samedi 5 avril 2014

1973 : Georges Pompidou et son gouvernement confrontés à la première crise provoquée par les collabos du lobby arménien

"Après le rappel en consultation de l'ambassadeur de Turquie : Les milieux autorisés français soulignent que la cérémonie de Marseille à la mémoire des Arméniens avait un caractère "privé"", Le Monde, 15 février 1973 :

"Le rappel en consultation à Ankara de l'ambassadeur de Turquie en France, M. Hassan Isik, à la suite de l'inauguration, dimanche, à Marseille, d'un monument à la mémoire, à la fois, de "1 500 000 Arméniens victimes du génocide ordonné par les dirigeants turcs de 1915" et des "combattants et résistants arméniens morts pour la France et la liberté" (le Monde du 14 février), a donné lieu à un commentaire dans les milieux autorisés français.

On souligne que ce monument a été élevé par un comité arménien dans la cour d'une église arménienne, donc dans une propriété privée. En outre, la présence à l'inauguration de personnalités politiques n'engage en rien le gouvernement français : M. Gaston Defferre, maire de Marseille, a agi de sa propre autorité, et M. Comiti, secrétaire d'Etat à la jeunesse et aux sports, avait été invité à présider la cérémonie par des citoyens français d'origine arménienne en tant que personnalité locale. On précise qu'il s'agissait d'une manifestation privée et que M. Comiti n'y représentait pas le gouvernement français, qui a le souci de maintenir intactes les relations amicales séculaires entre la France et la Turquie.

Précisons, d'autre part, que le monument aurait dû être inauguré le 30 avril 1972, mais que la cérémonie avait été ajournée, le préfet ayant demandé que des modifications soient apportées au libellé de l'inscription. Les élus communistes qui avaient dénoncé cette démarche demandent maintenant que le gouvernement français reconnaisse officiellement qu'il y a eu "génocide"."


Paul-Jean Franceschini, "Une bien longue brouille", Le Monde, 20 avril 1973 :

"L'ambassade de Turquie a organisé mercredi, à Paris, un "déjeuner d'information" consacré à la "petite crise" qui s'est ouverte entre Paris et Ankara, le 12 février dernier, lorsque l'ambassadeur, M. Hasan Isik, fut "rappelé pour consultations" par son gouvernement, à la suite de l'inauguration, à Marseille, en présence de MM. Comiti et Defferre, d'un monument à la mémoire des Arméniens massacrés il y a cinquante-huit ans dans l'Empire ottoman.

Pour apaiser l'émotion créée en Turquie par cette affaire, Paris avait assuré Ankara que des "termes blessants" ne figuraient pas sur ce monument de "caractère privé".
(...)

Pour faire plaider leur cause sur le fond, les diplomates turcs ont préféré recourir à des amis français. Pour M. Savard, ancien professeur de faculté en Turquie, les massacres de 1915 relèvent des "bavures" qu'implique toute guerre, et il ne faut pas "éternellement pleurer sur le lait répandu. Le mot génocide que l'on emploie est inutile, mieux vaudrait parler de victimes des événements". M. Pierre Lyautey, plus nuancé, demande : "Si demain on inaugurait en Allemagne un monument à la mémoire des populations du Palatinat, exterminées par les soldats de Louis XIV, cela nous serait-il agréable ?""


Voir également : La France pompidolienne et la Turquie

L'amitié franco-turque