mercredi 5 mars 2014

La série française "Braquo" et la question de l'implantation de la mafia "russe" en France

La mafia vient de l'Est
Nouveaux méchants de la série «Braquo», les mafieux russophones des Vory V Zakone sont une confrérie criminelle qui existe vraiment.

Ca. D | Publié le 17 févr. 2014, 07h00

Un flic ripou devenu fou, une guerre de succession entre mafieux venus de l'Est, des questions existentielles parmi les policiers héros plus sombres que jamais... La saison 3 de « Braquo » (Canal + à 20 h 55) pousse la dramaturgie à l'extrême, tout en s'inspirant d'une certaine réalité. Ainsi les méchants de la fiction, les Vory V Zakone, « voleurs dans la loi », existent vraiment. « Cette confrérie constitue l'aristocratie du crime organisé russophone, issue des goulags des années 1920, explique Jérôme Pierrat, journaliste spécialiste des gangsters et consultant sur la série de la chaîne cryptée. Ils forment des groupes très hiérarchisés, discrets et qui sont censés respecter un code d'honneur. »

Familiers du milieu carcéral, les membres sont originaires de l'ex-URSS, mais 30 % d'entre eux seraient des Géorgiens. Leur signe distinctif ? « Leurs tatouages, qui représentent une sorte de carte d'identité, avec ce qu'ils ont fait, et leur place dans l'organisation », poursuit le reporter. Cette élite criminelle s'est spécialisée dans les cambriolages en série. « Ils peuvent en faire 200 à 300, et agissent par l'intermédiaire d'équipes recrutées parmi les demandeurs d'asile. Ils dérobent principalement de l'or, puis réinvestissent en montant des business, avance Jérôme Pierrat. Les Vory sont devenus l'une des principales menaces criminelles en Europe de l'Ouest. En France, ils sont arrivés dès 2005. Il est très difficile de lutter contre cette confrérie, qui recouvre plusieurs nationalités, plusieurs groupes. »

Dans « Braquo », « le challenge était de trouver des comédiens qui parlent à la fois russe et français, se souvient Claude Chelli, le producteur (Capa Drama). Nous avons cherché plusieurs mois, d'abord au sein de la communauté russe à Paris. Nous avons également fait passer des essais en Géorgie et en Russie. »

Au final, la production a recruté un acteur tchèque installé à Rome (Ivan Franek, qui interprète le commissaire géorgien), et un Français d'origine arménienne (Arsène Jiroyan). Pour incarner Levani Jordania, le dauphin désigné officiellement pour régner sur les Vory V Zakone, « nous voulions quelqu'un de très charismatique », raconte Claude Chelli. Comédien d'origine ukrainienne, installé en Israël puis à Los Angeles, où il a tourné avec Steven Spielberg (« la Liste de Schindler », « Tintin ») et Robert De Niro (« Raisons d'Etat »), Mark Ivanir a fait l'unanimité. Comme d'autres, il a travaillé son français et son russe avec un coach jusqu'à acquérir le bon accent.
Source : http://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/la-mafia-vient-de-l-est-17-02-2014-3596593.php

Braquo: saison 3, saison sombre
Flore de Bodman
Par Flore de Bodman

Publié le 10-02-2014 à 08h30Mis à jour à 14h46

La saison qui débute ce lundi sur Canal+ n'a rien d'une série rose. .

Théo est mort et Eddy, Walter et Roxane vont devoir apprendre à vivre avec. Ou plutôt sans lui. Plus sombre encore que la précédente, la saison 3 de "Braquo" lance le trio sur les traces du terrifiant Vogel, ex de l'IGS, responsable de l'explosion qui a coûté la vie à leur collègue. Mais l'équipe du SDPJ 92 doit très vite renoncer à assouvir son désir de vengeance, saisie d'une grosse affaire de drogue et de prostitution. Derrière ce trafic, la Vori v zakone, une confrérie de mafieux russophones (Russes, Arméniens, Géorgiens...), avec ses codes et ses tatouages.

"Cette saison est vraiment celle d'Abdel Raouf Dafri, avec ses obsessions, et notamment celle d'une France aux multiples nationalités, la France d'aujourd'hui", soutient le producteur Claude Chelli, de Capa Drama. Le scénariste s'est ainsi adjoint les services d'un consultant, le journaliste Jérôme Pierrat, spécialiste du crime organisé. Sauf qu'on n'échappe pas toujours aux clichés du genre, que ce soit le clan qui se déchire à la mort du parrain - forcément bon, lui ; ou les méchants qui ressemblent à des méchants, mine patibulaire, chemise noire ouverte sur le torse et lunettes de soleil vissées sur le nez.

Que dire aussi de toutes ces fusillades à la Kalachnikov en plein Paris, place de l'Etoile entre autres ? Pour autant, le style d'Abdel Raouf Dafri, efficace, devrait continuer à plaire aux fans du "Braquo" post-Olivier Marchal. D'autant qu'il est servi par l'arrivée de deux nouveaux réalisateurs sur la série, Frédéric Jardin, à qui l'on doit le très soigné "Nuit blanche", et Manuel Boursinhac, qui travaillait sur les dernières saisons d' "Engrenages".
Source : http://teleobs.nouvelobs.com/la-selection-teleobs/20140206.OBS5443/braquo-saison-sombre.html

Voir également : Criminalité arméno-géorgienne : le rapport qui accuse

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