vendredi 8 novembre 2013

Commémorations de 2014 : le pitoyable Hollande se surpasse dans le confusionnisme historique

"Le discours de François Hollande ouvrant les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale en a déçu certains. Vendredi 8 novembre, l'historien Nicolas Offenstadt, coauteur de La Grande Guerre : carnet du centenaire (Albin Michel), a regretté, sur BFMTV, la tournure prise par les célébrations. "Ce qui m'a frappé, c'est la confusion que François Hollande a faite entre les deux guerres mondiales. Cela m'a étonné pour le lancement d'un centenaire, parce que 14-18 c'est quand même une histoire très particulière", dit-il.

"Le président a choisi de mettre la commémoration sous le sceau des deux guerres: 1914-1944. Il a mis en série, dans son discours, le poilu, le résistant et le Juste, qui protégeait les juifs pendant la seconde guerre mondiale, souligne-t-il. J'ai trouvé que ça prêtait plutôt à confusion parce que je pense qu'il aurait été bien de souligner la spécificité de la Grande Guerre.""

Source : http://actualite.portail.free.fr/toute-l-actu/08-11-2013/video-14-18-un-historien-regrette-la-banalite-et-les-confusions-du-discours-de-hollande/

Sur Twitter, on peut lire ceci venant du compte officiel de l'Elysée :

"Élysée ‏@Elysee 19 h
Commémorer c'est souligner l'héroïsme discret du Résistant, saluer la dignité du Juste qui cache un Juif au péril de sa vie #Centenaire2014"

Amalgame inepte, étant donné que la IIIe République a pris le parti des nationalistes grand-serbes à l'antisémitisme agressif et délirant, et du régime tsariste, lequel pratiquait l'antisémitisme d'Etat et commit de nombreuses exactions contre les populations juives (entre autres) lors de la Première Guerre mondiale : Les déportations et expulsions massives dans l'Empire russe au cours de la Première Guerre mondiale

Les atrocités de l'armée russe contre les civils (sujets russes ou étrangers) durant la Première Guerre mondiale
  
Première Guerre mondiale : le conflit russo-allemand et la question de l'antisémitisme tsariste

Arnold J. Toynbee : de la propagande pro-arménienne au témoignage pro-turc

"Élysée ‏@Elysee 19 h
Commémorer la Première guerre mondiale, c'est célébrer la victoire de la République, plus forte que les Empires centraux #Centenaire2014"

Une République qui n'a pourtant pas répugné à s'allier aux monarchies russe, britannique, belge et roumaine... L'effondrement d'une partie des Empires centraux étant avant tout lié à la question des nationalités.

Loin de se pâmer avec ce genre de préjugés idéologiques (l'Allemagne de l'époque était plus évoluée que la France républicaine sur certains plans, notamment social), Jean Jaurès tenait,
à la veille de la guerre, un discours marqué par une empathie pour l'Allemagne wilhelmienne et la Jeune Turquie, ainsi qu'une méfiance profonde à l'égard de l'alliance avec le tsarisme russe (mais encore faut-il le lire pour s'en rendre compte) : Le grand arménophile Jean Jaurès et le géopoliticien allemand Friedrich Naumann

Le socialiste français Jean Jaurès : un arménophile et un fidèle soutien de la Turquie des Jeunes-Turcs

Voir également : François Hollande et l'Histoire : les perles d'un cancre

Aurélie Filippetti et les effets pervers du "devoir de mémoire"

Du danger des ingérences politiciennes en matière d'histoire : Jean-Pierre Chevènement corrige la mauvaise copie d'Hollande sur le Vel d'Hiv

L'impopularité du multi-communautariste et repentiste Hollande

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"Cohérence", "nuance" et "exactitude" chez Nicolas Sarkozy, "fin connaisseur" de l'histoire de France, comme de celle de la Turquie