vendredi 4 avril 2014

Les rites sacrificiels en Arménie

Jean-Jacques et Michèle Dayries, "Des repères pour la Transcaucasie", Le Monde, 5 novembre 1977 :

"En pleine Arménie soviétique se pratiquent encore des rites venus du fond des temps. Pour que soient exaucés leurs vœux, les familles, le dimanche, vont sacrifier, en grande pompe, une paire de pigeons ou de poulets, voire un mouton - l'importance de la victime est-elle à l'aisance des donateurs ? Le mouton, eurubanné, est amené en cortège à l'église, béni par le prêtre grégorien, puis égorgé tout à côté du lieu saint. On accroche le ruban à un arbre voisin, afin que la divinité (Dieu ?) reconnaisse les siens... Alors, en plein air, l'animal est rôti, partagé entre tous les assistants (famille, amis, mais aussi passants), et la fête commence : odeur de mouton grillé que l'on mange avec cet étrange pain ressemblant à une crêpe fine et craquante, le lavash ; chants et musique, rondes d'hommes qui dansent les mains en l'air, comme sur tout le pourtour du bassin méditerranéen (et sur les fresques rupestres du Daghestan, au bord de la Caspienne, qui datent du septième millénaire avant notre ère)."

Voir également : Une coutume arménienne : le "madar", c'est-à-dire le sacrifice d'un mouton (ou d'un coq) suivi du marquage d'une croix de sang sur le front

Les coutumes matrimoniales des Arméniens