mercredi 30 avril 2014

Foix : jusqu'à dix-huit mois ferme pour une "petite branche d'une mafia"

Foix. Jusqu'à dix-huit mois ferme pour une série de cambriolages dans la région

Publié le 23/04/2014 à 03:52, Mis à jour le 23/04/2014 à 07:44
Tribunal

Il a fallu faire venir une interprète. Hier, dans une salle du tribunal de grande instance de Foix, elle traduit en russe les peines que le tribunal prononce à l'encontre des prévenus. Jusqu'à dix-huit mois de prison ferme pour ces onze hommes et femmes, en majorité originaires d'ex-URSS. Ils viennent d'Azerbaïdjan, de Russie, d'Arménie, mais surtout de Géorgie.


On leur reproche d'avoir participé à une série de cambriolages commis dans l'Ariège, l'Aude ou la Haute-Garonne. C'était entre juin 2012 et mai 2013.

Des vêtements, des bijoux, du carburant et du matériel informatique constituent leur butin. Ces objets volés, ils devront les restituer aux victimes qui les ont reconnus. Et parfois, il leur faudra verser jusqu'à 2000 euros de dommages et intérêts à ces victimes.

Certains étaient aussi prévenus de recel en bande organisée ou de participation à une association de malfaiteurs. Alors hier, certains sont encadrés par une escorte policière. D'autres prévenus prennent connaissance de leur peine en visioconférence depuis Tarbes, Perpignan ou Montauban, où ils sont en détention. D'autres encore arrivent libres.
«Une petite branche d'une mafia»

Le tribunal n'a pas suivi les réquisitions du ministère public. En avril dernier, le procureur de la République Olivier Caracotch avait requis des peines allant jusqu'à cinq ans de prison ferme.

Il avait insisté sur «un phénomène de criminalité organisée, des hommes et de femmes qui participent à des groupements criminels organisés». Olivier Caracotch avait encore évoqué une «petite branche d'une mafia géorgienne».


Le tribunal, lui, a écarté le chef de prévention de «recel en bande organisée», les requalifiant en recel de vol.

Et l'association de malfaiteurs n'a été retenue pour aucun des prévenus.
Des greffiers en colère

Ils sont mobilisés dans toute la France, depuis plusieurs semaines. Tribunal de grande instance de Foix inclus. Hier après-midi, «comme tous les jours», une quinzaine de fonctionnaires du ministère de la justice se sont rassemblés devant le Palais de justice, juste avant les audiences de 14 heures. Dans leur ligne de mire : le projet de «justice du XXIe siècle», une concertation initiée par le gouvernement. Ils pensent notamment au statut de «greffier juridictionnel», qui «développerait les compétences des greffiers sans augmenter leur salaire», selon eux.
La Dépêche du Midi
Source : http://www.ladepeche.fr/article/2014/04/23/1868611-serie-cambriolages-region-jusqu-dix-huit-mois-ferme.html

Voir également : Gers : l'incroyable butin de la bande organisée de cambrioleurs arméno-géorgiens

Aveyron et Sud-Ouest : démantèlement d'un réseau de cambrioleurs arméniens et "géorgiens"

Le problème des gangs arméno-géorgiens dans le Grand Sud

Criminalité arméno-géorgienne : le rapport qui accuse

Auditions de la mission parlementaire sur la lutte contre l'insécurité dans les territoires

Vols : les filières arméno-géorgiennes

Le gangstérisme arménien, une sordide réalité de la France actuelle

Arméniens et mafias étrangères en France : un état des lieux par Dimitri Zoulas

Arméniens et autres mafias en France : un phénomène inquiétant

Gangstérisme géorgien : "Le rôle de receleurs est souvent tenu par des criminels arméniens" (Stéphane Quéré, criminologue)

Rennes : démantèlement d'un réseau de malfaiteurs arméniens

Paris : qui sont les nouveaux cambrioleurs ?

Paris : encore un receleur arménien impliqué dans un réseau de cambrioleurs

Mafia "géorgienne" en Aquitaine : arrestation du parrain d'un réseau russo-arménien

Oissel : 194 objets volés, découverts dans la chambre d'un cambrioleur

Recep Tayyip Erdoğan demande au régime bananier arménien de se confronter avec courage à l'histoire arménienne

"François Hollande a affirmé jeudi que les condoléances du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, 99 ans après le génocide arménien, constituaient «une évolution» mais n’étaient pas suffisantes.

«C’est un mot qu’il faut entendre mais qui ne peut pas encore suffire», a déclaré M. Hollande à Paris lors des commémorations du génocide. (...)

A l’issue de la cérémonie, certains, en majorité des jeunes brandissant des drapeaux arméniens, ont manifesté en criant «Turquie assassins, Turquie réparation» et lancé des fumigènes."

Source : http://www.liberation.fr/societe/2014/04/24/genocide-armenien-hollande-note-une-evolution-de-la-turquie-mais-qui-ne-suffit-pas_1004023

"Dans son discours hebdomadaire au Parlement mardi, M. Erdogan est revenu sur le sujet, exhortant l'Arménie à «faire preuve du même courage» que la Turquie.

«La confrontation avec l'histoire et ses réalités n'est pas un devoir qui incombe uniquement à la République de Turquie», a-t-il affirmé."

Source : http://www.lapresse.ca/international/europe/201404/29/01-4761940-armenie-les-massacres-de-1915-netaient-pas-un-genocide-dit-erdogan.php

Voir également : Recep Tayyip Erdoğan contre la "hiérarchisation des souffrances"

La population turque confrontée à la négation obstinée des massacres de Turcs et d'autres musulmans, perpétrés par les ethno-nationalistes arméniens

Halil Berktay et les tabous de l'historiographie nationaliste arménienne

Arménie : le "travail de mémoire" est très loin d'être fait

Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921

Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

Achot Bleyan : la voie tracée par un esprit libre

mardi 29 avril 2014

Le docteur Gérard Papertian : une critique au vitriol des lamentations victimaires et mémorielles

Le docteur Papertian, "Les Arméniens : La "solution finale"", Le Monde, 27 juin 1975 :
Je lis avec l'intérêt que mon patronyme doit laisser deviner les articles que l'actualité (anniversaire des massacres de 1915, livre de M. Carzou) a suscités sur le sort des Arméniens en 1915, et bien avant, au cours du dernier quart ou tiers du dix-neuvième siècle, ainsi qu'au début du vingtième.

Je crois qu'un élément fondamental a échappé aux commentateurs, et peut-être même aux rescapés eux-mêmes.

Il s'agissait d'une situation de guerre, tout à fait analogue à celle que Malraux vient d'évoquer à Chartres.

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler, puisque tout le monde semble l'oublier, que les Arméniens, comme du reste tous les peuples dominés - à la suite des vicissitudes de l'histoire - par les deux empires multinationaux, celui des Habsbourg et celui des Ottomans, et plus encore dans ce dernier cas à cause de la différence des religions - Islam - fois chrétiennes, - tous ces peuples, dis-je, ont cherché à recouvrer leur indépendance par des actions militaires de guérilla révolutionnaire. Les Arméniens, naturellement situés à l'Est, donc moins aidés par les puissances de l'Ouest, ont lutté plus longtemps, et sans grand succès. Pas tous sans doute, comme partout ailleurs, mais tous étaient comme ailleurs tenus pour collectivement coupables de nationalisme revendicateur, par le pouvoir ottoman.

Le mouvement des Jeunes Turcs s'est constitué comme un mouvement nationaliste turc, décidé à régénérer le vieil empire ottoman décadent. Il ne pouvait pas ne pas se heurter aux nationalismes arménien et grec en particulier (d'où la campagne de Smyrne en 1922). Si l'on ajoute que l'empire russe, qui se prétendait l'héritier de Byzance, la troisième Rome, s'appuyait naturellement sur les minorités nationales chrétiennes et menaçait le flanc est de l'empire turc, on comprend aisément que le pouvoir turc ait fini par rechercher une solution finale au problème arménien, et l'ait obtenue.
La guerre, comme dit Malraux, ce n'est pas que du bruit. C'est affaire de mort. Les Arméniens revendiquaient leur territoire national, perdu depuis le douzième siècle. Il fallait que les uns ou les autres fussent éliminés. Le plus fort l'a emporté. Le vaincu a le droit de pleurer sa défaite, mais il n'a pas le droit d'oublier que la guerre n'est pas un jeu de société, où l'on ne paye pas à la sortie.

Après la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace-Lorraine, alors que beaucoup de patriotes de carrefour et de meeting en parlaient (de l'Alsace-Lorraine) toujours, je ne sais plus qui avait dit : "Pensons-y toujours, mais n'en parlons jamais." Il subit les insultes que l'on devine.

Après tout, il est très facile de crier "Vive la liberté" bien à l'abri, plus facile que de mourir pour elle, fût-ce passivement. Et un combattant mort pour une cause perdue d'avance vaut mieux qu'un discoureur.

Si je me suis étendu, c'est parce que le problème dépasse singulièrement le problème historique, et au fond sans grand intérêt actuel, des Arméniens. C'est celui de toutes les guerres où la liberté des uns est acquise, ou conservée, aux dépens de la défaite de l'adversaire, où il n'y a pas de quartiers, parce qu'il ne peut pas y en avoir, que la coexistence pacifique ne peut exister qu'entre forces également armées matériellement et également résolues moralement, et où la survie et la paix peuvent aussi signifier l'esclavage.

Quand j'étais enfant mon père m'a emmené au Panthéon et il m'a montré un relief de Dalou (je crois) où il était écrit (à peu près) : "Mieux vaut mourir qu'être esclave." Puis il m'a fait lire le début des "Aventures du dernier Abencérage" de Chateaubriand, où après la conquête de Grenade par les Espagnols, la mère du dernier roi maure lui dit : "Va donc maintenant pleurer comme une femme, ce royaume que tu n'as pas su défendre comme un homme."

Si un médecin turc musulman avait signé ce texte au combien véhément (où le mot génocide est d'ailleurs absent), il est à peu près certain qu'Yves Ternon et d'autres faussaires s'en seraient servis pour broder sur le thème : "le rôle des médecins darwinistes dans le génocide arménien", lors de leurs conférences au milieu du gratin ultra-nationaliste arménien de France. Mais comme il s'agissait d'un médecin arménien, silence total de ces milieux (aucune réaction à l'époque dans Le Monde, à notre connaissance).

Voir également : Aurélie Filippetti et les effets pervers du "devoir de mémoire"

Opposition de l'intellectuel libéral turc Ahmet İnsel au qualificatif de "génocide arménien" et à la mentalité victimaire

Halil Berktay et les tabous de l'historiographie nationaliste arménienne

Crise structurelle du nationalisme diasporique arménien ?

Amertume arménienne

La politique extérieure équilibrée de l'Azerbaïdjan

Le Caucase : un objet politique non identifié
Guillaume Dacquet
872 lectures
27/04/2014

Une fois les Jeux Olympiques de Sotchi terminés, le voile s’est de nouveau posé sur le Caucase. Carrefour de civilisations et espace géopolitique complexe, s’atteler à dénouer tous les nœuds formés depuis des siècles est un travail herculéen qui ne peut être accompli que sur plusieurs générations. Aujourd’hui toutes les grandes puissances se disputent une place de choix dans une région où l’Azerbaïdjan, pays peu connu mais influent, est un interlocuteur privilégié. Une région qui peut devenir un pont entre un Orient et un Occident qui ont toujours du mal à communiquer et se comprendre.


