mercredi 14 janvier 2015

Pays basque : le Yézide Ruslan Avdoyan craint des mauvais traitements et l'emprisonnement s'il est renvoyé en Arménie

La Cimade défend l’asile d’un Kurde d’Arménie

Publié le 10/01/2015 à 06h00 par
pierre penin
L’association souligne que Ruslan Avdoyan est yézide, une minorité religieuse persécutée. En situation irrégulière, il doit être expulsé. Sa famille est en France.
La Cimade défend l’asile d’un Kurde d’Arménie La Cimade affirme que Ruslan Avdoyan était un agriculteur avec des terres, en Arménie. Autrement dit : il n’est pas un migrant économique. 
La Cimade (1) appelle à manifester devant la sous-préfecture de Bayonne, lundi, à midi. Un geste pour dénoncer l'expulsion à venir de Ruslan Avdoyan. Ce ressortissant arménien, kurde, demande l'asile politique à la France. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le lui a refusé. Les défenseurs des migrants s'érigent contre cette décision. Elle est selon eux en contradiction avec les principes humanitaires, dans le cas de cet homme de confession yézide, minorité religieuse persécutée dans de nombreux pays. Chantal Pochat est l'une des bénévoles de la Cimade. Elle retrace l'itinéraire de Ruslan Avdoyan, 25 ans, et de sa famille. Car il a fui l'Arménie avec sa femme et leurs deux enfants. « Un troisième est né en France. Il a tout juste deux mois. » Leur histoire est complexe. Elle commence comme un drame...

La Cimade (1) appelle à manifester devant la sous-préfecture de Bayonne, lundi, à midi. Un geste pour dénoncer l'expulsion à venir de Ruslan Avdoyan. Ce ressortissant arménien, kurde, demande l'asile politique à la France. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le lui a refusé. Les défenseurs des migrants s'érigent contre cette décision. Elle est selon eux en contradiction avec les principes humanitaires, dans le cas de cet homme de confession yézide, minorité religieuse persécutée dans de nombreux pays.

Chantal Pochat est l'une des bénévoles de la Cimade. Elle retrace l'itinéraire de Ruslan Avdoyan, 25 ans, et de sa famille. Car il a fui l'Arménie avec sa femme et leurs deux enfants. « Un troisième est né en France. Il a tout juste deux mois. » Leur histoire est complexe. Elle commence comme un drame shakespearien : Samuel, le frère de Ruslan Avdoyan, tombe amoureux d'une Arménienne non yézide. « C'est un gros problème, là-bas. » Et le début des ennuis narrés par Chantal Pochat.

Tentative de racket

« Cette famille est devenue la cible d'un processus de vengeance. » Le frère a fui en France, où il vit en situation régulière. Les autorités arméniennes ont alors exercé des pressions sur Ruslan Avdoyan et les siens. « Elles ont tenté de les racketter. Des policiers sont allés chez lui et l'ont battu. Sa femme aussi. Il a passé dix jours en garde à vue. Ils ont placé de la drogue chez lui, pour l'accuser. Une technique classique. »
Tel est le récit du demandeur d'asile aux autorités françaises et associations solidaires.

La famille Avdoyan a quitté l'Arménie pour la Russie. Puis la France, où elle a posé ses valises au mois de septembre 2012. L'asile politique espéré lui a été refusé. Pour l'obtenir, preuve doit être faite de la réalité des dangers encourus dans le pays d'origine. L'Ofpra mène une enquête qui peut demander jusqu'à deux ans. « Ce ne fut pas le cas pour cette famille », indique Francisco Sanchez-Rodriguez, défenseur des étrangers retenus pour la Cimade. « Là, nous étions dans le cadre d'une procédure accélérée. Cela prend deux semaines. »

Pas de preuves

Car la France reconnaît officiellement l'Arménie comme un « pays sûr ».
« Il y a une présomption de non-persécution. Les pays sûrs sont supposés protéger leurs ressortissants selon les termes de la Convention de Genève. »

Francisco Sanchez-Rodriguez explique que le temps restreint de la procédure accélérée « ne permet pas de réunir les preuves nécessaires au droit d'asile ». Depuis début 2013, Ruslan Avdoyan et les siens séjournent irrégulièrement sur le territoire français. Ils y vivent sans papiers et clandestinement. C'est au cours d'un récent contrôle routier que le Kurde arménien a été arrêté par les autorités et placé au centre de rétention administrative d'Hendaye, en vue de sa « reconduite à la frontière ».

