mercredi 25 juin 2014

Pierre Conesa et le problème des volontaires arméniens diasporiques au Haut-Karabakh

"La France vous paraît-elle équipée pour lutter contre l’embrigadement des jeunes par les filières djihadistes ? 

Il y a plusieurs problèmes à appréhender : la question de la communauté musulmane, celui de la place des salafistes, mais aussi l’incapacité du système administratif français à réagir. Et l’aspect organisationnel et administratif français est presque aussi passionnant et important que celui de la radicalisation de la communauté musulmane.

Le bureau des cultes relève par exemple du ministère de l'Intérieur. Les musulmans français ne peuvent pas envisager que quand on parle de l’organisation de la communauté musulmane ce soit avec le ministère de la police. Il faudrait déplacer ce bureau des cultes à Matignon, ce serait déjà un symbole fort. De la même manière, le numéro vert qui a été mis en place pour les familles qui ont peur de la radicalisation de leurs enfants dépend du comité ministériel de prévention de la délinquance, c’est très ambigu comme instance de dialogue. Il y a eu un réflexe médiatique parce que des parents s’inquiétaient du départ en Syrie de leurs gamins, mais rien n’était prêt. Il n’y a eu aucune réflexion en amont. Il faudrait mettre en place toute une organisation avec des théologiens, des psys, etc.

C’est la même chose en prison qui est un grand lieu de radicalisation : il n’y a pas assez d’aumôniers parce qu’ils ne sont pas payés. Mais aujourd’hui on s’aperçoit que beaucoup de gens qui sont partis en Syrie ne sont pas passés par la case prison. La prison n’est qu’un des multiples lieux de radicalisation. Vous avez des convertis, des gens qui partent pour la cause, parce que la propagande islamiste a réussi à faire passer l’idée que l’Islam était la religion de défense des opprimés.

Parmi les mesures envisagées pour dissuader les jeunes au djihad, on parle d’interdire aux gens d’aller se battre dans un lieu de conflit qui fait l’objet de résolutions de l’ONU. Leur contre-argumentaire est assez astucieux : ils répondent qu’il n’y a pas de raisons non plus que de jeunes juifs aillent faire leur service au sein de Tsahal dans les territoires occupés ou que des Arméniens aillent se battre dans le Haut-Karabakh. Toutes ces maladresses administratives peuvent largement faciliter la légitimation de la violence."

Source : http://www.marianne.net/L-Irak-nouveau-point-de-chute-des-djihadistes-francais_a239728.html

Voir également : Histoire des Arméniens : élimination de la minorité azérie au Karabagh

Le réseau des organisations terroristes soutenues par l'Arménie sur les territoires occupés d'Azerbaïdjan

Retour à Marseille d'un terroriste/braqueur/criminel de guerre arménien

Quelques figures de l'activisme/terrorisme arménien

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