Bande de terre montagneuse, l'Azerbaïdjan est bordé à l'est par la mer Caspienne, et est limitrophe avec la Géorgie et la Russie au Nord, l'Iran au Sud et l'Arménie au Sud-Ouest. A cela s’ajoutent des centaines d’ethnies, des dizaines de confessions religieuses et un sous-sol extrêmement riche. Voilà les ingrédients d’une potion au fort potentiel explosif. Le Caucase fait la Une de l’actualité lorsqu’un nouveau drame vient le remettre au centre de la carte médiatique. Terrorisme, menaces de conflit armé, revendications territoriales et pressions dans le secteur de l’énergie sont les seules nouvelles qui transpirent de la région. Explications…

Les ressources énergétiques au cœur du « Grand Jeu »
Popularisée par l’écrivain Rudyard Kipling, l’expression « le Grand Jeu » désignait la rivalité entre la Grande-Bretagne et la Russie sur la question des Indes. Plus d’un siècle après, « le Grand Jeu » reprend forme, cette fois-ci, dans la région du Caucase. La Russie est toujours un acteur principal, mais elle a été rejointe par l’Iran, la Turquie et même les États-Unis qui s’ils ne sont pas proches géographiquement ne perdent pas une occasion d’avancer leurs pions dans cette région clé.

Si les intérêts sont aussi nombreux et donc forcément opposés, c’est parce que les ressources énergétiques sont présentes en abondance. Dans le sous-sol et aussi dans les pipelines qui vont de la mer Caspienne à la mer Noire pour rejoindre l’Europe. Le Caucase est une plaque tournante de l’énergie mondiale et la contrôler c’est s’assurer une position de force sur l’échiquier mondial.


En tant qu’ancienne puissance tutélaire dans la région, la Russie reste très présente et joue, comme en Ukraine, sur sa puissance gazière pour peser sur les décisions des anciennes républiques soviétiques. Cela se vérifie particulièrement en Arménie qui importe 100 % de ses besoins en gaz naturel de Russie. Cette situation ne plaît guère à la population arménienne qui voit en plus l’ensemble du réseau de distribution du pays être entre les mains de Gazprom. Deux cent quatre-vingt-neuf dollars les mille mètres cubes, c’est un prix d’ami fait par la Russie, mais les Arméniens savent que le vent peut tourner rapidement et voir des tarifs flirter avec les cinq cents dollars les mille mètres cubes (comme en Ukraine depuis quelques jours) est source d’inquiétudes si des tensions politiques importantes venaient à voir le jour.


C’est là qu’entre en scène un autre acteur régional : l’Iran. Situé au sud du Caucase, l’Iran ne souhaite pas être mis hors jeu et joue aussi sur le gaz pour concurrencer la Russie, son allié dans bien des dossiers (accès au nucléaire, Syrie, etc.). L’Iran pourrait parvenir à un accord pour vendre son gaz naturel à l’Arménie et la rencontre entre les officiels des deux pays en mai prochain devrait donner une nouvelle visibilité dans ce dossier. Gaz iranien, gaz russe, et réaction américaine car dans tout ce jeu complexe, déplacer un élément transforme l’ensemble du puzzle. Quelle serait la réaction des États-Unis si l’Iran parvenait à empiéter sur l’influence russe ? Impossible de le dire en l’état actuel des choses tant les relations entre Washington et Moscou se tendent alors que le dialogue irano-américain prend forme, mais reste extrêmement fragile.

L’équilibre comme seule solution
Dans le Caucase, les forces armées et la menace de leur déploiement font partie des règles du jeu. Les pays de la région sont en quête d’indépendance, mais doivent chercher la protection des grandes puissances. On retrouve ainsi une importante base militaire russe dans la ville arménienne de Gyumri, laquelle n’a pas qu’un rôle symbolique. La Russie s’est portée garante des frontières arméniennes et un accord en ce sens court jusqu’en 2059. Une position qui inspire la méfiance de la Turquie, grande alliée de Washington et membre de l’OTAN ainsi que de l’Azerbaïdjan dont 20% de son territoire se trouve toujours sous l'occupation de l'Arménie.

Pour autant, l’Azerbaïdjan a réussi à maintenir un certain équilibre entre toutes les puissances qui souhaitent le faire entrer dans son orbite. Cela s’explique notamment par une économie forte et en plein développement tirée par la production de gaz et de pétrole. La capitale, Bakou, au bord de la mer Caspienne a connu un développement spectaculaire sur le mode européen, le ciel et la mer bleus en prime. Les revenus dégagés par l’exploitation du sous-sol sont remis au service de l’économie et évitent ainsi les erreurs des premiers Etats pétroliers dont la gestion des pétrodollars n’avait que peu de sens économiquement.

Reste que l’Azerbaïdjan doit aussi faire attention à respecter les équilibres fragiles de la région et mène une politique subtile pour ne pas froisser les uns et les autres. On dit Bakou plutôt proche des États-Unis et d’Israël depuis quelque temps au grand dam de l’Iran qui voit dans ce rapprochement une menace directe contre ses intérêts. Mais l’Azerbaïdjan prend aussi soin de ne pas mettre à mal ses bonnes relations avec la Russie et sait quelles sont les marges de manœuvre tolérées. Son voisin géorgien s’est cru invulnérable en 2008 et en a payé le prix avec l’invasion de l’Ossétie du Sud par les troupes russes. La Géorgie a, depuis, mis ses projets de rejoindre l’OTAN en sourdine et un nouveau nœud s’est formé autour de l’avenir de l’Ossétie du Sud.


Le Caucase est donc un objet géopolitique à prendre avec des pincettes et bien des conflits (pas tous exposés ici) ont un fort potentiel à risque. Les prises de position sont toujours l’objet de pressions a priori et a posteriori et la meilleure attitude à adopter est peut-être celle de l’équilibre dont l’Azerbaïdjan s’est fait le champion. François Hollande commence d'ailleurs sa visite officielle dans la région en mai par ce pays hautement stratégique pour la France.

Les développements spectaculaires en Ukraine sont aujourd’hui analysés avec attention par tous les acteurs du Caucase car les intervenants sont presque tous les mêmes et les enjeux très similaires. « Nouveau Grand Jeu » ou « poudrière » comme fut surnommée la région des Balkans, le Caucase est au centre de toutes les attentions des chancelleries.
Source : http://www.lejournalinternational.fr/Le-Caucase-un-objet-politique-non-identifie_a1840.html

lundi 28 avril 2014

Achot Bleyan : la voie tracée par un esprit libre

Sophie Shihab, "Un « antinationaliste » arménien menacé de cinq ans de prison", Le Monde, 15 juillet 1999 :

"Il a le profil de l'oiseau rare pour tous ceux qui cherchent, en vain depuis dix ans, à imposer une paix durable en Transcaucasie, qui végète toujours à l'ombre de ses passions nationalistes. Car nul n'est prophète en son pays : la visite exploratoire de bonne volonté que l'Arménien Achot Blian effectua à Bakou en 1992, c'est-à-dire en pleine guerre azéro-arménienne, avait fait immensément scandale à Erevan. Sa démarche courageuse n'a eu d'ailleurs aucun autre résultat. Mais ce militant aux convictions libérales, qui prône l'insertion pacifique de l'Arménie dans son environnement proche-oriental, n'a pas renoncé pour autant.

Nommé ministre de l'éducation par le premier président arménien, Levon Ter-Petrossian, il se donna pour tâche de faire en sorte que la jeunesse de son pays ait d'autres horizons que ceux qui la ramènent toujours au 24 avril 1915, commémoré comme jour du génocide arménien. Mais les résistances étaient trop fortes. En 1988 [1998], quand le premier ministre originaire du Haut-Karabakh, Robert Kotcharian, succède, à la présidence, au modéré Levon Ter-Petrossian, les portefeuilles de l'éducation et de la culture sont confiés au parti ultranationaliste Dachnak, qui cultive, plus ou moins secrètement, les idées de « Grande Arménie » et de revanche à prendre sur les Turcs. Achot Blian, quand [quant] à lui, venait d'arriver bon dernier - ne récoltant qu'une voix sur mille ! - à l'élection présidentielle.

Il s'y était présenté, disait-il par avance au Monde, à seule fin d'avoir une tribune dans les médias. Car l'hebdomadaire de son propre parti, Nor Ughi (Nouvelle Voie) - un des rares en Arménie à accepter la solution prônée par la communauté internationale dans le conflit autour du Haut-Karabakh - est peu diffusé. Même s'il est lu par une petite portion dynamique de la jeunesse étudiante. Car Achot Blian a aussi su créer une des principales écoles secondaires d'Erevan, la Mkhitar Sebastatsi, dont les méthodes modernes ont attiré un millier d'élèves.

COMITE DE DEFENSE 

C'est là, « devant ses élèves et ses professeurs », selon un de ces derniers, qu'Achot Blian fut arrêté le 14 mai. Accusé de détournement de fonds publics, il est détenu depuis lors pour « obstruction à l'enquête ». Un comité formé pour sa défense, où des partis d'opposition sont représentés, dément en bloc et dénonce la « répression politique », précisant qu'Achot s'était vu promettre des crédits de l'Etat qui ne furent pas versés, ce qui l'a obligé à emprunter à des professeurs et parents d'élèves, qui ne s'en seraient jamais plaints.

Avant son arrestation, Blian avait lancé des attaques de plus en plus précises, avec ses amis journalistes, contre le « clan des Karabakhtsy », désormais au pouvoir, et leurs affaires de corruption. Le ministre de la sécurité, Serj Sarkissian, était particulièrement visé, notamment dans le cadre de la crise du pain qui devrait mettre à rude épreuve, dans les prochains mois, le nouveau gouvernement formé de nationalistes radicaux. Le ministre aurait en effet permis à une société, Mika-Armenia, d'acquérir une position de monopole pour l'achat du blé américain dont le pays est aux deux tiers dépendant, mais qu'elle n'aurait plus intérêt à écouler.

Le quotidien Oragir, qui relaya l'affaire, fut contraint de suspendre sa parution. Les passions furent en outre exacerbées par l'accident de voiture, considéré comme suspect par ses amis, qui coûta la vie, il y a deux mois, à Tigran Hairapetian, un des journalistes d'opposition, ami d'Achot Blian, les plus offensifs à Erevan. Le 15 juillet, un tribunal doit décider, soit de faire comparaître le « maître d'école » obstiné, qui risque alors une peine allant jusqu'à cinq ans de prison, soit de le relâcher, soit de prolonger encore sa détention provisoire."

"Arménie : La garde à vue d'Achot Blian est prolongée de deux mois", Le Monde, 18 juillet 1999 :

"La garde à vue d'Achot Blian, ce directeur d'école qui milite depuis des années pour un rapprochement entre l'Arménie, l'Azerbaïdjan et le monde turc a été prolongée de deux mois. Il avait été arrêté à Erevan le 14 mai."

"Arménie : Condamnation de l'ex-ministre de l'éducation, Achot Bleyan", Le Monde, 19 décembre 2000 :

"L'ex-ministre de l'éducation Achot Bleyan a été condamné à sept ans de prison, vendredi 15 décembre à Erevan, par un tribunal qui a néanmoins rejeté trois chefs d'inculpation sur sept. Ses deux codétenues se sont vu infliger respectivement six et deux ans d'emprisonnement. Les journaux favorables à l'ex-président Levon Ter-Petrossian ont dénoncé le régime de son successeur Robert Kotcharian « qui utilise la justice comme un instrument personnel de répression ». - (Radio Svoboda.)"

