mardi 22 avril 2014

Crise structurelle du nationalisme diasporique arménien ?

Arménie : vers l’après-génocide?
La guerre idéologique est ouverte


Publié le 21 avril 2014 à 12:55 dans Monde

Mots-clés : Arménie, CCAF, diaspora, Gareguin Njdeh
L'auteur

Tigrane Yegavian
Le 29 janvier, pour l’anniversaire de la loi de 2001 reconnaissant le génocide des Arméniens de 1915, le CCAF (Conseil de coordination des organisations arméniennes de France) organisait un dîner calqué sur celui du CRIF, en présence de Christiane Taubira, de Bernard-Henri Lévy, de l’éternel Charles Aznavour et d’autres figures du gratin parisien. Très bien. Reste une question de fond, que personne ne pose : sans vision ni projet, en dehors de la promotion du sempiternel « devoir de mémoire », le militantisme arménien de la diaspora traverse une crise structurelle. Aux attentats antiturcs des années 1970 et 1980 a succédé l’ère du lobbying pour le vote d’une législation mémorielle pénalisant la négation de l’indicible : la loi Gayssot pour tous ! Mais la mémoire des victimes et la protection de la dignité de leurs descendants ne suffisent plus à assurer la cohésion d’une communauté sclérosée. À mesure que disparaissent les ghettos arméniens du Proche- Orient (Syrie, Liban, Iran), jadis fers de lance du nationalisme en dehors de la patrie, le centre de gravité de la diaspora glisse vers la France, les États-Unis et le Canada.

Et en Occident, la plupart des Arméniens ont progressivement figé leur culture dans le formol, se contentant de vivre leur « arménité » dans l’exotisme gastronomique et dans le fétichisme d’une langue en perte de locuteurs.

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*Photo : wikimedia.
Source : http://www.causeur.fr/armenie-genocide-diaspora,27191