lundi 12 août 2013

La dangereuse mansuétude de l'Etat français pour le terrorisme anti-français

Antoine Basbous, Le tsunami arabe, Paris, Fayard, 2011, p. 248-249 :

"La France a longtemps été la victime des agissements des Assad père et fils. Rares sont les attentats, les assassinats, les enlèvements de Français au Liban qui n'aient pas été ordonnés ou parrainés par la Syrie, quoique tous aient été signés par des organisations fantoches censées dissimuler l'implication de Damas et de ses alliés. En 1981, l'assassinat de l'ambassadeur de France au Liban, Louis Delamare, a été perpétré à quelques mètres seulement d'un barrage syrien, au cœur de Beyrouth. Damas a toujours œuvré pour l'élimination de l'influence française au Liban, afin d'avoir les coudées franches pour satelliser et vassaliser le pays du Cèdre. Le « rayonnement » de la Syrie s'y exerce par une terreur masquée sous quelques slogans anti-israéliens et antioccidentaux.

Un des moments cruciaux de la tumultueuse relation franco-syrienne fut le « vrai-faux bombardement » d'une caserne à Baalbek abritant les milices chiites du Liban aux ordres de Damas et de Téhéran. Ces milices étaient accusées d'être impliquées dans la destruction, en octobre 1983 à Beyrouth, du Drakkar, QG des forces françaises sous mandat de l'ONU, attentat qui fit 58 morts. Le secrétaire général du ministère français des Affaires étrangères, Francis Gutmann, fut chargé d'avertir la milice de l'imminence du bombardement afin qu'elle puisse évacuer les lieux. L'amiral Bernard Klotz, qui commandait le Clemenceau, était toutefois tenu dans l'ignorance de cette « trahison » qui faillit coûter la vie aux pilotes. Il nous a confié qu'il avait appris ce « détail » au cours d'un déjeuner à bord du Clemenceau auquel il avait convié les chefs militaires de ces milices. Ces derniers l'avaient en effet chargé de... remercier Gutmann de les avoir avertis de l'imminence du raid !"

Dominique Simmonot, "Le terroriste Garbidjian quitte les prisons françaises", Libération, 24 avril 2001 :

"Hier, Waroujan Garbidjian, 47 ans, un des ex-chefs militaires de l'Asala (Armée secrète pour la libération de l'Arménie), a quitté la prison de Saint-Maur (Indre) pour s'envoler vers son pays, l'Arménie. La nouvelle avait été tenue secrète depuis le 19 mars, date à laquelle les magistrats de la juridiction régionale de la libération conditionnelle ont décidé de sa libération anticipée, sous condition de son expulsion instantanée. Ainsi s'achève la détention en France d'un homme condamné le 3 mars 1985 par la cour d'assises du Val-de-Marne à la perpétuité pour « complicités d'assassinats, complicité d'attentat ayant pour but de porter le massacre et la dévastation, complicité de fabrication et détention de substances ou d'engins explosifs... »

Huit morts. Nous sommes le 15 juillet 1983, un vendredi à l'aéroport d'Orly. En cette période de vacances, les touristes se pressent au comptoir de la Turkish Airlines. Une bombe explose. Huit morts et cinquante blessés. Le lundi suivant, les enquêteurs ­ policiers et services secrets agissant ensemble, avec la DST, la DGSE et les RG ­ interpellent 51 personnes. Parmi elles, Waroujan Garbidjian, membre éminent de l'Asala, et trois autres activistes arméniens. Au domicile de l'un d'eux, les policiers découvrent des pistolets-mitrailleurs, des grenades, de la dynamite, des circuits électronique. Garbidjian reconnaît être l'auteur de l'attentat d'Orly."

Voir également : Le monstrueux attentat d'Orly : le terrorisme arméno-syrien contre la France

Monte Melkonian et l'attentat de la rue Copernic

Ara Toranian et l'apogée de l'ASALA