Voir également : Une expérience politique éclairée et constructive en Arménie : la présidence de Levon Ter Petrossian (1991-1998)

Trois approches arméniennes de la Turquie

Gaïdz Minassian : "des Arméniens ont tué des Arméniens"

Arménie : le "travail de mémoire" est très loin d'être fait

Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh

Le panturquisme, un épouvantail sans cesse agité par les nationalistes dachnaks

Le parti Dachnak et le trafic de drogue

La réponse (en 9 points) de l'historien Ara Sarafian aux radicaux arméniens (2008)

Study the Armenian Genocide with confidence, Ara Sarafian suggests

by Ara Sarafian

Published: Thursday December 18, 2008

Sir:

On November 26, 2008, Hurriyet Daily News published an article based on an interview titled, "Sarafian: Focus on the Diaspora." This interview followed a conference I participated in organized by the International Hrant Dink Foundation at Bosphorus University, Istanbul, on Adana in the late Ottoman period.

The Hurriyet Daily News article caused anxiety in some Armenian circles because of the apparent harshness of my statements as they had been rendered in the Turkish press. The most forceful response came from my detractors in Internet chat groups.


Given the interest created by the Hurriyet Daily News article in some Armenian circles, I would like to disclose the substance of my interview for your information. Below are the key points:
1. Context: Turkey today

Turkey is going through a period of change. It is true that many of the old anti-Armenian voices are still around, and one can still see restrictions on free speech in Turkey. However, there are also significant alternative voices being heard from academics, journalists, lawyers, diplomats, and ordinary people. This multiplicity of voices seems to be part of the democratization process of Turkey.

Twenty years ago Turkish state intellectuals were denying the Armenian Genocide by saying that nothing happened in 1915; if there were killings, they were Turks killed by Armenians; that Armenian Genocide allegations were the product of Armenian terrorism or a Soviet conspiracy to destabilize Turkey. The official Turkish thesis on the Armenian Genocide was prescribed by the state with no alternative voices or dissent allowed.

Today, the Armenian Genocide debate has already shifted inside Turkey. It is now quite normal to hear that "terrible things happened to Armenians in 1915", that Armenians were poorly treated, that there were massacres, etc. Turkish citizens are also more and more aware of the contribution of Armenians to Ottoman-Turkish identity and culture. Most of the protagonists making a case for the gradual rehabilitation of Armenians are Turkish liberal intellectuals. This change has been part of a process that is still in progress.

Armenian intellectuals can play a positive role in engaging Turkish-Armenian debates as they open up by setting the tone for better understanding of a shared past, including practical ways to address the legacy of 1915. A sensitive Armenian approach can foster a positive outcome in Turkey, while a coarse response will close minds and play into the hands of Turkish chauvinists.
2. Diaspora-Armenia scholarship

Over the past 25 years, practically all cutting-edge scholarship on the Armenian Genocide has taken place outside of Armenia. A good part of this work was done by diaspora Armenians, and many non-Armenians were nurtured or benefited by the efforts of diaspora Armenians. The diaspora is at the core of the Armenian Genocide debate. If Prime Minister Erdogan's government is looking for an engaging strategy to resolve the Armenian Genocide issue, it has to address the diaspora as much as the Armenian government.
3. Partisan scholarship, prosecutorial approach


Our understanding of the Armenian Genocide has been influenced by partisan scholarship because a number of academic institutions and political parties in Armenian communities, such as in the United States or Great Britain, have nurtured a prosecutorial approach to the subject. Consequently, some important elements of the events of 1915 have been distorted. The main thrust of the prosecutorial approach has been the assertion that the genocide of Armenians was executed with the thoroughness of the Nazi Holocaust, and that all Turks and Kurds were involved in the genocidal process. This approach is best exemplified by Vahakn Dadrian's The History of the Armenian Genocide: Ethnic Conflict from the Balkans to Anatolia to the Caucasus.
4. The Armenian Genocide and the Holocaust

The Armenian Genocide is not the same as the Holocaust. The Young Turks did not have the apparatus to carry out a genocide on par with the Holocaust. It is also a fact that many Ottoman officials, including governors, sub-governors, military personnel, police chiefs, and gendarmes saved thousands of Armenians during the Genocide. Most Armenians from the province of Adana, for example, were not killed. This very basic fact is elided in the works of prominent Armenian historians. There are other examples too. The "Holocaust model" of the Armenian Genocide is fundamentally flawed.
5. Archives


Key "Armenian archives" on the Armenian Genocide remain closed to critical scholars. This matter concerns all scholars and should be subject to scrutiny. The most important examples are the archives of the Jerusalem Patriarchate, which include materials from Ottoman Turkey related to the Genocide. Partisan scholars have used these archives in their work, though their assertions can not be checked. In the 1980s the Zoryan Institute collected the private papers of individuals in the diaspora, yet the materials have remained under lock and key. Such standards should not be acceptable within our communities. We should object to them as we object to any manipulation of Ottoman archives in Turkey today.
6. Diaspora and Turkey

As Turkey continues to examine various taboos, more and more Turks are discovering their human, material, and historical ties to Armenians. If Turkey continues to develop in this direction, with freedom of thought and expression, there is no reason why diaspora Armenians cannot be brought into public and academic debates in Turkey. The Armenian diaspora is historically rooted in Turkey.

7. Playing the victims of the Armenian Genocide

The present generation of Armenians cannot assume the victim role when discussing Turkish-Armenian relations. Given the seriousness of the subject, academics and community activists should be expected to be well informed about their subject matter and give fair consideration to all parties. The Genocide issue is not a simple question of justice for Armenians, but a case of justice for everyone. This attitude is essential for the peaceful resolution of past differences. There is no room for ignorance and bigotry.
8. Freedom of thought, freedom of expression in Armenia

Recent events have shown once more that freedom of expression is not something that is universally respected in Armenia. In the past weeks we have heard of the brutal beating of Edik Baghdasaryan, chief editor of Hetq and the president of the Investigative Journalists' Association of Armenia. His beating was preceded by attempts to harass and intimidate him with impunity. This is not the first time that people have been intimidated and beaten for their critical views in Armenia. In my opinion this lack of freedom has restricted critical research in Armenia on the Armenian Genocide.
9. Joint commission

Prime Minister Erdogan has suggested that a commission of historians should be formed by the Turkish and Armenian governments to examine the events of 1915. I would propose an alternative as follows: (1) Relevant archives in Turkey should be open to researchers, with special procedures to allow them ready access to records; (2) Independent groups of specialists from different disciplines should be funded to collaborate on specific projects related to 1915; (3) The work of such groups should be open to the scrutiny of third parties; (4) Academic excellence should be the governing criteria in putting research teams together, not ethnicity, citizenship, or horse-trading among Turkish and Armenian bureaucrats; (5) The examination of archival records should not be limited to Ottoman records but include other archives outside of Turkey.

Very truly yours,
Ara Sarafian
London
Source : http://www.reporter.am/go/article/2008-12-18-study-the-armenian-genocide-with-confidence-ara-sarafian-suggests

Voir également : Les doutes de l'historien arménien Ara Sarafian

samedi 26 avril 2014

Facebook : l'inénarrable Charles V. semble "incapable" d'empêcher ou même de contredire une nouvelle logorrhée conspirationniste et judéophobe de la part de sa "fanbase" en état de transe




Après y avoir tardivement "purgé" un appel au meurtre antisémite que nous avions signalé (sans, évidemment, un mot d'excuse ou même d'explication de sa part), l'agitateur nationaliste arménien Charles V. a fait "remonter" ce fil sur son mur, en postant un lien enchaînant les extrapolations oiseuses (à défaut de répondre sur le fond). Las, cela a immédiatement excité la haine hystérique de ses contacts.

MM. Nora, Lewis et Daniel sont une nouvelle fois furieusement attaqués, cette fois par un certain Artin S. qui fait un sous-entendu appuyé à propos des théories fumeuses sur le "complot judéo-maçonnique" qui serait soi-disant à la source du "génocide arménien".

Ensuite, un certain Amilcar (sans doute de nationalité guatémaltèque) s'en prend spécifiquement à Bernard Lewis, en affirmant en espagnol : "Que peut-on attendre de Bernard Lewis, un sioniste israélien qui hait les Palestiniens."



Commentaire logiquement "liké" par l'auteure de l'appel au meurtre, à savoir Jacqueline A. désormais rebaptisée Takouhi D. !

Outre qu'il est de nationalité britannique et américaine, M. Lewis a pris position pendant des décennies en faveur des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

C'est donc au moins la troisième fois (en deux ans) que Charles V. observe une attitude apathique ou complaisante devant des déclarations antisémites violentes sur Facebook. En effet, rappelons qu'il avait été déjà, sur un autre mur, d'une mollesse consternante en face de tels propos, y opposant des "contre-arguments" superficiels puis s'y ralliant sur le fond ("sont tous juifs" (sic)).

Tous ces faits désolants sont bien caractéristiques de l'ambiance au sein des milieux activistes arméniens et "pro-arméniens" : d'un côté de "beaux parleurs" qui se targuent de "moralité humaniste" devant un public non-averti, de l'autre des soutiens qui baignent dans un brouillard complotiste et viscéralement haineux (sans que les premiers ne tentent évidemment de les en faire sortir).

Voir également : La propagande nationaliste arménienne sur le réseau social Facebook : de la turcophobie à l'antisémitisme (sa forme mortifère incluse), il n'y a qu'un pas, allégrement franchi par ces excités potentiellement dangereux

L'antisémitisme arménien : quelques pistes à explorer

Intéressant : les affiches nationalistes arméniennes à Marseille

vendredi 25 avril 2014

Pathos sélectif sur les massacres arméniens : les constatations éclairées de Rinaldo Tomaselli

"Rinaldo Tomaselli Bon, la Turquie ne reconnait pas le caractère génocidaire des massacres de 1915. Soit, mais cela ne change pas grand-chose au fait que les massacres (reconnus par la Turquie) ont bien eu lieu. Moi, ce qui m’intrigue, c’est surtout pourquoi le sujet passionne tant les Français et autres Européens de l’Ouest. La population oubykh a complètement été exterminée par les Russes en 1864. La capitale de l’Oubykhie était Sotchi. Pendant les JO, avant et après, aucun média occidental n’a fait mention de ce génocide. Dans cette région du Caucase-Proche-Orient, il y a eu une quinzaine de génocides entre 1864 et 1943, sans qu’aucun pays ne songe a inscrire l’un deux dans sa Constitution, a l’exception notable des Arméniens. « Reconnaitre » un génocide en l’inscrivant dans sa Constitution (comme l’a fait la France pour les Arméniens), devrait automatiquement entrainer la « reconnaissance » des autres génocides. C’est le sens même de la justice, de l’honnêteté et de l’ethnique [éthique]…. Valeurs qui décidément ne sont pas celles des pays qui veulent faire pression sur la Turquie pour que celle-ci reconnaisse non seulement les massacres d’Arméniens (chose faite depuis les années 1920, avec jugements et condamnations a mort), mais aussi le caractère génocidaire de ces massacres.
Hier, à 07:58 · J’aime · 6"

Source : https://www.facebook.com/groups/37680071450/?fref=ts

Voir également : L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie

Le rejet des Hemşinli (Hémichis), Arméniens islamisés, par le nationalisme arménien

jeudi 24 avril 2014

L'ASALA et les services spéciaux syriens

"Entretien avec Xavier Raufer
Nos otages en Syrie ? Une classique affaire de « gangsterrorisme »…

Le 21 avril 2014

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

Nos quatre journalistes retenus otages en Syrie sont enfin libres. Qui les a enlevés ? Pour quelles raisons, politiques, religieuses, ethniques ou simplement financières ? Et, surtout, y a-t-il eu rançon versée par la France ?

