de la brigade criminelle de la police judiciaire est formel : « Les résidus de tir sur les mains de Sarkisian démontrent qu'il n'y a eu qu'un seul tireur. »

« Margaryan était allongé sur le ventre dans le salon. La tête reposait sur la glissière de la porte-fenêtre. Un impact dans le dos. Il a été achevé par une balle dans la nuque. Sur le petit balcon, Abdul Erzanukaev était assis sur un fauteuil, attablé, adossé à la balustrade. Il était atteint d'une balle en plein front et d'une au cœur.»

Malgré 1,42 g d'alcool dans le sang, Sarkisian, avec sa 22 LR à canon scié, a été d'une remarquable précision.
Source : http://www.nicematin.com/nice/le-double-meurtre-entre-amis-de-lest-juge-aux-assises.1287609.html

Pour rappel : Edvard Margaryan : mort d'un "voleur dans la loi" (sic) arménien

Nice : un Arménien de Géorgie suspecté de double homicide