lundi 27 janvier 2014

Le PS et le terrorisme arménien (1981-1982) : à quand la "repentance" au nom du "devoir de mémoire" (sic) ?

Michel Poniatowski, Lettre ouverte au président de la République, Paris, Albin Michel, 1983, p. 91 :

"Pendant que vous amusiez le tapis avec de faux terroristes, vous faisiez passer des accords secrets avec les vrais. Vous aviez partie liée avec les assassins de l'Asala, responsables de l'attentat d'Orly, le 13 juillet. Comment pouvez-vous justifier les accords passés entre cette organisation et les services de Matignon, aux termes desquels les terroristes arméniens évolueraient librement en France à condition d'aller commettre leurs attentats ailleurs ? Bel exemple de solidarité internationale ! La France était érigée en base d'opérations par des Arméniens qui n'étaient qu'une des phalanges de la subversion mondiale servant les intérêts supérieurs du Kremlin.

Vous ne pouvez prétendre suivre les yeux fermés la tradition française qui veut que l'on accorde l'asile aux exilés politiques. Ces gens-là ne sont pas des exilés mais des militants. Leur objectif n'est pas de se réfugier en France, mais d'y préparer leurs mauvais coups.

C'est un calcul cynique qui a été fait, et pourtant vous êtes allé plus loin : à la faute, vous avez ajouté l'erreur. Vos partenaires n'ont pas rempli leurs engagements, les attentats se sont multipliés à Paris même contre les représentants d'un pays étranger avec lequel nous entretenons des relations diplomatiques normales."

Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens, 1972-1998, Paris, PUF, 2002, p. 75-76 :

"Au lendemain d'une vague d'attentats de l'ASALA en réaction à l'arrestation de l'un des siens, Monté Melkonian, alias Dimitri Georgiu, à l'aéroport d'Orly, en novembre 1981, Paris le libère aussitôt, aucune charge n'étant retenue contre lui, et négocie avec le MNA l'arrêt des attentats de l'ASALA en France. En signe d'accalmie, l'ASALA proclame une trêve de toutes ses opérations le 21 janvier 1982, mais au fil des des négociations, elle se déclare hostile au caractère définitif de l'arrêt de ses opérations tant que les quatre membres du commando n'obtiennent pas leur statut de réfugié politique, comme cela leur a été promis le soir de leur reddition. Au cours de l'été, Paris intercepte à l'aéroport d'Orly Vicken Tcharkhoutian, membre de l'ASALA, impliqué dans un attentat à Los Angeles. L'ASALA met fin à la trêve et signe une série d'attentats dans les quartiers Saint-Michel et Saint-Germain, à Paris, en juillet 1982, faisant dix-sept blessés. Mais ce n'est pas tant l'arrestation de V. Tcharkhoutian qui explique la recrudescence des attentats de l'ASALA que l'invasion du Liban par Israël dont les conséquences s'avèrent désastreuses pour l'ASALA mais aussi pour la FRA."

Voir également : La dangereuse mansuétude de l'Etat français pour le terrorisme anti-français

Le monstrueux attentat d'Orly : le terrorisme arméno-syrien contre la France

Monte Melkonian et l'attentat de la rue Copernic

Ara Toranian et l'apogée de l'ASALA