D’abord, le fondamental.
La guerre civile syrienne est la parfaite prolongation de celle qui sévit au Liban voisin (1975-1990), les fondamentaux de cette guerre civile fondatrice valant toujours aujourd’hui. Or, depuis, une constante – en fait, l’unique bouée de sauvetage du régime alaouite des Assad, de père en fils – est celle-ci : un contrôle systématique, au pire une « influence » sur tout groupe terroriste, guérilla, groupe insurgé opérant dans la région. Ce, grâce aux redoutables et forts experts des services spéciaux du régime de Damas. En son temps, ces services ont manipulé des groupes palestiniens, jihadis sunnites, chiites et chrétiens libanais, arméniens chrétiens (ASALA) – même la « légion étrangère » (commandement des opérations spéciales à l’étranger) du FPLP, avec bien sûr Carlos, mais aussi des Japonais, des Allemands, etc. À l’époque, le responsable de ces « opérations spéciales » était le colonel Haïtham Saïd, du SR de l’armée de l’air syrienne."

Source : http://www.bvoltaire.fr/xavierraufer/otages-en-syrie-classique-affaire-gangsterrorisme,57402

Voir également : Le monstrueux attentat d'Orly : le terrorisme arméno-syrien contre la France

Monte Melkonian et l'attentat de la rue Copernic

Le terroriste Carlos, ancien camarade d'Hagop Hagopian (ASALA), a enfin été condamné à la perpétuité
 
L'"antisionisme" de la mouvance ASALA

Le terrorisme arménien en France : images d'archives

Ara Toranian et l'apogée de l'ASALA

Le financement communautaire et illicite de l'organisation terroriste arménienne ASALA

Le régime des Assad déstabilisé en Syrie : un rappel des compromissions de la FRA-Dachnak, de l'ASALA et du régime arménien

Grossière duplicité de l'activisme arménien

Haut-Karabakh : Elkhan Suleymanov alerte la communauté internationale

L'Azerbaïdjan alerte la communauté internationale : « le Haut-Karabakh n'est pas la Crimée »

BAKU, Azerbaijan, April 15, 2014 /PRNewswire/ --

Alors que le conflit se poursuit en Crimée, l'Azerbaïdjan a attiré l'attention de la communauté internationale sur le fait qu'il ne fallait pas juger la crise territoriale dans le Haut-Karabakh et ses régions voisines selon les mêmes critères que ceux invoqués pour la crise en Ukraine.

Elkhan Suleymanov, Vice-président de l'Assemblée parlementaire EuroNest et membre de la délégation azerbaïdjanaise auprès de l'APCE, a affirmé que l'Ukraine et l'Azerbaïdjan avaient tout de même un point commun de taille sur le plan juridique : les deux pays ont subi une violation de leur intégrité territoriale selon le droit international.

 « Le mois dernier au Nations unies, l'Azerbaïdjan a voté pour une résolution favorable à l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a-t-il déclaré lundi dernier.

« Depuis lors, nous demandons à ce que les mêmes principes soient activement mis en application à l'égard de nos régions occupées », a-t-il ajouté, soulignant que l'Arménie occupait 20 % du territoire azerbaïdjanais depuis plus de 20 ans.


Mais, selon Elkhan Suleymanov, c'est là que s'arrête la similitude. Il a attiré l'attention de la communauté internationale sur le fait qu'il ne fallait pas, par extension, juger la situation de la Crimée et celle du Haut-Karabakh en vertu du même principe, à savoir l'auto-détermination.

« En Crimée, l'ensemble des ethnies, dont les Russes, les Ukrainiens et les Tatars de Crimée, ont participé au récent référendum », a-t-il souligné. « Tout suffrage futur organisé sous couvert de plébiscite dans le Haut-Karabakh n'impliquerait que des Arméniens vivant dans les territoires occupés. Dans la mesure où les Azerbaïdjanais ont subi une purification ethnique et une migration forcée, la population arménienne représente aujourd'hui la seule ethnie du Haut-Karabakh. »

Elkhan Suleymanov a remarqué que l'invasion arménienne avait engendré le déplacement d'un million d'Azerbaïdjanais qui, par conséquent, ne pourraient pas s'exprimer dans un référendum.

Il a également rappelé à la communauté internationale que « selon le droit international, le droit à l'auto-détermination ne s'applique pas aux peuples qui mènent une guerre et commettent des actes de violence, des massacres et des génocides à l'encontre d'autres nations. Par ailleurs, la division d'un État par coercition ne peut pas être reconnue sur le plan juridique ».

Après des années d'indifférence, la Crimée est désormais sous le feu des projecteurs du monde entier. Par conséquent, l'Azerbaïdjan estime qu'il est également temps d'arrêter de considérer l'occupation de cette région du Caucase méridional comme un soi-disant « conflit oublié ».

L'octroi par le FMI d'un plan de sauvetage d'une valeur de 18 milliards de dollars en faveur d'une Ukraine assiégée mène Elkhan Suleymanov à souligner le fait que les dommages moraux causés par l'occupation arménienne demeurent « non quantifiables », bien que le conflit ait déjà coûté 431 milliards de dollars à son pays.

SOURCE Azerbaijan Monitor
Source : http://www.prnewswire.com/news-releases/lazerbaidjan-alerte-la-communaute-internationale---le-haut-karabakh-nest-pas-la-crimee--255363381.html

Voir également : Crimée et Haut-Karabakh : le député azerbaïdjanais Elkhan Suleymanov critique les "doubles standards" américains

Pendant que le gouvernement français plastronne sur la Crimée, l'occupation arménienne (infiniment plus sanglante) du Karabakh continue (dans le silence des mêmes "indignés" à géométrie variable)

Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh 

 

Les circonstances des émeutes anti-arméniennes de Bakou en janvier 1990

Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

Le conflit arméno-azéri : "Les opérations de nettoyage [ethnique], qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan"

L'histoire du Karabakh
 
Le douloureux problème des réfugiés azéris
 
L'expulsion méthodique des derniers Azéris d'Arménie

L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie
 
Le réseau des organisations terroristes soutenues par l'Arménie sur les territoires occupés d'Azerbaïdjan

La destruction des monuments culturels azerbaïdjanais de la ville de Shusha, occupée par l'Arménie

La population turque confrontée à la négation obstinée des massacres de Turcs et d'autres musulmans, perpétrés par les ethno-nationalistes arméniens

"Mais pour une grande partie de la population turque, même s'il ne représente plus un tabou, le mot "génocide" provoque le courroux dans un pays où les victimes turques des nationalistes arméniens qui ont profité du démembrement de l"homme malade", l'Empire ottoman, se compte en milliers dans l'Est anatolien." (dépêche AFP)

Source : http://www.afp.fr/fr/node/2317150

Voir également : Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l'armée russe durant la Première Guerre mondiale

Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

Les massacres arméno-russes de musulmans en Anatolie

Replacer la tragédie arménienne dans le temps long du déclin ottoman

La dépopulation des arrières du front russo-turc durant la Première Guerre mondiale

Les violences durant la désagrégation de l'Empire ottoman, selon l'historien allemand Christian Gerlach

"Génocide arménien" : la parole aux historiens turcologues et islamologues

Arménie : le "travail de mémoire" est très loin d'être fait

mercredi 23 avril 2014

Arménie : le "travail de mémoire" est très loin d'être fait

Gaïdz Minassian, Géopolitique de l'Arménie, Paris, Ellipses, 2005, p. 16-17 :

"Paradoxalement, la Première Guerre mondiale résonne dans les consciences arméniennes à la fois comme un chaos, celui du génocide, et une renaissance, celle de la création de la Ire République d'Arménie, bâtie sur les ruines de l'Empire russe vaincu lors du premier conflit mondial et renversé par la révolution bolchevique d'octobre 1917.

Après une tentative confédérale de quelques mois, l'Arménie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan se séparent et proclament leur indépendance en mai 1918. La Turquie, toujours en guerre contre les Alliés, signe avec les trois jeunes Etats le traité de Batoum, en juin. L'Etat arménien est réduit à 10 000 km2 et comprend moins d'un million d'habitants. Le peuple arménien obtient son indépendance les armes à la main après avoir stoppé la progression des armées turques en mai 1918 lors de trois batailles héroïques. Mais les indépendances sont faibles en raison de l'inexpérience des élites et de la proximité des révolutions kémaliste et bolchevique dont les stratégies de lutte contre les démocraties libérales répondent à des motivations distinctes mais parallèles. Jusqu'à sa chute en 1920, la Ire République arménienne ne cesse d'être en guerre avec ses voisins pour l'élargissement de ses frontières, à l'exception de l'Iran. Guerres contre l'Azerbaïdjan, contre la Géorgie et contre la Turquie, la République dachnak, comme ses opposants l'appellent jusqu'à aujourd'hui, vit sous une triple menace.

D'abord, au sein du parti majoritaire, deux tendances s'affrontent sur la conduite des affaires. Le camp démocrate dirigé par Alexandre Khatissian et Simon Vratsian, se tourne résolument vers la construction d'un Etat de droit, alors que le camp autoritaire mené par Roupen Ter Minassian veut imposer la création d'un Etat révolutionnaire au seul service de la libération nationale, fut-elle par des massacres et autres exactions. Aujourd'hui encore, l'historiographie dachnak n'affronte pas avec la rigueur scientifique qui s'impose les pages sombres de la Ire République et parle toujours d'homogénéisation nationale pour justifier ce qui de nos jours s'appelle de la purification ethnique2. (...)

2. Anahide Ter Minassian, La République d'Arménie, Edition Complexe, Bruxelles, 1989. Anahide Ter Minassian, "The Role of the Individual : The Case of Rouben Ter Minassian", in The Armenian Review, 46, n° 1-4/181-184 (1993), pp. 183-201. L'auteur parle d'« arménisation de l'Arménie » pour qualifier les massacres azéris en Arménie."

Voir également : Une épuration ethnique nommée "arménisation"

Le général Andranik Ozanian : un criminel de guerre issu du parti Dachnak
 
Deux criminels de guerre dachnaks (soi-disant "héros" de la "cause arménienne") dans le Caucase : Dro Kanayan et Garéguine Njdeh

Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l'armée russe durant la Première Guerre mondiale

Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

Les massacres arméno-russes de musulmans en Anatolie

Halil Berktay et les tabous de l'historiographie nationaliste arménienne

Transcaucasie (1918) : les tueries de populations azéries par les forces dachnako-bolchevistes

Histoire des Arméniens dans le Caucase : un bilan du nationalisme épurateur arménien jusqu'en 1921
  
Deux siècles d'homogénéisation ethnique du territoire arménien
  
Histoire des Arméniens dans le Caucase : le déchaînement de la violence nationaliste arménienne à l'occasion de la décomposition soviétique

L'expulsion méthodique des derniers Azéris d'Arménie

Le conflit arméno-azéri : "Les opérations de nettoyage [ethnique], qui concernent en gros 200 000 personnes de chaque côté, semblent avoir été menées plus systématiquement et étalées dans le temps en Arménie et plus par à-coups violents en Azerbaïdjan"

L'épuration générale des minorités ethniques en Arménie


Le nettoyage ethnique, principe fondateur du stato-nationalisme grec

Le traitement historiographique de la question de la violence contre les minorités en Grèce

Que s'est-il passé à Istanbul le 24 avril 1915 ? Une vague d'arrestations contre la mouvance Dachnak-Hintchak

Yusuf Sarınay, "What Happened on April 24, 1915 ? The Circular of April 24, 1915, and the Arrest of the Armenian Committee Members in Istanbul", International Journal of Turkish Studies, volume 14, n° 1-2, 2008 :
Introduction 
This article, after a short introduction, shall try to examine the arrest of Armenian committee members in Istanbul in accordance with the 24 April 1915 circular and the prosecutions about them, with reference to the Ottoman archives.

