lundi 13 avril 2015

Ce que cache le pathos sur les "Arméniens cachés" (expression ridicule puisqu'il s'agit de descendants partiels d'orphelins arméniens)

Christian Gerlach, Extremely Violent Societies : Mass Violence in the Twentieth-Century World, New York, Cambridge University Press, 2010 :

"By July 1, 1915, even the hesitant Interior Ministry offered state subsidies of 30 piasters per month for needy Islamic families to absorb Armenian children (more than the average subsidy for Muslim resettlers). For leading politicians, conversion was a means of assimilating those Armenians who seemed to embody no danger to the nation.

Islamization took the forms of conversion under duress ; Muslim individuals adopting individual Armenians without state interference ; officially organized private adoptions ; and long-term placements in state orphanages. But by far the highest proportion of Armenians ended up with Muslim families.

Turks, Kurds, Arabs, or Greeks were interested in taking in Armenian women or children as additional workers – in times of a severe labor shortage (especially in agriculture) due to military conscription – and for sex." (p. 110)


Halide Edib (Halide Edip Adıvar), The Turkish Ordeal :

"In the midst of all this the taking of the Armenian children from the Turkish orphanages began to assume a tragic aspect. There were a large number of Turkish orphanages in Anatolia filled with Turkish children whose parents had been the victims of the Armenians. These orphanages had taken Armenian children as well and made them Moslems (which was wrong). The rest of the Armenian orphans were taken by the Americans. Apart from this, some Turkish families had taken Armenian children out of kindness and pity without any desire to make them Moslems: for the Moslem Turks do not have the missionary instincts of the Christians of the West. That the Armenians should want their children back from those orphanages, and that the British should help them, was very natural. Indeed, so much were these orphanages suffering from want and misery that I believe they were glad to have their hands free of them. Anyway, Turkey seemed a country where the number of orphans and their suffering were pitiful to see. Somehow the Turkish orphans got the worst of it. There were about ninety thousand Turkish orphans, and the orphanages contained only twelve thousand children in the southern and eastern regions there were practically no Turkish orphanages worthy of the name, and the American relief organization in those years took only Christian orphans.

An international committee for the separation of the Armenian children was formed under the patronage of Colonel Heathcote Smythe. It rented a house in Shishli, and the central committee which had to separate the children were mostly Armenians. Nezihe Hanum, the general secretary of the women’s section of the Red Crescent, was asked to represent the Turks. She went three times a week for nearly two months, but resigned afterward. She used to say that her presence did not in any way help the Turkish children, who were being Armenianized daily. The children who were brought to the association were left in the care of the Armenian women, and these Armenian women, either by persuasion or threats or hypnotism, forced the Turkish children to learn by heart the name of an Armenian woman for their mother and the name of an Armenian man for their father. All this I heard from Nezihe Hanum, who is still the general secretary of the Turkish Women’s Red Crescent and a very well-known woman both in Turkish and European circles in Istamboul. So much for individual cases. When the children were brought in large numbers from the orphanages of Anatolia they were sent to the Armenian church in Koum Kapou, a hotpot which boiled the Turkish children and dished them out as Armenians. Some children tried to run away but were always brought back." (p. 12-13)

"Kiazim Kara Beki Pasha had adopted about two thousand Turkish orphans whose parents had been massacred in the Erzerum and Erzinjan region. They were children from four to fourteen. Although dressed in military clothes and under the supervision of the officers selected by himself, they were not at all subject to a military educational system. He had done everything to wipe out the tragic memories of their first years. The most important part of their education was musical. He had undertaken it himself with the aid of a Russian woman. He had given much attention to the teaching of arts and crafts. Some of them already were good carpenters, drew well, or carved with childish artistry. He had abolished punishment, yet had managed to keep a discipline which did not hamper the free development of their individuality. If any question arose over behavior, he would take the culprit and talk to him alone. A private talk with “Pasha Baba” (Pasha Father) cured the child from future perversity almost always.

