mardi 15 avril 2014

Nîmes : une famille arméno-russe "ni expulsable, ni régularisable"

Familles sans-abri à Nîmes : "L’avenir, on ne sait plus ce que c’est"
Midi Libre
15/04/2014, 08 h 19 | Mis à jour le 15/04/2014, 09 h 41

La mobilisation de l’école Léo-Rousson à Nîmes (Gard) permet à trois familles déboutées du droit d’asile d’être hébergées jusqu’à jeudi.

Trois nuitées. Au compte-gouttes la préfecture a accordé aux familles étrangères des enfants scolarisés à l’école Léo-Rousson le droit de dormir dignement. Des familles originaires de Tchétchénie ou d’Arménie, certes déboutés du droit d’asile, mais toujours en attente de recours judiciaire.

L'occupation de l'école

Lundi, la mobilisation en musique à l’école Léo-Rousson a permis de renforcer les liens entre enseignants et parents d’élèves touchés par l’extrême précarité de ces enfants. "C’est à la fin de la trêve hivernale que l’on a vu arriver Édouard, les lèvres bleuies par le froid, que l’on a pris conscience de la situation d’urgence", se souvient l’enseignant Ivan Carcenac.

S’ensuit une mobilisation citoyenne avec en point d’orgue, Lundi, l’occupation de l’école, rassemblant également des familles des écoles Marguerite-Long et La Placette.

Ni expulsable, ni régularisable

Des situations contrastées mais qui ont en commun les allers-retours incessants en préfecture jusqu’à en décourager les plus volontaires. Ainsi que des situations kafkaïennes comme pour cette famille arméno-russe qui n’est ni expulsable, ni régularisable. Ce père de famille d’origine algérienne, ingénieur de formation, et qui après plusieurs récépissés prolongeant son séjour en France se retrouve désormais expulsable.

"On voulait juste travailler mieux et vivre en paix"
Mère de famille originaire de Mostaganem

"On gère des situations pour des familles qui sont ici depuis trois ou quatre ans, rappelle Luc Verschueren, membre de RESF. Mais une demande d’asile est un dossier très difficile. Il leur faut du temps pour rassembler les pièces. Dans certains cas, l’administration se prononce pour l’expulsion avant que la décision de justice n’arrive. On ne part pas d’un pays avec un dossier tout prêt !" Sans compter l’injustice qui vient fragiliser ce désir d’intégration dont témoigne cette mère de famille originaire de Mostaganem : "On a refusé de scolariser mon fils à Arpaillargues. On voulait juste travailler mieux et vivre en paix. L’avenir, on ne sait même plus ce que c’est"
Source : http://www.midilibre.fr/2014/04/15/l-avenir-on-ne-sait-plus-ce-que-c-est,848527.php

Pour rappel : Nîmes : situation alarmante d'une famille arméno-russe