Although the most powerful and influential Armenian political organization, the socialist Tasnaksutyun, which had also nationalist tendencies, officially took in its last congress in 1914 the decision to remain neutral during the war, a significant number of the Committee members, including certain influential Armenian MPs, left the Ottoman lands when the war broke out to join the voluntary troops formed by the Armenians in Russian territories. As expressed in the Ottoman official document (see Appendix I), the “Armenian committees have been working to accomplish autonomy for the Armenians by means of political and revolutionary societies” and they saw the War as an opportunity to materialise their goal; this eventually led them to cooperate with the Allied powers, primarily the Russians, against the Ottoman government.

At the outset of the War, the Ottoman government preferred to warn the leading Armenians with a view to appease them. For example, Talat Pasha warned Vartkes Efendi, the Erzurum representative, and prominent members of the Dashnak (Dashnaksutyun, Tashnak, Tashnag) committee while Enver Pasha talked to the Armenian Patriarch, both pointing out that the Ottoman government would have to take severe measures if the Armenians inclined towards revolutionary activities. Despite these warnings, Armenian representatives Vahan Papazyan and Karakin Pastırmacıyan moved to the Caucasus and fought against the Ottoman army, as did a number of Armenian volunteers. Like the two, many Armenian soldiers within the Ottoman army fled to join the volunteer Armenian troops in the Caucasia. The reports by German consulate include armed threat by the Armenian soldiers within the Ottoman army during the Caucasian campaign. Equally important, the Hunchak (Hinchak) chief Sabah Gulyan organized an assassination attempt against Talat Pasha that was prevented by the arrest of the conspirators in Istanbul in October 1914.

The Circular of April 24, 1915 and the Arrests


In spite of all the precautions, however, discovery of a number of bombs and weapons as a result of security searches carried out on several provinces, the government convicted that the Armenian organizations were in preparation for an all-out rebellion. Thus, the Ottoman Army Supreme Military Command delivered an instruction on 27 February 1915, stating that the capture of weapons, bombs and ciphered documents demonstrated the preparations for a revolt and ordering that the Armenian soldiers in the army must be kept away from armed duties and the necessary precautions must be taken everywhere, but also adding that loyal Armenians would not be harmed. Following the Ottoman defeat by the Russians in Eastern Anatolia and at a time when the war on the Dardanelles intensified from 18 March 1915 and Istanbul was under serious threat, the armed Armenian groups expanded their activities as well. This period witnessed the Van revolt after those of the Zeytun, Bitlis, Muş and Erzurum, and the increase of the massacres aimed at the Turkish-Muslim population in these areas. Some writers like Dadrian and Akçam, insisting on pre-mediation as a key element, have evaluated the events above as counter-movements against the relocation to be implemented in the near future. 
The Ottoman government, subsequent to mentioned developments, had recourse to some measures to prevent the activities of the Armenian committees by taking them under control. Following the disarmament of the Armenian privates, the Ministry of Interior sent out an order that asked for the dismissal of the disloyal or unreliable Armenian policemen and officials from the office or their exile to the provinces without Armenian populations. However, since these measures did not produce the consequences desired, the government decided to close down the committees that had armed the Armenians and incited them to revolt, and to arrest their leaders. For this purpose, on 24 April 1915, the Ministry of Interior sent the famous circular to 14 vilayets or provinces and 10 mutasarrıfliks or counties. This circular ordered the closing of the Armenian committees, namely, Hınchak, Dashnak and the like, the seizure of their documents, the arrest of the chiefs of the committees and the Armenians notorious for their dissident activities, and the gathering in appropriate places of those whose existence in their present places were regarded dangerous.

The circular emphasized strongly that the authorities should keep a close eye on their areas not to allow any kind of internal strife between the Muslims and the Armenians in the provinces such as Bitlis, Erzurum, Sivas, Adana, Maraş. 24 April 1915, the date the Armenian diasporas in many countries commemorate every year as the Genocide Day, is the date this circular letter was sent out by the Ministry of Interior. On April 26, 1915, Ottoman Supreme Military Command sent a similar circular to the Ministry of War and army commanderships, asking them to meet any kind of demands of aid by government officials.

After the above-mentioned circular of the Ministry of Interior, some of those identified as members of the Dashnak, Hınchak and Ramgavar were placed under arrest in Istanbul. British intelligence reports confirm that the arrested Armenians were not ordinary citizens but all of them were committee members. According to the information received by the British Military Office in Egypt from Dedeağaç; on the night of April 24, 1915, 1.800 Armenians, including three Armenian men of religion and the patron of the Puzantion, the Armenian newspaper, would be sent to Ankara after their arrest. It was stated that 500 of them were Dashnak, another 500 Hınchak and the rest being Ramgavar partisans. In addition, in the ciphered telegrams sent on May 20 and 21, 1919 to Admiral Caltrophe, British High Commissioner to Istanbul, it was noted that the Armenians arrested on April 24, 1915 were the volunteers who either had served for the Allied armies or had been responsible for “the massacre of Muslims”. Likewise, Wangenheim, the then German Ambassador to Istanbul, says in the report he submitted to the German Chancellor on 30 April 1915 that there had been explosive materials, bombs and weapons in many Armenian houses and churches, and that the Armenians would carry out bomb attacks on the Sublime Port and several official buildings on 27 April 1915, during the anniversarial ceremony of Sultan Mehmed V’s accession to the throne. For this reason, Wangenheim reports, “approximately 500 Armenians, among them were doctors, journalists, men of religion, writers and representatives, had been arrested on the night of 24/25 April and sent to Anatolia.” While an American document gives the number of arrests on this day as 100, a telegram sent from Thessalonica to the Ministry of Foreign Affairs of France on 8 May 1915 states that 2.500 leading Armenians were arrested in Istanbul and a number of bombs and documents were captured as a result of police search in their houses, adding that the aim of the Armenian revolutionary societies was to kill Enver and Talat Pashas with the support of the Allied powers and to cause a panic among the Muslim people through assassinations by using dynamites. According to Esat Uras, of 77.735 Armenian settled in Istanbul only 2.345 were arrested for their participation in revolutionary movements, while the rest were occupied with their business in peace. Kamuran Gürün notes that upon the directive of the 24 April circular letter of the Ministry of Interior, 2.345 Armenian were arrested in Istanbul. However, in the English publication of the book, the number is given as 235. To Taner Akçam, 235 important personages of the Armenian community were arrested on 24 April 1915. This was followed by 600 further arrests. Akçam says that the Ottoman Government announced the arrest of 2.345 Armenians in Istanbul on 24 May. Similarly, Guenter Lewy talks about arrest of several hundreds Armenian committee leaders in Istanbul comprising deputies, politicians, ministers, journalists, physicians etc. Though the above-mentioned sources agreed on the point that those arrested in Istanbul were not ordinary Armenians but were committee members, they give very different figures regarding the arrests. 
It is also noted that during the police searches carried out the aftermath of the 24 April circular the following arms were found in İstanbul: 19 Mauser guns, 74 Martini rifles, 111 Winchester guns, 96 maniher, 78 gıra, 358 filovir, 3.591 pistols and 45.221 pistol bullets. All these weapons were delivered to military warehouses in case that the army needed them.

Armenians Subjected to Compulsory Residence in Çankırı

Ottoman documents show that the number of the arrests increased from 180 to 235 between the dates 24 April 1915 and 24 May 1916.
The ciphered message sent by the Ministry of Interior to the governorship of Ankara province on 25 April 1915 states that in the train numbered 164 to Ankara, about 180 Armenians, who were committee chiefs and whose stay in İstanbul was considered dangerous, would be consigned to Ankara that day accompanied by a task force of 75 men, including 15 policemen, 2 officers, 1 police superintendent and one 1 official. Some 60-70 of these Armenians would be imprisoned in the Ayaş military warehouse and about 100 of the rest would be sent to Çankırı via Ankara for compulsory residence. The dispatch of the Armenians subjected to compulsory residence in Çankırı continued at intervals at the end of April and during the first week of May. For instance, according to a document sent from Çankırı governorship to the General Directorate of Security on 30 June 1915, the number of the Armenians in Çankırı is given as 140. The same document also notes that the new-comers wandered about the town freely, that they were scattered into the houses as groups of three to five men, and that even some of them were residing in the summerhouses around the town which took half an hour walk from the town. The only thing that they did was to show up in the police station every twenty-four hours. The same document states further that the needy among the exiles in Çankırı were provided with daily payments from the funds allocated by the Ministry of Interior. To give an example, a document sent from the Kastamonu province to the Ministry of Interior, it was stated Arşak son of Mardiros applied for daily payment; if his request were to be accepted an investigation should be made about whether he was needy or not. Similarly, in yet another document, Arşak Diradoryan, an exile in Çankırı, asks for daily payment explaining that he was in need.

The Armenian subjected to compulsory residence as committee members in Çankırı themselves or their relatives petitioned to the Ottoman government claiming their innocence and asking for their release. Having examined these petitions carefully Ottoman central government set free those found innocent, the foreign nationals and the ill. For instance, upon the order of the Ministry of Interior, Vahram Torkumyan, Agop Nargileciyan, Karabet Keropoyan, Zare Bardizbanyan, Pozant Keçiyan, Pervant Tolayan, Rafael Karagözyan and Vartabet Gomidas were released and were granted permission to return to Istanbul. A monument was built in Paris in memory of Vartabet Gomidas, one of those in the first group set free. Gomidas’ compulsory dwelling in Çankırı was for 13 days. He became ill after his return to Istanbul and applied to the Ministry of Interior on 30 August 1917 to travel to Vienna for treatment. He was duly given the permission and went to Vienna in September 1917. 
In another case, Diran Dilakyan, one of those exiled to Çankırı, was released on the condition that he would live with his family somewhere outside of Istanbul. Again, on 29 May Hayık Hocasaryan, on 27 June Agop Begleryan and Vartanes Papasyan were set free, while, released by the order of the Ministry of Interior, Serkis Cevahiryan, Kirkor Celalyan, Bağban Bardiz and 14 other prisoners returned to Istanbul. Furthermore, on 18 July three prisoners and on 10 August 1915 Apik Canbaz was granted permission for their return to Istanbul. In the same way, Vahan Altunyan and Ohannes Terlemezyan, exiled to Kayseri from Çankırı, were released and allowed to return to Istanbul. 
Apart from those allowed to return to Istanbul, a Bulgarian subject, Bedros Manukyan, an Iranian subject Mıgırdıç Istepnıyan and a Russian subject Leon Kigorkyan were set free to to be expelled from the Ottoman lands. Besides, some Armenians such as Serkis Şahinyan, Ohannes Hanisyan, Artin Boğasyan and Zara Mumcuyan were pardoned on the condition that they would leave Istanbul for good. A member of Dashnak committee, Serkis Kılınçyan, having been pardoned and given permission to go to Eskişehir, first escaped to Istanbul; then, with the help of a German firm Grupi, he fled to Bulgaria, where he went on carrying out his activities. Some of the Armenians in Çankırı were sent to prison in Ayaş while some others were exiled to different places like Ankara, İzmit, Bursa, Eskişehir and Kütahya. The rest were dispatched to the relocation center of Zor. 
On 31 August 1915, the governorship of Kastamonu sent a detailed report to the Ministry of Interior, including the list of the names of the Armenians exiled to Çankırı and the procedures regarding them. In this list, the total number of the Armenians subjected to compulsory residence in Çankırı between 24 April and 31 August 1915 is given as 155. Of these, thirty-five Armenians were decided to be innocent and, after having been set free they returned to Istanbul. On the other hand, twenty-five of the Armenians in Çankırı were found guilty and imprisoned in Ankara and Ayaş whereas fifty-seven Armenians were exiled to the Zor region. As for the seven foreign nationals, some were released to be deported from the Ottoman lands while others were kept under arrest. Most of the rest were pardoned and consigned to places like Izmit, Izmir, Eskişehir, Kütahya and Bursa.