« Carte vie privée »

Par trois fois, il va refuser de monter dans l'avion censé le ramener en Arménie. « Il y est recherché pour une prétendue affaire de drogue. Il y sera en danger », insiste le juriste de la Cimade. Lors de son deuxième refus d'embarquer, le « reconduit » assure avoir été victime d'un « usage excessif de la force », de la part d'agents de police qui l'accompagnaient. « Il a déposé plainte. Nous avons saisi le défenseur des droits et le contrôleur général des lieux de privation de liberté. » Mais la troisième rébellion à l'aéroport fait de lui un délinquant. C'est la loi. Il est jugé en comparution immédiate, condamné et incarcéré à la maison d'arrêt de Bayonne, d'où il doit sortir le 13 janvier. Hélène Ducarre préside la Cimade au Pays basque : « On ne sait pas ce qui va se passer. S'il va être expulsé dès sa sortie. C'est le flou. » L'organisation qu'elle représente a écrit aux parlementaires du département pour solliciter leur intercession.

Elle s'adresse au préfet pour lui demander d'accorder une « carte vie privée familiale » à Ruslan Avdoyan. Soit un titre de séjour provisoire, sur un fondement humanitaire. Hier, à l'heure où nous écrivions ces lignes, la préfecture n'avait pu répondre à nos questions. L'actualité tourmentée ayant perturbé l'agenda des représentants de l'État.

(1) Comité intermouvements auprès des évacués.
Source : http://www.sudouest.fr/2015/01/10/la-cimade-defend-l-asile-d-un-kurde-d-armenie-1792245-4018.php

EUSKAL HERRIA
Un rassemblement contre une expulsion

Lundi 12 janvier, un rassemblement pour empêcher l'expulsion d'un Arménien est organisé devant la sous-préfecture de Bayonne.

Charlotte DALMONT|2015/01/08|

La Cimade organise un rassemblement, ce lundi 12 janvier, à la sous-préfecture de Bayonne, à 12h15, pour soutenir le cas de Ruslan Avdoyan, un Arménien émigré, actuellement détenu à la maison d'arrêt de Bayonne. Le 13 janvier, il devrait être renvoyé en Arménie. La Cimade espère faire annuler son expulsion auprès du Préfet.

Père de trois enfants, âgés de 2 mois, 4 et 5 ans, il est arrivé en France, avec sa femme, en 2012. En 2013, il demandait l'asile politique. Statut qu'il n'a pas obtenu à l'heure actuelle. Placé en centre de rétention à Hendaye, après un contrôle routier, il s'est opposé à sa reconduite à la frontière par trois fois. Condamné par le tribunal en comparution immédiate pour refus d'embarquement, il a été incarcéré à la maison d'arrêt de Bayonne.

Trois statuts accordés en cinq ans

Appartenant à une minorité ethnique persécutée, les Yézides, Ruslan Avdoyan craint des mauvais traitements ou l'emprisonnement à son retour en Arménie. La Cimade a sollicité le soutien d'élus des Pyrénées-Atlantiques : la sénatrice Frédérique Espagnac (PS), le sénateur Jean-Jacques Lasserre (Centre), la députée Colette Capdevielle (PS) et la députée Sylviane Alaux (PS). Le comité inter mouvements auprès des évacués espère ainsi obtenir l'abandon du projet d'expulsion de Ruslan Avdoyan.

La France fait partie des pays qui refusent le plus de demandes d'asile. En cinq ans, au centre de rétention d'Hendaye, seulement trois statuts de réfugié ont été accordés. Environ 300 personnes par an passent par le centre de rétention d'Hendaye. Sur ces 300 personnes, un tiers déposent des demandes d'asile. 
Source : http://mediabask.naiz.eus/eu/info_mbsk/20150108/un-rassemblement-contre-une-expulsion

Voir également : Chalon-sur-Saône : le cas de David Tamoev, issu de la minorité yézide opprimée en Arménie

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