Kiazim Kara Bekir Pasha’s capacity to handle children is innate, I believe. He had child correspondents all over Turkey. And he is the acknowledged friend of childdom in Turkey." (p. 311-312)

Source : http://louisville.edu/a-s/history/turks/Turkish%20Ordeal.pdf


Maurice Pernot, "La nouvelle Turquie, II : L'esprit et les tendances du nouveau régime", Revue des deux Mondes, tome XIX, 1er février 1924 :

"La Commission d'intellectuels qui siégeait à Angora réunissait à des fonctionnaires de l'Instruction publique, inspecteurs généraux, directeurs ou professeurs, des savants, des hommes de lettres, et un représentant de la Défense nationale, autrement dit du ministère de la Guerre. En outre, la Commission voulut entendre, sur le problème de l'éducation nationale, le général Kiazim Karabékir. C'est que cet homme de guerre, dont les Russes et les Anglais ont reconnu l'extraordinaire valeur, s'est révélé aussi administrateur de premier ordre et remarquable éducateur. Lorsqu'à la fin de 1917 [en mars 1918 en fait], il eut reconquis sur les Russo-Arméniens la place et le vilayet d'Erzeroum, Kiazim Karabékir trouva ce pays ravagé par les destructions et les massacres. Des milliers d'enfants abandonnés, à peine vêtus, mourants de faim, erraient par les rues de la ville et dans la campagne. Le général eut l'idée de les recueillir, d'abord pour les sauver d'une mort certaine, puis pour les préparer, comme une suprême ressource, au cas où la patrie turque n'aurait plus eu d'autres défenseurs. Il en réunit 4 000, qu'il distribua dans toutes les formations de son corps d'armée. Chaque orphelin tenait la place d'un homme manquant ou d'un permissionnaire. Il n'en coûta pas un sou au gouvernement de Constantinople.

« A chaque garçon, m'expliqua le général, j'ai fait apprendre un métier. Tous, à partir de dix ans, reçoivent l'instruction militaire. Les plus intelligents sont préparés pour devenir officiers ; les autres font leur apprentissage de cordonnier, de tailleur, de menuisier, de forgeron, etc. Au début, ils ne travaillaient que dans leurs compagnies et pour les besoins de l'armée. Puis, comme les paysans manquaient de tout, j'ai autorisé les ateliers d'enfants à prendre des commandes au dehors ils rendent ainsi de grands services. Mais mon idée est de faire de mes enfants-ouvriers des sous-officiers permanents. Car, aujourd'hui, pour faire la guerre, il faut des gens de tous les métiers...

« Pour des raisons d'ordre administratif, j'ai été obligé de répartir mon armée d'enfants en deux groupes, dont l'un est installé à Brousse, l'autre à Sarikamiche, non loin de Kars c'est-à-dire aux deux extrémités du pays. Vous n'imaginez pas la lutte qui s'est engagée entre les deux divisions pour la garde du drapeau. J'ai dû intervenir en personne, décider que le drapeau serait coupé en deux, que chaque division en conserverait une moitié, et que lors des rassemblements les deux moitiés seraient recousues ensemble. Mes enfants ont très bien compris la valeur de ce symbole.

En rapportant ces propos, je crois entendre encore la voix chaude et franche, je revois la belle et honnête figure de ce général de quarante ans, qui me montrait épars sur sa table de travail des albums de photographies représentant « ses » orphelins, et des ouvrages variés, presque tous français, traitant de pédagogie, d'éducation physique, de préparation militaire. Kiazim Karabékir m'a paru n'avoir qu'une préoccupation, qu'une volonté : doter son pays d'une jeunesse saine, robuste, intelligente et active, capable non seulement de défendre la Turquie, mais aussi de la reconstruire et de l'organiser." (p. 650-651)


Ce sont là les vrais tabous autour de cette question.

On rappellera également la bouffonnerie arménocentriste sur Sabiha Gökçen (orpheline turque et fille adoptive de Mustafa Kemal) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sabiha_G%C3%B6k%C3%A7en#Origines

Voir également : Les attaques des bandits de Dersim (Tunceli) contre les déportés arméniens en 1915

"Les" Arabes ont-ils vraiment "sauvé" les Arméniens ? Les exactions des bandes tribales arabes contre les Arméniens durant la Première Guerre mondiale et peu après


Le rejet des Hemşinli (Hémichis), Arméniens islamisés, par le nationalisme arménien

Le général Vehip Paşa (Vehib Pacha) et les Arméniens

Les massacres arméno-russes de musulmans en Anatolie

Le massacre massif des Kurdes par les Arméniens de l'armée russe durant la Première Guerre mondiale

Le massacre des Kurdes par les Arméniens et Assyriens

Les volontaires arméniens de l'armée russe : des criminels de guerre

La tragédie des musulmans d'Anatolie

La dépopulation des arrières du front russo-turc durant la Première Guerre mondiale

La christianisation-grécisation forcée des enfants turcs musulmans par les stato-nationalistes grecs