The Armenians Imprisoned in Ayaş

As already touched upon, approximately 70 of the Armenians arrested as committee members in Istanbul were sent to the Ayaş military warehouse. Unfortunately, no document giving a complete list of them exists. However, the petition for pardon forwarded by Kris Fenerciyan, an Armenian prisoner in Ayaş, addressed to Ismail Canpolat Bey, the General Director of Security, shows that the number of the Armenian prisoners in Ayaş as 70. On the other hand, an examination of the petitions for pardon and giving power of attorney by the Armenian prisoners in Ayaş reveals their number as 60, while a different source, a list prepared by Istanbul General Directorate of Security, gives the names of 71 Armenian prisoners in Ayaş. 
The inconsistencies regarding the numbers in these sources stems from the fact that some of the Armenians in question were sent to different provinces for trial while some were released. Also there were those dispatched from İstanbul, Çankırı and Ankara to be imprisoned in Ayaş. For example, in an official document written by the Ministry of Interior, the Bureau of Accounting was asked to transfer 2.897 kurush to the Governorship of Ankara to meet the transport expenses of the committee members to Ayaş and Çankırı. If we look at the details regarding these men we see that the Ministry sent Hamparsum Boyacıyan, the Kozan representative, to Kayseri, Marzaros Gazaryan, the director of the Yenikapı Armenian School, to Develi, A. Dağavaryan, the Sivas representative to Diyarbakır to be tried in the Court Martial, Haçik Boğusyan to Ankara for trial and Hırant Ağacanyan to Istanbul. Two of them, viz. Teodor Manzikyan and Akrik Keresteciyan were sent to Zor, while Şahbaz Parsih was exiled to Elazığ to be imprisoned there. Leon Şirinyan, a US citizen, was deported. In a rather different case, Viram Şabuh Samuelof and Rotsum Rostusyon were first released but later prosecuted. A certain Hayik Tiryakyan was arrested as he was taken for the owner of the Azadamard newspaper, his namesake, but when this was discovered he was released. In a similar case, Doctor Allahverdiyan, arrested mistakenly instead of his son, was also set free. In yet another case, Akrik Keresteciyan was sent to Zor where he was released soon.

It appears that, the Armenians dispatched to Ayaş were kept under arrest throughout the WWI for they all were members of the executive board of the Hınchak and Dashnak parties. Thus, Dikran son of Serkis Bağdıkyan, a Dashnak member, died on 9 March 1918 in Ayaş while Andon Ponasyan, a Dashnak propagandist, submitted a petition for pardon on April 8, 1918 asking for his return to Istanbul but not accepted. Only after the signing of the Mudros Armistice did Karnik Madukyan, Kirkor Hamparsumyan and Pantuvan Parzisyan have the chance to be discharged on 10 November 1918. The rest would be freed after the Allied Powers took control of the Ottoman Empire following the armistice.

Number of the Armenian Committee Members in Istanbul and Prosecutions About Them 
It is clear that from the beginning of the WWI the Ottoman Internal Security Organization closely watched the activities of the Armenian committees and their members in Istanbul and prepared a very detailed list of them. Completed probably by August 1916 the list contained the names of some leading Armenians as committee members in Istanbul, their occupations and duties in their respective committees, and inquiries and/or prosecutions about them. According to the list, out of 610 Armenian committee members centered in Istanbul ; 356 were members of the Dashnak Party while the rest were members of the Hınchak (173 persons), the Ramgavar (72 persons) and other (9 persons) Armenian committees and communities. 
As already mentioned, about 235 Armenias, whose names and addresses were listed as committee members beforehand, were dispatched in accordance with the 24 April 1915 circular to Çankırı and Ayaş following their arrest. Because most of the Armenians subjected to compulsory residence in Çankırı were released during the preparation of the list of the year 1916, only 60 of them were recorded to be in Çankırı and 71 in Ayaş. Most of those mentioned in the above-mentioned list could not be found in their addresses and it was established that some others had fled abroad. The number of those who had fled abroad appears to have been 44, and 14 foreign subjects were exiled from the country on the condition of no return. Of those arrested, 53 Armenians, most of them were in obligatory residence in Çankırı and Ayaş, and suspected of having ties with İzmit events, were sent to İzmit for interrogation and trial. Some of the rest were subjected to compulsory residence in Zor, Konya, Elazığ, Diyarbakır, Kayseri etc or would face trial at military tribunal. 
For the first phase of the 24 April 1915 circular, 235 Armenian committee members were sent to Çankırı and Ayaş. The answering letter submitted by the Ottoman government on May 24 to the Allied powers as a response to the diplomatic note sent by them questioning the Armenian massacres states that 235 of the 77.735 Armenians living in Istanbul had been arrested for their participation in revolutionary movements while the rest were occupied with their business in peace. Therefore, the number of the arrests till 24 May 1915 must be accepted as 235. However, if the Armenians exiled out of Istanbul in the course of relocation (for example, the Ottoman Representatives Krikor Zohrab and Seringulian Vartkes were exiled to Diyarbakır) are also considered it is acceptable to claim that, between the dates 24 April 1915 – August 1916, approximately 290 Armenians were arrested as committee members and prosecutions carried out on them.

An elaboration of the sources shows that Esat Uras is the first one to suggest the number 2.345 for the arrests in Istanbul following the 24 April circular. Uras, however, do not give any reference to a source, but, the expressions he used seem to be quoted from Ermeni Komitecilerinin Amâl ve Harekât-İhtilâliyesi, İlân-ı Meşrutiyetten Evvel ve Sonra, (Istanbul, 1916, p. 242).

It is known that, similar with Istanbul, on several provinces and sub-provinces some Armenians were also arrested as in accordance with the 24 April circular, however, their ezamination remains outside the scope pf the present study which focuses only on the arrests in Istanbul.

Concluding Remarks

For the Armenians arrested on 24 April 1915 in Istanbul, Lewy says that end of those Armenians are not clear, that is, most of them seem to be massacred or exiled. Similarly, Akçam argues that some of them were died under police supervision because of torture, and most of the rest were hanged on places open to public to intimidate people. Nikolay Hovhannisyan also talks about arrest of 800 Armenians without an official accusation on April 24 and massacre of them all on the road of relocation or on their destination, without providing any evidence. 
According to the Ottoman archival documents examined above, 38 of the Armenians arrested in Istanbul (35 in Çankırı 3 in Ayaş), were found innocent and set free. Some 300 others so released from trial because they could not be found at their addresses. Most of the Armenians under arrest were relocated on the centers like Zor, Konya, Elazığ, Bursa and Diyarbakır. Until the end of the WWI, 71 Armenians were kept under arrest as committee members in Ayaş; one of them, Serkis Bağdıkyan, died on 9 May 1918 in Ayaş prison.

The Ottoman government sent out commissions of inquiry to examine the improper treatments against the Armenians being relocated. For example, Military Court of Syria charged Sirozlu (Çerkez) Ahmed and his friend (Galatalı) Halil, for killing the Armenian deputies Krikor Zohrab and Seringulan Vartkes, who had been sent to Diyarbakır by the order of the Ministry of Interior, and subjected them to death penalty that were executed in Damascus. Charges during the relocation were not limited these. In the years 1915-1916 1673 individuals were trailed by court-martials for abuses against Armenians. Among them 528 were soldiers and policemen, 170 were official and the rest 975 were bandits. 67 of them were subjected to death penalty –two of them were executed, 524 were sentenced to prison, and 68 were subjected to several punishments like condemnation to galleys, fine and exile. 
Military Court of Istanbul trailed a group of Armenians on June 5, 1915 for crimes of carrying out assassinations for their goals, an autonomous Armenia, and making attempts to dissociate some part of the Empire, among whom 20 Armenians - 2 of them by name only - were subjected to death penalty according to the 54th article of the Ottoman Criminal Code. These 18 Armenians who were hanged following the Sultan’s approval on June 15 consisted of not only the members of committees in Istanbul, but also ones in Tekirdağ, Samsun, Giresun, Bitlis, Kayseri, Kilis and Bilecik. For the other charges: Hamparsum Boyacıyan was subjected to death penalty, Sevariş Misakyan and Arakil Mike was sentenced to prison for 5 years, Ağnadyos Andonyan for 4 years and Samoil Tarpanyan for 3 years. Moreover, Leon Ersabanyan was sentenced to prison for five years, and Emirza Toros Ketenciyan and Aşud Tataryan were exiled to Bursa, Aranis (Agopof) to Zor and Istepan Asadoryan to Dimyat. Some other committee members, among them were Haçik Boğusyan, Hrant Ağacanyan, Armenak Leonyan, Parsih Şahbazyan, Nerses Zakaryan and Vavader Mikailyan, were also sent to the military courts to be charged, but there exist no decisive documents regarding the decisions relating to these charges. 
To conclude, although the Ottoman government closed down the Armenian committees in question and arrested some of their members, the Armenian revolutionary activities and cooperation with the Allied powers continued during the war in different forms both in and outside of the Ottoman territories. Ottoman government’s decision to relocate entire Armenian population, who were living primarily within the war zone, to distant provinces was gradually expanded towards the Armenians of other provinces of Anatolia and Rumelia, the results of which are still a subject of heated debates among historians.


APPENDIX I


APPENDIX I
(Translation)

Bâb-ıÂlî
Dâhiliye Nezâreti
Emniyyet-i Umûmiyye Müdîriyeti
Kalemi:
Umûmî:
Husûsî:

(Şifre)
Müsta`cel, mahrem, bi`z-zât halli
Edirne      Vilâyetine      Urfa      Mutasarrıflığına
Erzurum      "      İzmit      “
Adana      "      Bolu      “
Ankara      "      Canik      “
Aydın      "      Karesi      “
Bitlis      "      Kayseri      “
Halep      "      Niğde      “
Hüdâvendigar      "      Eskişehir      “
Diyarbekir      "      Karahisar-ı sahip
Sivas      "      Maraş      “
Trabzon      "
Konya      "
Ma`muratülaziz
Van
Ermeni komitelerinin Memâlik-i Osmaniye`deki teşkîlât-ı ihtilâliye ve siyâsiyeleriyle öteden beri kendilerine muhtâriyet-i idare te`minine ma`tûf olan teşebbüsleri ve i`lân-ı harbi müte`âkib Taşnak Komitesi`nin Rusya`da bulunan Ermenilerin derhâl aleyhimize harekete ve Memâlik-i Osmaniye`deki Ermenilerin dahi ordunun duçâr-ı za`fiyet olmasına intizâr ederek o zaman bütün kuvvetleriyle ihtilâl eylemelerine dâ`ir ittihâz ettikleri mukarrerâtları ve her fırsatdan istifâde etmek suretiyle memleketin hayât ve istikbâline te`sîr edecek hareket-i hâ`inâneye cür`etleri bi`1-hassa devletin hâl-i harbde bulunduğu şu sırada Zeytun ile Bitlis, Sivas ve Van`da vuku` bulan hâdisât-ı ahire-i ısyâniye ile bir kere daha te`yîd etmiş ve esasen merkezleri memâlik-i ecnebiyede bulunan ve el-yevm unvanlarında bile ihtilâlcilik sıfatını muhafaza eden bütün bu komiteler mesâ`isinin hükümet aleyhine olarak her türlü esbâb ü vesâ`ita mürâca`at suretiyle netice-i amalleri olan muhtariyeti istihsâl maksadı etrafında toplandığı ve Kayseri ve Sivas ile mahâl-i sâ`irede meydâna çıkarılan bombalarla ve Rus Ordusu`ndan gönüllü alayları teşkil ederek Ruslarla birlikte memlekete saldıran ve an-asl Osmanlı memleketi ahâlisinden olan Ermeni komite rü`esâsının harekâtı ve Ordu-yı Osmâni`yi arkadan tehdîd etmek suretiyle ve pek büyük bir mikyâsda alınan tertibat ve neşriyatları ile tahakkuk eylemişdir. Bi`t-tabi` hükümet kendisi içün bir mes`ele-i hayatiyet teşkil eden bu kâbil tertibat ve teşebbüsâtın temâdisine hiçbir zaman nazar-ı ağmaz ve müsâmaha ile bakamayacağı, menba`-ı mefsedet olan komitelerin hâlâ mevcudiyetini meşru` telakki edemiyeceği cihetle, bi`1-umûm teşkîlât-ı siyâsiyenin ilgâsına lüzûm-ı `âcil hissetmiştir. Binâ`en aleyh Hınçak, Taşnak ve emsali komitelerin vilâyet dahilindeki şu`âbâtının derhâl sedleri ile şu`be merkezlerinde bulunacak evrak ve vesâ`ikın kat`iyyen zıya` ve imhasına imkân bırakılmayarak müsaderesi ve komiteler rü`esâ ve erkânından müteşebbis eşhas ile hükümetçe tanılan mühim ve muzır Ermenilerin hemân tevkîfi ve bulundukları mahallerde devâm-ı ikâmetlerinde mahzûr görülenlerin vilâyet sancak dâhilinde münâsib görülecek mevâkı`da toplatdırılarak firarlarına imkân bırakılmaması ve icâb eden mahallerde silâh taharrisine başlanılarak her türlü hâl ve ihtimâle karşı kumandanlarla bi`1-muhâbere kuvvetli bulunulması ve icrâ`âtın hüsn-i tatbîki esbâbının te`mîn ve istikmâliyle zuhûr edecek evrâk ve vesâ`ikin tedkîki neticesinde tevkîf olunan eşhâsın divân-ı harblere tevdî`î Ordu-yı Hümâyûn Başkumandanlığı vekâletiyle bi`1-müzâkere tekarrür etmiş olmağla îcâb eden tedâbirin bi`l-etrâf istikmâliyle derhâl tatbiki ve tevkîf olunan eşhas adediyle icrâ`âtdan peyderpey ma`lûmât i`tâsı *(ve şu icrâ`ât sırf komitelerin teşebbüsâtına karşı bir hareket mâhiyetini hâ`iz olmasına binâ`en buna ahâlî-i- İslâmiye ile Ermeni unsuru arasında mukâteleyi intâc edeceği bir şekil verilmemesi) kemâl-i ehemmiyetle tavsiye olunur.

Fî 11 Nisan 1331
Nâzır
Yazıldı
Keşidesi
İsmail



*İçinde bulunan ve üstleri çizilen cümle yalnız, Bitlis, Erzurum, Sivas, Adana, Maraş içün yazılacaktır

APPENDIX I

The Ottoman Government
General Directorate of Security
Urgent, secret
The Ciphered Letter to Edirne, Erzurum, Adana, Ankara, Aydin, Bitlis, Halep, Bursa, Sivas, Trabzon, Konya, Elazig and Van (Province) governorships, Urfa, Izmit, Bolu, Samsun, Balikesir, Kayseri, Nigde, Eskisehir, Afyon and Maras (Sub-province)governorships.
It is known that the Armenian committees have been working to accomplish political autonomy for the Armenians by means of several political and revolutionary societies. Immediately after the beginning of the War, the Dashnak committee got the Armenians living in Russia into action against the Ottoman Empire. Similarly, the Armenians within the Empire were waiting for the weakening of the Ottoman army to attack with all their might to raise a rebellion. They were making use of any opportunity and were so courageous for the treacherous activities against the existence and future of the country. Particularly, the last rebellious events that occurred in Zeytun, Bitlis, Sivas and Van at a time when the Empire is in war once again confirmed this attitude of Armenian. These Armenian communities, whose administrative centers are abroad and whose names conserve their revolutionary characters, acted in accordance with the target of obtaining the autonomy, their final aim, by causing whatever means at their disposal against the Ottoman government. Moreover, plans of the Armenians became clear with the help of several occurrences such as the bombs discovered in Kayseri, Sivas and some other provinces; the activities of the Armenian committee chiefs, who are Ottoman citizens in origin and attacked the country with the Russians by organizing volunteer regiments; threatening the Ottoman army from the back as well as a great deal of preparation and publication directed towards the above-mentioned target. Naturally, the government felt the urgent need of abolishing all these communities since it could no longer ignore such preparations and attempts against the existence of the Empire and that it could not recognize these sources of defeatism, namely the Armenian committees. Because of this reason, it is attentively recommended that the following measures determined in consultation with the Chief Command of the Imperial Army should be taken:
      -Closure of the branches of the Hunchak, Dashnak and other committees in the provincial centers,
      -Capture and confiscation of the documents found in the provincial branches of these committees without giving any opportunity for their loss and destruction,
      -Immediate capture and arrest of the leading committee chiefs and the Armenians considered by the government as mischievous,
      -Gathering of the Armenians whose existence in their present places is regarded dangerous in secure places of provinces and sub-provinces without leaving any room for them to escape,
      -To search weapons in the places that seemed necessary and to be in a strong position by communicating with the commanders against any contingency,
      -To provide the required conditions for the good management of the measures,
      -To transfer the Armenians arrested as a consequence of the investigation through the captured documents to the courts-martial for trial.
These must be implemented immediately and reports regarding the number of the prisoners and the operations must be sent to the Ministry. Finally, because these measures are only taken against the attempts of the Armenian committees, they must not be applied in a way to cause mutual killings between the Muslim people and the Armenian community.*
April 24,1915
Written

APPENDIX II (*)

Kastamonu Province
Chief Secretary
Number
481
            Summary:
About the Armanians in Çankırı

To the Ministry of Interior
Secret
His Excellency
This is the enclosure of the ciphered telegram dated August 6, 1915 with the number 443.
The record that was sent from Çankırı having the names of the Armenians in Çankırı and the procedure regarding them is given. And the command belongs unto him to whom all commanding belongs.

August 31, 1915      The Governor of Kastamonu
      Signet


1.      Puzant Keçyan      Excused on May 8, 1915 and went to Istanbul
2.      Yervant Tolayan      “
3.      Karabet Girobyan      “
4.      Zara Badizbanyan      “
5.      Agop Nargileciyan      “
6.      Vahran Torkomyan      “
7.      Komitas Vartabet      “
8.      Rafael Karagözyan      “
9.      Zara Mumcuyan      Went to Istanbul under protection on May 27, 1915
10.      Karabet Sarrafyan      Went to Ankara under protection on May 27, 1915
11.      Leon Badizbanyan      Went to Ankara under protection on May 30, 1915 to be sent to Ayaş
12.      Haçik Hocasaryan      Went to Istanbul freely on 31 May 1915
13.      Agop Topcıyan      “
14.      Hayk Tirakyan?      Went to Ankara under protection on 8 May 1915 to be sent to Ayaş
15.      Doktor Haçik Bogosyan      Went to Ankara under protection on 22 June 1915
16.      Agop Beğleryan      Went to Istanbul freely on 29 June 1915
17.      Vartanes Papasyan      “
18.      İstepan Tataryan      Went to Ankara under protection on July 1, 1915 to be sent to Kayseri
19.       Nişan Kalfayan       Went to Istanbul freely on July 11, 1915 with the order of the Ministry of Interior dated June 29, 1915
20.      Armenak Kantarcıyan       “
21.      Meklit Bükciyan      “
22.      Misak Serkis Cevahirciyan       “
23.      Armenak Topcıyan      “
24.      Bağnak Badizbanyan       “
25.      Aram Kalender       “
26.      Hayk Zabcıyan?       “
27.      Manuk Basmacıyan      “
28.      Bedros Yovanyan      “
29.      Karnik İnciciyan      “
30.      Avanis Zarifyan      “
31.      Avanis Barsamyan      “
32.      Doktor Kirkor Celalyan      “
33.      Asador Manyasyan veledi Haçik      “
34.      Karabet Beğleryan      “
35.      Parsih Dinamyan      “
36.      Bedros veledi Manuk      “
37.      Ohannes Mardiros Arslanyan      Went to Ankara under protection on July 11, 1915 to be sent to Zor with the order of the Ministry of Interior dated June 29, 1915
38.      Yervant veledi Ohan Sürenyan      “
39.      Agop Ohannes Asadoryan      “
40.      Arsak veledi Mardiros Muradyan      “
41.      Parnak veledi Kigork Marhanyan      “
42.      Mardiros veledi Ohannes Yazıcıyan      “
43.      Afrik Serkis Keresteciyan      “
44.      Ovakim veledi Harutyun veledi Agabeğyan      “
45.      Dikran Hamparsum Bogobelyan      “
46.      Arşen Agop Sadefciyan      “
47.      Dikrayel veledi İsrail      “
48.      Kirkor Mardiros Taşcıyan      “
49.      Haçik veledi Agop      “
50.      Berdoven veledi Agya?      “
51.      Hırant veledi Mıkır      “
52.      Arsak Mıgırdıç Hoşuryan      “
53.      Arsak Karabet Arakilyan      “
54.      Mihran veledi Agop Keçeciyan      “
55.      Vahan Arsak Çarıkcıyan      “
56.      Serab veledi Margos Tunyan      “
57.      Leon veledi Agya      “
58.      Frangül veledi Artin      “
59.      Aram Karabet Gedikyan      “
60.      Zenop Karabet Avakyan      “
61.      Artin (Namı diğer Koçu) veledi Haçator Arzumyan      “
62.      Kunduracı Manuk Mikayil Buracyan      “
63.      Ohannes Bedros Hacı Hamparsumyan      “
64.      Manuk veledi Kirkor      “
65.      Sehak veledi Karakin      “
66.      Ohannes Dertavidyan      “
67.      Manuel Karakeşişyan      “
68.      Ohannes Artin Hanisyan      “
69.      Serkis Keçeciyan      “
70.      Kurukahveci Kirkor Hazar Celalyan      “
71.      Serope Semerciyan      “
72.      Mıgırdıç Avadis      “
73.      Agyos Taşcıyan      “
74.      Leon Rakıcıyan      “
75.      Parsih Deveciyan      “
76.      Serkis Bağdasar      “
77.      Mikail Şerbetciyan namı diğeri Mike Kigork      “
78.      Karabet veledi Takover Hırabetyan      Went to Ankara under protection on July 11, 1915 with the order of the Ministry of Interior dated June 29, 1915
79.      Armenak veledi Bogos Sıvacıyan      “
80.      Kirkor veledi Ohannes Agobof      “
81.      Samuel Tohumcıyan      “
82.      Ermanak Parsihyan      “
83.      Leonik Serkis Daranbanyan      “
84.      Beznik veledi Artin      “
85.      Asator Serkis Arsenyan      “
86.      Serkis Kirkor Şahinyan      “
87.      Milkon Gülbenanyan       Went to Istanbul freely on July 15, 1915
88.      Mosis Bedrosyan      Went to Ankara under protection on July 31, 1915
89.      Apik Canbaz      Went to Istanbul freely on August 12, 1915
90.      Agop Bogos veledi Koryan      Went to Istanbul freely on August 12, 1915
91.      Ohannes Terlemezyan      “
92.      Vahan Altunyan veledi Agop      “
93.      Tatyus Köseyan      “
94.      Arastakiz İsrailyan      Went to Ankara on August 19, 1915 to go to Bursa, with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915
95.      Mıkırdıç Basmacıyan veledi Mihran      Went to Ankara on August 19, 1915 to be sent to Izmit
96.      Leon Kigorkyan (Rus tebası)      Sent to Ankara under protection on August 19, 1915 with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915 as being a foreign citizen
97.      Kigork Kigorkyan (Rus tebası)      “
98.      Mihran Kigorkyan      “
99.      Artin Kalfayan (İran tebası)      “
100.      Bedros Balyan      “
101.      Sehak Mosisyan      “
102.      Mıgırdıç İstepanyan      “
103.      Leon Agababyan      Went to Ankara under protection on August 19, 1915 to be sent to Zor with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915
104.      Mihran Haçik Debbağyan      “
105.      Doktor İstepan Miskciyan      “
106.      Eczacı Agop Terziyan      “
107.      Eczacı Kirkor Miskciyan      “
108.      Nerses Aşafsor?      “
109.      Haçator Nacaryan      “
110.      Mihran Pastırmacıyan      “
111.      Aram Andonyan      “
112.      Vahram Altunyan      “
113.      Barob Arzumyan      “
114.      Kozmoz Beğlikciyan      “
115.      Nersis Derkigorkyan      “
116.      Aram Kirkoryan      “
117.      Bedros Beğleryan      “
118.      Kirkor Eseyan      “
119.      Diran Kelekyan      Excused by the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915 and will go to the center of Izmir
120.      Rahib Vahan Karabetyan      “
121.      Aram Papazbanyan      “
122.      Mikail Şamdancıyan      “
123.      Kasbar Hirant?      “
124.      İstepan veledi Ohannes Babinyan      Will go to Bandırma with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915
125.      Yervant Çavuşyan      Will go to Izmit with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915 in the context of general amnesty
126.      Vartas Atanasyan      “
127.      Rahib Kirkor Balakyan      Will go to Ermişe Monestry through Izmit with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915 in the context of general amnesty
128.      Serkis Kılınccıyan      Will go to Eskişehir through Ankara in the context of general amnesty
129.      Doktor Emrize Ketenciyan      “
130.      Nişan veledi Agop Nehabedyan      Will go to Izmit through Ankara in the context of general amnesty
131.      Kigork Goncagülyan      Will go to Eskişehir through Ankara in the context of general amnesty
132.      Ohannes Güleyan?      “
133.      Kirkor Ohangiyan      “
134.      Aram Ohangiyan      “
135.      Leon Ohangiyan      “
136.      Karakin Ohangiyan      “
137.      Papaz Vartan Karagözyan      Will go to Izmit through Ankara in the context of general amnesty
138.      Azarik veledi Ohannes Bülbülciyan      Will go to Eskişehir through Ankara in the context of general amnesty
139.      Simon Milkonyan      “
140.      Haçik Haçatoryan      “
141.      Bedros veledi Andon Manuelyan      Will go to Ankara in the context of general amnesty
142.      Yervant Basmacıyan      Will go to Kastamonu in the context of general amnesty
143.      Nişan Gülistanyan      “
144.      Bogos veledi Agop Taniyelyan      Will go to Izmit through Ankara in the context of general amnesty
145.      Doktor Arsak Kızasyan      “
146.      Vahram Asatoryan      “
147.      Kirkor Saçyan      Will go to Geyve in the context of general amnesty
148.      Aram Saçyan      Will go to Kütahya in the context of general amnesty
149.      Papas Osik Kaçuni      “
150.      İstepan Pulcıyan      Will go to Eskişehir through Ankara in the context of general amnesty
151.      Rupen Çilingiryan      Will go to Ayaş under protection with the order of the Ministry of Interior dated August 4, 1915
152.      Vahan Kahyayan veledi Antaş?      “
153.      Onnik Mağazacıyan      “
154.      Danyel Çubukkıryan      “
155.      Artin Bogosyan      “



APPENDIX III(*)
LIST OF THE PRISONERS IN AYAŞ

No:      Name, title and name of the father      Connected Committee
1            Onnik Veled-i Sahak Mağazacıyan [Zirayir]      Dashnaksutyun
2            Artin Hasakoryan      Dashnaksutyun
3            Agop Küfeciyan      Dashnaksutyun
4            Avram Bazcanyan      Dashnaksutyun
5            A. Marzabet (the other name: Hazarosyan)
veled-i Manuk, Osmanlı      Dashnaksutyun
6            Abraham Harikyan      Dashnaksutyun
7            Artin Kondilyan veled-i Ohannes      Dashnaksutyun
8            Ohannes Toryan      Hunchak
9            Agop Avedisyan [Arzeroni]      Dashnaksutyun
10            Ardaşes Ferahyan      Dashnaksutyun
11            Ohannes Kılcıyan veled-i Tavid      Hunchak
12            Aristaki Kasparyan      Dashnaksutyun
13            Avram (the other name:Agop) Şahinyan veled-i Karabet      Hunchak
14            İstepan Kürekçiyan      Dashnaksutyun
15            Onnik Serabyan veled-i Kirkor      Dashnaksutyun
16            Aram Hacıyan veled-i Mıgırdıç      Hunchak
17            İskender Karaağaçlıyan veled-i Karnik Aleksadr      Hunchak
18            Armenak veled-i Kigork Arakelyan      Dashnaksutyun
19            Artin Kalenderyan veled-i Avadis      Dashnaksutyun
20            Aram Hamparsumyan      Dashnaksutyun
21            Bogosyan Haçik veled-i Karabet      Hunchak
22            Bedros Bedrosyan [Safo]      Hunchak
23            Bedros Kalfayan      Dashnaksutyun
24            Yervant Palasyan (the other name: Emirza Malik Muradyan)      Dashnaksutyun
25            Parsih Şahbazyan      Dashnaksutyun
26            Partoh Çopukyan [Jirayir]      Dashnaksutyun
27            Palancıyan H.      Hunchak
28            Teodor Menzikyan      Dashnaksutyun
29            Haçator Malimyan (Agatoni)      Dashnaksutyun
30            Hayik Tiryakyan veled-i İstepan [Avram Şahin]      Dashnaksutyun
31            Hamparsum Hamparsumyan      Dashnaksutyun
32            Hamarasp Panosyan      Dashnaksutyun
33            Harenet Gürciyan veled-i Melkon      Dashnaksutyun
34            Haçik İdareciyan veled-i Avadis      Dashnaksutyun
35            Dikran Çukuryan      Dashnaksutyun
36            Dikran veled-i Ohannes Sıvacıyan      Dashnaksutyun
37            Dağdaryan Nazret veled-i Nehabet      Hunchak
38            Dinanyan Parsih veled-i Mosis      Dashnaksutyun
39            Rupen Zartaryan      Dashnaksutyun
40            Rostom Rostomyan      Dashnaksutyun
41            Jak Saybalyan      Dashnaksutyun
42            Serkis Minasyan [Emadoni]      Dashnaksutyun
43            Serkisof veled-i Mosis      Dashnaksutyun
44            Seçad Poradder Gazar      Dashnaksutyun
45            Serupe Nevradonkyan      Dashnaksutyun
46            Serkis Parsihyan      Dashnaksutyun
47            Serkis veled-i Manuk Keçiyan      Dashnaksutyun
48            Şavaraş Hrisyan      Dashnaksutyun
49            Karakin Kayacıyan [Mıgırdıc] Hajak      Dashnaksutyun
50            Karabet Paşayan      Dashnaksutyun
51            Hosyan Karakin Veled-i Serkis      Hunchak
52            Kris Fenerciyan      Dashnaksutyun
53            Kigam Parsihyan      Dashnaksutyun
54            Kigork Tercümanyan      Dashnaksutyun
55            Leon Bardizbanyan      Dashnaksutyun
56            Leon Larinç Veregozimal (Deregazima)      Hunchak
57            Mühürtad Haykozon      Dashnaksutyun
58            Mihran Artinyan      Dashnaksutyun
59            Mosis Sahakyan      Dashnaksutyun
60            Manuk Hanikyan veled-i Barnak      Dashnaksutyun
61            Mıgırdıç Ohannes Şahinyan      Hunchak
62            Mıgırdıç Karabet Karabetyan      Hunchak
63            Nersis Papazyan      Dashnaksutyun
64            Nersis Zakaryan      Hunchak
65            Nişan Oryan veled-i Agop       Hunchak
66            Nişan Padikyan      Dashnaksutyun
67            Nişan Kalcıyan      Dashnaksutyun
68            Viram Şabuh Samoilof      Dashnaksutyun
69            Viram Şabuh Arabyan      Dashnaksutyun
70            Harotyan Şahrikyan [Avram Şahin]      Dashnaksutyun
71            Penodo Şahin Veled-i Aranos      Dashnaksutyun

Source : http://www.turkishcanadians.com/wp-content/uploads/april_-24.pdf

Voir également : Les motivations avouées d'un "Arménien de marque" engagé dans les armées de l'Entente en 1914 (soit bien avant la déportation de l'été 1915) : "des crimes sans nombre", "l'anéantissement systématique de notre peuple", "il faut que la Turquie disparaisse pour toujours"
 

Automne-hiver 1914-1915 : le rôle militaire décisif des belligérants arméniens, d'après la presse française

1914-1915 : la volonté de collaboration de la FRA-Dachnak avec l'Entente et contre l'Empire ottoman

Les nationalistes arméniens, des idiots-utiles de l'expansionnisme russo-tsariste
  
Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

Les Arméniens de l'armée ottomane ont-ils été "exterminés" pendant la Première Guerre mondiale ?

La déportation des Arméniens de 1915 : une réponse contre-insurrectionnelle

Quelques figures de l'activisme/terrorisme arménien